SCALIGER ' JULES-CÉSAR
(Ne à Padoue en 148 1, mort à Agen en i558.)
Il était fils d'un peintre nommé Benedetto Bordoniet imagina de se fabriquer une généalogie qui le rattachât à la famille des princes délia Scala. Après une jeunesse aventureuse, il se mit à
:3o Cinquième Période.
étudier la Médecine, et vint s'établir à Agen. Il a fait faire quelques progrès à la Botanique, en cherchant à établir une classification des plantes, plus scientifique que celle de Théophraste, dont il a commenté les œuvres. lia en outre laissé un grand nombre d'ouvrages de critique littéraire et de philosophie.
STiFEL ( Michel).
(Né à Esslingen en i486, mort à léna en i56-j.)
Il était moine dans l'ordre des Augustins, lorsqu'il se convertit au protestantisme et se fit pasteur. Il exerça successivement son ministère en Saxe, en Autriche et en Prusse.
Stifel, après avoir combiné les lettres numérales de certains passages de la Bible, annonça la fin du monde pour l'année 1 5 3 3 . Des naïfs, qui avaient cru à cette prédiction et avaient agi en conséquence, furieux d'avoir été trompés, s'emparèrent de Stifel et le conduisirent dans la prison de Wittemberg; mais Luther le fit relâcher. Malgré ses mécomptes, Stifel n'en continua pas moins, jusqu'à la fin de sa vie, à croire que la fin du monde était proche.
C'était un mathématicien très distingué, qui, l'un des premiers, se servit des signes + et — pour indiquer les opérations d'addition et de soustraction. Stifel est principalement connu par son Arithmetica intégra (Nuremberg, 1544, in-4), dans laquelle on a voulu voir l'invention des logarithmes. Il est vrai qu'il y compare les progressions arithmétique et géométrique, comme nous le faisons aujourd'hui, et qu'il constate la relation fondamentale qui sert de base à la théorie des logarithmes; mais il n'a pas eu
De Copernic à Vicie. 23 1
l'idée de compléter les deux progressions par rihsertioa de moyens en nombre illimité, et il ne songea d'ailleurs aucunement à faire servir sa remarque à l'établissement d'un nouveau mode de calcul arithmétique. Il supprime à regret, dit-il, plusieurs autres propriétés du système des deux progressions comparées , suppression qui prouve qu'il n'avait pas entrevu la révolution qu'allait susciter Neper.
Outre cet ouvrage, on a de lui, en allemand : Très merveilleux calcul de mots, avec quelques nombres indicateurs de Daniel et de /'Apocalypse de saint Jean (i553) ; un Traité d'Algèbre ou est reproduite la Coss de Rudolff avec de grands développements, et un poème sur la Doctrine de Luther.
On le cite comme ayant, avant Viète, représenté par des lettres les nombres connus et inconnus. Mais il y a loin des nombres aux grandeurs.