RONDELET ( GUILLAUME
(Né à Montpellier en i5oj, mort en i556 .)
Son père était épicier à Montpellier. Son frère aîné, qui avait succédé à leur père après sa mort, l'envoya faire ses humanités à Paris 011 il resta quatre ans ; à son retour, il se fit inscrire comme étudiant à l'Université de Médecine de Montpellier. Il y fut le condisciple et l'ami de Rabelais. Il fut reçu docteur en iSSy, nommé professeur en 1545 et chancelier de l'Université en i556.
Le principal de ses ouvrages est : De Piscibus marinîs libri XVIII ^ in quitus verœ piscium effigies expressœ sunt^ qui parut à Lyon en i555. On n'y trouve encore aucun ordre, aucune classification; la loutre et le castor, les coquillages et les insectes aquatiques y sont décrits au milieu des poissons.
Cuvier en donne l'analyse suivante : a La première partie de l'ouvrage traite des animaux marins. Les quatre premiers livres ont pour objet les généralités; les suivants, jusqu'au quinzième, traitent des poissons de mer, distribués d'après leurs rapports extérieurs; le.seizième, des cétacés, parmi lesquels Rondelet range les tortues et les phoques; le dix-septième, des mollusques, et le dix-huitième, des crustacés. Une seconde partie traite des coquilles et des insectes zoophytes. Enfin, quatre livres se rapportent aux poissons des lacs, des étangs, des rivières, et des marais. On trouve dans ce volume les figures de 197 poissons de mer,
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147 d'eau douce et d'un nombre assez considérable de coquillages, de mollusques, de vers, de reptiles et de cétacés. L'artiste que Rondelet employait doit avoir été d'une habileté singulière et d'une fidélité très rare pour le temps. . . Quelques figures de cétacés, seulement, sont faites d'imagination. . . Un assez grand nombre de poissons de la Méditerranée n'ont pu être décrits que d'après lui par les naturalistes qui lui ont succédé et n'ont été revus que dans ces derniers temps. Toutes les fois qu'on les a retrouvés, on s'est convaincu de l'exactitude de Touvrage de Rondelet. . . Lacépède, lui-même, a été, pour plusieurs espèces, obligé de s'en rapporter à Rondelet. Le texte n'a pas le même mérite que les figures, à beaucoup près. »
GEMMA (rENERIUS).
(Né en i5o8, mort en i558.)
Professeur de Médecine à l'Université de Louvain, il publia à Paris en 1 547 un petit Traité d'Astronomie et de Cosmographie, avec Vusage du globe et celui de Vanneau astronomique, où on lit, sous le titre Nouvelles inventions pour les longitudes, « On commence à se servir de petites horloges, appelées montres, que leur légèreté permet de transporter; elles offrent un moyen simple de trouver la longitude. Avant de vous mettre en route, mettez soigneusement votre montre à l'heure du pays que vous allez quitter; quand vous aurez marché vingt lieues, par exemple, prenez l'heure du lieu, comparez cette heure à celle de votre montre et vous aurez la différence de longitude. »
De Copernic à Viète. 269
On doit encore à Gemma les ouvrages suivants : Methodus arithmeticœ practicœ (Anvers 1540); De radio Astronomico et Geometrico (Anvers i545); De Astrolabio catholico et iisu ejusdem (Anvers i556), etc.
La réputation qu'il avait acquise comme astronome lui valut d'être plusieurs fois consulté par Charles-Quint.
COMMANDIN.
(NéàUrbinen i5og, morten iSyS.)
Rendit de grands services aux Sciences en publiant les traductions latines d'un grand nombre d'ouvrages des géomètres grecs :
Les œuvres d'Archimède en i558;
Les quatre premiers Livres des Coniques d'Apollonius, avec les Commentaii^es d'Eutocius et les Lemmes de Pappus, en 1 566 ;
Les Éléments d'Euclide en 1572;
Le Planisphère et V Analemme de Ptolémée ;
Le Livre d'Aristarque de Samos Sur les grandeurs et distances;
Les Pneumatiques de Héron ;
Les Collections mathématiques de Pappus.
a On pourrait, dit Montucla, le donner comme le modèle des commentateurs ; ses notes vont au fait et ne viennent qu'à propos, sans être ni trop longues ni trop courtes. Très versé dans tout ce que les Mathématiques avaient de plus profond pour son temps,
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il prend bien le sens de son texte, et le redresse où il en est Archimède déterminait le centre de gravité du segment de parabesoin. »
Il rétablit en même temps que Maurolycus le traité perdu où
boloïde, et le publia le premier.
SERVET (mICHEl).
[Né à Villanueva (Aragon) en i5og, mort à Genève en i553.]
Son véritable nom est Serveto (Micael). Il quitta l'Espagne à Tâge de 19 ans et se rendit à Toulouse où son père l'avait envoyé pour étudier le droit ; mais il commença dès lors de s'occuper des questions de réforme dans l'Eglise, qui préoccupaient alors les esprits les plus actifs dans toute l'Europe. Il visita l'Italie et l'Allemagne où il publia, en i53i,à Haguenau, son système philosophique, qui se rapproche de ce qu'on a, depuis, appelé le panthéisme.
La publication de ses écrits excita, chez les Théologiens de toutes Églises, des colères telles que Servet crut bon de laisser là momentanément les disputes religieuses et de sortir d'Allemagne.
Il changea de nom, vint à Paris et y étudia la Médecine, sous Sylvius et Fernel. Il fut bientôt reçu docteur, professa quelque temps la Médecine, et acquit une grande célébrité comme praticien.
C'est lui qui eut le premier l'idée de la circulation du sang, mais il la bornait au passage du sang veineux du cœur au poumon et au retour du sang artériel du poumon au cœur. Il décrivit le rôle des valvules du cœur dans les mouvements
de diastole et de systole. Enfin il devina le rôle de la respiration dans la transformation du sang veineux en sang artériel, mais, bien entendu, sans rien savoir de la manière dont se faisait cette transformation.
Voici, au reste, textuellement, ce que ditServetà cet égard: « La communication, c'est à dire le passage du sang du ventricule droit du cœur au ventricule gauche, ne se fait pas à travers la cloison interventriculaire (ce qui était l'opinion de Galien, déjà combattue par Béranger de Carpi et par Vésale)mais par un long et merveilleux détour; le sang est poussé vers le poumon, où il est agité et préparé ; il passe de la veine artérieuse dans Partère artérieuse. »
Toutefois il est vrai de dire que ce passage, en apparence si clair, ne semble dériver que d'une pure intuition. Servet n'indique aucune preuve à l'appui de son opinion et ne la donne qu'à propos de la recherche du lieu où l'âme pourrait bien gîter. Il pensait qu'elle réside dans le sang.
Servet n'avait pas tardé à se brouiller avec la Faculté de Médecine de Paris, son cas même fut déféré au Parlement ; il se retira à Lyon où il vécut d'abord du salaire d*ouvrier imprimeur; il eut, en 1 541, le bonheur. d'être pris en amitié par l'archevêque de Vienne en Bauphiné, qui le reçut dans son palais; il eût pu y vivre heureux à l'abri de toutes recherches pour ses opinions, ayant d'ailleurs, comme médecin, une fort belle clientèle dans la ville et les châteaux environnants.
Mais il ne pouvait vivre sans disputes ; depuis longtemps il provoquait Calvin à des tournois théologiques et finit par aller le joindre a Genève.
Calvin le fit arrêter, le déféra à des juges choisis et le fit con-
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damnera être brûlé vif. J^a sentence, prononcée par de soi-disant partisans du libre examen, fut exécutée le 27 octobre i553.
Servet marcha tranquillement à la mort. Calvin caché, dit-on, derrière les jalousies d'une fenêtre donnant sur le lieu du supplice, put goûter sans mélange les joies du triomphe réel de ses doctrines abstraites.