‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 3)Chapitre 38 sur 40 · MÉCHAIN (PIERRE-FRANÇOIS-ANDRÉ · texte numérisé non relu

MÉCHAIN (PIERRE-FRANÇOIS-ANDRÉ

(Né à Laon en 1744, mort en Espagne en 1804.)

Son père était architecte, on l'envoya à l'Ecole des ponts et chaussées, où il fut admis sans difficulté, mais le manque de ressources, l'obligea à accepter une place de précepteur à Sens. Lalande le fit revenir à Paris, avec la place d'hydrographe du dépôt des cartes de la marine. Il commença dès lors à s'occuper d'Astronomie. N'ayant pas d'instruments de précision, il observait les éclipses et cherchait à découvrir des comètes, dont il calculait ensuite les orbites. Herschel venait en 1781 de découvrir Uranus qu'on avait d'abord pris pour une Comète. Méchain en fit une planète. Ce furent ses observations que Laplace utilisa pour en déterminer l'orbite.

Il gagna en 1782 le prix proposé par l'Académie des Sciences pour décider si, comme l'avait supposé Halley, la comète de 1 66 1 était la même qui avait été observée en i 5 3 2 et dont le retour était attendu en 1789. Il conclut pour la négative et l'événement

3oo Treizième Période.

prouva qu'il avait eu raison. Il entra à l'Académie cette même année.

11 fut en 1784 chargé de la publication de la Connaissance des Temps et associé en 1787 à Cassini et à Legendre pour la détermination de la différence des longitudes des observatoires de Paris et de Greenwich.

L'Assemblée constituante le chargea avec Delambrede reprendre la mesure du méridien^ pour l'établissement du système métrique.

Les deux astronomes avaient à déterminer la longueur de Tare compris entre les parallèles de Dunkerque et de Barcelone. Méchain eut à mesurer la partie comprise entre les parallèles de Barcelone et de Rodez. Son opération allait être terminée lorsqu'une incertitude de trois secondes dans l'évaluation de la latitude de Barcelone, incertitude que les circonstances ne lui permirent pas de lever avant le moment où son travail devait être déposé, lui troubla l'esprit au point de l'amener à s'exposer à de fâcheux soupçons en retardant d'abord et refusant ensuite la communication de son rapport, plutôt que de convenir de cette erreur ou de cette anomalie d'observation, qui assombrit le reste de sa vie et qu'on ne connut qu'après sa mort.

Il avait été à sa rentrée en France, en 1798, investi de la direction du bureau des longitudes ; mais il se hâta de trouver un prétexte pour retourner à Barcelone, dans l'espoir de supprimer, avant qu'on ne la connut, cette erreur de trois secondes, qui empoisonnait sa vie. Il s'était proposé de prolonger la méridienne jusqu'aux îles Baléares, afin de n'être pasobhgé de mentionner la latitude de Barcelone qui n'eût plus été qu'un point intermédiaire et sans importance sur la grande ligne relevée. Il mourut

De Lagrange à Laplace. 3oi

de la fièvre jaune au milieu de ses opérations. L'accident qui avait abrégé ses jours fut connu, et l'on s'expliqua alors la conduite singulière qu'il avait tenue.

BERNOULLI (jEAN, NEVEU DE DANIEl). (Né à Bâle en 1744, mort à Berlin en 1807.)

Il fut nommé, à dix-neuf ans, astronome à l'Académie de Berlin. Il visita l'Allemagne, l'Angleterre, la France, l'Italie, la Suisse, la Russie et la Pologne, er, de retour à Berlin, en 1779, il devint directeur de la classe de Mathématiques à l'Académie de cette ville.

Il fut membre des Académies de Londres, de Saint-Pétersbourg et de Stockholm.

Ses principaux ouvrages sont : Recueil pour les Astronomes (Berlin 1772-1776) ci Lettres astronomiques (1781).

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