‹ Histoire des sciences mathématiques et physiquesChapitre 21 sur 32 · GRIMALDI (FRANÇOIS-MARIE · texte numérisé non relu

GRIMALDI (FRANÇOIS-MARIE

(Né à Bologne en 1618, mort en i663.)

Il appartenait à l'ordre des Jésuites. Il professa successivement la Rhétorique, la Philosophie et la Géométrie dans les maisons de son ordre. II s'occupa aussi d'Astronomie à laquelle il fit faire quelques progrès. Son principal titre consiste dans la découverte de la diffraction.

L'ouvrage où il a consigné ses recherches sur la lumière est intitulé : Physico-Mathesis de lumine colorihus et iride, aliisqiie annexis, libri duo (Bologne, i663).

Sa découverte fut d'ailleurs toute fortuite et se réduisait à la constatation intelligente du fait.

Il avait placé par hasard un cheveu devant le petit trou par lequellalumière solaire devait pénétrer dans unechambreobscure, et fut tout étonné de voir que ce cheveu projetait une ombre d'un largeur beaucoup plus grande que la sienne propre; il prit, tant bien que mal, les mesures de l'une et de l'autre pour s'assurer qu'il ne se trompait pas, varia les expériences et donna le nom de diffraction à l'influence subie par les rayons lumineux lorsqu'ils rasent la surface d'un corps; ce nom a été conservé.

Le Père Grimaldi avait aussi observé le phénomène de la dispersion de la lumière après son passage à travers le prisme, mais il ne soupçonna pas l'inégale réfrangibilité des couleurs.

Hévélius avait donné aux montagnes de la Lune les noms des pics terrestres ; Grimaldi leur a assigné les noms qui, pour la plupart, sont encore en usage aujourd'hui.

1(38 Neuvième Période.

HORROX ou HORROCKS (JEREMIEJ.

( Né à Toxtetts près Livcrpool en 1619, mort en 16^ l.)

Une touchante amitié le liait à Crabtée, qui ne lui survécut que peu de jours, d'après Weidler. Ses œuvres, publiées par Waliis en lôyS^ ne contiennent que les papiers trouvés chez lui à sa mort et la correspondance des deux amis. Un opuscule, Venus in sole visa, qu'il avait fait imprimer en 1639, n'avait pu être retrouvé. Hévélius le réimprima à la suite de son Mercure vu sur le Soleil.

Les vues développées dans les lettres d'Horrocks promettaient un grand astronome. Il n'eut malheureusement pas le temps de remplir ces promesses.

Son observation du passage de Vénus sur le Soleil est remarquable. A défaut du micromètre qui n'était pas encore inventé, il trace sur un carton un cercle d'un demi-pied de diamètre environ, que l'image du Soleil dans la chambre obscure doit recouvrir exactement. Le diamètre de ce cercle est divisé en 120 parties. Vénus passant sur le disque devait former tache sur l'image et le diamètre de cette tache comparé à celui du disque ferait connaître le diamètre apparent de la planète.

Il trouva i'2o", valeur sensiblement trop grande. Le principal mérite d'Horrocks est d'avoir su, le premier en Angleterre, apprécier pleinement Kepler et de l'avoir fait connaître.

Outre l'ouvrage dont nous venons de parler, il a laissé : Astronomia Kepleriana defensa et promota. qui fut publiée en 1672.

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De Cavalieri à Huyghens. i Gi.)

CRABrÉE ou CRABTRÉE ( WILLIAM).

(Contemporain et ami d'Honocks.)

Il a proposé pour la mesure des diamètres apparents des asires une méthode bien supérieure à celles de Tycho et de Kepler, mais qui fut aussitôt remplacée par celle d'Auzout et de Picard.

Pour obtenir, par exemple, la mesure du diamètre apparent du Soleil, il plantait deux aiguilles perpendiculairement au plan d'une règle divisée, plaçait la règle horizontalement sur deux supports, dans une direction perpendiculaire à celle dans laquelle l'astre se présentait, et s'éloignait ensuite jusqu'à ce que les deux aiguilles parussent à l'un de ses yeux tangentes aux deux bords du disque. En mesurant avec soin la distance de l'œil au milieu delà portion de la règle comprise entre les deux aiguilles, on pouvait, par un calcul très simple, obtenir le diamètre apparent de l'astre.

Robert Grant croit qu'il ne mourut qu'en i652.

SCHOOTEN (François).

(Né vers 1620, mort en l()(')i. )

Il était professeur à Leyde lorsque parut la Géométrie de Descartes. Il en donna, en vue de la répandre dans les autres pays, une traduction en latin, avec commentaires, qui parut en I 649 et fut suivie, en 1659, d'une seconde édition enrichie des notes de de Beaune, d'opuscules de Hudde sur la réduction des équations et sur les maximums ; d'un autre de Van Heuraët sur la rcctitication des courbes, de ceux de de Beaune sur les limites des

Neuvième Période.

racines des équations; d'une note de de Witt, et, enfin, d'un Traité de Schooten lui-même, intitulé : De concinnandis demonstrationibus geometricis ex calculo algehrico.

Schooten a, en outre, laissé : Exercitationes mathematicœ (1646) et De organica sectionum conicarum descriptione.

C'est à lui que nous devons la seule édition qui existe des oeuvres de Viète, qu'il eut beaucoup de peine à rassembler.

LORD BROUNCKER (gUILLAUMe), VICOMTE DE CASTELLYONS.

(Né en 1620, mort en 1684. )

Il fut chancelier de la cour, garde du sceau et commissaire de la Tour. 11 fut le premier président de la Société royale de Londres.

Nous avons donné, à l'article relatif à Wallis, la formule que trouva lord Brouncker pour la valeur de tt. Il chercha aussi la quadrature du segment d'une hyperbole équilatère rapportée à ses asymptotes, compris entre les abscisses i et 2, et trouva

MERCATOR (nICOLAS).

[Né près de Cismar (Holstein) vers 1620, mort à Paris en 1687. |

Son véritable nom est Kauffmann, dont Mercator est la traduction latine. 11 passa en Angleterre vers 1660 et s'établit

De Cavalier i à Hiiyghens. i-ji

ensuite en France, où il travailla aux embellissements de Versailles.

Il est célèbre par sa découverte de la série logarithmique

démontrée dans sa Logarithmotechnia (Londres, 1668). Il a laissé aussi : Institiitionwn astronomicariim libri duo (Londres, 1676) et Cosmographia sive descriptio cœli et terrœ (i65i).

Voici comment il trouva la série logarithmique : on savait, depuis Grégoire de Saint- Vincent, que l'aire d'un segment d'hyperbole équilatère entre ses asymptotes, compté du sommet, est le logarithme de l'abscisse. Mercator remarque qu'en prenant pour origine des abscisses le pied de l'ordonnée du sommet, l'ordonnée devient

il fait la division, ce qui donne la suite

et il passe à l'aire de la courbe par la méthode de Wallis, en quarrant les lignes

C'est la méthode que suivit d'abord Newton dans son Tractatus de quadratiira curvanim. Par exemple, pour exprimer l'aire d'un segment du cercle

y- -rrr I — .V"

Neuvième Période.

Newton développe en série

et quarre toutes les courbes dont les ordonnées seraient les différents termes de la suite obtenue.

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