‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 11 sur 260 · XIV. PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV. PRÉFACE

Nous ne pouvions pas manquer d'appliquer à l’histoire la méthode qui fait aujourd’hui la force et la gloire des sciences, la méthode qui avait transformé toutes les autres histoires, excepté l’histoire de la médecine. Si les faits sont la substance même de la science, les textes sont aussi la substance de l'histoire. Ici ou là l'imagination est également dangereuse ; nous sommes hors d'état de rien savoir d’exact ni sur le développement de la médecine, ni sur les circonstances qui ont favorisé ou rétardé ce développement, ou de porter aucun jugement équitable, quelque sommaire qu'il soit, si nous n'avons pas lu les auteurs, médecins ou non médecins, qui doivent nous en fournir les éléments essentiels. I est impossible enfin de caractériser les diverses époques si l’on n'est pas initié à tous les faits de quelque importance, et de retracer la physionomie d’un système si l’on n’en a pas développé tous les replis. Voilà notre méthode expérimentale à nous autres historiens.

Dans lhisioire de la médecine, il n'y a pas seulement les doctrines, il y à aussi, comme je l'ai indiqué plus haut, les descriptions générales des maladies et la relation des cas particuliers ou observations médicales. C’est l’histoire de la pathologie; mais ici ce n’est plus seulement la lecture des textes qui devient indispensable, il importe d'étudier encore le fait en lui-même et de le comparer aux faits analogues qui se produisent chaque jour, pour en déterminer la signification réelle, pour le reconnaître, le diagnostiquer rétrospectivement et le classer dans le cadre nosologique; de plus, on doit vérifier dans les descriptions générales d’une maladie l'exactitude du signalement. La méthode expérimentale intervient donc ici à un double titre : comme étude du texte, et comme étude du fait ou de la description que ce texte nous transmet. Cest à ce prix-là seulement que nous aurons une

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