PRÉFACE, XV
histoire de la médecine, et une histoire de la pathologie ; histoires qui pourront servir à la pranque actuelle, quels que soient les dénégations formelles qu’on entend dans nos Écoles, ou les sourires d'incrédulité, pour ne pas dire de pitié, qu’on voit errer sur les lèvres des plus graves et des plus doctes personnages. Jamais, je l'avoue, je le dis bien haut, jamais je n'ai pu comprendre l'ignorance ou la prévention qui frappent d’ostracisme l’histoire au nom de la science, comme si l’histoire n'était pas aussi réelle que la science, comme si une science d'observation telle qu’est la médecine n’était pas, de sa nature, traditionnelle, puisqu'elle doit être un composé, sous le contrôle des observateurs modernes, de tout ce que les bons observateurs anciens nous ont appris sur l’homme sain et sur l'homme malade, puisque nous ne pouvons pas tout voir et que nous ne devons pas tout refaire par nous-mêmes ;
puisqu'enfin les maladies ne se présentent pas toujours identiques avec elles-mêmes, que les indications thérapeutiques et par conséquent les moyens de traitement changent suivant les lieux et quelquefois suivant les siècles.
Croït-on qu'une bonne histoire, qui serait en même temps uue clinique, de la pneumonie, ou de la dysenterie, ou de la fièvre typhoïde, ou d’une affection chirurgicale quelconque, ne rendrait pas autant de service à la pratique qu’une description purement didactique, si bien faite qu’elle soit ?
Ï me semble que l’histoire ainsi comprise est la science elle-même ; elle en fournit les éléments constitutifs, éléments qui relèvent de la méthode expérimentale ou d'observation au même titre que ceux que nous recueillons et que nous groupons chaque jour.
Te Champ est immense, à peine défriché ; aussi de tous mes vœux j'appelle à mon aide les travailleurs sérieux ; 1 n'yen aura jamais trop, et même jamais assez. La pénurie actuelle