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CONSULTATIONS MÉDICALES AU XVI° SIÈCLE

de pratiques analogues, recommandées par les Salernitains pour dorer ainsi la pilule. — Cermison a plusieurs procédés ingénieux, qu’il connaît en partie par la tradition, en partie par sa propre expérience, pour extraire les objets pointus engagés dans l'arrière-gorge ou dans l’œsophage. On trouve aussi, dans ses Consilia les onctions avec dés pommades camphrées contre les affections des organes génito-urinaires, surtout contre des ardeurs d’urine qui sont décrites de telle sorte qu’il n’est guère possible de méconnaître la blennorrhagie aiguë, affection que l'on traitait aussi par des injections variées, adoucissantes où astringentes. — On y rencontre encore de nombreuses formules de pessaires solides irritants pour rappeler les menstrues.— On sait que ce moyen, plus dangereux qu’utile, est recommandé par les anciens et aussi par les Salernitains.

Si l’on veut avoir une idée de la façon dont les médecins procédaient à l’interrogatoire d’un malade, on n’a qu’à lire les questions adressées par Cermison à une noble dame d'Urbino, atteinte d’une affection de l’utérus; on sera étonné de la précision et de la pertinence des questions*qui conduisent cependant à de si misérables diagnostics. La contre-partie, c’est-à-dire un exemple des questions que le malade adresse à son médecin, se trouve en un autre Consilium ; il s’agit d’une consultation Contra debilitatem digestivae facultatis stomachi et consequenter hepatis caliditatem. — Partout Cermison se montre plein de déférence pour ses confrères et d’une sollicitude plus impérieuse et plus fatigante cependant que tendre et bien ordonnée envers ses malades. Quand on a lu une de ces consultations chargées de tant de prescriptions, on se demande comment la journée d’un malade pouvait suffire à suivre toutes les ordonnances du médecin, et comment son estomac pouvait tolérer toutes les drogues. L’impitoyable docteur n’accorde pas un instant de repos et n'écarte des lèvres affadies pas une goutte du calice d’amertume; le malade, devenu la chose du médecin qui régnait par la terreur, n’avait plus qu’à obéir, et, si la nature ne lui venait en aide, à succomber sous le poids d’une maladie mal connue ou d’un traitement mal dirigé. = Cermison est un chirurgien très-timide: il recommande de ne tailler les calculeux qu’à la dernière extrémité, et il ne connaît

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aucune manœuvre ratiohnelle contre les positions vicieuses du fœtus. 11 se monire aussi, et avec raison cette fois, aux explications près, des plus réservés dans l'emploi des émissions sanguines contre la goutte (gutta) et les nodosités, disant, comme Avicenne, que la saignée fait couler les humeurs dans le corps, surtout vers les articulations déjà enflammées; il vante, entre autres remèdes contre la sciatique, la térébenthine en topiques ou en pilules, les vésicatoires, les bains de Sainte Ilélène près Padoue, puis, ce qu’il faut particulièrement relever, les vomissements hygiéniques, dont il n’était presque plus question depuis les Grecs.

Les Consilia de Bartholomaeus de Montagnana (1), qui paraît avoir tenu boutique de médecine et boutique de pharmacie, sont beaucoup plus développés et plus méthodiques que ceux de Cermison, de sorte qu'il est plus aisé de trouver, dans un assez grand nombre de consultations, les éléments d’un diagnostic rétrospectif, malgré les fauêses étiquettes mises en tête de la plupart des Consilia. Ainsi, nous avons reconnu diverses espèces d’anémies, ici dans une complexion froide et humide de la tête, là comme une complication d’une affection cancéreuse, ailleurs comme symptomatique d’évacuations sanguines exagérées; — nous avons constaté un cas de syncope périodique chez un individu ravagé par la bile jaune; — nous avons diagnostiqué des pertes séminales, plusieurs affections du cœur, des rétrécissements aigus et chroniques de l’urèthre. Signalons encore un exemple remarquable de diagnostic différentiel: Un individu porte à laine une tumeur chaude, fluctuante, compressible, avec pulsations et fièvre: D'après l'avis de Montagnana, il ne peut être question d’une hernie, car une hernie n’offre ni chaleur, ni pulsation, ni cette mollesse particulière, il reconnaît donc une tumeur en voie de suppuration. En d’autres termes, il s’agit trèsprobablement d’un &ubon, dont nous trouvons d’autres cas chez cet auteur, mais sans détails suffisants pour en déterminer l'origine.

On a dit (2) que Montagnana décrit pour la première fois les

(4) Vivait à peu près dans le même temps que Cermison ; mo en 4460. (2) Voy. Malgaigne, Introd. aux OEuvres d'Ambr. Paré, p. xcmI, DAREMBERG. 22

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