ET LA FIÈVRE PÉTÉCHIALE
Sprengel (dernière édition allemande de son Histoire pragmatique de la médecine) déclare qu'il n’y a pas un mot de la fièvre pourprée dans le Commentaire de Jacques des Parts. Mon savant ami M. Hacser, influencé sans doute par l'autorité si usurpée de Sprengel ; M. Haeser, qui semble cependant avoir pris la peine d'ouvrir le Commentaire, confirme (dans ses Matériaux pour servir à l'histoire des épidémies, p. 167-168) le jugement de l'historien de Haïle, et soutient que Borsieri n’a pas lu le chapitre auquel il renvoie, car on n’y trouve aucun trait qui se rapporte à la fièvre pourprée (t). Je ne fais pas difficulté de reconnaître que personne, pas plus Mercuriali, qui donne cette fausse indication, que Borsieri, qui ne la rectifie pas, ne trouvera rien à Canon IV, tractatus 1v, fen. 1, caput 2. Ni moi non plus, je n'aurais rien trouvé à cet endroit, si la suite d’une lecture attentive ne m’eût amené au premier chapitre (2) avant de me conduire au chapitre second. Voilà tout le mystère dévoilé ! Cest dans le chapitre premier que Jacques des Parts mentionne la fièvre pourprée. Uneerreur de Mercuriali lui-même ou des imprimeurs a mis nos historiens en déroute.
Le texte que je transcris ne laisse, ce me semble, rien à désirer.
(4) J'ai vu, au moment où je relisais cette leçon, que M. Haeser, averti par un de ses amis, le docteur Pfeufer de Zurich, donne dans les additions du second volume de l'ouvrage ci-dessus indiqué le vrai passage de Jacques des Parts. Toutefois il n’en fire aucune conclusion contre Sprengel et en faveur de Borsieri, il ne croit même pas qu’il s'agisse de la fièvre pétéchiale, mais des éruptions cutanées dans les maladies fébriles (voy. p. 317 de son Hist. de la méd. — Lehrbuch der Gesch. d. Medicin, 1853, 2° éd,, où {l cite de nouveau le vrai passage), opinion que je ne saurais partager. — Consulté par moi il y à peu de temps, M. Haeser me répond : « Nunce in loco Jacobi de P. duo symptomata in cute apparentia ab Avicenna des- «cribi puto. 4° Sudamina febrilia et forte roseolam typhosam (pustulae albae sa- « niosae, quandoque rubeae, etc.) ; — 20 petechias quae in omnibus febribus exan- «thematicis oriri possunt ex. gr. in variola haemorrhagica, in morbillis et scarla- « tina, in typho, praesertim in peste genuina. Hac de causa (quia veras pelechias «exanthematicas à Jacobo vel Avicenn daescriptas esse 6g0) in libro meo De historia « morborum epidemicorum, p. 338 seq., de loco nominato verba non feci. » — Je « reprendrai cette importante question dans l’histoire de La pathologie.
(2) Voyez encore IV, I, 1, 3, une épidémie de typhus des camps au siége d’Arras. Cf. aussi Monstrelet, chap. 427 (dysenterie), t. IL, p. 39 de l’édit. de la Société de l'histoire de France, et Coyttarus, De febre purpurea epidemiali, p. 169.