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LITTÉRATURE CHIRURGICALE AUX XV° ET XVI‘ SIÈCLES

discussions dialectiques auxquelles se livrent les médecins aus coin des rues ou sur les places. Ce n’est pas là, en effet, dit Savonarole, que vont étaler leur longue barbe ceux qui ambiüonnent Je titre et la réputation de vrai médecin praticien.

Que d'erreurs à rectifier, que d’omissions à réparer, que d’inexactitudes à signaler dans l’histoire de la chirurgie au xv°etau xvI° siècle (4) ! Les historiens qui passent pour le mieux informés, ou n’ont même pas lu intégralement les traités spéciaux écrits à cette époque, ou ne se sont pas souvenus de tout ce que les auteurs ont emprunté aux Arabes (2), à Gui de Chauliac, aux chirurgiens italiens des xu° et xiv° siècles ; ou, enfin, ils n’ont pas assez cherché en dehors de ces traités spéciaux tous les renseignements précieux que renferment les Pratiques médicales, les Commentaires, les Consilia, sur l'état de la chirurgie à l'époque dont nous nous occupons. Disons à l’honneur des chirurgiens du xv° siècle que, s’ils n’ont pas su s'affranchir entièrement des préjugés de leur temps, ils sont cependant beaucoup moins superstitieux et plus positifs que lesmédecins.Au xvir siècle,

(1) Ainsi, à propos de Pierre d’Argelata, M. Malgaigne dit que le IIS livre est le plus original par le nombre et par le choix des observations ; puis, quelques lignes plus bas, on lit à propos de ce même livre, que Pierre à tout pris à Guy, même le texte ; or c’est cette seconde rédaction qui est la vraie :— à propos des plaies du ne,

par exemple, là où Guy met ego, Pierre s’approprie cet ego et tout le reste ! Pierre n’est pas plus hardi opérateur que ses devanciers ou ses contemporains ; il se contente le plus souvent de piller tout le monde, je vous l'ai démontré. Néanmoins j'ai signalé comme étant peut-étre de lui un cas de bubon survenu à la suite d’ane ulcération du pénis; la méthode d'exploration pour reconnaître la fluctuation (inundatio) profonde; — uniquement chirurgien, il renvoie aux physiciens pour les maladies internes, — Quelques inventions et quelques bonnes pratiques se rattachent aux noms des chirurgiens espagnols, Fr. Arcaeus, Andr. Alcazar, et Fr. Diaz (xvif siècle). — J'ai réservé pour une autre partie du cours (celle où je traiterai des institutions médicales) les détails sur la querelle des médecins avec les chirurgiens, et sur celle des chirurgiens avec les barbiers, étuvistes, etc.

(2) Toutes ces Chirurgies sont rédigées sur le plan d'Avicenne ou d’Abulcasis; le cadre nosologique est presque.toujours le même; on ne voit pas ordinairement figurer plus de maladies ni plus d'opérations dans les unes que dans les autres, ba chirurgie de Bertapaglia n’est guère qu’un commentaire sur Avicenne tout rempli de superstitions et de formules de médicaments.

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