DE LA SUETTE ANGLAISE ET DE LA SYPHILIS
nous trouverons également les maltres en chirurgie plus instruits et moins ridicules que les docteurs en médecine.
Nous avons consacré six leçons à l’histoire de la suette et quatre aux origines de la syphilis, laissant pour le moment de côté là discussion des problèmes de pathologie que l'étude de cette maladie soulève dès les premières années du xvr° siècle. Les. textes anciens relatifs à la suette, maladie dont on trouve les premières traces en 1486, sont très-peu connus en France, malgré l'important recueil publié il y a vingt-deux ans par M. Haæeser, d’après les papiers de Gruner (1). On a cité, mais le plus souvent sans les lire, un grand nombre de monographies ou d'articles de journaux écrits depuis le xvnr° siècle en France ou à l'étranger ; nulle part Je n’ai trouvé un résumé satisfaisant de ces nombreux travaux. Le résultat capital de mes recherches et des confrontations auxquelles nous nous sommes livrés ensemble, c’est que la maladie dite suette anglaise est la même maladie que la swette miliaire des modernes, autrement dite suerte des Picards. Aucun caractère essentiel ne manque; notre suette n’est donc pas une maladie nouvelle, et la suette anglaise n’est pas une maladie perdue (2) ; il n’y a de différence que dans le chiffre de la mortalité : encore ai-je montré, par des statistiques aussi rigoureuses que possible, que cette différence tenait beaucoup moins à un changement de nature dans la maladie, qu'à un changement dans les conditions hygiéniques et dans le traitement pour les malades. À ce propos, j'ai cru pouvoir manifester quelques
(1) Seriptores de sudore anglico superstites, ete. lenæ, 1847, grand in-8, Le même savant a publié, en 1866, dans une revue allemande (Anz. f, Kunde der deutsch. Vorzeil), comme supplément, un Regimen islius morbi (Sud. angl),
anonymes 8 (2) L'opinion contraire est soutenue avec talent et conviction, mais par des ar-
guments qui ne me paraissent pas suffisants, dans un livre érudit et d’une lecture agréable : Étude sur les maladies éteintes et les maladies nouvelles, par M. le professeur Ch. Anglada, de Montpellier (Paris, 1869). La préface est datée du 8 octobre 1868. J'ai reçu le volume au moment où je corrigeais ces feuilles. — Plusieurs médecins, les uns pour un motif, les autres pour un autre, partagent aussi mor sentiment.