‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 120 sur 260 · DE LA SUETIE ANGLAISE ET DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

DE LA SUETIE ANGLAISE ET DE LA SYPHILIS

doutes sur la validité des assertions de certains médecins qui prétendent que la suette bien traitée, c'est-à-dire traitée d’après leur méthode, n’est jamais mortelle.

Quant à la syphilis, il y a longtemps que j'ai nié l’origine américaine et que j'ai soutenu l’origine ancienne. Depuis que j'ai lu les auteurs du moyen âge ; depuis que j'ai étudié les descriptions données par les contemporains (1) de la grande épidémie des dernières années du xv° siècle (à dater de 1498, surtout de 1496), cette opinion n’a fait que grandir et passer à l’état d’une. entière conviction; jai même, si Je ne m’abuse, réussi à porter également cette conviction dans votre esprit.

En premier lieu, nous avons soigneusement relevé et discuté les textes antérieurs à l'an 4493, et qui se rapportent manifestement à des cas de syphilis vraie dans ses formes primitive, secondaire ou constitutionnelle (2), puis les dires des contemporains de l'épidémie. Cet inventaire rétrospectif nous donnait déjà gain de cause; mais nous ne pouvions nous arrêter dés ce premier pas. Poursuivant notre marche, nous avons trouvé, dans les ouvrages contemporains de l'épidémie, des descriptions qui, prises en elles-mêmes, ne vaudraient pas mieux et ne prouveraient pas plus que celles du xH', du xiv° ou du commencement du xv° siècle, si elles n'étaient pas groupées et si elles ne se rapportaient pas à un plus grand nombre de malades : c’est par ces deux points seulement qu’elles se rattachent avec sûreté aux descriptions subséquentes, tandis que par leur insuffisance elles servent d’intermédiaires entre les observations rares et isolées (à)

(4) Voy. l'Aphrodisiacus de Luisinus et les suppléments de Gruner et d’autres drudits. — Les premiers traités publiés en Allemagne sur la syphilis (1495-1510) ont été réunis par Fuchs, en 1843, avec un supplément en 1850.

(2) Voyez un savant mémoire de M. Corradi, alors professeur à l’université de Palerme (aujourd'hff à l'université de Pavic), intitulé: Caso di sifilide constituzionale nel trecento (Milano, 1866, in-8).

(3) Encore cette rareté, cet isolement, sont, suivant moi, relatifs ; ilstiennent, d’une part, à toutes sortes de préjugés sur les affections des organes génitaux, préjugés d'autant plus forts et plus répandus, qu’on s'enfonce davantage dans le moyen âge, et, d'autre part, à la difficulté à peu près invincible d'établir, dans un grand nombre de cas, un diagnostic rétrospectif, parce que les traits caractéristiques de la maladie ont été généralement séparés les uns des autres et défigurés par les auteurs de cette

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