SYPHILIS
des siècles précédents, et les faits innombrables qui, dès les premières années du xvr° siècle, sont enfin mis au compte d’une contagion directe, et sur lesquels la forme épidémique n'avait presque plus de prise. Gela est si vrai, que de graves auteurs Ont pensé que les premières descriptions qu’on rapporte à la syphilis ne s’y rapportaient réellement pas, Ce qui est une grosse erreur commise par défaut de critique historique. D'un autre côté, plusieurs écrivains contemporains fort sérieux donnent sur la marche de la syphilis des renseignements qui ne permettent absolument pas ni de la croire née, pour ainsi dire, du sol vers 1493 ou même avant, suivant quelques-uns, ni de la faire venir d'Amérique. La chronologie et le silence absolu de ces mêmes auteurs contemporains s’opposent énergiquement à cette dernière supposition, mise en avant pOur la première fois par Oviedo, écrivain suspect de parlalité contre les Indiens, ainsi que Pont établi l'auteur anonyme de La America vindicada de la calumnia de haber sido madre del mal venereo (Madrid,1785, in-A°), et Hensler, dans Geschichte der Lustseuche (Altona et Hamb., 1783- 1789). De plus, les déclarations formelles, après sérieuse enquête, de deux célèbres historiens américains, Prescott et Irving (1),
époque. C’est là un point de vue que j'ai signalé aux historiens, dès l’année 4845, dans les Annales des maladies de la peau et de la syphilis. — Surtout n'oublions pas que, dans les premières descriptions de La fin du xv° siècle, les causes déterminantes de la syphilis sont, comme dans presque toutes les observations antérieures, cherchées partout ailleurs que dans la contagion directe. Enfin, ce n’est pas seulement que la syphilis qui se prête à de telles considérations ; le diagnostic rétrospectif de presque toutes les autres maladies, des plus simples comme des plus compliquées, est aussi difficile, et à ce litre, presque toutes les maladies pourraient être réputées nouvelles; nous l'avons prouvé aussi bien pour l'antiquité que pour le moyen âge. :
(1) Les résultats de cette enquête ont été consignés dans l'Histoire de Christophe Colomb et dans l'Histoire de Ferdinand et d'Isabelle, surtout, dans une communnication spéciale que le New-York Journal of Medicine à publiée en mars 1844. TI m'a été impossible de me procurer ce journal en France, ni d'acheter le numéro en Amérique, ni de le faire venir d'Angleterre; j'ai pu du mojns obtenir d’abord et en même temps un extrait, par M. Norris, de Philadelphie, et par M. le docteur Milroy, de Londres, enfin une copie intégrale et fidèle, par Ventremise de M. d'Abzac, attaché au consulat général de New-York, et de M, le docteur Goulden. Je prie ces messieurs d'agréer mes remerciments, — Récemment Gaskoin,