‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 130 sur 260 · COLONNES DE LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

COLONNES DE LA MÉDECINE

« Tout ce qui liquéfie l'or et le réduit en résine (et ce ne sont pas seulement les corrosifs) peut aussi réduire les tartares siliceux, marmoréens, etc., tels qu’ils sont engendrés dans les reins el la vessie. » (Chap. 21, p. 248.)

Contre le tartare goutteux, granuleux (que les rhoades appellent noueux), il y a cinq arcanes souverains : la gomme, la résine, le mariyana, le masticatorium olivum, l'extrait de téréniabin (graisse de manne) ; ils résolvent cette espèce de tartare en liqueur et aquosité. (Chap. 19, p. 244.)

pes véritables fondements où colonnes de la médecine, — «Nous savons (4) qu’il est libre à chacun, en mettant en avant, sur quelque point que ce soit, des idées plus saines et meilleures, d'attaquer en même temps les opinions contraires COMM fausses et dangereuses, et de les réfuter. Mes écrits renferment des choses tout à fait supérieures à celles qu’on lit dans les autres auteurs. Ce n’est, en cffet, qu'après une longue observation et une aussi longue expérience (!) que j'ai tracé la dernière lettre de mes ouvrages. Je me crois donc assez garanti contre toute attaque. Selon moi, j'ai trop peu écrit; mes adversaires trouvent que j'ui trop écrit. J'ai écrit surtout contre les imposteurs et contre les remèdes grossiers et sans valeur que les médecins tirent des bois, du vif-argent et autres ingrédients violents (2). J'ai attaqué les chirurgiens pour la témérité et la cruauté avec laquelle ils corrodent, coupent ou brûlent (3), et, par amour du bien public, j'ai dévoilé l'ignorance des uns et des autres. J'ai aussi écrit d’autres ouvrages que la calomnie n’a pas épargnés, mais dont mes adversaires rongent les miettes sans 0$er mettre la main jusque dans le plat. À cause de cela, ils me couvrent d'un tel mépris et d’une telle ignominie, que peu s’en faut qu'ils ne me relèguent aux îles de Ponce-Pilate. Mais étant en sûreté dans la Germanie et croyant pouvoir être utile à ma patrie, j'expose devant vous tous la base et le fondement sur lequel s’élèvent et s'appuient les colonnes de ma médecine. » (Préf., p. 2.)

C’est bien là le ton d’un professeur de place publique.

« L'art lui-même, ajoute notre énergumène, ne crie point contre moi. 11 est, en effet, immortel et s'élève sur un fondement tellement solide,

(1) Ge qui suit est tiré du Paragranum (Opp., t. AL, p- A et suiv.).

(2) Paracelse lui-même se sert de tous ces remèdes.

(3) Nous verrons tout à l'heure ce qu'il faut penser de la chirurgie de Paracelse, dont Haller (Bibl. chir.) a dit: « Certe arti plurimum nocuit, cum à mascula manus opera ad emplastra et alia medicamenta animos hominum revocaret. »

que la terre et le ciel seront anéantis avant qu’il périsse et disparaisse. Mais, puisque la médecine elle-même m'offre la paix, pourquoi serais-je ému par les clameurs de médecins cadues ? » (Préf., p. 3.)

Le ciel et la terre demeurent, et les rêveries de Paracelse ont passé.

« Cet écrit repose sur quatre colonnes, à savoir: la philosophie, l'astronomie, l'alchimie et la venru. Mes adversaires méprisent la philosophie, l'astronomie, l’alchimie et les vertus. Comment donc le malade ferait-il cas de ceux qui rejettent ce qui doit le guérir ? La mesure dont ils se servent sera employée contre eux, et ils seront confondus par leurs propres œuvres. Le Christ était le fondement du salut, et cependant il était méprisé. Mais ce méprisé finit par si bien opprimer ses contempteurs, qu'ils furent anéantis et Jérusalem avec eux. » (Préf., p. 3.)

On ne saurait montrer une plus profonde humilité; elle se révèle encore dans les lignes suivantes :

« La même raison qui me fail proposer ces quatre colonnes doit vous les faire admettre aussi. Vous me suivrez et je ne vous suivrai pas. Vous me suivrez, dis-je, toi Avicenne, toi Galien, toi Rhasès, toi Montagnana, toi Mésué. Ce n’est pas moi qui vous suivrai, Mais vous qui marcherez à ma suite, vous médecins de Paris, de Montpellier, de Suède, de Misnie, de Cologne, de ‘Vienne, des bords du Rhin et du Danube, des îles maritimes, médecins italiens, dalmates, athéniens, grecs, arabes, juifs. Je ne vous suivrai pas, mais vous me suivrez, et aucun de vous, en quelque lieu qu'il se cache, n’évitera que le chien ne lève la cuisse sur lui. Je serai monarque, j'administrerai une monarchie. Voilà ce Cacophraste, comme il vous plaît de m'appeler. Vous mangerez de cette m..…. » (Préf., p. 4.)

Le mot y est; mais il faut être Paracelse ou poëte pour oser l'écrire.

«Je le dis une bonne fois: vous n'êtes pas des médecins, mais des sophistes; et je le prouve par ce seul fait que vous tous ensemble, et à l’aide de tous vos livres, vous serez embarrassés pour juger ce que présage la moindre partie d'urine qui vous sera présentée. Si vous ignorez la science uroscopique, que serez-vous, sinon des serviteurs qui recevez d'une dame docteur des aumônes pour acheter des sandales, ce qui est aussi le propre de l’entremetteur? La nature de la médecine est telle qu’elle exclut toute ambiguïté et tout mensonge, — Rien de ce qui vient de Dieu n’est imparfait ; il a créé le médecin parfait, il ne l’a pas livré à l'incertitude (1), » (Préf., p. LÉ)

Page 1