LE LIVRE DES ÊTRES : ÊTRE DE DIEU
lesquels l'esprit rationnel n’a rien de commun. Cette même opération a lieu aussi dans les animaux, et beaucoup plus facilement que chez homme, l'esprit de l’homme résistant plus fortement que celui des bôtes (1). » (Chap. 8.) à « Vous savez aussi qu'à l’aide des caractères un voleur est forcé de re-+ venir à l’endroit d’où il avait fui, et qu'il peut être percé de coups quoi que éloigné de plusieurs milles (2). La cause de cela est bien digne de votre attention, car c’est le fondement de l'être spirituel. Si l’on peint sur un mur une image à la ressemblance d’un homme, il est certain que tous les coups et les blessures qu'on portera à cette image seront reçus par celui dont l’image offre la ressemblance (3); c’est le cas du voleur dont nous avons parlé. Cela tient à ce que l'esprit du voleur, par la volonté d’un autre esprit qui l’a peint ainsi, passe dans cette figure. Surtout n'oubliez pas que ces esprits, comme les hommes, sont très-belliqueux entre eux. Ainsi quel que soit le châtiment que vous demandez contre ce voleur, il le subira si vous Vinfligez à cette image, parce que votre esprit a fixé l'esprit du voleur dans cette figure, de sorte qu'il est devenu votre sujet et qu'il est forcé de subir tout ce qu’il vous plaira de lui infliger. » (Chap. 9.) :
C'était vraiment bien la peine de maudire les diableries et de tonner contre l'astrologie judiciaire! Voila cependant l’homme qu’on a appelé le grand réformateur de la médecine! Et encore, de combien de passages semblables je vous épargne la lecture ; j'en tiens cent autres, que j'ai également traduits, à la disposition de ceux qui ne seraient pas encore convaincus.
Y. De ente Dei (De l'étre de Dieu). — « Quoique (4) les maladies soient produites par la nature, selon les quatre étres précités, il nous était cependant permis d’en chercher la guérison dans la foi et non dans la nature. Nous ne craignons donc pas de parler des quatre êtres, quoiqu’ils
(4) Comparant encore ailleurs homme et les animaux, il dit que les animaux sont moins sujets au tartare que les hommes, attendu que chez eux l'esprit de coagulation est moins puissant que chez l'homme, qui se nourrit de toute chose et dé tout esprit; il ajoute que c’est presque exclusivement le tartare du sang (énné, congénital, naturel), et non le tartare étranger (celui qui vient des aliments), qu’on observe chez les animaux. (De morbis tart., 8, et surtout 11.) $
(2) Toutes ces recettes sont plus vieilles que Paracelse. Caton, Pline et bien d’autres les ont données, et elles n’en valent pas mieux pour cela. £
(3) Si au moins on avait eu la photographie à sa disposition !
(4) L'auteur nous avertit, en tête de cette cinquième partie, qu'il quitte le style païen pour prendre le style chrétien ; l'avertissement était bon à donner, can on ne voit pas grande différence.
aient quelqué chose de paien, mais on trouvera le vrai fondement de la guérison dans ce cinquième livre, où est exposée la médecine véritable, les quatre autres livres de la Pratique étant écrits pour les païens et non pour les chrétiens. Nous voulons, en effet, que les fondements de la médecine soient connus de tous les hommes ; que les Turcs, les Sarrasins, les Chrétiens et les Juifs participent chacun à cette connaissance. » (V, 4.)
«Maïs ayant en vue les chrétiens dans ce commentaire, nous les prierons de lire avec attention cette cinquième parenthèse (partie). [ls y apprendront comment ils doivent chercher et traiter toutes les maladies, et cela de la manière suivante : Vous savez que ce ne sont pas les hommes, mais Dieu qui envoie la santé et les maladies (voy. plus haut, p. 369). Vous devrez ranger les maladies en deux ordres : la nature et le fléau. L’ordre naturel correspond aux premier, second, troisième, quatrième êtres; le fléau est le cinquième être. » (Chap. 2.)
Cette proposition ne s’accorde pas très-exactement avec celle-ci du même chapitre, qui, elle, ne laisse guère de prise à la thérapeutique naturelle :
« Il faut savoir que Dieu dispense la santé, envoie les maladies et montre les remèdes qui leur conviennent. Aussi les maladies se guérissent à leurs heures et non à notre gré et pensée. Aucun médecin ne sait le moment de la santé; cela est dans la main de Dieu; car la maladie est an purgatoire qu’il faut que Dieu remette. »
On voit que ce n’est pas d'aujourd'hui qu’il y a deux médecines, l’une païenne, l’autre religieuse : l’une positive, l’autre mystique. Seulement, on a oublié de nous dire s’il y avait aussi deux espèces de maladies correspondantes. Hélas! les réveurs sont de tous les temps. — De la doctrine sur lens divinum découle tout naturellement le fatalisme en médecine.
« Nous avons dit que toute maladie était un feu de purification ou purgatoire; que tout médecin se garde donc d’être assez téméraire pour se croire certain de l’heure de la guérison ou de la puissance de son opération médicale. L'une et l’autre, en effet, sont dans la main de Dieu. Si la prédestination n’est pas telle que vous la supposez, médecins, tous vos remèdes seront inutiles; mais si l’heure de la prédestination est proche, vous guérirez le malade. Notez ceci : si un malade se présente à vous, et que vous le guérissiez, c’est Dieu qui vous l’a envoyé; si vous ne le guérissez pas, il n’a pas été envoyé par Dieu. Car si le temps de la rédemption estvenu, alors Dieu envoie lé malade au médecin ; jamaiïs avant ce temps;