‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 149 sur 260 · MALADIE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

MALADIE SYPHILITIQUE

les divers genres de transplantations ou greffes ; sur les transformations naturelles ou par putréfaction des espèces végétales et animales, sur les monstres, elc. Le quatrième livre est intitulé : De morborum transmutatione; j'en extrais les passages suivanis :

« Il ne faut pas dire que le corps soit privé d'un generatum (faculté de produire); en effet, comme le monde extérieur, il fournit sa moisson, Sa vendange, sa neige, son minerai (Ertz) d'où se forme cette impression renfermée sous la peau, qui fait les maladies internes, par exemple, la pleurésie au lieu de la puiréfaction des fruits. De là vient qu'en tels temps de l’année, telles maladies apparaissent, de même qu’en certains temps la gelée et la grêle mettent en danger les produits de la terre (4). Comme une pomme sur l'arbre, ou autrement, se conservé en sanlé, ainsi en est-il du generatum du corps humain. » (IV, 1.)

« Maintenant (2) que je puis, comme médecin, faire connaître les causes et l'origine de l'épidémie vénérienne, d'après la nature du microcosme (vers laquelle j'ai coutume de tendre, comme à un but) et les véritables sources de la vraie médecine, je dis que Île mal français, comme toutes les autres maladies, vient primitivement du temps, puis de la corruption du sperme; alors (quand apparut la maladie), en effet, diverses espèces de métaux reçurent une certaine corruption du sperme. Ge qui le prouve, c’est que, depuis la création du monde, on n’a jamais vu une luxure plus grande, une plus grande licence et plus de déréglement dans les mœurs que dansle siècle où l'on observa pour la première fois chez l’homme ce genre de mal : ce temps se rapporte à environ l’année du salut 1478.

«A moins de vouloir contredire à l'expérience, personne ne niera que la luxure ne soit la cause de ce mal. Disons donc dès à présent, et comme fondement certain de notre discussion, que le mal français vient, comme d’une cause sine qua non, du déréglement des mœurs ; sur ce fondement nous établirons le reste de ce que nous avons à dire, en style médical, c'est-à-dire modeste et conforme à là lumière de la nature.» (IV, 3.)

« La communication du mal se fait ainsi : de même qu’une petite quantité de safran mêlée à Veau contenue dans un vase change la couleur de toute l’eau, ainsi le mal contracté par les organes génitaux se répand peu à peu dans toute la substance du corps et le dévore tout entier (8). Mais on m'objectera qu'avant le temps dont nous parlons, les

(1) Rarement Paracelse peut trouver une idée juste, par exemple, qu'il y à des maladies saisonnières, sans y mêler des idées extravaganies. à

(2) En allemand le texte est beaucoup plus long dans tout le traité, mais le sens est le même, cependant j'ai cru parfois devoir compléter le latin par l'allemand.

(3) Ge sont là des vues justes ; celles qui suivent n’ont aucune valeur; mais Paracelse n’est ni plus ni moins instruit que ses contemporains sur les origines du mal

GT) PAPACELSE,

hommes:et les femmes se sont communiqué mutuellement, par les rapprochements sexuels, des maladies contagieuses, et que cependant on n'avait rien vu de semblable au mal français; je réponds en peu de mots que de mémoire d'homme on n'avait vu un pareil déréglement dans l'usage de Vénus, et capable de faire naître un tel mal, que dans ce siècle où apparurent pour la première fois les pustules françaises. Il est donc hors de doute que le mal français est un mal formé d’affections conta- Bieuses de toute espèce, de même que nous voyons quelquefois les peintres former une seule couleur du mélange de plusieurs autres. Que si quelqu'un prétend que ce mal a été infligé par le ciel aux hommes, je n’y contredirai pas entièrement (1), mais ici nous traitons des causes naturelles, non de celles qui sont supérieures à la nature. » (LV, 4.)

« Puisqu’il est convenu que cette maladie est produite par la réunion d'autres maladies, il est évident qu’une personne saine ne peut être atieinte de ce mal, mais qu'il faut nécessairement qu’elle soit dans un état morbide (2); et il n’est pas nécessaire qu’elle soit affectée de pustules; toute autre maladie y suffit, quelle qu’elle soit : car la luxure facilitant la complication par la contagion, la maladie se transforme en pustules (3). Quelques exemples éclairciront ce sujet. Soit un goutteux qui s’unisse à une femme dont l'utérus soit en proie au mal, le goutteux pendant l'acte altirera à lui le poison injecté par son prédécesseur : il s’ensuivra des nodosités, des paralysies, et les symptômes qui accompagnaient la paralysie deviendront ceux du mal français ; si les symptômes de Ta goutte durent plus ou moins, rapportons-en la cause à la gravité de la transformation. Si quelqu'un est en proie à un ulcère rongeant et a commerce avec une femme infectée, comme l'effet de l’ulcère est d’ulcérer, il naïîtra des ulcères français. De même le mal français change la colique en paralysie, la teigne en pustules, etc. Réciproquement, si une autre maladie contagieuse, comme la matière goutteuse, la salure ou la douceur de l’ulcère, ou autres choses de cette espèce, se communiquent par le congrès, le mal deviendra composé et apparaîtra accompagné de divers symptômes, de pustules, ulcères, duretés, etc. Il en est de même de la morphée et de la lèpre, car toutes les matières se transforment sui-

vénérien. On voit seulement par son livre, et par ce qu'il dit du gayac, que l’idée de l'origine américaine n’était pas encore très-répandue, Il ne semble pas croire non plus que la maladie puisse venir de la seule influence céleste ;. c'était, dit-il quelque part, un bruit que les personnes intéressées avaient fait courir au début de la maladie, pour dissimuler leur paillardise. — Voy. p. 461,

(4) Voy. p. 407, et p. 456, note 2.

(2) Voy. plus haut, p. 458 et note 2.

(3) IL est difficile de trouver ici une idée nette des complications de la vérole avec d’autres diathèses, — Paracelse entrevoit parfois, mais il n’est pas assez instruit et il est trop prévenu par son système pour voir,

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