SA GRANDE RÉPUTATION MAL ÉTABLIE
viennent trop souvent de ce qu’on ne compare pas; un auteur isolé est toujours plus grand où plus petit que sa vraie mesure.
Dans Déception passive el ignorance des écoles humoristes, œuvre moitié polémique (1), moitié doctrinale, Van Helmont proscrit la saignée pour les raisons les plus futiles (2), et donne une théorie fantastique de l'ictère (3).
de Heer; mais cela ne prouve pas que SON Supplementum soit lui-même pur de toute immixtion d'idées fausses et de véritables rêveries religieuses ou alchimiques. — « Les systématiques de tous les temps arrangent les faits d’après leurs axiomes et non leurs axiomes d’après les faits. Quand Van Helmont attaquait ses adversaires, il sentait le vide de leurs hypothèses et les renversait sans peine; quand il voulait ÿ substituer son propre système, ilne s'apercevait plus qu'il s'éloignait sans cesse des règles sévères qu'il venait de tracer. » (Littré, art. précité; voy. p. 469, note 2.) Yan Helmont, qui, après s'être vanté de nettoyer les écuries d'Augias, avait écrit
* cette phrase Si remarquable : « Naturae cognilio duntaxat ex e0 desumitur, quod actu, et re ipsa est; quippe quae fictis nuspiam meditationibus consistit » (Causae et initia naturalium, À, p. 27), prend rarement la nature sur le fait. — Ailleurs, Promissa authoris, I, 15, p. 9, il dit même: « Naturae cognitio per conjecturas pueriles tentata quidem ab Ethnicis est, et minime unquam adepta! » etil se prend de commisération pour Ces malheureux paiens.
(4) H combat la théorie des humeurs à peu près avec les mêmes armes que Paracelse ; cependant il ÿ ajoute quelques raisonnements de plus, mais quine valent guère MIEUX, malgré sa prétention de les appuyer Sur l'observation de la nature. Voici un de ces raisonnements {, 25, p. 792): « J'ai montré dans mes Physica (ne se trouve pas dans les Physica Aristutelis) que, ni par art ni par nature, l’eau ne pouvait ètre changée en air, et réciproquement l'air en eau. Si donc, dans le sang, la pituite représente l'eau, attendu que le cruor contient l'air (esprits ?), jamais on ne pourra admettre l'existence d’aucune pituite mélangée dans le cruor; ilnya par conséquent rien de vrai dans ce qu'on à enseigné jusqu'ici sur l'union des humeurs et des éléments, leur similitude, leur mélange, leur complexion et leur nécessité. » La théorie ancienne est inadmissible, cela est certain, mais il fallait plus que les arguments subtils de Van Helmont pour La renverser.
(2) Scholar. humorist. passiva deceptio, 1; 86 et suiv., p. 804, 802; CF, Pleura furens, 31, p- 3914, où il proscrit la saignée, au lieu d'en combattre seulement l'abus ; Promissa authoris, 8, p. 8.
(3) Après une distinction tout à fait arbitraire entre le fiel et la bile, la bile invention futile, pernicieuse, humeur fictive qui n'existe jamais dans la nature, l’auteur continue (v, 13 et suiv., p. 822 ; 34, 35,p, 824) : Tout ce qu’ils appellent bile, n’est ni de la bile ni du fiel, ni aucune des quatre humeurs fictives ; mais, le fiel étant mis de côté, la bile nest jamais qu'un véritable excrément stercoraire, et même tout à la fois défectueux et virulent, Le fiel est une viscosité d’une grande puissance dans la nature de la liqueur primordiale, vitale au suprême
h8Ù VAN HELMONT.
Du moins il a le réel mérite d’avoir ébranlé, par quelques bonnes raisons anatomiques et médicales, la théorie ancienne dés catarrhes (1), que Schneider devait ruiner, mais cette fois par des arguments sans réplique.
Le tombeau de la peste, écrit sous l'influence d’un songe (2), renferme, au milieu des discussions les plus oiseuses, une réfutation de l'influence astrale (3), une apparence de distinction des diverses espèces de contagia ou virus pestilentiels (), enfin des
degré et tout à fait nécessaire. — L'ictère est dù à un ferment contre nature, c'est-à-dire à un virus excrémentitiel particulier différent du fiel et de la bile, et qui s'appelle cholera où ictericus; cette maladie, que Van Helmont consi= dère toujours comme une affection essentielle, non comme un symptôme, a son id depuis le commencement du pylore jusqu’à la fin du duodénum, quelquefois même un peu plus loin, car elle résulte d’un vice de la seconde digestion (Voyez aussi Sextuplex digestio, 19 et suiv., p. 169 ot suiv.). Suit une histoire étrange d'un poisson en confirmation de ces opinions. à
(4) Voyez une partie du chapitre 2 de la Deceptio et tout l’opuscule Catarrlu deliramenta. Dans cet opuscule et dans Custos errans, 10 et suiv., p. 208, on peut signaler quelques bonnes observations sur la sécrétion du mucus ou latex, et tout le chapitre intitulé : Xenexion. On trouve aussi, dans lé chapitre 4 de Schol. hum, pass. deceptio, quelques expériences à vérifier sur le poids comparatif des urines.
(2) « Puisque la nuit instruit la nuit, j'ai pensé qu’un songe pouvait contenir Ia science. Je soumets volontiers mes songes au jugement du lecteur (p. 830). »
(3) «Dieu n’a pas créé la mort; le ciclne contient donc ni la mort, ni la maladie, ni le poison ou leurs causes effectives. » Mais Van Helmont croit aux amulettés (voyez Tumulus pestis, p. 879), aux paroles (voyez le commencement de l’opuscule In verbis, herbrs et lapidibus est magna virtus); il admet des pestes divines où diaboliques, p. 871-873; puis, en divers passages, non pas seulement du traité De la curation magnétique des plaies, il tâche d’expliquer l'efficacité des amulettes par quelque vertu magnétique ou occulte. Les plantes et les métaux sont toujours des arcanes, et il leur attribue plus d’une fois des vertus imaginaires ; il ne répudie une superstition que pour en épouser bien vite une autre. Van Helmont est né, 4 vécu, est mort mystique. Sa vie a été un long rêve, avec quelques réveils où lon entrevoit le praticien et le savant.
(4) Voici un passage (Proprietas pestis dans Tumulus, p. 871) qui prouve quelles idées Van Helmont se formait de la peste, et par ce mot, il entend généralement la peste à bubon : « La peste est originellement venue de la terreur de l’homme, ét ce souffle (aura) qui, sortant d’un corps pestiféré, parvient jusqu'à nous, dans son impétuosité première se précipite sur la rate, laquelle s’en débarrasse aussitôt et le transmet, comme avec la main, à l'orifice de l'estomac. D'où viennent la perte de l’appétit, les vomissements, les maux de tête, le délire, les défaillances, la soif, l’assoupissement... Tant que l'image de la terreur de l’Archée n’est pas présente, là