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THÉRAPEUTIQUE

proposerons la matière des indiqués. Nous constituons six espèces de qualités sensibles eu égard aux six sens (y compris celui de la température), et dix espèces de qualités sensibles communes, comme on les trouve dans les parties solides(partes consistentes) ou fluides. La première contient le nombre qu'on ne trouve que dans les seules parties solides; la seconde, la grandeur qui appartient à ces mêmes parties, comme la quantité appartient aux fluides ; la troisième renferme la figurequi ne se trouve que dans les parties consistantes ; la quatrième, la continuité ou la séparation (secretio) qui ne se présente non plus que dans ces mêmes parties; la cinquième, la connexion, propre aux mêmes parties aussi ; la sixième, le lieu et le site, propres aux unes et aux autres parties; la septième, la solidité et laporosité qui ne s’observent que dans les parties consistantes ; la huitième, le môuvement propre à toutes les parties : la neuvième, le temps du mouvement, parliculier aux parties fluides ; la dixième, la consistance et la fluidité, qui sont réciproquement transmutables. Il en résulte que, par la combinaison du nombre siæ et du nombre dix, il y a seize genres de maladies. Afin de justifier les quatre indications que nous ayons plus spécialement eues en vue, l'indication vitale, l’indication préservatrice, l'indication curative et l'indication mitigatrice ou urgente, nous employons un triple genre de remèdes, la diététique, la pharmaceutique et la chirurgie. Si nous observons la manière dont les remèdes opèrent dans le traitement des infirmités corporelles, nous aurons à peu près trois espèces de remèdes : ceux qui suppléent à ce qui manque, qui restaurent (matière alimentaire) et réparent ; puis les remèdes qui enlèvent la surabondance ; parmi ceux-ci, les uns évacuent les contenus, d’autres divisent el coupent, rongent ou consument les contenants ou consistants ; enfin, les remèdes qui altèérent et corrigent. »

Viennent ensuite les diverses classes de médicaments qui correspondent à ces trois grandes classes d'indications, lesquelles sont en grande partie galéniques, au moins par les principes (1).

(4) Des remèdes qui suppléent au défaut. — Des remèdes qui évacuent. — De ceux qui évacuent le sang, les menstrues et les lochies. — Gholagogues. — Phlegmagogues. — Mélanagogues. — Mélanagogues évacuant les humeurs glutineuses. — Mélanagogues évacuant les humeurs âcres et acides. -— Hydragogues. — Vomitifs. — Sudorifiques, — Diurétiques. — Médicaments excitant la salivation et le ptyalisme. — Évacuants particuliers : — Évacuants des excréments et des autres humeurs des gros intestins par l'anus. — Evacuants de l’urine et des autres humeurs de la vessie. — Emménagogues ct autres évacuants de l’utérus. — Médicaments qui évacuent les humeurs des poumons par la trachée-artère et la bouche ; — les humeurs du cerveau par le nez; — par les oreilles. — Remèdes qui chassent les vents, même par la vessie et l'utérus. — Altérants en général. — Altérants

Médecine pratique. — Fidèle à son système de division et de subdivision, Sylvius traite dans sa Praxis medica, soit des symptômes comme s’il s'agissait de véritables unités morbides, soit d’affections non localisées, très-vagues , et qui dépendent de cent causes différentes ; soit enfin de divers états pathologiques qui peuvent se manifester dans un appareil, par exemple dans l'œil, dans l'oreille. Il ne semble admettre qu’un petit nombre de maladies spéciales : les fièvres, l’hydropisie, l’épilepsie, la paralysie et diverses affections cérébrales, dont plusieurs même ne sont que des symptômes, enfin la peste, l’arthritis, les maladies éruptives. Ainsi nous trouvons des titres comme ceux-ci : De la lésion de la soif, de la faim ; De la difficulté de prendre les aliments, de les avaler; Lésions de l'inspiration et lésions de l'expiration de l'air ; De la séparation défectueuse du chyle d'avec les excréments ; De la mauvaise sanqui fication du chyle dans le ventricule droit du cœur ; De la génération ou de la sécrétion défectueuse des esprits animaux dans l’encéphale; De la génération vicieuse du suc pancréatique ; Lésion de la confection parfaite du sang dans la rate; De la perversion des sueurs; Lésion de la génération ou du mouvement du lait (1); Lésion du

spéciaux. — On remarquera que cette thérapeutique est tout humorale, puisque, à quelques exceptions près, les médicaments sont des modificateurs de la quantité, de la qualité, ou même du siége des humeurs.

(4) Voici un passage qui prouve de nouveau combien Sylvius, ignorant du mécanisme des sécrétions, se laisse aveugler par l'esprit de système et combien les théories préconçues ont quelquefois de puissance pour faire sortir des expériences tout autre chose que ce qu'elles contiennent: « C’est dans les glandes des mamelles, lors de son passage à travers ces glandes, que le sang se change en lait; toutefois, je ne crois point que ce soit par la seule tamisation (percolatione) à travers les pores des glandes mamillaires (comme l’admettent plusieurs personnes suivant qui toutes les fonctions naturelles s’accomplissent de cette manière, — c’est-à-dire, mécanique ment, —) que le sang se change en lait, mais par l'accession d’une autre chose qui donne au sang sécrété ici une couleur et une consistance bien différentes de celles du reste du sang. Non-seulement un raisonnement solide, mais des expériences multipliées attestent que les liquides préparés dans les glandes participent plus ou moins à une acidité quelquefois plus manifeste, quelquefois moins apparente et cachée par d’autres qualités concurrentes. Deuxièmement, il résulte de nombreuses expériences chimiques que l'acide change en couleur blanche la couleur rutilante.

retour du sang des veines au ventricule droit, et à ce propos de l'inflammation. L'inflammation est considérée comme un enclavement ou uneextravasation du sang, phénomènes qui se passent dans les capillaires ou dans un parenchyme poreux (1) et qui produisent l’effervescence en raison de la disparation de certaines parties salines et de la présence de certaines autres (2).

On comprendrait encore que plusieurs de ces questions soient l’objet de remarquesparticulières comme introduction à la pathologie spéciale; mais en faire autant de chapitres de cette pathologie spéciale, c’est la preuve d’un esprit très-court et tout entier livré à la recherche des catégories médicales factices dont on trouve malheureusement trop d'exemples dans les ouvrages didactiques.

De l'acidité et de l'acrimonie. — 1 est temps de voir quel rôle jouent l’acrimonie, les dcres, les dcretés, les acides et l'effervescence, dans la pathologie de Sylvius; en d’autres termes, il est temps de quitter le côté galénique de son œuvre pour envisager plus particulièrement le côté iatro-chimique. On peut dire de la pathologie de notre auteur que le cadre est galénique et que le tableau est chimique ; car la plupart des maladies, ou du moins des états pathologiques, sont expliquées et traitées chimiquement ; la plupart des indications (3), et Sylvius insiste beaucoup sur ce sujet, sont fondées sur le rapport supposé entre la maladie et le remède ; or, ce rapport, il cherche très-souvent à l'établir d’après la nature chimique de la cause efficiente et l’action également chimique du médicament, surtout en ce qui touche les absorbants et les aliérants ; attendu que ce sont les

Troisièmement, on sait, par les mêmes expériences, que cet acide coagule el épaissit tout ce qui est coagulable. Ce n’est donc pas sans un motif grave que nous pensons qu'il se prépare dans les glandes des mamelles un liquide acide, mais tempéré, qui, mêlé aux parties du sang sécrétées du reste de la masse, reud ces parties plus consistantes, plus intimement mélangées, et leur donne une couleur blanche en les changeant en lait.» Praæis med., UK, x, 41, 42, 44-47, Ainsi la sécrétion du lait n’est qu'une opération chinique de teinture avec coagulation,

(4) Voyez p. 544, note 4.

(2) Praxis med., 3, xz, 14 suiv..

(8) La multiplicité des divisions pathologiques a entraîné la multiplication pro portionnelle des indications, et a donné lieu à un nombre infini de formules.

médicaments qui agissent sur les affections des qualités sensibles, propres ou communes, pour les faire rentrer dans l’ordre (4).

L'augmentation de la soif (2) vient de l’âcreté de la bile et du suc pancréatique effervescent, ou d’une humeur salée qui descend de la tête ; traitement diluant ou acide (r, 8,5). — Le dégoût est causé par les humeurs viciées : il porte sur les doux, les acides doux, et plus rarement sur les acides forts (ur, 10).— Lorsque les aliments ne séjournent pas le temps voulu dans l’estomac, cela tient tantôt et le plus souvent aux humeurs bilieuses salines, tantôt aux sucs pancréatiques acides doués d’une acrimonie volatile, d’où s’échappent des souffles âcres et mordicants, tantôt enfin à des catarrhes acido-salés et âcres qui arrivent de la tête au gosier (3); on emploie l’eau de chaux (a/calins) sous forme de lessive contre l’acrimonie salée {vr, 7, 8, 44). Les altérations du suc pancréatique et de la bile sont presque toutesrattachées à ces qualités (x etxr). — Les esprits ou les sucs acides, les acrimonies salines, les oléosités volatiles expliquent la plupart des douleurs inteslinales (x1v, 19, 22, 23, 27-30), Le traitement est réglé en conséquence par les contraires (Jbid. 39 et suiv.).

Sylvius admet toules sortes de vomissements de matiéres amères, acides, âcres, salées, douces, qui, contenues dans les intestins, peuvent êlre rejetées, en raison du mouvement péristallique. Gomme conséquence de ces catégories qui sont

(£) Voy. Method. med., 11, xxns et suiv. — Dans les vomitifs et les sudorifiques, les substances chimiques dominent également, surtout les mercuriaux et les antimoniaux, Sylvius fait un grand usage, comme altérants, détergents et purgatifs, des antimoniaux, et même des mercuriaux, dans les fièvres intermittentes ; mais il a soin de recommander une prudence qu’il n’observe pas toujours, car il donne la poudre d’Algaroth comme vomitif,

(2) Je tire mes exemples du I®' livre de la Praxis medica, le seul qui ait reçu une rédaction définitive ; mais les autres livres de ce traité et tout le second livre du Methodus medendi sont remplis de propositions sur la puissance des âcres et des acides, — Le premier numéro que je mets entre parenthèses indique le chapitre; le second et les suivants, quand il y en a plusieurs, le ou les paragraphes.

(3) Les catarrhes qui descendent de la tête jouent presque un aussi grand tôle dans la pathologie de Sylvius que dans celle de Galien (Voy. p. 544, note 3); seulement, Sylvius s’enquiert de leur nature chimique, sans négliger cependant l’étüde de leurs qualités physiques.

si fort de son goût, notre auteur énumère successivement tous les points du canal intestinal où il suppose l'existence d'une perversion de ce mouvement péristaltique ; il descend jusqu’en bas et semble croire que la matière des vomissements arrive même du rectum. Le mouvement péristaltique, qui entraîne aussi l'estomac, tient à l’effervescence des humeurs âcres (bile et suc pancréatique) existant naturellement en nous, ou à des matières introduites dans le corps (xv,3-7); il rapporte de prétendues observations à l'appui de sa manièrede voir ($ 12); il prétend aussi établir par le raisonnement et par les autopsies que le pus et le. sang qui sont rejetés par les vomissements viennent du pancréas et non d’ailleurs ($ 43); ce qui prouve bien quelle est la puissance désastreuse des idées préconçues. Il est juste d'ajouter que Sylvius attribue les vomissements de matières fécales à une hernie étranglée, on à l’iléus (invagination), ou à une occlusion quelconque de l’intestin grêle ($ 16 et suiv.).

L’ascite dépend de lobstruction des vaisseaux lactés par un chyle devenu trop épais sous l'influence d’actions plutôt physiques que chimiques ; cédant aux efforts de lafflux continuel, ils se rompent et laissent écouler la liqueur qu’ils contiennent (xvun, 8). — D'un autre côté, les théories chimiques reparaissent bien vite pour expliquer d’autres espèces d’hydropisies (voy. p. 569). — Comme le chylereçoit sa perfection dans le corps par l’action continue de la respiration, qui entretient et modère l’effervescence, laquelle a son siége dans le cœur et les grosses divisions de l'aorte, la sanguification est lésée quand le chyle provient d’aliments âcres naturellement ou rendus âcres par des causes internes ; d’où résultent toutes sortes de maladies, la cachexie, l'anasarque, la leucophlegmatie (xvur, À et suiv.).

On trouve aussi dans la huitième Disputatio ($ A2 suiv.) des détails trés-étendus, et que je résume ici, sur les altérations chimiques de la lymphe ou du suc pancréatique ot sur les maladies qui en résultent.

« Je soupçonne que les esprits animaux, lorsqu'ils sont portés par les nerfs aux glandes conglobées (ganglions lymphatiques), Sy mélangent avec un csprit acide sécrété par le sang qui afflue vers ces glandes. Cette conjecture m'a été suggérée par la présence de l'esprit acide, observé

souvent assez pur dans le corps sans qu’on ait fait usage ou abus d’une chose manifestement acide. — Ainsi, pour ne rien dire maintenant de la génération des fièvres intermittentes, de l'affection hypochondriaque et autres maladies semblables (voy. plus loin, p. 568), il existe dans ce pays une affection très-fréquente qui attaque les nouveau-nés et qui est Caractérisée par des coliques, des nausées, des vomissements de lait coagulé, des douleurs de ventre, lequel estballonné par les vents ; ilen résulte quelquefois des hernies, la constipation, puis la diarrhée, des déjections multicolores, enfin des accès d’épilepsie; cette affection, dis-je, est sans aucun doute produite par un esprit acide qui, avec la bile, cause de l’efferves- .cence dans les intestins grèles, ainsi qu'on peut s’en convaincre par les symptômes et par le traitement dont le meilleur consiste dans l’emploi des altérants et des purgatifs. De même, des douleurs intenses ou lancinantes se faisant sentir tout à coup comme un coup de foudre, dans quelque partie du corps que ce soit, annoncent la présence d’un esprit acide très-mobile, et rongeant les parties douées de sentiment. Tout ce qui, dans la nature, est âcre et mordant, excepté le feu, est ou esprit acide ou sel lixivieux, ou, pour parler comme Pline, lessive ({). En effet, cet esprit, ce sel, au moyen des cendres de matières brüûlées, ou de lui-même, se résout en lessive, puis on peut lui rendre par la cuisson la consistance du sel; c’est l’agent le plus âcre (potasse caustique) dont nous puissions nous servir pour faire des fonticules à la peau, et alors il prend le nom de cautère potentiel. Je n’ai rencontré jusqu'ici aucun agent digne du nom d’âcre qui ne puisse être ramené à l'un ou Vautre des deux que je viens de décrire. Ilne faut pas croire qu'il se trouve dans le corps un esprit acide tout préparé (isolé ?); mais ilest dégagé des mélanges qui le tempéraient d’abord, c’est-à-dire séparé et délivré de l'huile et de l'esprit volatil. La carie des os annonce la présence dans le corps de ce même esprit trop pur, ce qu'indiquent les douleurs souvent intolérables et dues à la seule acidité. L’âcreté produite par Le sel lessive demeure attachée plus fixement au même endroit, et semble brûler la partie affectée quand l'esprit acide paraît attaquer, déchirer, percer la partie dont il fait sa proie. De même l'acidité de la salive est souvent telle, qu’à légal des autres acides, elle stupéfie les dents. Quand il ny a pas de salive acide dans la bouche, mais qu'on trouve dans le ventricule ou les intestins, sans qu’on ait commis de faute dans le choix des aliments, des indices d’une humeur acide, alors je pense (puisque cela ne peut provenir de la bile amère ennemie de l’acide) que le suc pancréatique pèche par une trop grande acidité, et que cela arrive par un vice, soit du pancréas lui-même ou de ce qui est requis en lui, soit du sang qui afflue vers lui. Le sang artériel fournit aux glandes la matière des humeurs acides ; sa coagulation en grumeaux, lorsqu'il est

(1) Livivium, dissolution de sel de potasse, Voy. Pline, xrv, 129; xv, 67; xxVIN,

tiré des vaisseaux, puis la corrosion et la consomplion des os produite dans l’anévrysme par ce sang, indiquent qu'il contient des parlies acides ! L’acrimonie de l'esprit acide est tempérée par tous les corps gras, mais avec plus de difficulté, à moins que, par l’adjonction du sel lixivieux, on ne facilite l’'amalgame.

« Ainsi, d'après mes conjectures, je tire les conséquences suivantes : c'est dans les glandes conglobées (ganglions) que se fait l’union de l'esprit volatil avec l'esprit acide, ce qui ressort de la liquidité de lalymphe ; c’est dans le pancréas, au contraire, que se fait celle de l'esprit acide avec l'huile, ce que prouve la viscosité de la pituite des intestins ; c’est dans les glandes maxillaires (glandes conglomérées), enfin, que s’opère l'union de l'huile avec l'esprit acide et l'esprit volatil, ce qui est attesté par la consistance moyenne de la salive entre la lymphe et la pituite. Ma conjecture sur l’origine de la lymphe par la combinaison de l’un et l’autre esprit, est encore confirmée par les affections diverses familières aux glandes conglobées, ou qui tiennent à leur mauvaise disposition. Telles sont les tumeurs strumeuses qui naissent en elles d’humeurs tenaces, ayant la consistance du plâtre, tenant surtout à un esprit acide, et qui s y rassemblent. Les affections qui accompagnent la mauvaise disposition de ces glandes sont le coryza, l’éternument, la toux, etc., affections qui naissent d’un esprit acide intempéré, comme lé montre l'âcreté acide ou acido-salée des humeurs excrétées. Je pense que la lymphe, en tant qu’elle se compose, pour la plus grande partie, de l’esprit animal, prévient par son retour dans les veines la trop copieuse évaporation de cel esprit, et que c’estune grande prévoyance qui fait qu’elle est rendue au sang refluant du cerveau et du cervelet, où elle laisse en abondance sa partie la plus spiritueuse ! Je pense encore que ja lymphe, en tant qu’elle a en elle quelque chose de l'esprit acide, dispose le sang qui descend au cœur de telle façon, que ce sang rencontre celui qui monte et qui a été imprégné de bile dans le foie ; or cette rencontre a lieu dans l’oreille droite du cœur et dans le ventricule droit. Là où tout est tempéré, tout est doux et ami de la nature ; maïs là où soit quelque chose, soit le tout, est vicié plus ou moins, et de quelque manière que ce soit, là il y a une effervescence nuisible et contraire à la nature.

« J'ai candidement communiqué à tous et mes conjectures douteuses et mes opinions plus probables, désirant uniquement que ceux qui traiteront le même sujet s'inquiètent moins de renverser le sentiment des autres, que d’étayer et de corroborer le leur. La vérité étant une, celui qui la possède, la possède tout entière ; celui donc qui prouvera qu’elle

est avec lui, fera par cela même crouler les opinions de ses contradicteurs (4). »

(4) Voy. aussi Disput., IX, 4, 2, où Sylvius dit qu’il ne veut ni souffrir ni imposer la dictature; il n’y a qu'un maître : l'expérience !

On ne peut pas être à la fois plus humble en paroles, et en fait, plus superbe, car non-seulement Sylvius plie ses lecteurs, maisla nature aux fantaisies de son imagination.

Si de ces états pathologiques três-vagues nous passons à quelques individualités morbides mieux limitées, nous trouverons les mêmes principes rigoureusement appliqués (1), d’où résultent deux grandes classes d’affections : celles qui viennent d’un excès d’acide et celles qui sont engendrées par un excès d’alcali (äcre). Par exemple, les fièvres intermittentes et catarrhales (2). ont, comme l’arthrite (3), leur siége ou leur foyer dans le pancréas et dans les glandes conglobées voisines (4); elles dépendent des altérations âcres, acides, ou lixivio-salées, où muriatico-acides des sucs contenus dans ces parties, et aussi du mélange de la bile plus ou moins viciée, allérations qui produisent l’effervescence. Non-seulement tous les genresde fièvres, mais tous leurs plus petits symptômes (®) sont expliqués par la nature, le degré

(4) La peste et la syphilis (voyez Append. ad Pratim, tract. I] et IT) n’échappent pas non plus à ces théories; pour Ja première de ces deux affections, que Sylvius croit en partie divine, il n’ose pas rejeter absolument les amulettes ($ 51 0), et ($ 541) le mercure autour du cou vanté par Paracelse, mais pour sa vertu contre la syphilis. 53

(2) Pour toute fièvre, le signe pathognomonique est tiré de la fréquence du pouls. — Disp, IX, 5 et suiv.

(3) L’arthrite (goutte) siége dans les ligaments et les membranes ligamenteuses, non: dans l’intérieur de l'articulation ni dans les os ; il le prouve par des raisons théoriques. Elle a Pour cause efficiente une humeur âcre, bilieuse (mêlée à un sel lixivieux, fixe ou volatil, et abondant) et séreuse, ou acide > Cela se reconnaît par la nature de la douleur. Comme le paroxysme de l’artbrite est toujours accompagné de fièvre, ce n’est pas seulement l'humeur primaire qui est affectée, d’autres le Sont aussi, Append. ad Praxim, tract. VIIT, 1-26.

(4) Append. ad Praxim, tract, VIT, 26 et suiv. Cf. Tract, X, 195 et suiv. — Cela rappelle évidemment le duumvirat de Van Helmont, On peut encore rapprocher des idées de Van Helmont celles de Sylvius touchant la dissolution des calculs dans la vessie à l’aide de lithotriptes, particulièrement de l'esprit de nitre. Method. med, II, xx1y, 6-7. Dans IT, xvr, on trouve des détails à relever sur les cathéters.

(5) Quoiqu'il s'efforce, au point de départ des indications thérapeutiques, d'attaquer le mal à sa racine, Sylvius fait surtout une médecine de symptômes, fondée sur le caractère chimique ou mécanique de la maladie. Avec son sysième de nosologie, il était difficile qu’il en fût autrement, Voyez, pour la doctrine des indica-

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