FORTUNE DE L'IATROCHIMIE AU XVII® SIÈCLE
les diverses parties du vinaigre. — D'ailleurs, ajoute notre auteur, Dieu n’a pas placé toute la médecine sur la tête d'Hippocrate et de Galien ; quand il y a de nouveaux maux, il faut de nouveaux remèdes; le mal est si grand qu’il y faut pourvoir ; — et puis il y a certaines substances que nos anciens supportaient et qui ne sont plus tolérées aujourd’hui (4). Les régions mêmes, continue Reinesius, différent de ce qu’elles étaient autrefois ; — les substances changent aussi de nature, ce qui est poison ici peut être là nourriture; enfin combien les voyageurs n’ont-ils pas apporté de substances nouvelles qui ont été reçues avec faveur ! Pourquoi donc n’en serait-il pas de même des remèdes chimiques? Pourquoi, à l’exemple de sectaires entêtés, appeler la mort sur ceux qui prônent cès remèdes et en usent ?
Quelque bizarres que soient de telles raisons en faveur de la chimiatrie, il n’en est pas moins vrai que cette médecine était fort en vogue du temps de Van Helmont, qui sur tant de points n'élait ni plus sensé ni plus avancé que ses contemporains.
Reinesius cherche ensuite à prouver que les médicaments chimiques agissent cifius, jucundius, tutius, que les autres remédes (2); citius, car ce sont des essences ; jucundius, car les malades, les médecins et les assistants le proclament; éurius, puisqu'ils agissent seuls et sans être encombrés de toutes les parties nuisibles ou inutiles que les autres médicaments comportent. Enfin il cherche à persuader aux étudiants qu’il n’y a rien de déshonorant dans la pratique des fourneaux.
Les traités de chimiatrie de Conr. Gerhard (3) renferment des propositions pratiques sur l’emploi des procédés et des pro-
(4) Riolan, dans un tout autre sens, et pour repousser absolument les nouveautés, disait aussi que la nature avait changé depuis Galien.
(2) Dès 1606, Paul Reneaulme publiait à Paris un recueil d'observations sous ce titre: Ex curationibus observationes, quibus videre est, morbos cito, tuto et jucunde * debellari, si Galenicis præceptis chimica remedia veniant subsidio, Comme on voit, de tout temps il y a eü des Conciliateurs. Sennert estun des plus importants. Voy. aussi la Rosa nobilis iatrica de Rosenberg, en 1624.— Reneaulme a beaucoup d'arcanes dont il se loue grandement. — La Praxis chimiatrica de J. Hartmann est de
(8) Exlräctum Quaestionwn chimic., 1616, in-8; Tract. practicus de chymiatria, 1634, in-4.