‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 171 sur 260 · GÉNÉRALITÉS SUR CE SUJET · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR CE SUJET

gloire qui appartient à notre grand physiologiste, cherchent des preuves contre lui dans les œuvres de Galien, de l'homme quina le plus retardé la découverte de la circulation, de celui qui fe connaissait même pas la petite circulation, bien loin d'avoir

Barzelotli (Dialog. sulla scoperta della cireul.; 1831, in-8) tient pour Césalpin; Zecchinelli (Delle dottrine sulle funsioni del cuore, etc.; 1838, in-8) tient pour Rudios— Un vétérinaire, Prangé (Documents pour servir à l'histoire de la découberte de-lacirculation du sang, Paris, 4855), se montre grand admirateur de PAnatonia delrcavallo de Ruini (1598) et veut trouver la circulation du sang dansun passage où il est impossible de voir autre chose que la théorie galénique. Ruininne connait même pas la petite circulation. — Flourens, dans un livre trèsbon, malgré quelques erreurs de détail (Hst. de la découverte de la circulation, 2e6d., 1857), tient pour Harvey contre tous les prétendants, excepté contre Césalpin, qui, cependant, n'a pas connu la grande circulation. Cest ce qu'a dit, dès 4766, le biographe anonyme de Harvey (en tête de l'édition de Londres), c'est ce qu'ont répété P. Bérard (Historique de la découverte de la circulation dans Cours de physiologie, t. LL, p. 562, 1851; consiste surtout en une analyse exacte de Harvey) et J. Béclard (Harvey, dans Confér. histor. de la Faculté de médecine de Paris; 1866, morcéau oratoire qui embrasse en raccourci toute l'histoire de la circulation), mais sans que ni les uns ni les autres aient insisté sur la preuve générale essentielle contre Césalpin. — Je n'ai pu me procurer, ni dans les bibliothèques ni dans le commerce, les dissertations suivantes, qui sont indiquées par les bibliographies au chapitre de l'Histoire de la circulation: Th. Bartholin, De corde apud veteres ; Hafniace, 1648 et 1668 dans ses Orationes. Bartholin a voulu s’arroger une part petite où grande dans toutes les découvertes qui ont été faites de son temps. — Barthol. Graecus, Hippocratico- Galenico-neotericum.… in quo ostenditur cireul. sanguins antig. aeque ac recent. notam exlitisse ; Mediol., 1707, in-8. — Laubmeyer, Praecognita circul. sang. apud veteres ante Harv. Regiom., 4799, in-8. — Ce n’est qu’à la dernière heure eétrau moment où je relis ces pages que m'arrive enfin, après plusieurs années de recherches et de démarches, un livre dont je ne connais pas un seul exemplaire à Paris et qui a pour auteur le docteur John Redman Coxe et pour titre: An inquiry into the claims of W. Harvey to the discovery of the circulation of the blood, wWitha more equitable retrospect of that event. Philadelphia, 1834, in-8. Je ne regrette ni ma peine ni mon argent; cependant, j'ai été singulièrement désappointé en voyant un si grand appareil de citations mis au service d’une cause insoutenable, dSavoir, que de tous les anciens et les modernes, c’est Harvey qui a eu la plus petite part dans la découverte de la circulation! Conclusion tirée surtout, mais très-illogiquement, de la fausse notion que le physiologiste anglais avait de la communicalion des artères et des veines. —Il n’y a pas de raison de ranger parmi les historiens dela circulation Homobonus Piso, Aemilius Parisanus, Primerose ou toutrautre, qui ont discuté dogmatiquement et non historiquement sur la nonexistence dela circulation. Nous reviendrons plus loin sur ces auteurs.

la moindre idée de la grande. Il n’y a pas un texte de Galien, pas une des dispositions anatomiques qu'il invoque ou plutôt qu'il imagine, qui ne soient un obstacle à la circulation. Toutes les voies sont occupées à autre chose, toutes les issues sont closes ou maladroitement ouvertes, tous les postes sont gardés, avec défense expresse, de par les causes finales, au sang de circuler ! I semblerait, à voir les dénis de justice envers Harvey, qu’un grand homme tout entier, avec tout son génie, soit trop pour l'admiration des contemporains et de certains historiens; chacun cherche à effacer quelques-uns des rayons de sa gloire; mais la postérité, plus équitable, ne se trompe pas : Harvey, pour elle, sera toujours l'immortel Harvey! Le véritable inventeur est celui qui met définitivement le monde en pleine possession de connaissances et de faits dont on peut chaque jour et à volonté vérifier la réalité, l'exactitude. Ne confondons pas les œuvres du hasard, ou, si vous voulez, les œuvres du savoir, mais d’un savoir inconscient, qui, trouvant quelques-uns des rouages d’une machine, les laisse, ne sachant qu’en faire, à l’état d'isolement, — de grâce, Messieurs, ne les confondons pas avec les œuvres dun génie qui cherche, découvre, rassemble, unit, relie toutes les pièces de la machine et la met en mouvement.

Je ne prétends pas que le hasard ne mette quelquefois sur la bonne voie ; mais le hasard seul ne mêne pas loin. C’est le hasard qui montre les chylifères à Aselli; mais le hasard les laisse aux portes du foie. C’est le hasard aussi qui montre à Pecquet le réservoir du chyle, mais c’est la recherche expérimentale quiconduit cet habile anatomiste jusqu’à la sous-clavière gauche, et qui lui permet de déposséder le foie de fonctions vingt fois séculaires.

Lorsque l’on compare ce qu’on savait de la circulation avant 1628 et ce que Harvey nous en a appris, on reconnaît bien vite chez Harvey l'œuvre du génie, et chez ses précurseurs les bonnes fortunes d’un savoir aveugle ou les inventions d’un savoir borné; on reconnaît ce que peut la méthode et ce que vaut l’intuition. On pourrait supposer (encore je ne suis pas certain que la supposition soit fondée) que, sans ces bonnes fortunes antécédentes, Harvey n’aurait pas fait sa découverte; du moins ce

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