MARGE DU SANG D'APRÈS GALIEN
Sérendatioie pour y subir la transsubstantiation, la coction ou Hématose: c'est le sang rouge foncé, humide, épais. Du foie, comme d'un réservoir central, et au moyen des branches des veines caves, le sang se répand, pour lés nourrir, dans toutes les parties du corps. Le mouvement est communiqué au sang plutôt parles facultés attractives et sélectives des parties que par une vertu propre, où par l'impulsion que lui auraient donnée ces Voies Incessamment le sang veineux s’épuise, pour la nutrition, dans l'intimité des tissus, de celui du poumon (du moins en partie} aussi bien que du reste du corps, et incessamment il se renouvelle par l'alimentation. Voilà donc un premier courant, caractérisé par un va-et-vient perpétuel, et où il n'y a pas la moindre idée de circulation.
Les artères, à leur tour, contiennent un peu de sang et beaucoup d'air. D'où leur viennent ce sang et cel air? Une partie du sang, qui arrive par la veine cave ascendante dans l'oreillette droite et de là dans le ventricule droit, est lancée dans le poumon (1), qui s’en nourrit (c’est ainsi « que le cœur récompense le poumon de l'air qu’il lui envoie »), pénétre en petite quantité dans les veines pulmonaires (veines artérieuses), mais à travers leurs parois, car elless’abouchent avec les ramifications de la trachée, non avec celles de l'artère pulmonaire (2); l'autre partie Serend'auventricule gauche en traversant des pertuis que Galien a imaginés dans la cloison interventriculaire, et qui s'ouvrent enconséquence du ventricule droit dans Île ventricule gauche; puis le peu de sang qui du poumon pénètre dans les veines pulmonaires, lorsqu'elles ont envoyé le pneuma au cœur et ainsi opéré le vide, se mêle à l'air de la respiration ; arrivant ainsi Spiritueux, subtil, ténu, il s’unit dans l'officine des esprits vitaux, C'est-à-dire dans le ventricule gauche, par l'intermédiaire de lorcilegauche, à celui qui a filtré à travers la cloison intervenfriculaire ; de là il est reçu dans l'aorte, où il est distribué dans
(4)MEn raison de sa densité, l'artère pulmonaire ne laisse arriver au poumon Quunsans déj atténué par le cœur et en rapport avec la substance poreusce et 1égère de ce viscère! Le ventricule droit profite aussi d'abord du sang de la veine cave pour se nourrir,
(2)/Ge qui détruit même l'idée de la petite circulation,
toutes les parties du corps. Galien est si éloigné même de la petite circulation, qu’il admet que les fuliginosités du cœur et un peu du vrai sang mêlé au pneuma refluent, pendant certains mouvements du cœur et de la respiration, dans les veines pulmonaires, qui sont comme les cheminées du cœur. Ainsi il n'hésite pas plus ici que pour les veines mésaraïques à ads mettre un double courant dans un même vaisseau !
Les autres sources auxquelles les artères vont puiser le sang et qui de nouveau écartent toute idée de cercle, ce sont précisé: ment les anastomoses des deux ordres de vaisseaux; par suite d’un chassé-croisé très-limité, les artères donnent un peu d’ain aux veines, et en échange en reçoivent un peu de sang (1). Dans tout ce système si bien combiné, et où j'omets une foule de dé: tails, le cœur joue le rôle d’organe respiratoire. Voilà pourquoi le pouls et la respiration sont même chose pour Galien,
Tel. est le deuxième courant, également caractérisé, comme celui des veines, par un perpétuel mouvement de va-et-vient, eh qui, sans les esprits qui animent et excitent les parties, feraib
double emploi avec le courant veineux déjà chargé de leur nutrë tion.
N’avez-vous pas, Messieurs, trouvé dans cette exposition dé nouvelles preuves de l’impérieuse et détestable influence d’uné mauvaise physiologie sur l'anatomie, bien loin qu'une bonne anatomie puisse à elle seule réformer une mauvaise physiolos gie (2). Pour le besoin du système, Galien, qui a bien vw la strue ture du cœur, torture les dispositions anatomiques les plus évis dentes, il en invente même : ainsi il ne tient presque pas compté de l’oreille droite; il fait partir les veines pulmonaires non du poumon, mais dé l'oreille gauche; ces veines, il les fait s’anastos moser directement avec les ramifications des bronches; enfin il traverse la cloison interventriculaire de nombreux pertuis. D'un autre côté, toute la science anatomique la plus exacte n’aménés pas le moindre doute dans son esprit sur le thème que la trad tion lui a légué et sur lequel son imagination brode encore !
(2) Attendu que certains organes réclament un sang plus épais et certains autres un sang plus ténu, plus spiritueux.
(2) Voyez plus haut, p. 322 etsuiv.