ASELLI — GASSENDI
lire, et ne pouvant servir à rien. » Aselli se propose d'examiner celléquestion plus tard, en même temps qu’il parlera deses recherchesrectificatives sur la distribution des vaisseaux ombilicaux. Mais, celandit, tout le reste n’est qu’une suite de discussions stériles, parce qu'elles restent au fond galéniques, sur la température radicale, sur la marche du chyle vers le foie (1), et sur le rôle deuce viscère dans la transsubstantiation du liquide nourriter en sang, opération déjà préparée dans les chylifères euxmêmes, comme elle l'était pour Galien dans les veines entéromésentériques.
…(luelle constante sobriété dans Harvey, quel flux de paroles dans Aselli lorsqu'il cesse d'exposer sa découverte pour expliquer les conséquences théoriques qu’il en veut tirer ! On sent aussi, à lire tomparativement ces deux auteurs, qu'Aselli n’a fait que voir et reconnaître une minime partie d’un fait; qu'il n’a pas le sens dé méthode expérimentale; que le doute n’a pénétré dans son ésprit que depuis les intestins jusqu’au foie, tandis que chez Harvey un regard appelle un autre regard, une expérience est Süivie d’une autre expérience : ici un demi-jour, là une éclainte lumiére. Aselli se laisse toujours aller à expliquer la fonctionpar la structure, encore par une structure incomplétement connue et par la vaine recherche des causes finales.
Comme complément de l’histoire de la découverte des vais- Séaux chylifères, et pour montrer combien à cetle époque les savants et les philosophes, préludant à la fondation de lAcadémie.des sciences, s'intéressaient à des questions que la plupart des médecins négligeaient alors, je transcris une note manuscrite quej'ai trouvée sur une des gardes d’un exemplaire du livre dAselli (édition originale posthume de 1627), et qui provient probablement des papiers de Peiresc.
«De Paris, 26 may 1628... n° 438, t. II.
«Mnde Gassendi écrit à M. de Peiresc (2) qu’il existe un petit livre
(LMLes chylifères sucent (comme des sangsues) les intestins ; le foie attire à lui le chylequiest en même temps poussé par le mouvement péristaltique des intestins ebpar celui des chylifères eux-mêmes. C'est ce qu'Aselli appelle éractus et pulsus.
(2) Moyez aussi Gassendi Vita Peireskit. Quedlinb., 1706, in-8, p, 234.
DAREMBERG, ä0