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FIGURES ET EXPLICATIONS TIRÉES DE PECQUET

La figure À montre les vaisseaux lactés thoraciques et le réceptacle du chyle.

À. Tronc ouvert de la veine cave ascendante. — B. Rencontre des veines jugulaires et axillaires ; les embouchures des lactés sont désignées par des points. — G. Valvules des jugulaires qui s'opposent à l'ascension du chyle. — D. Division des vaisseaux lactés (canal thor.) vers leurs embouchures. — E. Anastomoses des vaisseaux Jactés, à divers points de leur parcours. — F. Renflement qui se montre

souvent à gauche, près du diaphragme, — G. Antre renflement se développant à droite. — H, Portion du diaphragme. — J, RÉcRrrAcLE du chyle. — L. Troncs des lactés mésentériques près du réceptacle ; une membrane plus ample indique les valvules qui empêchent le retour du chyle, — m. Valvules qui permettent le passage du chyle dans la veine cave, mais s’opposent à son retour vers le réceptacle.

PECOUET.

La figure 2 montre un chien ouvert avec les vaisseaux tels qu'ils sont chez l'animal et placés chacun en leur lieu.

1. Tronc de la veine cave ascendante, — 2. Portion de l'aorte qui adhère, entre

— 3, Les reins, — 4. Le diaphragme disséqné.

Iesreins, au réceptacle du chyle.

—5. ou ou muscles lombaires,

sentois au {act. Je reMarquay sa grandeur, sa longueur et sa largeur; et ayant coupé le foye, la rate, l’estomach et tout le mésentère, je la treuuay encor en sa plénitude ‘et sans qu’elle se déchargeast. D'où je | jugeay que le laict que je voyais y estre Contenu, par sa continuité avec les vaisseaux lactés du forax, ne relournoit pas vers le mésentère, et qu’il y auoit des valuules aûx embouchures des vaisseaux qui l’auoient porté dans cette vessie Pour en empescher le reflux. Je connus qu'il n’alloit point au foye ny à la rate, puisque [ces viscères] estant jettés dehors, il ne laissoit pas de se Conseruer dans ce reservoir: ét ayant fendu Ja veine Caue et l'aorte en long depuis les iliaques jusques au diaphragme, je n’aperçus point qu’il y entrast du laict. J’ouuris ce réseruoir pour voir si je ne me trompois point dans Ja conjecture que j’auois faicte du laict qu’il contenoit, et je reconnus par l'abondance qui en sortit qu’il en contenoïl davantage que je ne m'en estois promis. Il me fut aisé pour lors de remarquer les valuules des vaisseaux lactés du thorax, qui ne déchargèrent point leur chyle par l’ouuerture que j'auois faicte au réseruoir.Je voulus voir si je pourroïs trouuer le reseruoir après que j'eus vuidé le laict; mais il me disparut aussi bien que les lactées du mésentère et du thorax, qui ne sont visibles que par le laictou chyle qu'ils contiennent,

«Il ne me restoit plus qu’une chose à voir, qui est la communication des veines lactées du mésentère auec ce reseruoir. Je prends un chien, je l'ouure, je lie les vaisseaux lactés du {horax, je découure le reseruoir sans endommager le mésentère; je lie au centre de ce mésentère, le plus près que je peux de ce réseruoir, les veines lactées d’Asellius, pour y arresfer ce laïict; je crève mon reseruoir, et le chyle restant sorty, je délie les veines lactées du mésentère, et alors je vois que le lait qu’elles: contenaient s'écoule tout par le trou que j’auois fait à ce reseruoir.

« Voilà le sommaire de l’hystoire anafomique que j'ay décrite dans la première partye de mon traité. Or, avant de la finir, j'ay remarqué :

« Que j'auois découtiert ce réseruoir du chyle et ces vaisseaux lactés du torax, non-seulement aux chiens dont j'en ai fait mourir un grand nombre, mais encore dans les bœufs, veaux, vaches, chevaux, pourceaux, et dans les moutons où j'ai trouvé cela en particulier, que souuent il n'y & Qu'un vaisseau lacté dans le ioraæ, mais fort gros, qui, quand il est arriué vers le cœur, se distribue pour aller porter le laict aux sous-clavicres, comme fchez] les autres animaux (4).

«Je ne dis rien des hommes, parce que je n’ay pas eu l’occasion d’en ouurir de tout nouuellement exécutez, comme fit M. Peyres [c] quand il y lreuua en Prouence des veines lactées dans le mésentère, n'ayant pas eu la pensée de les aller chercher dans le torax, non plus que tous nos anatomistes. Je ne doute pourtant point qu’ils n’ayent les mêmes vais-

(4) Ici nous retrouvons les mêmes dispositions que chez l’homme pour le canal thoracique ; nulle part Pecquet w’en a distingué la grande veine lymphatique, et il veut toujours que le canal simple ou double aille aux deux sous-clavières,

Meaux, et que leur foye ne soit aussi inutile pour l’aimatose que celui dés animaux, qui ne fait jamais de sang, et ne sert que pour échauffer léventricule et filtrer la bile et les impuretez de la masse sanguinaire (1). »

La deuxième partie des Experimenta, où Pecquet traite des ouvements du sang et du chyle, ne vaut pas la premiére: il admet la circulation harvéienne et la confirme par des expé- Hénces qui n’ont aucune nouveauté; elles ne sont guêre que la Mpétition de celles de Harvey (2) : La ligature des vaisseaux, déünouverture, puis la disposition des valvules ; cependant le Passage sur la veine porte et quelques réflexions sur le prinüpédu mouvement du sang méritent d'être cités.

“Les expériences susdites et plusieurs autres m'ayant convaincu pour R veine cave et les autres, j'ai tasché de découvrir le mouvement du Sang dans la porte. J'ai trouué que les ligatures et les seignées que l’on “faibdans ses petits rameaux ne suffisent pas pour convaincre un esprit visonnable, à cause du peu de valuules et des fréquentes anastomoses quals ont avec les rameaux de l'artère céliaque. Mais, ayant lié les gros rameaux splénique et mésentérique, proche le tronc, j’ay trouué que ces lmeaux se sont gonflés vers leurs ligatures depuis leurs extrémités, et pus se sont vuidés depuis les mesmes ligatures jusqu’au foye avec beau Dupde vitesse; ce qui s'est fait tant de fois, que je ne puis comprendre GommeM. Riolan a un autre sentiment touchant cefte malivre, Cecy élantexpédié pour la porte, j'ai trouué qu’elle a double usage et double tunique. Elle fait l'office des veines portant le sang des extrémités à son “tronc, et l'office d’artère, portant ef distribuant le sang de son tronc par lesexirémités de ses racines dans le foye, qui ont une véritable tunique d'artère, = «Je trouve que le principe du mouvement du sang ne peut être son (1) Gesont les expériences sur le mouvement du chyle, au moins autant que la “ection des vaisseaux lactés, qui ont conduit Pecquet à porter condamnation contre le oie.-Mais voyez combien il est difficile de se débarrasser soi-même des vicilles ‘crreurs eb de délivrer le foie de fonctions imaginaires. Voilà encore que, selon Pe quet,ce viscère sert de chaufferette pour l'estomac et de filtre pour le sang! à Pecquet admet les synanastomoses où abouchements pour les vaisseaux car- Go-pulmonaires dans le poumon; mais il pense que, pour presque tout le reste d L COrpS, ily&anastomose; c’est-à-dire, que, prenantce mot danssa signification oriilfèlle, il fait extravaser le sang par les bouches béantes des artères, dans l'intimité tissus, pour les nourrir, et il fait reprendre le résidu par les bouches ouvertes desveines, — Voy. plus haut, p. 612-613, la doctrine de Harvey sur ce point.

propre poids qui le fait passer des artères dans les veines, et que quand les artères et les veines seroïient des syphons, le sang ne pourroit pa retourner au cœur,

« 4° Parce que les artères des moribons se vuident, et les veines se gonflent sans se décharger dans le cœur, ce qui ne convient pas au syphon ; 2° les artères liées se vuident au delà de la ligature et poussent leur sang dans les veines, sans que la grauité ny que la raison du syphon agisse; 8° les veines liées ne laissent pas d'envoyer leur sang au cœur depuis feur ligature ; ce qui ne convient pas au syphon ; 4° les syphonsk tirant d’un costé se vuident de l’autre, ce qui ne conuient pas aux veines et arières; car, lorsque ie sang est poussé dans les artères, les veines n€ se vuident point, mais sculement se gonflent, et ne se vuident que lorsque rien n'entre plus dans les artères.

« Je montre, par les mesmesraisons, que la systole du cœur (ventricule gauche) ne suffit pas pour le retour du sang dans le cœur [par les veines}, puisque l'interruption de cette systole par la ligature des veines et artères n’empesche pas ce retour du sang dans le cœur, et que les moribons ne laissent pas d'envoyer leur sang artérieux dans les veines lorsque

. systole a cessé. Je montre que la diastole*est aussi très-inefficace pou aftirer le sang au cœur par sa chaleur, comme on dit de la vantouse, ou par sa dilatation, comme le soufflet attire l'air en se dilatant; parce que je ne puis admettre cette attraction que je ne vois aucunement néces saire, puisque les veines sont gonflées et regorgent de sang lorsque le cœur s'ouure, et que, malgré qu’elles en ayent, elles sont contraintes de le laisser s’écouler dans les ventricules du cœur lorsqu'ils sont vuides el ouuerts pour le recevoir.

« Je découure les causes partielles du mouvement du sang, qui sont 4 systole du cœur, la contraction des membranes qui, naturellement, se resserrent, estant dilatées par une humeur étrangère qui les y contraint, et la compression des muscles et des parties ecternes, comme pourroit es{re la dilatation des poulmons, etc, et fais voir que ces trois causes concourent pour le retour du sang, et que quand l’une meurt, l’autre suppléei son défaut. |

«Je montre ensuite le principe du mouuement du chyle, son entrée dans les intestins, son chemin dans les lactées et dans le réseruoir du chyle, et sa sortie dans les sous-claviers; où je fais veoir que la respis ration cause tout ce mystère, contraignant le chyle de s'exprimer des viandes dans les lactées à travers les tuniques des intestins, comme les liqueurs s’exprimentà trauers un sac de linge lorsqu’onle presse (1). Je fais voir que la contraction des intestins ne facilite point ce passage du chyleM mais bien la compression des parties voisines, lors de la contraction des à muscles. Les mouvements du chyle, depuis les intestins jusques aux sous-

(4) Il a fallu l'intervention du microscope et des injections les plus délicates pour reconnaître le mode d’abauchement des chylifères avec les intestins,

PECQUET. 637 claviers, je l’attribue tant à la compression des parties externes causée par la respiration, contraction des muscles, battement des arlères, etc., qu'à la contraction naturelle des veines lactées.

«Jene parle point du mouvement du chyle des rameaux sous-claviers au cœur, parce que il s’infère du mélange du chyle avec le sang qui descend dans ces rameaux, et qui va par la caue ascendante au ventricule droit, »

Combien la vérité rencontre de difficultés à se faire jour; car non-seulement elle est combattue par la routine, mais souvent obscurcie par ceux mêmes qui la découvrent et qui n’en voient qu'une portion! La découverte de Pecquet a rencontré une oppo- Silion d'autant plus vive qu’elle chassait les galénistes endurcis dé léur dernier retranchement, c’est-à-dire du foie. — Plusieurs des adversaires de Harvey, entre autres Riolan (1), furent tout naturellement les adversaires de Pecquet. En 1654 Pecquet el un de ses amis, Hyginus Thalassius (si toutefois ce n’est pas un pseudonyme), ont vertement et victorieusement répliqué àRiolan, dont ils ont fait, par anagramme : Joannes ore insanus (Joannes Riolanus). Dans sa réponse Pecquet invoque quatre expériences assez compliquées, un peu confuses, exacles cependant, ce me semble, pour prouver que les chyliféres d’Aselli n’aboutissent pas au foie ni au pancréas (dont il connaissait le canal décrit en 4642 par Wirsung), mais au canal thoracique, et que le chyle suit bien la marche qu’il lui a assignée (2).

(4) Nous avons aussi, comme un modèle du genre, l'ouvrage que Joannes a Turre a publié en 4666, à Milan (Sanguinis officina, motus el usus), pour répondre à tous les abominables novateurs (voy. plus haut, p. 615 etnote 3). — Le Noble, dans ses Observationes rarae et novae de vents lacteis, etc., Parisiis, 4655, voulant contenter tout le monde, même Riolan, défend une thèse parfaitement ridicule (elle estrencore soutenue, en 4652, par Bartholin, De lacteis thoracis), à savoir, qu'une partie du chyle va au canal thoracique et l’autre au foie. Hénault lui oppose un “Bouclier (CZypeus), contre lequel viennent s’émousser les traits dont il voudrait percer le second cœur (réservoir) découvert par Pecquet. Rouen, 4655. Le Noble a bien vu, du moins, que le canal thoracique est simple chez l’homme.

(2) Mais voyez plus haut, p. 634, note 2, son erreur relative au reste des lymphatiques; il y alieu de croire que, dans la quatrième expérience, il a vu des lymphatiques qu'il prend pour des conduits galactophores. Riolan, au contraire, les regardait presque comme des chylifères. — Pecquet ne sait pas non plus comment se fait l'hématose, si ce n'est par la fermentation dans le cœur.

Jusqu'ici, Anglais, Italiens, Français, ont concouru, avec plus où moins de succès et de génie, à tracer au sang et au chyle leurs véritables voies; il reste encore une section à ouvrir, celle des lymphatiques du corps. Cette gloire revient certainement enk première ligne au Suédois Rudbeck, bien que le Danois Thomas Bartholin la lui ait disputée avec autant d’acrimonie d’injus: tice par la plume de son ami Bogdan.

Après avoir lu avec la plus grande attention, et en avoir fait même de nombreux extraits, les deux premières dissertations de Rudbeck (1), les attaques de Bogdan (2), la réponse assez calme de Rudbeck (3), la réplique injurieuse de Bogdan (4) et les disserlations nombreuses de Bartholin lui-même sur ce sujet, je demeure convaincu avec Haller que Rudbeck a la priorité sur Bartholin, loin d’être son plagiaire, dans la démonstration g compliquée des vaisseaux lymphatiques. Toute la question git dans la distinction expresse d’une espèce de vaisseaux blancs, différents, au moins par leur origine, des vaisseaux chylifères, Eh bien! de laveu de Bogdan lui-même, au mois de décembre 4651 Bartholin confondait encore les chylifères et les lymphati ques (5), tandis que Rudbeck, qui en 1650, avant Pecquet, avait vu mais seulement indiqué le canal thoracique (6) et son réservoir, décrit aussi les vaisseaux agueux ou séreux dans les premiers mois de 1651 ; dès lors, il ne cessa de multiplier les

(4) Dé circulatione sanguinis. Arosiae, 46562 ; Nova exercitatio dnatomica, ibid.

(2) Insidine structae Bartholini vasis lymphaticis ab O. Rudbeckio ; 4654 in-4.

(8) Insidine structae aquosis ductibus O. Rudbeckit a Th. Bartholino. Leid., 4664, in-4.

(4) Apologia pro vasis hymph. Th. Barthol,, 4654, in-12.

(5) Dans la dissertation De lacteis thoracis in homine brutisque, elc., 4659 Bartholin, qui confond encore les chylifères et les lymphatiques, dit, comme Pecquet (voy. p.631, note 2), qu'il n’y a point de chylifères à la tête ni aux membres; cependant (chap. 6) il en a entrevu sur l'aorte, sur les vaisseaux émulgents, ete, d’un chien. Il prend les lymphatiques lombaires et utérins pour des chyliféres, mais il établit que Le canal thoracique ne s’abouche qu'avec la sous-clavière gauche (chap. 5 et 12). — Dans cette dissertation, il cherche à tirer des conséquences médicales plus ou moins exactes de la doctrine des chylifères.

(6) Pecquet n'avait pas connaissance de ce fait.

RUDBECK ET BARTHOLIN. 639

investigations sur ces vaisseaux; et même en 1653 il en connaissait un bien plus grand nombre que Bartholin, Horne, ami des deux parties, n’hésite pas à donner le pas à Rudbeck sur Bartholin (1), à qui on peut reprocher de ne s’être jamais trouvé assez riche de son propre fonds, d’avoir irop souvent porté envie aux découvertes des autres, et cherché à en revendiquer sa part sans motifs légitimes. Plus érudit que savant, Bartholin n’a pas toujours vu par lui-même, et il embrouille ou compromet les démonstrations d'autrui, comme cela lui est arrivé dans la question présente, surtout dans ses premières dissertations.

Quoi qu’il en soit, c’est en 1653 que Bartholin s’est décidé (2) à chanter le De profundis sur le foie, qu’il la enterré solennellement et qu’il a mis sur sa tombe l’épitaphe suivante :

SISTE, VIATOR CLAYDITVR. HOC TVMYLO. QYI. TYMVLAVIT PLVRIMOS PRINCEPS, CORPORIS. IVI. COQVS. ET ARBITER HEPAË. NOTYVM. SECYLIS SED IGNOTVM. NATVRAE QYOD NOMINIS. MAJESTATEM. ET DIGNITATIS FAMA. FIRMAVIT OPINIONE. CONSERVAVIT TANDIV. COXIT DONEC. CVM. CRVENTO, IMPERIO. SEIPSUM DECOXERIT ABI. SINE. JECORE. VIATOR BILEMQVE. HEPATI. CONCEDE YT SINE. BILE. BENE TIBI, COQVAS, ILLI. PRECERIS

(1) C'est le 28 février 46592 que Bartholin donne aux vaisseaux lymphatiques du loïe le nom de varsseaur aqueux où séreux, qu'il les distingue des chylifères proprement dits, et que par conséquent il répudie l'erreur qu’il partageait avec Aselli. Cette même année, il signale beaucoup d’autres réseaux lymphatiques. Noy. Vasa lymph. nuper Hafniae in animantibus inventa, 1653. Cap. 2 et 3.

(2) Dans la dissertation intitulée: Vasa lymphatica nuper Hafniae in animantibus inventa, C’est là (voy. la note précédente) qu'il donne une description

À quelque temps de là (1666), Joannes de Turre, avec lequel nous avons déjà fait connaissance (voy. p.615), relevait le corps glorieux du foie et célébrait son apothéose :

PRO SANGUIFICO HEPATE CARMEN.

QVID. VIATOR. ABIS SICOVE. GRAVI. CENSES. INSONTEM. MARMORE. CLAVDI CUJUS. ET. IMPERIO. PVRPVRA. DIGNA, FVIT : SISTE LAESERAT, HEROEM. PECQVETVS. SANGUINE. DEMPTO ADDIDERAT. TVMVLUM. BARIHOLVS. VLTRO, QVIDEM EIA SED. NEQVE. SVB. SAXO. JECORIS. NVNC. VMBRA. MORATVR IPSI. NAM. VITAM. TVRRIVS. IPSE. TVLIT EN SANGVINE. NON. SOLVM. DITAVIT. TVRRIVS. HEPAR SANGVINIS. ET. SCEPTRVM. REDDIDIT, IMO. DEDIT

Mais le foie était mort, bien mort, il n’est pas sorti de son tombeau et l’Af/eluia du poëte-médecin n’a trouvé d’écho que dans quelques esprits mal organisés (1).

Voilà donc, Messieurs, toutes les voies de la nutrition découvertes (sauf les anastomoses capillaires des artères et des veines que démontreront tout à l'heure les anatomistes de la fin du xvI1° siècle), mais il manque encore une théorie de la nutrition elle-même. Cest Wharton (1610-1673) et Glisson (1596-1677),

assez ample des lymphatiques, de leur contenu et de leurs usages, usages qu'il invente pour la plupart. — Voy. aussi : Vasa lymphatica in homine nuper reperta, 1694. Il a entrevu ces vaisseaux sur l’homme en 1653, attendu la pénurie des pendus en cette année ; mais il les a vus, en 4654, sur le cadavre encore chaud d’un phthisique, circonstance très-favorable à cause de l'extrême maigreur du sujet (chap. 2). Ici la physiologie et la pathologie ne valent guère mieux que dans la dissertation précédente. — Sur la dénomination des lymphatiques, voy. le même auteur dans la prolixe Defensio. …. adversus Riolanum, p. 60 et suiv. (1) Le fameux de Bils, un moment si renommé pour ses préparations anatomiques, de Bils qui avait imaginé et même faitreprésenter une nouvelle distribution des vaisséaux lymphatiques et une nouvelle forme du canal thoracique qu'il appelle rorifer en raison des étranges fonctions qu'il lui attribue, eut un moment, avec Deusing, l’idée de ressusciter le foie (voy. en particulier Barthol. Spicil. ex vasis lymph., 1660 ; IT, 7). Ces tentatives, renouvelées par Vattier ct Leichner, entre autres, échouèrent misérablement ; Sténon n’a pas pen contribué à leur chute,

WHARTON ET GLISSON, = THÉORIÉ DE LA NUTRITION. 6h

deux anatomistes anglais, qui nous la fournissent, et c’est bien une des plus étranges conséquences qu’on ait pu tirer des nouvelles découvertes; du reste c’est l'imagination d’une part, et d'autre part les apparences anatomiques qui lui ont donné naissance en dehors de toute expérimentation régulière. Jusqu'à présent nous n'avons rencontré aucun démenti éclatant à cette proposition si souvent répétée : La seule connaissance de la Structure ne conduit pas à la connaissance des fonctions; si elle met Sur la voie, il faut que la confirmation décisive vienne de la méthode expérimentale.

On ne peut pas séparer Glisson et Wharton, deux honnêtes figures de cette époque; l'amitié les avait unis; une cerlaine communauté de vues et de recherches a resserré l'histoire ne doit pas rompre.

Les anciens, divisant les parties, eu égard aux apparences extérieures , en spermatiques (ou parties blanches, par exemple tout-le système cellulo-fibreux) et sanguines (ou parties rouges, par exemple les muscles), prétendaient que les premières continuent à se nourrir aux dépens de la liqueur prolifique en prédominance sur le sang, tandis que les secondes sont entretenues presque exclusivement par le sang. Wharton (suivi en cela par Glisson) consacre cette distinction, mais en la modifiant sur un point important. Pour lui, ce n’est pas précisément le sperme qui est aliment des parties spermatiques, mais un liquide analogue, blanc, un préncipium primogenaeum. Et par où pensez-vous que Wharton fasse venir cetie liqueur blanche ? Sans doute par les lymphatiques, dont la découverte faisait tant de bruit à cette époque ? Non pas ;— mais alors? — Eh bien, par les nerfs, comme nous allons le voir. Wharton (chap. 4) range les glandes parmi les parties blanches ou spermatiques; c’est lui qui, pour la première fois, les étudie dans leur généralité, les sépare des viscères (1), des tissus membraneux, et décrit chacune d’elles ; il à même fait quelques découvertes assez importantes (2). Dès le

ces liens que

(1) Au chapitre 5, les glandes et les viscères sont comparés à des îles (il eût mieux valu dire des presqu'iles), et les autres parties à des terres fermes ou continents.

(2) Wharton met au rang des glandes des organes que nous n€ regardons plus DAREMBERG. ai

642 WHARTON ET GLISSON,

début du livre (1) nous voyons poindre la nouvelle théorie de l'origine des sucs blancs. Le cerveau, substance médullaire sui generis, n’est pas une glande ni un viscére (chap. 3), comme le croyaient les anciens; mais, ce qui ne vaut guére mieux, c’est le mare des glandes, lesquelles sont ses servantes. Aucun nerf ne le pénètre, il en est au contraire l’origine, et c’est par eux qu'il distribue à tout le corps le succus nutritivus dont il est la source, sinon l'officine. La rate est comme une succursale du cerveau par les services analogues qu’elle rend aux nerf (2); ce n’est pas une glande; elle n’a ni lymphatiques, ni canaux excréteurs; son parenchyme n’est pas in frustula divisum, comme celui des glandes, mais continuum ; elle a des vaisseaux plus volumineux que les glandes ; les nerfs s’y terminent à la char-

comme telles ; il les subdivise en plusieurs groupes (chap. 6) : celles qui regardent l'individu, les générales (glandes du mésentère, de lépiploon, pancréas, thymus, elc.; du cou, de la bouche, du cerveau, conarium, etc., des articulations; ganglions); — celles qui regardent lespèce (testicule, gland, ovaires, placenta, nymphes, clitoris, etc.). Il y en a de constantes, d’accidentelles, de saines et de morbides. Jamais Wharton ne manque de donner place aux considérations pathologiques, après avoir décrit chaque espèce de glandes. — 1] dit (chapitre 2) que la langue est non une glande, mais un musele pourvu, surtout à sa partie postérieure, d’une substance glandulaire spéciale. Il sait (chap. 7), que le mésentère est une lame cellulaire doublée, sur ses deux faces, par le péritoine ; — il en a reconnu la forme en éventail, la pointe à la racine. Il décrit mieux qu’on ne l'avait fait avant lui les ganglions mésaraïques ; il distingue très-bien, contre Bartholin (De Zacteis thor. in animant., ete.; cap. 5 et 6), le réservoir de Pecquet des ganglions lymphatiques lombaires ; il a remarqué (chap. 8 et 10) que les radicules des vaisseaux lactés ou Iymphatiques, après s’êlre réunies en tronc plus ou moins volumineux, se ramifient avant ou dès leur arrivée aux ganglions et après en être sorties ; alors elles se réunissent de nouveau, On connaît la découverte que Wharton a faite du conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, découverte dont Glisson revendique sa part, mais de bonne amitié. -Rién n’est plus intéressant que ce livre sur les glandes, malgré de nombreuses lacunes, des méprises pour l'anatomie et des erreurs plus nombreuses encore pour la physiologie. (Voyez, par exemple, les parotides chargées de fabriquer le cérumen de VPoreille!) Il règne d’un bout à l’autre de cet ouvrage une grande sincérité.

(1) Adenographia, sive glandutarum totius corporis descriptio. J'ai suivi l'édition de 1664. — Bartholin, Spicileg. ex vasis lymph, F, 4-8; 4655, à réfuté la théorie de Glisson.

(2) Sylvius de le Boe (p. 552) fuit jouer aussi à la rate un rôle prépondérant dans la sanguification; mais des deux côtés le rôle n’est pas tout à fait le même,

pente fibreuse et ne plongent pas dans le parenchyme; enfin la liqueur qu'elle contient, ne pouvant pas s’en aller au dehors, ne peut servir qu’à être absorbée par les nerfs !

Ïl n’y a rien de curieux comme de voir un esprit ingénieux du reste, et fort cultivé, s’épuiser en vains efforts pour démontrer une hypothèse gratuite qu'aucun fait expérimental ne soutient et pour laquelle il met à la torture des recherches anatomiques personnelles ou déjà faites.

En général, les vraies glandes ont cinq vaisseaux : des artères, desyeines, des nerfs (qui les font participer au mouvement, au Sentiment et à la nutrition), des lymphatiques à l’aide desquels elles enlèvent l'humidité aqueuse ou la lymphe, enfin des camaux excréteurs. Car « toutes les glandes prêtent de quelque manicre leur ministère aux nerfs; ce sont des parties entièrement exerétoires, et ce qu’elles sécrètent, ou elles le reçoivent des nerfs ou elles le leur fournissent; à moins qu’il ne s'agisse d'une matière tout à fait superflue, à l’excrétion de laquelle Sont employées quelques glandes spéciales qui ont des vaisseaux appropriés à cette matière ». (Pag. 13.)

Toutes les glandes, dit ailleurs Wharton, ont un emloi public étofficiel; elles servent en partie (comme les viscères, du reste) Aa dépuration du sang; en partie elles reçoivent des nerfs quelque chose qu’elles versent dans le système veineux, et en partie ellés communiquent une portion de l'aliment d'élite (selectum) aux nerfs qui deviennent dès lors le siége d’un double courant Comme autrefois les veines mésaraïques. Les viscères sont plutôt les serviteurs du sang vital et les glandes plutôt les servantes du fluide des nerfs.

Woici le passage capital tiré du chapitre dixième ; il n’y est pas

question des lymphatiques du tronc, mais seulement des gan-

lions et des lacéés entéro-mésentériques, ou de quelques autres parties de l'abdomen, sans distinction d'avec les lymphatiques.

@je pense que les glandes (ganglions) servent moins à l’altération duchyle qu'à séparer de lui, pour l'aliment des parties nerveuses (fibreuses), un certain suc plus pur et plus doux, et à ramener dans le “réceptacle commun ce qui reste de plus spiritueux en lui. De ces deux actes, le premier s'exécute en partie par une sorte de filtration faite à

6An WHARTON ET CLISSON.

travers la substance de la glande, en partie par l’atiraclion similaire des M extrémités du nerf propre à la glande; le second se fait aussi en partie par filtration à travers la glande, et en partie par succion élective des extrémités des lactés de la seconde espèce, qui sortent de la glande.

« Si on disait que leur principal office est de modifier en quelque point le chyle, il se trouvera une grande difficulté dans cette assertion. Il n'est pas aisé, en effet, de dire quel changement elles peuvent produire dans ce suc lacté, puisque par leur substance et leur tempérament elles paraissent toul à fait semblables à ce lait. Or, le suc transmis par ces glandes dans le réceptacle commun du chyle, ne semble nullement altéré, ni quant à la couleur, ni quant à la substance.

«Je regarde en effet comme assez probable le sentiment qu'énonce notre illustre collègue Glisson, dans son ouvrage intitulé : Anatomia hepatis, à savoir qu'il ÿ a deux espèces d'aliments : l’un pour le sang et les parenchymes sanguins, l’autre pour les parties spermatiques; que cet aliment est fourni aux parties fibreuses par le ministère desnerfs, et que les nerfs le recoivent immédiatement des glandes nourricières. Je suis aussi de son avis lorsqu'il dit que les glandes ont trois offices principaux : la nutrition, l'excrétion, la réduction (1), et que les unes nourrissent surtout le mésentère, les autres les lombes.

« J'en ai assez dit pour faire connaître l'office des glandes, de leurs nerfs et des deux espèces de lactés (2) qui leur prêtent leur ministère; l'office des lactés de la première espèce est d'amener et de distribuer le chyle tout entier aux glandes ; celui des glandes, de séparer du suc lacté le suc nuiritif des parties nerveuses ; l'office des nerfs, de sucer et de porter ailleurs le suc nourricier ; enfin celui des lactés du second genre, d'attirer l’autre partie, la partie lactée, et de la conduire dans le réceptacle commun. »

A lire attentivement le traité de Wharton, on reconnaît promptement que ce n’est pas un esprit très-méthodique, et que le rôle qu'ilattribue aux sucs blancs, et par conséquent aux glandes, est assez mal expliqué. Cependant on peut donner le résumé suivant comme l’expression la plus exacte des idées du célèbre adénographe anglais : les glandes servent tantôt à recevoir quelque chose des nerfs, tantôt à leur fournir; quelquefois elles font successivement les deux opérations. Il explique avec Glisson ce double courant par la multitude des fibres nerveuses dans un même nerf, ce qui permet à un liquide de monter et à un autre

(4) Reductio : la reprise et le retour des sucs blancs à un centre,

(2) Ceux qui se rendent aux ganglions (ëmportation) et ceux qui en sortent (exportation ou exonération).

de descendre en même temps, et il ajoute que le volume des glandes ést en raison de celui des nerfs dans chaque région. Encore une belle œuvre de l’anatomie réduite à ses propres forces ! Du reste les rapports des lymphatiques avec les glandes (ces rapports ne sont pas très-nettement déterminés) permettent aux liquides d’être absorbés par ces canaux et d’arriver ainsi aux veines.

Ge qui est obscur et incomplet dans Wharton devient plus clair dans Glisson (1), mais non pas meilleur. Glisson est un observateur attentif qui emploie le microscope et les injections (2), la mensuration, les pesées: mais c'est un écrivain diffus, fort dialectique, et qui trouve d’aussi bonnes raisons que Galien pour expliquer la configuration des parties; néanmoins sa descriplion du foie passe encore pour classique, elle renferme en ellet beaucoup de remarques nouvelles (8), et les modernes n’ont guère eu à y ajouter que l'anatomie microscopique: — Son opinion sur le mouvement de la bile est à peu près aussi celle qui est reçue aujourd’hui. Il signale l'importance du canal hépatique qui ne manque jamais, tandis que la vésicule fait quelquefois défaut; — puis, quoiqu’elles soient bien évidentes, avec Harvey il nie au chapitre 33 les anastomoses de la veine porte avec la veine cave. L'office noble et public du foie est de purger le sang (sanguinis depuratio), et là il fait quelques sacrifices à la chimiâtrie.

Voici la partie physiologique de son livre, celle qui sert

(L) Anatomia hepatis, etc. Londres, 1654, Plus tard, comme nous le verrons éptraitant de l'érrifabrité (p. 666, note 4), Glisson a voulu s’amender.

(2) II sait que le microscope peut créer des illusions et que les injections mal fuites peuvent donner le change sur les communications entre les vaisseaux.

(8) On connaît la capsule de Glisson qui entoure les ramifications de la veine porte dans le foie, capsule que notre anatomiste a découverte en faisant des recherches spéciales sur les ligaments de ce viscère. Glisson compare le foie à un seg- Menboblique et un peu contourné d’un œuf cuit au dur ; c’est à peu près la comparaison dont se sert Cruvcilhier. Il déclare très-positivement que le foie humain m'est pas lobé ; car le lobe de Spiegel est si petit, les éminences portes sont si peu développées, le sillon de la veine ombilicale est si peu profond, qu’on ne peut pag constater de véritables lobes.

646 WHARTON ET GLISSON.

de complément ou d'explication à la théorie de son collègue Wharton. Il commence par établir (chap. 33) que ce n’est ni le foie, ni le cœur, ni les vaisseaux qui sont l’officine de l’hématose (car le sang existe dans l’embryon avant les vaisseaux, le cœur et le foie), mais bien l’esprit mital répandu dans la semence. Get esprit vital continue, par le mouvement et la chaleur, à donner au sang sa couleur rouge, de sorte que le sang est l'humeur la plus opulente parce qu’elle contient le plus de cet esprit vital; seulement il oublie de dire où agit cet esprit, et pourquoi le sang, rouge dans les artères et noirâtre dans les veines, redevient rutilant après avoir traversé le poumon; à son tour le sang opère sur le chyle pour le transformer en raison de sa force assimilatrice. Glisson à la prétention d'appuyer ses arguments sur lembryogénie du foie et sur d’autres considérations anatomiques; aucun d'eux, cependant, n’a de valeur scientifique.

Ce n’est pas uniquement le chyle qu’il importe de faire entrer dans le torrent de la circulation, il faut trouver une origine, un mode de distribution, un emploi pour la Iymphe (4). Glisson énumère toutes les parties qui ne peuvent pas fournir la lymphe : ni les parties blanches, puisque ce sont justement celles-là qui en sont nourries ; ni les viscères pectoraux, ni les reins, ni le pancréas, ni le cerveau, et cela par d’aussi bonnes raisons que pour les parties blanches; enfin il finit par découvrir que la source en est à l'estomac et aux intestins (qui fournissent alors deux espèces de liquides, lymphe et chyle); et comme ce ne sont pas non plus ni les artères, ni les veines, ni les lymphatiques euxmêmes (2) qui peuvent puiser celte lymphe à sa source, il ne reste plus que les nerfs ; or la nature a justement disposé sur l'estomac et les intestins les nombreuses anastomoses du nerf trisplanchnique et les a destinées à aspirer médialement ou immé-

(4) Glisson, comme, du reste, les autres anatomistes anglais, attribue, on ne sait pourquoi, la découverte des vaisseaux lactés et lymphatiques à un certain Jolivius, inconnu, du reste.

(2) En voici la raison: « Siquidem isti humorem hunc aqueum & partibus abducunt foras, ideoque inidonei videntur qui-eumdem ad illas afferant, pracsertim cum valvulae, quae innumerae in üis reperiuntur omnesque extrorsum spectant, id fieri vetant. » — Wharton n'était pas aussi difficile sur Les doubles-courants,

ltément {il laisse la question en suspens) cette lymphe ou ide nutritif (a/bile) ! À son tour la rate, qui est érés-nerveuse, lent en aide, en fournissant aux nerfs un autre suc plus dilué, lel'empêche la coagulation de celui que fournit le tube gastrostinal et lui sert de véhicule ; la preuve c’est que le sang sort dela rate plus épais qu'il n’y est entré.

MO Galien, que tes mânes sont vengés! Jamais tu n’as rien imaginé de plus ridicule !

(le n'est pas tout : Glisson observe, avec son ami Ent, que arties ne se nourrissent pas toutes de sang, mais d’un liquide genre spermatique analogue à leur nature blanche; ce sont parties spermatiques des anciens et de Wharton,; or ce ide leur est envoyé par les canaux capillaires des nerfs : ant aux parenchymes qui n'ont en eux aucun nerf qui l'y dis- Due (foie, rate, reins, poumon, partie rouge des muscles), ils émourrissent de sang épais. Mais les nerfs ne sont pas canali- . Qu'à cela ne tienne : les fibres des feuilles n’ont pas de Wnaux, cependant elles absorbent les liquides; les nerfs optiques Olfactifs sont percés, donc les autres peuvent êire aussi percés; eurs le liquide est si ténu, son cours est si lent, les fibrilles Lveuses sont si nombreuses, que des liquides de diverse napeuvent ramper entre elles sans se mélanger! Puis Glisson “au des nerfs creux; même il à si bien examiné les choses que Darfois il confond encore le système fibreux avec le système ner- Mxsenfin il prouve par toutes sortes de phénomènes (la lymphe lique, etc.) que les nerts contiennent réellement un liquide; l'on n’en rencontre pas sur les cadavres, c’est que la lutte de mort a tout dissipé.

(jie devient ce premier suc quand il a été épanché par les et qu'il a servi à la nutrition ? Cest ce que va nous appren* li fin du quarante-cinquième chapitre.

Où va l'aliment aussitôt après avoir été absorbé ? — IL est admis sans ntéste que le suc nourricier, peu de temps après le repas, s'insinue Nsiblement dans les nerfs, et de là se dirige graduellement vers le érveau ot la moelle épinière. De là vient, en effet, la torpeur des sens juelques moments après le repas, l'inaptitude au mouvement et Le pen- Chantau sommeil, Après quoi, ce suc parait se déplacer pour aller nour-

648 WIHARTON ET GLISSON:

rir les membres et las autres parties du corps, Ce sentiment est appuyé par l’observation de ceux qui affirment que cinq ou six heures après l’absorption de la nourriture, les conduits de la lymphe se voient très-distinctement, parce que c’est le moment où ils sont le plus remplis (1).

«Cela sera établi plus clairement si nous examinons sérieusement le flux des nerfs (aervorum Îluores) après le sommeil. Le cerveau et la moelle épinière se contractent et Prennent une tension plus grande: de là un Mouvement de reflux dans les nerfs, et la liqueur se dirige aussitôt pas à pas en partie vers les membres pour les nourrir, en partie vers les glandes qui servent à l’excrétion etau retour (reduction) ; les yeux s’humectent, les narines se remplissent de mucus, le palais et les amygdales excitent les crachats et la toux, les glandés maxillaires produisent une salive abondante, chez beaucoup le ventre se relâche, les jeunes gens sont pris, frappés par l’éperon des désirs vénériens, chez tous, la sueur apparaît. De cela, il résulte que le mouvement des nerfs, après le sommeil, tend bien, comme nous l'avons dit, vers les parties extérieures et vers les glandes émonctrices et de renvoi (reductrices). Le troisième mouvement est alternatif dans les vaisseaux; tour à tour, dans les mêmes conduits, il se fait en avant et en arrière; c’est ainsi, avec quelques différences, que l'air est attiré dans la irachée-artère, lorsque nous recevons et renvoyons alternalivement la respiralion par les mêmes canaux. :

« Le canal des nerfs est divisé en plusieurs fibrilles qui constituent la partie moyenne du nerf ; de là vient la facilité avec laquelle des liquides divers se glissent sans se méler entre les fibres.

«Les liquides sont mis en mouvement dans les vaisseaux par une sorte d'évritation ; c'est la même cause qui envoie le suc nourricier dans les nerfs, Cetle érritation se produit de trois manicres : par la plénitude, V’aigreur, et par la vigoration des nerfs.

«La vigoration des nerfs (nous sommes forcé d'employer ce mot) expulse nécessairement l'humeur contenue en eux; car il y a contraction et lutte dans cette vigoration, lesquelles, dans un vaisseau plus fort, ne se feraient pas sans un épanchement quelconque de liquide. Cette vigoration a trois causes : la Percepiion ou la sensation, l'appétit et le mouvement des muscles (2). La sensation de la douleur surexcite les nerfs et en même {emps produit un flux dans la partie affectée, quand le nerf se contracte et expulse l'humeur qu'il avait en lui ; de même dans la sensation de la volupté, durant laquelle les nerfs versent gaillardement leurs liquides : cela se passe ainsi dans l'acte vénérien, où les nerfs envoient en grande quantité dans les organes de la génération leur liqueur fécondanie, émission que suivent la tristesse, et même, si cette liqueur a été

(1) Ceci doit se rapporter aux chylifères.

(2) Voy. plus loin, p. 657 et suiv.

THÉORIE DE LA NUTRITION. 6h19

ie en trop grande quantité, la maigreur, le ramollissement du verbetc. L'appétit aussi, s’il est véhément, donne de la vigueur aux erbetles excite au mouvement, de même que la crainte produit la trétion et la sueur froide. Peut-être les autres affections de l’âme onts différents moyens d’exciter les nerfs. Le mouvement et l'exercice aufent le corps et augmentent la tension et la force des nerfs. Il Cubarriver que toutes ces causes concourent ensemble, et alors il est robable que tout le suc nourricier est exclu des nerfs, comme il arrive Sque toujours dans l’agonie (de ceux surtout qui meurent de mort yio- C'est pour cela, comme nous l'avons dit, que, dans les dissections sujets morts ou vivants, on ne trouve plus chez eux de suc nouricier. »

Noila, Messieurs, une nouvelle preuve de ce que peut une bonne anatomie pour les progrès de la physiologie, quand l'exrimentation n’intervient pas ! — Mais justement Glisson luime, le systématique Glisson, ouvre une nouvelle ère à cette

iologie lorsqu'il observe et qu’il expérimente.

SommAIRE, — Exposition cf discussion de la théorie de Glisson sur l'irritabilité et la sensibilité.

MEssteurs,

Au milieu des longueurs et des vaines spéculations qui dépa= rent trop souvent l’Anatomia hepatis de Glisson, vous avez dû remarquer un mot, mais un mot qui est à lui seul toute une révélation. C’est celui d’irritation (1). Dans cet ouvrage, Glisson se demande comment les canaux biliaires sont provoqués, soit par eux-mêmes (originaliter a se ipsis), soit par suite de leur relation avec d’autres parties (cum aliis partibus consensu), à verser de la bile en plus grande quantité dans un temps que dans un autre (page 396) ; il répond qu’ils sont irrités (vasa illa irritantur), etil ajoute (p. 3897-98): « Toute partie qui souffre une incommodité cherche à s’en débarrasser ; vous appellerez proprement cela fre irrité ; les parties qui peuvent ainsi percevoir les injures et réagir sont dites, à juste titre, capables d’irritation (érrifationas capaces). » Plus loin enfin (p. 454), il reconnaît trois causes à lirritation : la plénitude, l’acrimonie, la tension des nerfs (vigo-

-ratio nervorum). Dans ce traité, comme on le voit, #rifation n’est pas encore synonyme d’érritabilité, où même d’incitabilité motrice ; c’est un éfat de surexcitation en vertu duquel une partie, prise en bloc, et non pas seulement considérée eu égard aux fibres qui entrent dans sa composition, est sollicitée par un irritant naturel ou contre nature. Gette manière de concevoir l’irritation, qui a surtout pour but la sécrétion normale ou exagérée des liquides, est, on doit le dire, plus voisine de celle de Broussais que de celle de Haller.

(1) Voy. dans l’éd, de Londres, 4654, p. 396, 398, 454; et plus haut, p. 648,

sun autre ouvrage, publié en 1672 (2), Glisson, reprenant Question à un autre point de vue, beaucoup plus général,

che à expliquer la cause première, non-seulement des moulents musculaires et des mouvements de sensation qu’il rapie à un même principe, mais de la vie universelle; c’est w'il prononce le mot irritabilité. Là on ne trouve encore 16 ébauche de cette théorie en ce qui concerne la fibre char- Gi restreinte en ce sens, cette théorie reçoit tous ses dévelopments dans la seconde partie d’un traité (2) moins célèbre que

(] (1) Tractatus de natura substantiae energetica, seu de vita naturae ejusque trinaturalibus. Londres, 1672,

5 pr'imis facultatibus,perceptiva, appetitiva, motiva, (voltune extrêmement rare et dont j'ai rencontré un exemplaire à la biblioca Faculté de médecine). — Cet ouvrage, remarquable par une certaine

que ctique, est un traité de

idiesse d'opinion et par une grande puissance de diale que comme la comprenaient les savants de ce siècle, mais les savants plutôt iciens qu'expérimentateurs.

écidentelles et les forces (en particulier le mouveme re. Confondant les forces de la matière inorganique avec Mnisée (distinction qui, du reste, n'a été faite d’une manière à peu près positive Glisson accorde la vie, c’est-à-dire les mouvements, {abli une distinction entre l'âme de la actement la preuve de la dent, mais une entité

pérations, vie

Glisson y étudie toutes les modalités essentielles nt) reconnues alors dans la celles de la matière

Ens ces derniers temps), Me espèce de corps. — « Nous avons é L e ét celle des animaux; il nous reste à donner plus ex naturelle. (La vie primitive où naturelle n’est pas un acci

ms À FE Cr Sistante par elle-même, en tant qu’elle est considérée dans ses 0 la nature énergétique de la substance

18, & 19). Je dis à-dire qui subsistent

ante, animée où inanimée. La vie est principe interne du mouvement et des opérations. Ch. ne que toutes les substances ainsi appelées proprement, c’este certaine nature vitale ou des trois facultés pre- Cela est certain pour les substances spiri- Mare point sur lequel roule la controverse est celui-ci : Les substances Mielles sont-elles douées de la nature vitale ? Or, jusqu'ici, l'esprit des hommes e imbu de ce préjugé, que la matière est une chose insensible, inerte, entièit passive, destinée seulement au remplissage du monde (ad infarciendum

in nataÿ ; donc, il nous incombe de prouver que la matière est non-seule-

usceptible de la nature vitale, mais vivante en acte, c’est-à-dire douée des (Ch. xvr, $$ 1, 2.) Voyez plus loin,

Mitales perceptive, appétitive, motrice, »

M, note 3. Of. p. 606-657.

actatus de ventriculo et intestinis, cui praemittitur alius de partibus con-

ominis. Lond., 1677, in-4, — Rien ne

ble moins à un traité didactique moderne que cet ouvrage. Il y est question

(oub ce qui se rapporte même de très-loin, ou même pas du tout, au canal intestinal: généralités sur l'anatomie, description de l'abdomen, de ses ré-

elles-mêmes, sont douées d’un ‘5, perceptive, appétitive, el motrice.

tibus in genere et in specie de üis abdi

652 GLISSON.

l’Anatomie du foie, et qui a cependant une plus grande importance, puisqu'on y rencontre l’essai d’une explication des mouvements musculaires différente de celle qu’en avaient donnée les anciens, et une nouvelle formule de la vie, laquelle est considérée comme la résultante d’une série de mouvements internes ou externes, sensoriels ou purement organiques. Haller a rendu justice à Glisson, mais une justice peut-être un peu sommaire; or, comme la doctrine de l’illustre Bernois n’est rien autre chose qu’une démonstration plus scientifique et mieux délimitée de la théorie de Glisson, il importe de faire connaître ici, avec quelques détails, les véritables origines de l’irritabilité (1).

gions et de ses parties constituantes ; longue dissertation sur la peau et sur les naent qui y naissent, sur les ongles et les poils. Voilà pour la première partie ; c’est dans la seconde que nous trouvons les recherches sur l’irritabilité, entre l'anatomie de l’estomac et celle des intestins, recherches qui servent à l'explication d’une partie des fonctions saines ou perverties et des usages du tube digestif. Dans le chapitre deuxième du second traité, on remarquera une discussion sérieuse sur là distinction spécifique à établir entre le tact et les autres sens. Glisson montre que la faim et la soif ne sont pas une modification du fact; il inclinerait même à reconnaître ces deux phénomènes comme des sens particuliers. Il les appelle des sens plaintifs (sensus queruli). En somme, et malgré de trop nombreuses divagations théoriques et un grand flux de paroles inutiles, cet ouvrage, rédigé avec un soin scrupuleux, non sans érudition, est infiniment supérieur au Sextuplex digestio de Van Helmont (auquel Glisson a encore trop emprunté, tout en le combattant souvent sur certains points de sa théorie, par exemple, sur les ferments); ce traité, dis-je, résume très-exactement l’état de la science, à la fin du xvn° siècle, sur l’anatomie et la physiologie de l'estomac et des intestins.

(1) A. G. Weber a publié une histoire de l'irritabilité sous le titre: Commentatio de initiis ac progressibus doctrinae irritabilitatis. Halae, 1783 , in-8. La première partie de cette histoire est un peu futile; l’auteur remonte au déluge, je veux dire aux Égyptiens, à la Bible, à Pythagore ; Cicéron, Ovide lui-même n’échappent pas à ses investigations; puis il franchit d’un saut la distance qui sépare Galien du xvu® siècle ; il voit l'irritabilité dans l'Archée furieux de Van Helmont et relève avec plus de raison une phrase de Harvey et quelques passages de Sténon en 1667; enfin, il consacre deux pages fort insuffisantes à Glisson, après quoi il poursuit avec plus de critique son exposition jusqu’à l'an 1782. — G. H. Meyer a donné, en 1843, dans Archiv. für die Gesammte Medicin de Haeser (Ve vol., cahier 1, p. 1-17} un mémoire intéressant, quoique souvent plus embrouillé que le texte même de l’auteur, Sur la doctrine de l'irritabitité et de la sensibilité d’après Glisson. Enfin, nous devons à Charles Mueller des recherches plus approfondies, mais présentées d’une façon non Moins obscure, sur quelques points de la doc-

Quoique te système de Glisson soit plus imparfait que celui de Haller, et que, par conséquent, il satisfasse moins encore aux exigences de la physiologie actuelle (1), néanmoins, il marque un progrès notable sur la physiologie ancienne, puisqu'on commence à ne plus considérer les facultés comme des éfres résidant dans les parties, mais comme des propriétés de ces parties. Cependant, tout solidiste, tout mécanicien, tout matérialiste qu'il est, Glisson tend les mains aux vitalistes par l'admission d'une espèce d’Archée (vit, 6). Ajoutons enfin que la théorie du médecin anglais se rapporte autant à la psychologie et la métaphysique par la sensibilité, qu'à la physiologie par l'irritabilité.

Écartant l'appareil dialectique et les raisonnements superflus, nous rangerons sous trois chefs la théorie de Glisson (2) : constilütion de la fibre, phénomènes physiques et dynamiques dont elle estle siége ; explication de ces phénomènes par l'irritabilité ; rapports de l'irritabilité et dessensations (sens interne, sens externe).

La fibre, créée de la matière spermatique (3) en vue d’un

trine de Glisson : Fr. Glissoni Theoremata de perceptione, appetilu et motu. Bcrol., 1846, in-8. Du reste, l'obscurité est bien pardonnable en pareille matière; jene me flatie pas d'y avoir entièrement échappé.

(4) Les recherches les plus récentes, celles de M. Bernard, à l’aide du curare, oüde M, Schiff, par la production de la contraction idio-musculatre, tendent à prouver, comme l’affirmait Haller, mais sans l'avoir démontré, que la contractilité estune force vitale inhérente à la fibre musculaire et indépendante de l’action excitomotrice du système nerveux cérébro-spinal. L'irritabilité de Glisson ne répond pas exactement à notre contractilité. Pour lui, l'irritabilité n’est guère qu'une abstraclion,-clle n'existe qu’en puissance; c’est surtout unc propriété, une faculté trèsgénérale, à l'aide de laquelle sont expliquées les deux vies de relation et de nutrilion. Dans sa Myologie géométrique, Sténon s'était aussi occupé, en passant, de lcontractilité musculaire ; il avait reconnu qu'on peut couper les artères, les \Cines et les nerfs qui se rendent à un muscle, sans que ce muscle cesse de palpiter. Avec Swammerdam, il a vu des grenouilles et des tortues nager ou remuer les mem- Dreslonotemps après qu'on leur eut enlevé le cœur et la tête. Puis, au rapport de Wallis, dans sa Déssertatio de motu musculari (1670), Sténon aurait constaté que ladigature de l'aorte faisait cesser les mouvements volontaires.

(2) Pour les citations du traité De ventriculo et intestinis (deuxième partie), j’indique seulement, entre parenthèses, le chapitre et les paragraphes. J'ai sous les Yeux l'édition de Londres; les divisions sont les mêmes dans les autres éditions.

(3) Voyez plus haut (p. 641), à propos de Wharton, la division destissus en spermatiques et sanguins. — La fibre est ou simple, c'est-à-dire uniquement sperma-

654 GLISSON.

mouvement quelconque et de la force, est un corps rond, mince comme une toile d’araignée, résistant, doué d’une forte cohésion et se rompant difficilement ; cette force de résistance et un tempérament moyen entre la mollesse et la dureté lui donnent la flexibilité. Elle est extensible, c’est-à-dire qu’elle peut être étendue dans le sens de la longueur, la largeur devenant moindre, el qu’elle prend de l'épaisseur dans le sens de la largeur, avec réduction de la longueur; elle est irritable, c’est-à-dire que, sous l'influence d’une irritation, elle est excitée à entrer en action, à montrer sa force, sa puissance (excitatur ad se vigorandum), tandis qu’elle se relâche d'elle-même quand lirritation cesse; c'est en vertu de cette faculté d’extension et de resserrement qu'elle est apte à mouvoir. L'étude de la fibre est d'autant plus digne d'observation que la plus grande partie du corps est fibreuse, et que c’est dans la fibre que réside l’activité {IV, 6; v, 4 et 5).

Le volume (corpulentia), ou le bien en chair (carnositas) de la fibre varie, comme on peut le voir chez les animaux charnus où chez ceux qui sont maigres (1). — La fibre est allongée ou parce qu'elle est distendue, ou parce qu’elle est flasque, languissante, énervée. — Une fibre en action (vigorosa) qui se distend, pâtit (voy. v, 16), et elle résiste sans cesse à cette affection avec des forces égales ou inégales. — La fibre énervée, distendue, ne revient pas promptement à sa position moyenne ; elle ne jouit pas d’élasticité. — La position moyenne est celle qu’affecte la fibre au repos. C’est par une contraction (contractione), un resserrement, que la fibre distendue reprend sa position moyenne, ainsi qu’on le voit, par exemple, pour les fibres du sphincter de l'anus ou pour celles de l’orifice de l'estomac. C’est par relâche ment, ou mouvement de retour, de rémission, qu'une fibre en action, mais non distendue, revient à la position moyenne.—Le raccourcissement est la position d’une fibre en travail. Quand

tique; où mixte, c'est-à-dire composée d'éléments spermaliques el d'éléments sans guins, par exemple, dans les fibres du cœur (v, 4). =— Voyez aussi tout le chap. W de la première partie du traité De ventriculo et tntestinis, où il est traité de la peau proprement dite,

(4) Voyez Béclard, Traité élémentaire de physiot. Paris, 1866, p. 620-630,

Mibre se contracte, elle fait effort, se tend et agit (v, 7. — w, 13).—Les fibres sont ou droites, ou obliques, ou trans- Sales ; un corps composé de fibres d’un même genre est dit et il est facilement fendu dans le sens des stries; un corps posé de fibres enchevêtrées peut être appelé corpus contexvel intertextum. — Plus une fibre est noble, plus elle est üe de fibrilles délicates (v, 8); d’où l’on voit que Glisson sem- Voir distingué les faisceaux fibreux des fibres primitives aps fibrilles. “0

solution complète de continuité des fibres les fait rétracter; la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité, de réunir les aies des muscles par première intention (v, 9). On sait, en fièt, que le tissu musculaire ne se reproduit pas; les bouts divid'un muscle se réunissent par un tissu conjonctif fibreux qui donne l'apparence d’un muscle digastrique.

Glisson reconnaît dans la fibre trois forces: d’abord un robwr dm qui n’est autre chose que sa carnosité et sa résistance (1), Wobur auquel on ne saurait comparer la force ou la puissance Ontractilité ; puis deux autres forces ou plutôt deux excitants, flur vital (esprits vitaux contenus dans le sang artériel), et ur animal où nerveux (esprits animaux distribués par les f)L'influx vital se perd dans la lipothymie, dans les fiè- Wres,.ctc.; l'influx animal dans les affections cérébrales avec pa- Iysie(v, 10; vr, 2, 8). De la prédominance de lune ou l’autre cesforces, de leur manière d’être respective, l’auteur (vr, 5-8) une théorie mécanico-chimique des maladies.

Fidèle ä son système matérialiste, Glisson admet que toutes éSfbres, dans les animaux, ont au moins le sens du tact, ilijoute que toutes, excepté celles qui servent au pouls et à la ation, jouissent du repos pendant le sommeil (v, 10). Pro- On qui n’est pas exacte, car bien d’autres fibres sont en on durant le sommeil, ainsi que le témoigne la station des x sur le perchoir lorsqu'ils sont endormis.

ction ou le mouvement actif de la fibre est double: la con-

@la force innée, comme on l’a dit, consiste surtout, pour la fibre, dans une juste proportion de la chair (carnositas) et dans la ténacité, » vr, 1.

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