GLISSON
traction et le reldchément. L'action proprement dite de la fibré est la contraction; le relâchement est plutôt la émission de l'action que l’action elle-même, c’est-à-dire le retour à la position moyenne; c'est une action qui tend au repos, à la cessation (v, 13) (1).
Voilà les faits dans leur nudité, leur simplicité; il contvient maintenant d'en chercher l'explication avec Glisson. On l’a déjà vu, C’est une #rritation qui produit les mouvements, et c’est en vertu de l'errétabilité de la fibre que cette fibre perçoit l'irritation et y répond. La contraction, pour Glisson, est un fait, mais ce n’est pas encore une force ; quant à l’irritabilité, ce n’est rien autre chose que la faculté de percevoir Yirritation et de réagir. Entre les offices des sens et les offices de la fibre il n’y à pas de différence radicale, C’est cette faculté trés-générale de perception qui est innée dans la fibre et qui la met en rapport avec les excitants intérieurs ou extérieurs. Elle n’a ni liberté ni indépendance ; elle n'existe pas, pour ainsi parler, substantiellement, comme nous croyons qu’existe la force vitale de contractilité. À bien considérer tous les textes, l'irritabilité dépend plutôt d’une sorte d'intelligence de la fibre que de la mise en activité ou en éveil d’une force effective, soit par un excitant du dehors, soit par la volonté. Il y a dans la doctrine de Glisson un mélange, souvent inextricable, des facultés naturelles de Galien et de l’archéisme de Van Helmont ; le tout aboutissant à une doctrine où la matière est agissante (energetica), attendu que toute la nature
(1) « L'action proprement dite de la fibre, ou son mouvement actif, consiste en contraction, vigoration, cffort et travail. En effet, quand la fibre se contracte, elle prend de la vigueur, fait effort, s'étend, travaille ; ensuite elle éprouve de la fatigue et de la lassitude. L'action est naturelle ou contre nature; elle est saine ou lésée, L'une et l'autre admet des degrés : elle est relâchée, ou intense, ou moyenne. Ces degrés sont formés par les degrés de force, d’ivritabilité ou de causes irritantes (v, 45). — La passion de la fibre, ou mouvement passif, est un mouvement pro= venant d’une cause placée en dehors de l'essence de la fibre qui pätit. Lorsque cette passion ou cette souffrance ni n’endort, ni ne relâche, ni ne stupéfie la fibré, elle l’excite à prendre de là vigueur; aussi, presque toujours, plus la passion cs forte, plus l'irritation est grande. La passion similaire naît de la cause qui altère la conslitution similaire de la fibre, et elle est ou agréable ou peu sympathique à
celle-ci. La passion organique consiste dans une certaine distension des parties de la fibre (v, 16), »
THÉORIE DE L'IRRITABILITÉ ET DE LA SENSIBILITÉ. 657 btycar la matière brute est douée de mouvement (1) et, jusqu’à
La faculté motrice des fibres, si elles n’étaient pas irritables, Ma-dire si elles n’élaient pas sous la dépendance d’une force érmittente, s’exercerait sans cesse ou serait perpétuellement repos. Cette succession d’aclion et de repos suppose de la 1 de la fibre perception et appétit, pour qu’elle soit toujours citée de nouveau à opérer un mouvement (3). Il y a trois eses de perception eu égard au mouvement de la fibre: la x4relle, la sensitive et l’animale. En vertu de la première, la fibre &binvilée ou excitée, soit à désirer, soit à fuir l'impression (al. äho) qui se produit en elle et à se mouvoir en conséquence 21). — Grâce à la seconde, la fibre, remarquant l'impression trationem) faite dans l'organe externe (organes des sens et b sensus externus), est excitée à désirer quelque chose et à se Ouvoir en conséquence. — La troisième, sous la dépendance appétit animal (sensus internus), est celle à l’aide de laquelle Cerveau met en mouvement les fibres des muscles pour exéler ce qu'il désire (vrr, 1).
(Moy. p.651, note 4.
…(2)MGlisson, dans le traité De vita naturue ct dans celui qui nous occupe, admet Cspèces de facultés, les naturelles qui se trouvent dans les corps, dans les esième dans l'âme rationnelle et chez les anges (voy., par ex., la préface, MACIMS); les facultés animales ou sensilives ; les facultés intellectuelles ou spariellésChacune de ces facultés s'exerce par perception, appétit (désir ou réaction) CL mouvement. Mueller, dans sa Dissertation précitée (p. 652, note 1) a exposé les es de Glisson sur la nature en général, sur la substance (on pourrait rapprocher décs\de la Monadologie de Leibnitz) et la matière, sujet qui appaïtient plutôt bhysique, dans le sens ancien du mot, qu'à la médecine, mais où se mêlent ndantiquelques considérations très-subliles, parfois ingénieuses, sur.la géné- (Müeller insiste sur les sécrétions dont Glisson, comme dans ces derniers Valentin, explique, — mais sans se rendre un compte bien exact de ce qu'il @,la diversité par une sorte d'élection des parties), sur l’accroissement, sur déstruction et sur les mélanges ct transformations de la matière vivante. Pluéursdices considérations viennent de Harvey.
) Voyez Béclard, Traité élément, de physiol.; Paris, 4866, p. 679, ct Gavarret, Phnomènes physiques de la vie, Paris, 1869 ; p.120 et suiv,
à DAREMPRERG, A2