CRESCENZO. — CURE PAR L'EAU
thode analytique (syl/ogisme) à la synthétique (induction) (1): conséquent, Platon, Descartes et les géomètres, à Aristote, el Surtout à Bacon de Verulam ; mais c’est par la méthode ii Hhétique que les sciences en elles-mêmes commencent et s’acoissent.
… Agostino Magliari fut l’un des premiers qui dherohérehEs à faire prévaloir à Naples la cure par l’eau ; ses succès déchainérent les médecins contre lui; il faillit tout compromettre, parce qu'il rai- Sonnait à sa guise st comme personne; ne voulant faire aucun sacrifice ni à la philosophie mécanique moderne (/#/oso/eg- Wiareammodernito, che dicono mecanismo), ni à la philosophie deDescartes (/losoficanti alla cartesiana) pour laquelle len- Ouement était universel à Naples, il s’appuyait sur les saintes 1 et semblait vouloir les réduire en eau (reddurre la Sera Scrittura in acqua), tant il accumulait les passages en faveur de sa méthode aquatique, qu’il appelait la plus sublime des philosophies (2). Les efforts plus habilement dirigés par Qrescenzo, et secondés par des adeptes courageux et fidèles, finirent par triompher des obstacles, et de son temps la cure par l’eau froide prit grande faveur à Naples ; il rapporte avec complaisance une foule de guérisons de toutes sortes de maladies internes ou externes.
Peu d'ouvrages sont aussi diffus, aussi remplis de divagations que celui de Crescenzo ; plus de cent pages y sont consacrées dans l'un ou l’autre Raggionamento à la méthode de philosopher en général, et dans la médecine en particulier ; on n’y rencontre que des observations incomplètes et de vagues renseignements, mas l'énumération de toutesles qualités merveilleusesde l’eau(3).
(1) "Par exemple, Méthode analytique : tout feu réchauffe; ceci, cela est feu, donc ceci, ou cela réchauffe; Méthode synthétique; ce feu, cet autre, et tous les autresfeux réchauffent; donc chacun de ces feux réchauffe.
(2) Voy. p. 84-85 etsuiv. — Tout ce Raggionamento secondo est très-curieux pour l'histoire de la médecine à Naples.
(3) “Nous voyons, à la page 103, que Crescenzo eut vers 1705, à l'hôpital des In- Curables, à Naples, une conférence avec le chirurgien français Bigot, lequel avait parcouru l'Europe, fréquenté les plus habiles médecins, et qui désirait discuter sur lacure des hydropiques par de copieuses libations d’eau simple,et non pas seulement
834 TATROMÉCANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.
La première partie du troisième Raggionamento est consacrée à l'exposition du système physiologique de auteur ; ce système n6 diffère pas beaucoup de celui de Descartes, dont Crescenzo invoque à plusieurs reprises le témoignage sur ces questions, et qu'il aps prouve aussi (p. 241) d’avoir soutenu que les solides différent seus lement des liquides par l'intensité des mouvements. On voit bien qu'il s’est un peu inspiré des théories mécaniques (il met, p.219; Borelli bien au-dessus des acidistes), surtout en ce qui touché les esprits animaux, les mouvements du cœur, et l’analogie des glandes (1) avec un crible; mais moins par conviction ou du moins par une étude explicite, que pour ne pas $€ metire en Oops position avec le goût du siècle, car la prudence est la grande qualité de notre docteur.
Il posait en principe, avec Guglielmini (voy. p. 820), que lé sérum est Ja partie la plus importante du sang, que c’est aussi partie de cette humeur qui se dissipe ou se consume le plus promps tement dans les fiévres ; il en conclut l'indispensable nécessité du traitement par l’eau. H y a quatre circulations : celle du sang dans les artères et les veines ; celle de ce même liquide à traverss le poumon, quoique, à vrai dire, cette seconde circulation fasse partie intégrante de la première ; la circulation des esprits ans maux qui se répandent dans les fibrilles nerveuses, partant de le tête et revenant au cerveau par les lymphaliques et aussi parles vaisseaux sanguins qui s’abouchent avec ces lymphatiques ; enfins celle de la bile, qui va du foie à la vésicule, et qui revient deda vésicule au foie pour se mêler au sang, après avoir envoyé aux intestins sa portion la plus impure; il rattache, à peu près comme l'avait fait Baglivi (voy. p. 802), mais sans le nommer (2),1es
d’eau ferrée. Le médecin napolitain croyait, contrairement au médecin français, que l’eau ferrée à plus d'efficacité, =
(4) 11 pense (p. 495) comme Bellini (voy. plus haut, p. 769) que les glandesn@ sont pas autre chose qué l'extrémité des artères enroulées pour permettre au sans de s'arrêter quelques instants, afin de s'y purger des différentes immondices suis vant la forme des pores ct des glandes elles-mêmes : il s’appuie même sur le dive de Platon en son Témée ! &
(2) fl cite Sténon, Vicussens et Lower, pour le cœur. Dans sa dédicace à Niccolo Pio Garelli, médecin de l'empereur Gharles IT, il célèbre Malpighi et.Guglielmini, pour la grandeur de leur doctrine répandue dans lé monde entier,