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MEAD. — THÉORIE DES POISONS

Se montre au contraire très-partisan des vomitifs doux au début Vres, et des vésicatoires (Comm. A et 9). De nombreuses ervalions et toutes sortes de renseignements historiques renbla lecture des ouvrages de Freind (1) aussi agréable qu’infctive, lorsqu'on oublie un instant les hypothèses qui les dé-

rent.

ë célèbre Richard Mead, le protecteur si généreux de Rénd, l'écrivain élégant et érudit, l'élève distingué de l'École

"Leyde, l'ami ‘de Boerhaave, a surtout appliqué la physiologie Mécanique à l’action des poisons (Medical account of Poi- 5, 1702) sur l’économie animale (2): il nie (dans son nfro- Ktion générale) que la seule vibration des fibres nerveuses ie suffire à produire les sensations et les mouvements, sans Secours d’un fluide dont la présence explique les changements

ms le corps, changements dont l'âme est le principe, les mé-

ases et les phénomènes si rapides qui suivent les altérations humeurs. Le fluide qui a pour ainsi dire la domination sur : les autres, c’est le fluide nerveux. Il ne peut venir que du

(1) Sa lettre Sur les médicaments purgatifs dans la fièvre secondaire (de résorpdes varioles confluentes ; ses Recherches sur des espèces particulières de Warioles portent aussi témoignage de la culture d'esprit et de la sagacité de Freind, quand il oublie Bellini et ses rêveries mathématiciennes.

l (2) Les Conseils et Préceptes de médecine (Monita et praecepta medica, 1751), Pdune verte vieillesse et d’une longue expérience, renferment peu d'explications se rapportent surtout à la pratique. Après les fièvres viennent les maladies locales qui sont rangées a capite ad calcem, puis les maladies générales. Dans une Jntro- “nction sur le corps humain, Mead déclare que le premier moteur dans l’économie a finale, c’est l'âme ; il en fait même une espèce d’Archée, ou du moins il la confond presque avec la nature, puisque c'est l'âme qui est chargée de produire et de diriger CS forts de l'organisme contre la maladie, «laquelle n’est qu’une lutte dela nature ui combat en sa propre faveur. » Dans son excellent Traité de la petite vérole et into rougeole (chap. 1), Mead ne fait pas difficulté de déclarer que pour lui la . nalure, c'est le principe immatériel qui est en nous, distinct de la matière, ou % Jime pensante. Il est donc à la fois mécanicien et animiste dans de certaines lidites. — Dans ses Notationes et observationes in R. Mead Monita et praecepta {jaissous les yeux l'édit. de Paris, 1773, in-8°), Clifton Wintringham s’est proposé de commenter, de confirmer ou de rendre plus certains et plus pratiques les Piéceptes et conseils de Mead. Ge commentaire n’est pas moins utile à consulter que

1e texte qu'il développe et rectifie en beaucoup de points,

880 TATROMÉCANISME. — ÉCOLE ANGLAISE.

cerveau, lequel, en sa qualité de glande, ne servirait à rien Si ne sécrétait pas quelque matière spéciale. Cest une substance ténue, volatile, douée d’une grande force d’élasticité, laquelle rend. raison de la puissance qu’il a d'accomplir presque toutes les fonc: tions de l'économie. Il est donc évident qu’une telle substan doit être affectée très-vivement et très-rapidement par une à tre substance douée également de force et de subtilité. Par là on cons

prend l’action si subite et si terrible de certains poisons; le sanÿ

marche trop lentement, les symptômes d'intoxication dépendent trop manifestement du genre nerveux, pour qu’on puisse sups poser que ces sorles de poisons agissent d'abord sur le sang Cest secondairement: que ce fluide en éprouve les effets. 3

Telle est la théorie de Mead dans toute sa simplicité; il l'ape plique au venin de la vipère, de la tarentule, au virus rabique, à quelques poisons végétaux et minéraux, enfin aux miases pestilentiels. Il a un chapitre spécial sur l’opium, où il explique <es effets sur le cerveau par ceux que produit le sommeil après ut | bon repas, effets qui tiennent, par suite de la compression dt Paorte descendante et de l'accumulation du sang dans les à tères du cerveau, au ralentissement du mouvement de flux et de reflux des esprits animaux ; alors, eux-mêmes gênés dans Jeur cours, ces esprits s'emmagasinent dans le cerveau pour suffire aux différents offices qu’ils ont à remplir pendant la veille. Le sommeil est un temps d’approvisionnement ; la veille est un temps de dépense. L'opium pris à faible dose procure artificiellement ce dés licieux état qui transporte dans le pays des rêves tranquilles. C’est en titillant agréablement les fibres de l'estomac, et en pros duisant une certaine plénitude au cerveau par la raréfaction du sang qui entraîne la dilatation des vaisseaux, c’est parce qu'il est composé d’un principe alcalin volatil et d’une partie huileuso,s que l’opium produit ces merveilleux résultats. Pris en grande. quantité, non-seulement il met trop d'esprits animaux en réserve, mais il les paralyse complétement et suspend la vie. Comme. médicament, l’opium est un anlagoniste des plus puissants contre toutes les érrifations auxquelles succèdent, soit d'intenses dou: leurs, soit les flux abondants. L 561

Le scorbut a également une cause mécanique : en effet, l'air

respiré agit sur le sang par sa pesanteur et son élasticité : par “pesanteur, il tend à diviser les particules sanguines, et par onélasticité il excite un mouvement intérieur qui prépare les sécrétions à mesure que les humeurs congruentes arrivent aux glandes où elles doivent se séparer. Tout mauvais air inspiré nüitévidemment à ce double office de la respiration; or, le Scorbut n'est que le résultat de cette respiration viciée qui produit dans le sang une fermentation d’autant plus dangereuse ébqui se traduit par des symptômes d'autant plus terribles que laivest plus profondément altéré.

mBientôt la physiologie et la médecine anglaises, tout en se rat tachant par beaucoup de points à l’iatromécanisme, vont changer

| “pendant de physionomie. En médecine, l'École de Sydenham,

obpour mieux dire, l’École de l'observation (car quelques-uns des auteurs de la fin du xvm° siècle se sont montrés peu favorables à Sydenham, tout en suivant ses errements), prend le

Miessus, et nous trouvons les travaux de Huxham (1694-1768), Me Fothergill (1712-1780), de Pringle (1707-1782), et même deHeberden (1711-1801), dont nous pouvons différer de parler ence moment, car ils doivent trouver une place très-légitime dans la partie du xviri° siècle que nous avons laissée en réserve. Nous nous arrêterons, du moins quelques instants, sur les médecins physiologistes que nous avons cités plus haut : Bryan Robinsonet (lifton Wintringham le fils (1710-1794), puisqu'ils apparennent très-certainement à l’iatromécanisme.

Jai déjà parlé de la théorie de Robinson sur les sécrétions, Sur le mouvement du sang et sur l'usage de la respiration (1). Jen'y reviendrai pas ici, et, par conséquent, je laisse de côté té qui regarde ce sujet dans son Économie animale (2). Robinson déclare dans sa Préface que, depuis Harvey et Lower (qui s'était occupé du mouvement du cœur considéré comme muscle) jusqu'à Newton, la connaissance de l’économie ani-

(1) Voy. plus haut, p. 868, note 2,

(2) 4 treatise of the animal oeconomy. Je n'ai pu me procurer que la seconde édition, Dublin, 4734, in-8°, avec la continuation de 1737. D’après Haller, dans sa Biblioth. anatom., il existe une troisième édition, 1738 ; 2 vol, in-8°,

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