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IATROMÉCANISME. — ÉCOLE ANGEAISE

male, ou physiologie, n’avait reçu aucun véritable accroissement digne de remarque. Notre auteur adopte la théorie ‘des esprit animaux éthérés qui pénètrent partout avec une entière libené et expliquent le mouvement des muscles ainsi que beaucoup d’autres fonctions, sans qu'il soit besoin de croire que les nerf sont canaliculés. Ces esprits naissent dans le cœur par suite l'incandescence des humeurs.

En conséquence (prop. 8), le mouvement musculaire (1) sulte de la vibration d’un éther extrêmement élastique logé dan les nerfs et dans les membranes qui enveloppent les plus pelilés fibrilles des muscles, vibration mise en jeu par la chaleur (ea), la volonté, les piqûres ou blessures, les particules subtiles“ actives du corps (comme le démontrent les effets produits pat les vomitifs, les purgatifs et quelques poisons), et par diverses autres causes. — La nutrition est la transformation de la texturë de l'aliment en celle du corps jusqu’au point d’en devenir une partie solide et durable (prop. 27). — C’est en vertu d'uneais traction particulière que ce rapprochement, cette assimilation, cette forte soudure ont lieu (prop. 29) (2).—II y faut encore uné chaleur et un mouvement convenables (prop. 28). — Avec l'âge, la fibre augmente de densité et de force, mais diminue un pe de longueur (prop. 26. — Voy. aussi prop. 27 sur l’état de fibre suivant la composition ou l’état hygrométrique de Pair). Ea contraction de la fibre en un temps donné est en proportion avec le degré d’extension produit par un poids donné dans le même temps; mais la proportion est un peu moindre dans les fibres fortes que dans les fibres faibles, que ces fibres soient séches ou trempées dans l’eau.

Dans la continuation de son Économie animale, Robinson s'occupe de la consistance (£enacity) du sang, comparée avec la force de résistance des fibres; du mouvement de vibration deces fibres (1), et, comme conséquence, du mouvement des fluides;

(4) Dans le commentaire de cette proposition, p. 94, il est dit que les tendons sont peu sensibles, tandis que la chair musculaire l’est beaucoup. C'était aussi l'opinion de Lower, adoptée par Roerhaave.

(2) L’attraction des humeurs spéciales par les glandes joue aussi un rôle dans les sécrétions (prop. 30).

(8) Ce mouvement est produit par le plissement et le relèchement des fibres

aprés quoi il donne le moyen de ramener dans les maladies aiguës OUchroniques ces divers phénomènes à leur état naturel, qu'ils Soient en excès ou en défaut. Il étudie les diverses circonstances chaleur, humidité, âge, sexe, etc.) qui diminuent ou accroissent consistance du sang ou la résistance des fibres, en insistant particuliérement sur les propriétés astringentes, resserrantes de l'acle de l'air. Reprenant et complétant par de nombreuses expé- Hences diverses propositions de Sanctorius, Robinson établit que lsanté parfaite requiert, pour une stature donnée, une certaine quantité de sang proportionnelle au poids du corps, de sorte qu'une personne arrivée à l’âge adulte (grown person) doit toujours conserver à peu près le même poids pour jouir d'une bonne santé (prop. A4).

"De là tout un système de pathologie (prop. 46): la cause immédiate des fièvres est un changement dans la consistance et la éexture du sang, changement produit par les causes éloignées : chaud, froid, excès dans le boire et le manger, excès ou défaut d’exercice, {roubles dans les sécrétions et les excrétions. Au début des fiévres, le sang est plus consistant que dans la santé ; l'air froid ou lintermission des exercices, soit du corps, soit de l'esprit, com- Mmandent une diminution de la chaleur du sang, d’où résulte une augmentation de sa consistance ou densité. Au début des fièvres, quantité des parties solides du sang (parties salines, terreuses, huileuses) est en proportion plus grande, par rapport aux parties aqueuses, que dans l’état de santé. Ordinairement le “joids du corps augmente au commencement des fièvres, et cette augmentation est plus forte en hiver qu’en été, dans les contrées froides que dans les chaudes, chez les personnes qui ont des fibres résistantes que chez celles qui les ont faibles. Quand les causes éloignées ont produit un changement dans l'état du sang, Hfièvre qui s'allume en conséquence devient « un grand insfrument » dont la nature se sert pour dépurer le sang altéré, lé ramener à son état naturel, surtout en excitant la chaleur et le mouvement; or, il n’y a rien qui prévienne ou détruise mieux les obstructions et mène à une crise plus salutaire que la chaleur ét le mouvement ! C’est aussi la doctrine d'Hoffmann. Le traitement consiste tout naturellement à faire de telles éva-

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cuations, à prescrire un tel régime et de tels médicaments, que la fièvre pourra opérer d’une manière parfaite la dépuration di sang. Robinson examine, eu égard à leur propriété de diminuer le poids du corps, l’abstinence, la saignée, les purgatifs, les vos mitifs, les sudorifiques, les vésicatoires (blistering), la matière du régime. — Dans les fiévres intermittentes (communément appelées agues), la consistance du sang chargé d’impuretés'et moindre que dans les fiêvres continues (1) ; néanmoins on cons mence par les évacuations, et, quand le malade a subi plusieurs accès, on administre le quinquina à doses rapprochées, mais assez fortes; une once ou deux au plus suffisent pour une per: sonne adulte. Ce médicament rend la vigueur aux fibres et la con: sistance au sang, active le mouvement de ce liquide et la contrat: tilité des vaisseaux, surtout quand il est mélangé avec ques substance acidule et astringente (2).

Dans un autre traité publié à Londres en 1752 et qui.a pour titre : Observations on the virtues and operations of medicine,

Robinson ajoute de nouveaux principes à ceux que je viens d’ana

lyser pour expliquer le mode ‘d’action des médicaments. Après avoir rappelé dans sa préface que toutes les parties des animaux sont composées de substances volatiles ou fixes, solides ou fluides, il ajoute : « Quand on sait combien les corps changent, eu égard à la dimension et à la densité des corpuscules qui concourent à leur composition intime, on comprend combien sont changées les puissances attractives et répulsives des particules ; et en reconnaissant combien ces particules changent, on apprécie quels changements elles produisent en tant que médicaments, Si là dimension des corpuscules est diminuée, leurs propriétés et ac= tions n’en seront que plus augmentées. »

Au début même de son livre, Robinson émet cette proposition : les propriétés et actions des médicaments dépendent des propriétés et des forces de leurs petites particules; cette dépen-

(4) Comme la plupart des iatromathématiciens, Robinson attribue le retour des accès à un reliquat de matière fébrile, qui n’a pas été dompté et expulsé par une crise complète.

(2) Voy. plus haut, page 864, note 1,

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mdance a pour cause l’éther élastique et la lumière, d’après la doctrine newtonienne sur laquelle notre auteur discute très-longuement.

« Ce traité, quoique fort curieux, ne brille pas par l’ordre: Jauteur y rapporte successivement des expériences sur la fibre musculaire qu’il a vue, comme l’avaientdéjàdit Harvey et d’autres, pAlir pendant la contraction et rougir pendant la rémission ; — irles changements que subissent la fibre, le sang et les autres iliides mis en contact avec diverses substances (1),sur l'influence de ces mêmes substances administrées à l’intérieur chez l’homme ébles animaux. On trouve aussi une section spéciale sur l’action des vomitifs relativement au mouvement du sang et des observaions de malades à l'appui; des tables de proportion pour le poids spécifique ou la densité du cruor et du sérum; — enfin des recherches touchant l'influence que la contraction musculaire exerce sur la circulation.

« Dans ce même ouvrage (p. 25), Robinson attribue la chaleur du corps au mouvement vibratile de ses parties, lequel mouvement est causé par la même espèce de mouvement de l'éther élastique logé dans les pores; à son tour le mouvement de l’éther est excité par la lumière, par la volonté ou par d’autres causes. Dans son mémoire intitulé : À Dissertation on the food and discharges of human bodies, Londres 1748 (p. 108), il attribue la chaleur du sang à son mélange avec l'acide volatil de l'air. La chaleur est proportionnelle à la quantité de cet esprit animant (enlvening spirit), reçu par le sang dans un temps donné.

Clifton Wintringham, le fils, a résumé dans ses Commentaria de morbis quibusdam (deux parties ; Londres, 14782 et 1794), une pratique de. quarante années tant à Londres que dans les faubourgs, et dans les hôpitaux militaires. Get ouvrage, qui se compose d’une série de six cent trente-huit propositions aphoristiques concernant surtout le diagnostic, le pronosticet le traitement d'un grand nombre de maladies, échappe à l'analyse. Je relève quelques-unes de ces propositions : La mort subite provient, de plus ordinairement, comme le prouvent les autopsies,

(1) Voy. plus haut, p. 856, note 1.

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de polypes ou de concrétions dans le cœur (11). — Dans lés violentes angines inflammatoires, on peut recourir avec succés à la saignée de l'artère temporale, puisque les fortes hémor: rhagies nasales, naturelles ou artificielles, les guérissent le plis souvent (16). — Les saignées, soit de la veine jugulaire oudé l'occipitale, soit de l'artère temporale, sont d’un grand secours dans les affections cérébrales (47. — Voy. 22 pour les affections des yeux). Dans les propositions 37 (vomissements), 40 (diabëte), 59 et suiv. (saignées et aspect du sang), 324 (fièvres nerveusés et ardentes), 445 et suiv. (obstructions), 638 (inflammation du sang), on trouve, pour ne citer que quelques exemples, plusieurs traces des doctrines iatromécaniques. — Dans les fiévres inter: mittentes (pernicieuses?) où l'intensité du froid fait craindre la mort du malade, l’auteur se borne à prescrire des moyens in: ternes et externes qui peuvent pousser à une sueur violente (48), — Dans les plaies par armes à feu, s’il survient de la fièvre sans motifs apparents, c’est qu’il se forme quelque collection purulente (78.— Voy. 145,146 et 147). — Le typhus pourpré des camps ei presque toujours accompagné d’hémorrhagie (118). — Wintringham a trés-judicieusement remarqué que souvent au début les fièvres intermittentes simulent les maladies inflammatoires (322), On trouvera de bonnes remarques (prop. 342 et suiv.) sur Jes maladies des femmes enceintes ou nouvellement accouchées, et sur la pratique des accouchements; sur la variole (381 et suiy, et 622 et suiv.) — L'auteur s'étonne grandement qu’on ait proscrit la saignée dans les dyssenteries, surtout dans les dyssenteries des camps (420), — Extrême danger des dyssenteries acCOMpa= gnées d’aphthes et de pétéchies (421).— Wintringham a reconnu

sur le cadavre des ossifications de certaines (nonnullae) valvules

du cœur, qu’il avait soupçonnées pendant la vie (601. — Voy. aussi 603-605).

J'ai trouvé à la Bibliothèque impériale un travail de Clifton Wintringham (sur le titre Winterigham) le père ; il a pour titre: Commentarium nosologicum morbos epidemicos et aeris variationes in urbe Eboracensi (York) ab anno 1715 usque ad finem anni 1725 grassantes complectens. L'auteur insiste sur la fré-

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ceetla marche de certaines maladies épidémiques ou spoes, eu égard à la fempérature de l'air, circonstance trèsjorlante dont les médecins, sans en excepier Sydenham, n’ont assez tenu compte au dire de Wintringham. Il rapporte de euses variations barométriques et thermométriques.

es maladies qu’il a observées sont particulièrement les vales, les fièvres rémittentes et intermittentes, les fièvres inmmatoires, et certaines fièvres nerveuses du genre del’hystérie, tompagnées de vertiges, de tendance au sopor, de tremblement tendons, de sueurs à la tête, au cou et à la poitrine. Ces flévres revétaient parfois le type intermittent.

“On surprend çà et là dans cet ouvrage des traces manifestes atromécanisme, ou du moins -de solidisme; l’auteur insiste r la rigidité des parties solides, les vibrations des fibres et la osité du sang, phénomènes produits par la sécheresse et rce de maladies inflammatoires. 2

e ” Souwarre. — Suite de l’histoire de l’iatromécanisme. — Écoles hollandaise et allemande, — Boerhaave et Hoffmann,

MESSIEURS

Il est temps d'abandonner l'Angleterre (1) pour suivre la for tune de l’iatromécanisme en Hollande et en Allemagne. Ici nous sommes bien forcé par l’histoire de rompre ce fameux triumvirat que les historiens se sont plu à former et qui domine

(1) ILfaut au moins mentionner, ne fût-ce que dans une note, l'Anatomia cerebni (Leyde, 4750), de Henri Ridley, membre du Collége des médecins de Londres, et élève de l’École de Leyde, Ridley, pour l'anatomie du cerveau, suit en partie Willis et surtout Vieussens; quant à la physiologie, en particulier, pour le mouvement des muscles (gonflement des fibres sous l’afflux des sucs nerveux), pour les sens et les sensations, il appartient à l’École iatromécanique. Il se sépare très-nettement de Willis, en ce qui concerne l'influence que ce dernier attribuait au cervelet dansk production des mouvements involontaires (chap. xvn). On lui doit, sur la structure du cerveau et de ses annexes, plusieurs observations neuves, ou des recherches plus complètes que celles de ses devanciers. Ainsi, il nie (chap. 11) les glandes de la pie” mère, admises par Willis; il connaît (chap. 1v) l’incurvation de l'artère vertébrale il a découvert, sur un supplicié, les lymphatiques des plexus choroïdes (chap. vn);ila soumis à un nouvel examen (chap. 11), après Bidloo et Bohn, la membrane intermés diaire entre la pie-mère et la dure-mère ; il sait qu’elle appartient au cerveau età la moelle; elle est rétiforme ; il la compare pour les formes au péritoine, et pourila structure, à l'enveloppe de l'humeur cristalline. En conséquence, il propose de l’ap= peler arachnoïde. IL a bien décrit (chap. x) les sinus de la dure-mère, et en parti culier le sinus cireulaire où coronaire, — Niant (chap. vi) les mouvements qu'ona attribués en propre à la dure-mère, il pense que ceux du cerveau, et secondaire= ment de ses membranes, sont produits par les pulsations du réseau artériel de la base; mais il croit encore (chap. vi) à l'existence du ete admürabtle chez l’homme, quoiqu’il ÿ soit beaucoup plus petit que chez les animaux, et il suppose qu'il naît du côté interne des carotides. — L'infundibulum est creux chez les grands animaux! et plein chez l'homme, — On doit aussi à Ridley un recueil d'observations sur lequel je reviendrai un peu plus loin, quand je parlerai de ce genre d'ouvrage,

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