‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 205 sur 260 · BOERHAAVE. — PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

BOERHAAVE. — PHYSIOLOGIE

décroit pas qu'ils puissent être dissous par les actions chimiques. Mais, quelque puissantes que soient les tuniques stoma- Mes, elles ne réussiraient pas seules à accomplir leur office ; il y futajouter : 4° la chaleur continuelle du cœur, du foie, de la rate, l'aorte, du pancréas, du mésentère, des artères, des veines, enun mot des parties qui environnent l’estomac et qui lui communiquent de tous côtés la plus grande chaleur qu’il ÿ ait dans Jécorps ; 2° les battements sans nombre de tant d’artères proche ducœur, distribuées à l'estomac, au diaphragme, à l’épiploon, Ai rate, au foie, au pancréas, au mésentère, au péritoine ; les violentes vibrations de l'aorte qui est située sous l'estomac; Il'action des esprits qui sont peut-être ici en plus grande quanlié qu'en aucun endroit du corps; 5 la compression continelle, réciproque, forte, de presque tout le péritoine, compressionproduite par le jeu du diaphragme qui a une très-grande flendue. (Aph. 56.) …Bocrhaave déclare ensuite, comme conséquences naturelles, que la seule chaleur de l'estomac ne produit pas la digestion, quil n'y a pas d’âcreté vitale dans ce viscère, que les acides n’ai- “dent pas à la digestion, mais que l’interposition de l’épiploon graisseux est une prévoyance de la nature contre les froissements qu'aurait pu subir l'estomac par la compression des muscles Norsqu'ils aident au broiement des aliments ! Le cours du chyle est également expliqué par des causes mé- “oaniques (1), dont la plupart sont étrangères aux chylifères éux-mêmes ($ 124 suiv.). Voici la composition de ce fluide : “Le chyle qui entre dans les vaisseaux lactés passe donc sans raison pour n'être que la production des aliments solides; car Cest une humeur composée de salive, de la fine mucosité de la bouche, des deux liqueurs de l'œsophage et du ventricule, de la hic cystique, de la bile hépatique, du suc pancréatique, de l’hueur lymphatique des intestins, de celle qui est exprimée des olandes de Peyer, et peut-être d’une grande quantité d’esprits,

- (t) est étonnant que pour l'action et À force du cœur, Boerhaave n’ait cité Aucun mécanicien, mais seulement Vésale, Lower, Eustachi, Ruysch. Plus loin 914), il dit de Bellini et de Pitcairne, qu’ils savent déduire d’une façon-merveilleuse jés fonctions des parties de leur structure:

Je

894 IATROMÉCANISME. — ÉCOLE HOLLANDAISE.

fournis par tous les nerfs qu'on trouve sans nombre en ces ens droits. » (Aph. 105.)

Après quoi Boerhaave condamne également la chaleur coctrices du ventricule ; son âcreté vitale, naturelle et volatilisante ; l’Archée de Van Helmont; la bile alcaline qui change le chyle acide en alealescent, salé, volatil (Sylvius); l’âcreté de la lymphe du pans créas et son bouillonnement prétendu avec la bile ; une précipite tation qui purifie le chyle ; les facultés péripatétiques, galéniques, chimiques ; les bouillonnements, les effervescences, les fermens tations et une infinité d’autres hypothèses chimériques, qui sont pernicieuses et condamnables, par rapport aux règles de pratique que leurs auteurs en déduisent. |

L’hématose (transformation du chyle en sang) est opérée non par l’action directe et chimique de l'air sur le sang, mais par les mouvements de broiement, d'atténuation, de dissolution que le poumon et l'air impriment au liquide (mélange de chyle et de sang) qui circule dans les vaisseaux pulmonaires (Aph. 201). La perfection de l’hématose est en raison de la force du poumon; une fois qu’il a passé des artères dans les veines pulmonaires, le chyle, moins pressé, reprend son propre ressort, se raréfie un. peu plus et arrive dans le ventricule gauche troublé, écumeux et d’un rouge vif (204, 205, 207) (1). Boerhaave ne veut pas plus de la théorie de Borelli (cf. plus haut, p. 759) que de celle de Lower (voy. plus haut, p. 693), ou de celle de Sylvius, adoptée en partie plus tard par Robinson (rafraîchissement par le nitre de l'air) ou des galénistes (rafraîchissement, et expulsion des fuliginosités). — Il semble n’admettre que comme une exception, d’après quelques expériences de Ruysch «le premier homme du monde pour découvrir, exposer et conserver les plus petits vaisseaux du corps, « de Sylvius et de Swammerdam, que l'air peut pénétrer dans les vaisseaux. (Aph. 201-2038, 210 et 211.)

Boerhaave partage l'opinion des iatromécaniciens, et de Ridley en particulier, sur les transformations (aéténuation, puri/fication, etc.) que le sang subit en arrivant au cerveau par suite

(4) La rate (323 et suiv.) est à peu près, pour Boerhaave comme pour Sylvius; un second foyer d'hématose, à l'instar du poumon. Voy. plus loin, p 896.

Page 1