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BOERHAAVE. — PHYSIOLOGIE

duralentissement de son cours; ce qui le rend plus propre dix sécrétions, du fluide nerveux particulièrement, plus impropre aux concrétions, et plus en harmonie avec la mollesse du terveau (Aph. 235). Quant à la théorie des sécrétions, théorie oùles glandes proprement dites et les ganglions lymphatiques paraissent confondus, où les radicules nerveuses jouent toujours leur rôle, elle est, à quelques détails près, la même que celle des jafromécaniciens (voy. Aph. 241 suiv.).

« La distance de l'artère au cœur, sa situation par rapport au dur et au tronc dont elle sort, sa différente complication (complicatio, la multiplicité de ses circuits ?), ses diverses divisions Ases extrémités, la différente vitesse du sang par son canal, sa proportion du rameau particulier au tronc, la différente force exprimante, externe et interne, le séjour dans la cavité commune, de là ensuite sa distribution dans des lieux dont la structure change la nature des humeurs, la séparation ou l’évaporation des parties les plus liquides de l'humeur dont la sécrétion s’est faite; voilà autant de causes qui séparent non-seulement du mème sang différentes humeurs en divers lieux, mais qui, après leur sécrétion, en changent encore la nature d’une façon surprenante. (Aph. 253.) — Ges causes, qui sont différentes en di- “ers lieux du corps, seules ou combinées, se trouvent réellement dépendantes d’une fabrique qui tombe sous les sens ou s’en déduisent avec une parfaite évidence par des lois mécaniques cerfaines, et par la connaissance que tout le monde a ou peut aisément avoir de la nature des humeurs. D’où l’on comprend qu'il ÿa autant de sécrétions que d’humeurs qui en sont la matière, C'est-à-dire une infinité. (Aph. 254.)—Pour les expliquer, il n’est donc pas nécessaire d'imaginer des pores de figure diverse, constante, immuable, surtout parce qu’il répugne aux lois de la nature qu’il y en ait de tels, et quand il y en aurait, qu’ils agissent ainsi! — Il est encore moins permis d’avoir ici recours à aucuns ferments. » (Aph. 255 et 256.)

On remarquera toutefois que, contrairement à la doctrine généralement reçue, Boerhaave croit (Aph. 245 et 247), d’une part, qu'à leurs dernières ramifications les artéres se divisent en deux ordres de rameaux: les sanguins et ceux qui sont chargés

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de porter aux glandes les humeurs qui constituent les diverses sécrétions, et, d'autre part, que les artères versent directement dans les linilés et non à travers les pores, la matière des dis verses sécrétions. Il admet de plus, avec Ruysch (Aph. 246), des artères lymphatiques sans valvules, et des veines Iymphatiqués. avec valvules.

Les fonctions des nerfs dépendent des sucs ou … nerveux fournis par le cerveau et la moelle, et non pas de simples vibra® tions (1). La substance des nerfs et l'exactitude de la représentation sensorielle des objets s'opposent également à cette opinion. L'œil ne peut pas voir ces fluides si subtils, mais la raison les conçoit; cela suffit (Aph. 285 et suiv.). — Comme tout l’organisme n’est qu’un entrelacement de vaisseaux, la veine porte constitue unê partie de la substance du foie (Aph. 339), et les lobules du foie ne sont qu’un enroulement des derniers ramuscules de cette veine et de la veine cave au moment de leur anastomose. C’est de la veine porte que partent les radicules du canal hépatique qui fournit là bile hépatique. La bile peut refluer dans le foie et être menée à la veine cave; mais c’est un cas pathologique. La bile n’est point un excrément ; il y a deux sortes de bile: bile hépatique et bile cystique, laquelle est un croupissement de la bile hépa: tique dans la vésicule. — Le foie est, par l’action de la bile sui les aliments, un viscère destiné à façonner le chyle plutôt qu'à façonner le sang. — La rate, organe d’hématose, a pour office de préparer les éléments de la bile que doit fabriquer le foie; le sang, en passant par la rate et le système de la veine porte, des vient deux fois veineux et deux fois artériel avant de retourner au cœur (Aph. 338 et suiv.). Ce tissu d’hypothèses, parfois con: tradictoires, est souvent inextricable.

Dans la physiologie de Boerhaave, quelques-unes des demi-véri: tés et presque toutes les erreurs du temps se sont donné rendez: vous, eton n’y trouverait pas, je pense, une opinion personnelle. fondée sur l’expérience. Je ne pousserai pas plus loin lanalyse

(4) Boerhaave (Aph. 263) admet avec Malpighi et Wepfer la structure glanduleuse (vésiculeuse) de la substance corticale du cerveau; et il explique par là la sécrétion des sucs nerveux. — Iladopte aussiles opinions de Vieussens sur la formation de la substance médullaire, par une sorte de prolongement des fibrilles du cortex.

| le celte partie des /nstitutions (1); j'ajoute seulement que, selon

boerhaave, la vraie et unique cause du mouvement des muscles, gesl le fluide nerveux (Aph. 403), que la matière nutritive, l'aliment des parties solides est non pas le sang rouge, tont à fait impropre à la nutrition (2), mais le chyle changé en un rimqui est peu à peu, en circulant avec le sang, subtilisé au degré du fluide nerveux. Ce sérum, prétend-il, remplit le même office que le blanc d'œuf durant l’incubation (Aph. 441 et suiv.). IMfaut souvent se mettre l’esprit à la torture pour retrouver, à layers le prisme de l'imagination de Boerhaave, qui rend les idées les plus nettes à peu près méconnaissables, les théories phy- Sologiques émises avant lui par les autres médecins mécaniciens.

Nous retrouvons presque tous les principes de l’iatromécanisme dans la pathologie générale de Boerhaave. En voici quelques échantillons (3) :

«L'air trop chaud dissipe les parties les plus humides des yeux, désnarines, de la bouche, de la trachée-artère ; dessèche les pels vaisseaux de ces parties, épaissit davantage le sang du pou- Mon, empêche par ces deux causes l'action de ce viscère, fait failre plusieurs maladies qui en dépendent, emporte les humeurs éxlernes qui sont toujours les plus ténues; brûle, pour ainsi dire, les internes qui restent, dissipe leurs particules les plus mobiles, rapproche, condense, dessèche les plus lentes ; il diminue donc sans cesse les parties aqueuses, spiritueuses, salines, Volaliles; au contraire, il augmente les parties salines fixes, les luiles grossières et tenaces et les huiles âcres brûülées et enveloppées dans les autres, ainsi que les parties terrestres fixes ; il les accumule, les unit et en fait des masses irrésolubles : ce qui

(Les Aph. 481-694 sont consacrés aux sens externes et internes (sensations), Ali veille et au sommeil; à la respiration (il n’est question que de son mécanisme), Eaux fonctions qui en dépendent, voix, etc., enfin à la génération.

@) Moy. plus haut, p. 821, la théorie de Guglielmini.

(3). Je les choisis dans l'Étiologie, et je ne crois pas devoir m'arrêter sur les autres parties de la pathologie générale; attendu que les principes qui y sont exposés se retrouvent dans les Aphorismes, et que le mode d’exposition ne diffère pas de celui qui est adopté dans presque tous les ouvrages du temps, d’après la tradition galénique,

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donne lieu à l'émméabilité des humeurs, à l'allongement etil l'affaiblissement des solides et aux effets qui s’ensuivent, à l'obs struction, au desséchement, à l’inflammation, au défaut de cote: tion, à la putréfaction, à la constipation, à la soif, à la strangurié, aux urines rouges, aux humeurs jaunes, à des maladies aiguës chaudes, sèches, et principalement au dérangement des fonc» tions du genre nerveux et lymphatique (Aph. 746). »

« L'air froid raccourcit les fibres solides, les condense, leur donne de la force; de là, il augmente leur action sur les hu meurs; mais le dégel dissout et détruit les fibres. Ge même air à froid rapproche les particules des humeurs, les condense, des: sèche le poumon, le resserre et coagule le sang de ce viscères d’où naissent l’obstruction, l’inflammation, le desséchement, l'es soufflement, la toux, les rhumés, les catarrhes, la mucosité, le pus, là gangrène, le sphacèle ; mais si en même lemps ons donne une violente agitation, alors il se fait une si grande action et réaction réciproque des solides et des fluides, que cela produit une atlénüuation, une transpiration, une voracité, une débilién extrêmes, des défaillances et la mort subite ; si, au contraire, on réste en repos, exposé à un grand froid, il survient des engours dissements, des douleurs dans les membres, et le scorbut (Aph. 747). »

« Si l'air est trop humide, il relâche, dissout, affablit les fibres, surtout celles du poumon; retient, augmente, accumulé lalymphe du poumon, empêche la transpiration de ce viscère; d’où naissent encore des toux, des péripneurnonies séreuses, des diarrhées semblables, des engourdissements, des fièvres. S'il ses joint une grande chaleur à l'humidité de l'air, il se fait une prompte putréfaction; si, au contraire, elle est accompagnée d’un grand froid, elle produit un amas de corruptions séreuses (Aph. 748).»

« L'air trop sec occasionne à peu près les mêmes effets que l'air trop chaud (Aph. 749). »

« L'air trop pesant comprime tous les tuyaux et lés humeurs du corps, surtout dans le poumon, ce qui fait que le cœur trouve trop de résistance, que le mouvement des humeurs est inters rompu, arrêté et comme suffoqué (Aph. 750). »

-BOERHAAYE. — PATHOLOGIE GÉNÉRALE, 899

mu Sice même air est trop léger, comme il presse peu les vaisfaux et les humeurs, il les dilate, les raréfie, cause par là des tumeurs, des éruptions d’humeurs, des erreurs de lieu assez fâcheuses; el en conséquence les maladies. Il peut aussi moins vaincre l’élasticité des fibres pulmonaires qui résiste à leur dilalation; d’où la respiration s'arrête, le sang s'amasse dans le poumon; on est saisi d’une péripneumonie promple et de la mort. De ces mêmes effets, on peut déduire ceux de l’air dense étrare (Aph. 751). »

Les causes internes, c’est-à-dire, celles qui tirent leur origine d'untrouble dans le mouvement, ou d’une altération dansla composition des humeurs, sont appréciées et expliquées d’après les mêmes principes, c’est-à-dire, plus ou moins explicitement, d’après les lois de la physique et de la inécanique. — En voici la preuve :

«Lorsqu'il se fait un trop grand Le humeurs par JS vaisseaux il produit la compression, le broiement, l’atténuation des humeurs, la chaleur, une disposition Poe et les maux qui ont été déjà expliqués (Aph. 766 : dissolution des parues solides et liquides; dissipation des parties mobiles, spirilueuses; inflammation du résidu des humeurs, etc.) ; leur cours trop lent produit des vices tout à fait semblables à ceux qu’on a exposés (769 : inertie des muscles, réplétion des cellules, développement de la graisse, etc.) ; surtout il n’est rien de plus dangereux que l'excès ou le défaut du mouvement des esprits animaux, car par là toutes les coctions, sécrétions, excrétions, sont dérangées; d'où naissent mille sortes de maladies (prop. 783). »

« Quant à l'extrême fluidité des humeurs, elle cause de la dissipation, de la consomption, du dérangement dans les sécrétions, du rétrécissement dans les grands vaisseaux, de l’affaiblissement dans ces mêmes vaisseaux, de la faiblesse, des obstructions, des ruptures, des suppurations dans les petits vaisseaux ; elle est principalement nuisible lorsqu’elle est accompagnée d’un grand mouvement et d’une forte acrimonie. (Aph. 784.) »

« Leur trop grande ténacité cause des obstructions, des extensions de vaisseaux, des douleurs, des tümeurs, surtout aux glandes et aux plexus artériels, Mais lorsque l’acrimonie est pa-

600 1APROMÉCANISME, — ÉCOLE HOLLANDAISE, reillement jointe à la ténacité, suivant la diverse proportion des concours de ces deux qualités, les petits vaisseaux se détruisent, les fluides s’extravasent, ce qui produit ensuite des pustules, des inflammations, des gangrènes, le sphacèle, le cancer, des ulcères malins, la carie et autres maux semblables. Or l’acrimonie, tantôt accompagne, et tantôt suit la ténacité (prop. 785.) ..3 00 « Les humeurs acides crues, acides âpres, acides fermentées vineuses, acides chyleuses, acides laiteuses, alkalescentes, volts tiles ou fixes, ou véritablement alcalines ; les humeurs salées, comme de la saumure ou du sel ammoniac; les humeurs àcres, salines, huileuses, aromatiques ; enfin, les humeurs huileuseset insipides excitent une foule de maladies (prop. 786) » dont Boerhaave donne les détails (prop. 760 et suiv.).

Après des considérations générales sur la maladie, qui est le contraire de la santé, sur la nécessité de savoir, pou guérir les maladies, de quoi dépendent les fonctions vitales, nd turelles et animales, dont le trouble est précisément la cause dés maladies ; après avoir répété, mais à Lori (car on ne connaît fil on ne peut pas atteindre la cause immédiate, efficiente), avec la plupart des anciens, qu’il suffit de détruire la cause de la maladie pour en opérer la guérison, Boerhaave dans les Aphorismes Ajoute que, dans l’étude des maladies, on doit commencer par les plus simples, et que les plus simples sont celles qui attaquent la fibre solide. Les fibres peuvent être trop faibles et trop lâches, ou trop résistantes et trop élastiques. — Sont-elles trop faibles et lâches, par exemple dans les vaisseaux, alors naissent les tumeurs, les croupissements, la putréfaction des humeurs exlravasées ; 1l faut fortifier. — Sont-elles trop résistantes et trop élastiques, elles rétrécissent, raccourcissent les vaisseaux et les rendent impro= pres à la circulation des humeurs; il faut affaiblir. — I y a des maladies des petits vaisseaux qui composent les grands, et des grands qui sont tissus avec les petits. — II existe également pour les viscères des maladies de faiblesse ou de rigidité.

Quant aux humeurs, elles demeurent crues ou subissent la coction assimilatrice. Il y a des maladies qui proviennent de l'acidité, d’autres de la viscosité, d’autres de l’alcalinité des hu-

meurs (car liatromécanisme n’a jamais fait un divorce complet avec la chimiatrie), d’autres, enfin, d'un simple trouble dela circulation, lorsque, pour une cause quelconque, une trop Mrande quantité d’esprits animaux, envoyée au cœur, cause du désordre dans ses fonctions, ou que ce viscère est irrité par le rélour du sang veineux chargé de matières nuisibles, salines, Hurulentes, ichoreuses, etc. La surabondance d’un sang pur (pléthore) a pour cause tout ce qui donne trop de chyle et qui énmême temps empêche l’atténuation, la dissipation et la perspi- “ation des humeurs. La pléthore est accompagnée de dilatation “es arières et des lymphatiques, de compression ou relâchement des veines, d’où résultent Loutes sortes de désordres.

Au premier rang des maladies les plus simples parmi les maldies composées on doit ranger l’obstruction. :

« L'obstruction est une obturation de canal qui empêche l’en- Mrée du liquide vital sain ou morbifique qui doit y passer, et qui dpour cause la disproportion qui se trouve entre la masse du liquide et le diamètre du vaisseau (Aph. 107). — Elle vient done de l'étroite capacité du vaisseau, de la grandeur de la masse qui doit y passer ou du concours des deux (Aph. 108). — Un Vaisseau se rétrécit quand il est extérieurement comprimé, par & propre contraction ou par l’épaississement de ses membranes (Aph. 109). — La masse des molécules s'augmente par “viscosité du fluide ou par le vice du lieu où il coule (Aph. 110). — Et par ces deux causes à la fois, lorsque les causes de l’un et de l'autre mal concourent ensemble (Aph. 111). »

Rapprochons de l'obstruction l'inflammation et la fièvre et nous aurons le cadre à peu près complet de la pathologie générale de Boerhaave (1).

(4) Je ne dis rien des chapitres assez médiocres sur les plaies en général, sur les plaies des diverses régions, en particulier sur les fractures et les luxations, ni du Chapitre sur la douleur, que Boerhaave attribue à une indisposition, surtout à une trop grande tensionde la fibre nerveuse, laquelle prend son origine au cerveau. Il appartient encore à la vieille école qui confond toute espèce de fibres avec les nerfs,

“etadmet que le tissu fibreux proprement dit peut être, par conséquent, directement 1e Siége d'une douleur, — On objectera peut-être, contre le jugement que je porte sur la chirurgie de Boerhaave, que Louis, le célèbre secrétaire perpétuel de l'Acadénie de chirurgie, a pris la peine de traduire cette partie des Aphorismes (Paris,

902 IATROMÉCANISME. — ÉCOLE HOLLANDAISE.

L'inflammation consiste en ce que le sang rouge artériel qui croupit dans les plus petits vaisseaux est agité et pressé par le reste du sang dont la fièvre a accéléré le mouvement (Aph. 374}: — Elle peut done se faire ou dans les extrémités des artères sal guines ou dans les vaisseaux séreux lymphatiques ou dans les ‘plus petits vaisseaux artériels, lesquels ne peuvent transmettre les globules rouges ou autres éléments grossiers des fluides qui ont pénétré dans leur cavité par la dilatation de leurs orifices (Aph: 372). — Ainsi son siége est toute partie du corps où se distribuent des artères sanguines, et où les lymphatiques prennent leurs or: gines (Aph. 373). — Par conséquent, les artères mêmes, les veines, les nerfs, les membranes, les muscles, les glandes, les os, les cartilages, les tendons, tous les viscères, et conséquemment presque toutes les parties du corps sont susceptibles de ce mal, qui affecte la graisse plus fréquemment et avec plus d’opiniätreté que toute autre partie (Aph. 374). — Ce croupissementa pour cause : 4° toute compression, tension, contorsion, rupture, contusion, brûlure, érosion, crispation, qui rétrécit tellement les extrémités coniques et cylindriques des vaisseaux, que le dia mètre de leur orifice devient plus petit que le diamètre du glo: bule de sang; la chaleur, le mouvement vioient, tout corps. étranger, les ligatures, toute pression, tout âcre pris intérieurement ou appliqué extérieurement, le froid mordant, le frotte ment trop violent ou trop longtemps continué, toutes les causes des plaies, des contusions, de l'érosion, des fractures, des luxa= tions, des obstructions (Aph. 375). — Cette même stagnation est produite : 2 par tout ce qui bouche les vaisseaux, en y mêlant en même temps des âcres intérieurement ou extérieurement, comme sont les matières huileuses, salines, âcres (Aph. 376). =

4768, 7 vol. in-12); mais il est manifeste par la préface du traducteur lui même, que c'est surtout pourles Commentaires de Van Swieten qu’il a présenté ce travail au pu= blic. I dit, en effet, dans sa préface : «Les commentaires de Van Swieten donnentwé ritablement les premiers principes de la chirurgie, car ils sont le résultat de F'observation et de l'expérience. On donne abusivement le nom de principes à des traités superficiels, où l’on ne trouve que la définition des noms et la division scolastique des matières (or, c’est le cas pour Boerhaave). Ces sortes d'ouvrages seraient mieux qualifiés par le nom de rudiments.» — Louis vante ensuite le savoir profond et là grande érudition de Van Swieten,

Partout ce qui épaissit le sang : le mouvement excessif, la dissipalion de ses parties les plus fluides, par les sueurs, les urines, lsalive, la diarrhée, les ichorosités, les coagulants (Aph. 377). “Bocrhaave passe en revue les diverses suites de l’inflammation: dboës, sphacèle, gangrène, puis il étudie le squirrhe (épaississeent et desséchement des humeurs dans les glandes), le cancer: fquirrhe tellement ému par le mouvement des parties environnantes qu'il finit par s’enflammer et prendre un caractère maln),.et les maladies des os.

Rien n'est plus caché que la nature de la fièvre ; aussi faut-il So lenir en garde contre les hypothèses hasardées à l'aide desquelles on a tenté de la découvrir. Or, à quoi ces précautions

tonduisent-elles Boerhaave ? À décider que la fièvre est caracté-

tisée par le frisson, la rapidité du pouls et la chaleur, phénomènes produits par le croupissement des humeurs contenues dans les petits vaisseaux, et par l'irritation du cœur que cause le dés= Qrdre des esprits nerveux ; — que c’est dans la seule vélocité du pouls que le médecin puise ce qu’il sait touchant la nature de la fièvre ; — que la fièvre cesse par la mort, el qu'en somme la fiôyre est un effort fait par la vie, tant dans le froid que dans la chaleur, pour éloigner les causes de la mort.

- Suivent l'énumération et l’explication des symptômes et des épiphénomènes de la fièvre : anxiété, soif, nausées, faiblesse, chaleur, délire, coma, sueur, convulsions, exanthèmes, etc. Quatre chapitres sont consacrés aux fièvres continue, synoque ardente et intermittente, qui sont plutôt décrites qu'expliquées.

Le cadre nosologique de Boerhaave est très-simple ; il est divisé en deux compartiments : les maladies aiguës fébriles et les maladies chroniques. Rien de plus factice que les subdivisions êtles délimitations des diverses affections. Que de maladies se cachent sous cette seule rubrique : phrénésie ! Ce n'est pas non plus une observation clinique rationnelle qui a présidé à la clas- Sification des angines; on peut admettre des esquinancies ou angines aqueuses ou lymphatiques (qui sont appelées aussi œdéiateuses oucatarrhales), maisilest difficile de savoir ce que sontles

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