‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 208 sur 260 · HOFFMANN · texte numérisé non relu

HOFFMANN

Bocrhaave croit, comme Keill, que la maladie vénérienne peut élransmettre par les exhalaisons (Aph. 1441).

“En général, pour le traitement, Boerhaave s’en tient à la tradition: aussi c’est la partie ordinairement la plus raisonnable de son livre.

Je pense que, si les historiens y regardaient de plus prés, (éaucoup de réputations médicales acceptées de confiance mais crééespar des circonstances accidentelles, s’évanouiraient en par- Mio sous le regard d’une critique sérieuse et impartiale.

Frédéric Hoffmann (1660-1742) (1), appartient par Sa nais- Since à cette célèbre université de Halle (2), qui a fourni tant de médecins distingués (3) et qui est devenue bientôt, par la résence de Hoffmann et de Stahl, la rivale de l’université de Leyde. Hoffmann professait la physique, la chimie, l'anatomie, hmédecine pratique et la chirurgie (4), tandis que Stahl était

(1) On trouve dans l'édition in-folio de ses OŒuvres complètes (Genève, 17487 1753; 6 vol. in-f° et les supplém.) une Vie de Hoffmann, écrite par J-H. Schulize, sonélève de prédilection. Elle a été traduite par Bruhier et mise en tête de la Médecine rationnelle. On trouve à la suite une liste des nombreux écrits de Hoff- Mann et son portrait. Voy. aussi les Bibliothèques de Haller, et en particulier La Bibliothèque médicale.

(2) Fondée en 1694, par Frédéric II, électeur de Brandebourg, qui réalisait ins un vœu formé longtemps avant, par Albert, archevêque de Magdebourg.

(3) Par exemple, Gœlicke, Alberti, Coschwitz, Junker, Büchner, Nietzky, Eberhard, Cassebohm et Schultze. Voy. Friedländer Zur Geschichte der medic. Facult. Halle, dans le t. [IL de Haeser’s Archiv für d. ges. Medicin et du même, Hist. Ondin. medic. Halens. Halae 1840.

(1) Tout novateur qu'il était ou qu'il croyait être, Hoffmann est un ami ardent dela tradition et particulièrement de l'antiquité. Il a publié une très-curieuse dis- 2értation (De praeparatione ad lectionem veterum medicinae auctomum, 1749), dont jeconseille la lecture aux contempteurs où aux ennemis de l'histoire, à ceux aussi quine l'étudient pas. On y trouvera ‘de bons conseils et d’utiles renseignements sur les auteurs qu’on doit préférer. On en pourrait citer beaucoup d’autres, mais Cest déjà une riche bibliothèque à consulter. — Au début de la Pathologie spéciale de la Médecine rationnelle, Hoffmann recommande la lecture d'Hippocrate, de Celse, d'Alexandre de Tralles, d’Arétée, de Baillou, du très-heureux praticien Rivière, de Mercurialile scoliaste d'Hippocrate, de Willis, de Sydenbam , de Mhärton, de Sennert, de Fabrice de Hilden, d’Ettmüller, de Sylvius, enfin de Boerhaave.

906 IATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.

, Chargé de la médecine théorique, de la physiologie, de la diét "tique, de la matièré médicale et de la botanique. Ges deux vigo reux athlètes se partageaient ainsi presque tout le domaine dés sciences médicales. Quel professeur voudrait aujourd’hui prendié une si grande charge, quel pourrait suffire à de si grandsden voirs ? " Hoffmann, après s’être rangé d’abord dans 7” camp des chis miatres (1), puis un moment sous le drapeau de l’animisme, sw sépara bientôt de Stahl (2) et des adeptes du fourneau pou devenir l’un des sectateurs à la fois les plus ardents et les plus “illustres de la médecine mécanique (3).

(4) Voy. son Exercitatio chimica, ete. léna 1681. — On retrouve encore çà là des traces de ces premières études.

(2) Voy. ses Fundumenta medicinae ; Halle 4695. — Les Fundamenta medical ne sont qu'une suite d’aphorismes comprenant l’hygiène, l'anatomie, la physié logie, la médecine mécanique, la thérapeutique, — On y lit ces deux propositionss « Non-seulement les esprits animaux meuvent le corps, mais ils sentent, et celte sensation ne se fait pas sans mouvement (chap. vi, aph. 46),» — « Quandiés fibres nerveuses ou musculaires sont stimulées ou irritées par une certaine matière, non-seulement il se produit là un afflux d’esprits, mais il se fait, par Pimpulsion de l’objet, une sensation et une perception (même chapitre, aph. 15). » — Hess développements se trouvent dans la Médecine rationnelle. x

(3) Haller se loue des relations qu’il eut avec Hoffmann alors que ce dernier était déjà fort âgé. — Je tire l'histoire des doctrines d'Hoffmann d’abord de la Médecine rationnelle &'un grand nombre de ses Dissertations. Voy. aussi le traité pos thume, publié par Cobausen : Commentarius de differentia inter Hoffmanni doctni: aam medico-mechanicam et Stahlii medico-organicam, 4746.— Les Consultations (4734) ne peuvent servir presque en rien à élucider Ja doctrine d’Hoffmaon, can elles lui sont en général envoyées par des médecins d’une incomparable ignorance dans le diagnostic (par exemple des tumeurs de la base du cerveau, ou des caries des os du crâne, ou des polypes à l’arrière-cavité des fosses nasales pris pour des migraines singulières}, de sorte que les réponses ne peuvent naturellement se fons der que sur la teneur des demandes. On y voit seulement que notre auteur conseille volontiers ses remèdes, sa liqueur anodine, et les préparations domestiques (Voy. Da medic. simplicissim. summa efficacia, 1731). Les Consultations comprennent 300 cas rangés sous ces rubriques : maladies de la tête, de la poitrine, de l'abdomen, des membres. — Haller a donné une analyse détaillée d’une autre collection. dé Consultations en cinq décuries, 4721-1739 ; 40 vol. in-4°. Les réponses émanont de la Faculté de Halle. La collection de 1734, traduite par Bruhier, contient quels ques parties de celle de 4721-1739. — Je cite pour mémoire.et comme de purs jeux d'esprit les dissertations suivantes : Quod nemo aegrotorum moriatur ex morbo,

Page 1