HOFFMANN
“Hoffmann s'est proposé de réduire toute la médecine en un système raisonné, tellement lié que les principes se suivent dans Vordre le plus naturel, et qu’on en puisse déduire, par des con- Séquences directes, l'explication d’une foule de phénomènes dont fourmille l'histoire des maladies, et les effets de tant de causes capables de porter préjudice ou d’être avantageuses à la santé. Or, c'est là le grand écueil où viennent échouer la plupart des Yéformateurs et tous les sectaires : ranger sous une loi unique, “nflexible, toute la physiologie et toute la pathologie, sans tenir Compte ni des lacunes de la science, ni de la multitude des faces que présentent les problèmes à résoudre. Ge n’est pas seulement hiprétention de trouver une source universelle d'explication qu'ils Mfichent, ils se piquent encore d’être les seuls à éviter les hypo- “thèses (L) et seuls à indiquer la vraie raison des choses (2). C'est Méque ne manque pas de faire Hoffmann, qui croit avoir trouvé ne médecine positive, une médecine à l'abri de toute idée pré- Gongue, parce qu'il y à appliqué une méthode qu’elle ne comporte guère, la méthode mathématique, parce qu’il fait intervenir
HA (mais des symptômes !) ; — Quod plurimi aegrotorum,moniantur contra deges “rtis, 1747 (belle consolation ! c’est du Molière); enfin De medicis morborum causa, 1998. Mauvais emploi des médicaments, en particulier des émétiques, prendre les *ÿmptômes pour la maladie, ete. Mais puisque ce sont les symptômes, et non la maladie qui tuent! — Dissertation peu flatteuse pour les confrères. (1) Hofimann a écrit une dissertation (De medicina ab omni hypothesi vindicanda (1719); où il gémit sur les: dissensions entre médecins, dissensions si nuisibles aux Progrès de l'art, à la dignité de la science, etqui cesseraient infailliblement si chacun “répudiait toute autre autorité que celle de l'iatromécanisme ou mieux de l'iatro- Mhathématisme! — Il développe encore cette pensée dans une autre dissertation qui pour titre : De difficultatibus in medicina addiscenda (1748); il y indique toutes hs autres difficultés qui se présentent dans l'étude de la médecine, et donne les midsies à suivre pour eu triompher, insistant sur la nécessité de connaître l'anatomie MNoy- Dissertatio.… qua sistitur verum universae medicinae principium in structura Moorporis humani mechanica reperiendum ; 1732. C'est un travail tout à fait dialec- Miques ct. De anat. in praxi medica usu; 4707), la physique, la mécanique, la Minatière médicale et diététique, le tempérament des malades, les constitutions” Mifnosphériques particulières ou générales .
(2) Voy. aussi De generat. febrium, 4745, $ 3, où ilest dit qu'on doit tenir pour Mègle de ne rien apporter dans la démonstration, comme principe ou cause pre- Miière, qui n'ait été auparavant prouvé et démontré clairement, de façon à enlever “ous les doutes. À ce propos, il s'élève contre Vanimisme.
‘908 IATROMÉGANISME, — ÉGOLE ALLEMANDE, l'anatomie, la physique expérimentale et la mécanique (4) donl il ne prouve pas, du reste, qu’il ait eu une connaissance (très approfondie (2), surtout de l'anatomie et de la physique expéni mentale.
Nous commencerons par la physiologie (3). La vie n’est rien autre chose qu’un mouvement circulaire, vital et progressif du sang et des autres humeurs, produit par la systole et la diastole du cœur et des artères; ou, pour mieux dire, c'ést un mouve ment de tous les canaux et de toutes les fibres, entretenu par l’abord qui s’y fait du sang et du suc nerveux, et qui, au moyen des sécrétions et des excrétions, préserve le corps de corrup= tion (car le sang et les autres parties sont trés-sujets à la pus tréfaction, en raison de la diversité des substances qui les com=
(4) Praef. ad Med, ration. Pour les longues citations de cet ouvrage j’emprunle la traduction de Bruhier. — On peut dire de la Medicina rationalis, un des derniers grands travaux d’Hoffmann, qu’elle est le résumé de presque toutes les dissertations, opuscules ou discours qui composent la majeure partie de son œuvre. C’est aussi le résumé de sa pratique et comme son testament médical.
(2) Dans la préface des Consultations, on lit : « Nous devons être instruits par l'anatomie de la composition et structure du corps ; de la forme, situation, rapport et usage de toutes ses parties ; des fonctions de ces parties par rapport à la vieetà la santé. Les expériences chimiques, physiques et mécaniques doivent nous apprendre à connaître quelles sont les qualités, la force et les vertus des choses extérieures, soit aliments, éléments ou médicaments, ou autres corps qui agissent constamment sur notre machine et peuvent causer des changements considérables dans la santé, la vie, les maladies et la mort ; par là nous discernons celles qui sont salutaires d’avec celles qui peuvent nous nuire. Comment un médecin peut-il connaître qu'une maladie est mortelle s’il ne sait pas l’anatomie et s’il ignore l’usage et la situation des parties? Comment pourra-t-il déterminer quelle estià partie affectée et le siége de la maladie, s’il ignore la situation des viscères et leurs fonctions ? Qui pourrait apercevoir les causes et le danger d’une. maladie, sans savoir la théorie des mouvements et surtout de la circulation du sang dans toute corps et dans chacune de ses parties ? Et si les principes de mécanique ne nous apprenaient quelle est la nature, quelles sont les espèces, les propriétés et leseffets de ces mouvements, comment pourrions-nous connaître l’état d’une maladie par les variations délicates et presque imperceptibles du pouls? » Trad. Bruhier.
(3) Hoffmann appelle philosophe la physiologie et la diététique, car elles-sont la plus noble partie de l’art et constituent le plus éminent degré de la sagesse. Voyez De optima philosophandi ratione , 17M.
HOREMANN. =— PHYIOLOIE, 909
posent) (1), en même temps qu'il entretient les fonctions de toutes les parties, en particulier la nutrition. L'augmentation de Javélocité du sang (c’est-à-dire la fièvre) est cette nature médica- {ice si vantée par les anciens (2). Cest elle qui détruit les obs- Huctions et expulse les humeurs nuisibles (3). Le mouvement lüi-même ne doit pas être rapporté à unêtre distinct, intelli- Kent, doué de sentiment ; il tient à l’afflax du sang et du fluide merveux (2). Tout part de causes naturelles et nécessaires ; tou Sopère mécaniquement dans l'organisme sans que pour cela on nie J'me, mais on ne comprend rien à la physiologie si l’on admet un principe métaphysique. C'est le sang qui meut le cœur, premier ant et dernier mourant (5), lequel à son tour meut le sang. La
(1) Voy. Putredinis doctrinae jusque amplissimo in medicina usu; 4729, C'est là que Hoffmann vante à la fois, contre la putréfaction, le camphre, les calcaires et la Cornede cerf. La putréfaction est la cause principale des maladies d'automne, surtout dinsles camps. Quelques-unes des maladies qu'il y indique se rapprochent de nos fièdresmalignes.—Voy, encore De malignitatis natura... tn morbis acutrs ; 1695, m2) Cependant Hoffmann dit un peu plus loin qu’en général dans les maladies aigués, surtout dans les chroniques, il ne faut pas s'en remettre à la nature pour éxpulser ou changer la matière morbifique ; autrement on manquerait l'occasion dercouper le mal à sa racine ; il n'ya d'exception que pour certaines maladies “igués où toute l'économie esl troublée, où tout est en mouvement. — Singulière exception, en vérité! — Mais tout cela prouve que le aalurisme n’est en pratique Quéun vain mot, quoiqu'on en fasse grand état en théorie. La preuve de cette incon- Sance en fait de doctrines naturistes, c'est que dans Différents états de la médecine bbdes médecins, trad. Bruhier, Hoffmann gourmande les médecins à la fois pour ne pas savoir administrer les médicaments et pour leur empirisme qui ne leur permet pas d'attendre le bon vouloir de la nature ; et ceux qui accordent tant de puissance cette nature qu'ils l'ont transformée en une âme intelligente et presque suffisante pour la cure des maladies {voy. aussi Dissertat. De natura morbor. medicatr. me- Chanicu, 1699). C'est du reste dans celte Dissertation (États de la médecine, etc., quils’explique le plus clairement sur le rôle très-limité de la nature, sur l'imporlance qu'il y à à ne pas confondre les forces naturelles du corps et celles de l’âme, forces tout à fait distinctes et indépendantes dans leur essence. Il y insiste aussi Sur l'utilité prédominante du régime. :
(8) Nous reviendrons plus loin, à propos des fièvres, sur la théorie de la nature Médicatrice,
() Noy. Differentia inter doctrinam Hof'man. et Stahli, éd. Cohausen, $ 56, Oùil est dit que l’âme n’a d'action que sur les mouvements volontaires. Cf, aussi $ 39, 136.
(5) La mort, en général, n’est que la cessation des mouvements du cœur, Meds ration, 3, u, 16 ; la mort et Ha vie sont des phénomènes mécaniques, bd, 21.
910 JATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
mort sénile n’est que la cessation du mouvement par l’épaississ sement des tissus et la diminution ou la cessation de l’afluxdes liquides (sang et suc nerveux), principes moteurs. Le sang «sl entretenu, rajeuni, réparé par la partie élastique de laine par les aliments. Les excrétions sont à peu prés égales au poids des aliments. Les maladies ne sont qu'une lésion ou qu’un trouble des mouvements naturels de resserrement et.de relâchement (systole et diastole) ; d’où l’atonie ou le spasme (1):
Le livre premier de la Médecine rationnelle n'est que le déve loppement de ces propositions générales extraites de la préface même de l'ouvrage. L'auteur y ajoute cependant quelques remarques qu’il ne faut pas négliger, — Le suc nerveux est la pars tie la plus subtile d’un bon sang et d’une bonne lymphe; —le corps est surtout une machine hydraulique, et des plus parfaites, puisque toutes ses parties, comme le démontre l'anatomie, sont un tissu de vaisseaux; — la multiplicité des humeurs, la diversité de leur composition, nécessitent une foule d’émonctoires ou voies d’excrétions ; aucune partie n’a avec la tête un commerce plus suivi et plus étroit que l'estomac et les intestins; —il existé également une correspondance toute particulière entre le sang et le fluide nerveux ; — on remarque une égale harmonie entre les mouvements animaux et les mouvements vitaux (chap. 1) (2)
Ici S'intércalent naturellement quelques considérations remar: que!q
(4) Aussi dit-il dans la Dissertation Différents états de la 1.édecine et des médecins, qu'il faut plus s'occuper des mouvements désordonnés que de l’intempérie des hu meurs.— Le mouvement vital du sang peut être troublé de trois manières : le sang estmû par une force trop grande, mais uniforme, de la systole et de la diastole du cœur et des artères ; ou bien la systole des parties où le sang circule étant augmentée avec excès, le mouvement du liquide devient inégal ; ou bien un relâchement des solides entraîne la progression du sang et cause des stases ; de là trois classes dé Maladies : la fièvre, le spasme, l'atonie. — Voy. Dissertatio de morborum ortu,el causis eorum proxtimis (1745).
(5) En tout ceci rien de bien nouveau, rien mème qui ne se retrouve dans divers jatromécaniciens et dans Boerhaave en particulier. La forme est aphoristique dans Hoffmann comme dans Boerhaave ; mais combien le ton d'Hoffmann est plus décidé, plus dogmatique, et combien le développement de sa pensée, même lorsqu'elle est fausse, ce-qui arrive souvent, a plus d’ampleur, de relief, d’attrait, même d’au* torité !
quables sur l'organisme vivant et sur la comparaison de cet Giganisme chez l'homme et chez les animaux (1). Hoffmann n’a fismanqué non plus l'occasion de faire à ce propos le procès Aanimisme, mais toujours en termes décents, et avec une par-. fie conviction.
«Dieu, dit notre auteur, n’a pas formé le corps d’une sub- Slance (d’un es) spirituelle active et d’une autre passive, ni d'une Sibstance purement passive à laquelle il ait dû donner ensuite léfhouvement et la vie; il a dû plutôt, lors de la primitive créalion, produire instantanément des substances ou des forces éten- (ls, aptes à en mouvoir d'autres ou à leur communiquer là Wérlu active interne qui les anime, aptes aussi à recevoir des autres le mouvement et la force, à être mues par elles. Il se trou- Vera, sans doute, des personnes, surtout parmi les Cartésiens, Quiobjecteront que cette force innée dans les corps ne peut être appelée substance ou accident; car, si c'était une substance, elle rail ou un esprit où un corps; elle n’est cependant ni l’un ni titre ; ensuite qu’on ne peut comprendre ce qu’est cette force. La réponse est facile : Une force créée qui agit et souffre, n’est autre chose qu’une substance; et, comme elle est double, l’une douée lélenduc, motrice et mobile, l’autre sans étendue, intelligente et dgissant librement ; on nomme celle-là le corps, celle-ci l’éme (2). Nous savons, nous comprenons, nous concevons suflisamment ce quest le corps ; mais il paraît impossible de séparer par l’imagi- Hation l'actif du passif dans le corps et de faire abstraction de l'un Ode l'autre ; nous ne pouvons, en effet, à cause de notre intellect, fini et de la faiblesse de nos sens, atteindre humainement, par dnjeclure, la nature intime des êtres réels et des créatures. Mais Sion veut considérer séparément l'actif et le passif dans une créalüre quelconque et faire abstraction l’un de l'autre, puis appeler
(1) Voy. Dissertatio de natura morborum medicatrice mechanica (1699). Dans Ceflerdissertation Hoffinann énumère quelques-unes des définitions données avant lidu mot nature, un de ces mots qui de tout temps ont été une source des plus \ives discussions dans les écoles de philosophie ou de médecine.
(2) Voy. Differentia inter doctrinam Hofim. et Stahlii, $ 1-6, 16, 64, 67, 103, 186.— Cet ouvrage renferme aussi beaucoup de remarques sur la thérapeutique ; Maisil n'y a rien de saillant qui ne se trouve dans la Médecine rationnelle.
942 TATROMÉCANISME: =— ÉCOLE ALLEMANDE, celui-là esprit, celui-ci matière, j'y donne les mains, pour qu’on se garde de ne pas prendre au propre le mot esprit, pou éviter une grande confusion dans la théologie et la physique et de ne pas tenir cet actif pour une substance ou un être existant en dehors de l’âme, car aucune substance n’est purement alive que celle qui est incréée, c’est-à-dire Dieu seul (f % Hoffmann marque aussi la différence qui distingue le méca nisme divin ou naturel du mécanisme humain ou artificiel (4, Cette distinction consiste, pour les machines humaines que lon appelle ordinairement, par excellence, artificielles, en ce qué l'art et la manière de construire y sont superficiels, simplesy exiquus et finis, tandis que, dans le mécanisme divin, le mode de construction est incomparablement plus excellent, infiniment plus varié; aussi c’est avec grande raison que lart humain est appelé le singe de la nature.
La différence entre les deux mécanismes consiste de plus en ce: que les animaux et les corps vivants sont mus par un principe mo» teur répandu également dans l'organisme, tandis que pourdes automates, qu’ils soient mus par l’air ou par l’eau, ce principe ests plutôt externe. Enfin la différence capitale qui les distingue c'est que les êtres qu’on appelle naturels, organiques, se repro* duisent el se multiplient par la vertu séminale, ce que ne peuvent faire les machines artificielles ($ 7). L En d’autres termes, il y a d’un côté la vie et par conséquént l'activité dans l'espace et dans le temps, tandis que de l’autre il y à une sorte de mort avec l'inerlie.
__ A. « L'économie de la Providence divine éclate merveilleusement ‘ |quand notre machine, composée, comme celle de tous les anis maux, d’un principe corruptible, c’est-à-dire d’un mélange de fluidité, d’aquosité, de soufre, d’oléosité, de mucilage et de sel volatil, sait se garantir dans un air humide, chaud et fort apte à engendrer la pourriture, dont elle devient la proie en peu de temps, si la vie l’abandonne. Nous assurons donc que Dieu as
(4) Cette limitation du mécanisme vient plutôt d’une donnée théologique que d'unk principe scientifique, quoique Hoffmann ait voulu séparer les deux domaines. Du reste on peut dire que notre auteur pousse la doctrine purement mécanique moins loin que Baglivi et qu’il a plus le sentiment des forces biologiques,
dans ce but, etavec un grand artifice, disposé, selon le système Mécanico-hydraulico-statique les parties de notre machine, afin qu'elles conspirent harmoniquement au mouvement circulaire perpétuel et continu des sues et surtout du sang, ce mouvement, Mant qu'il persiste, assurant au corps sa vie et sa durée; car, par lGireulation continue à travers les tubes capillaires grands et pets, le sang, cette humeur hétérogène, très-disposée par sa ase à la coagulation comme à la disperdition de ses éléments, él conservée dans une fluidité très-utile; et si elle y persiste, elle lié peut que très-difficilement se putréfier. Au moyen de ce mou- Vement circulaire des émonctoires, le sang et les autres humeurs (fluores) de notre corps sont en même temps purifiés des partitules aqueuses, salino - sulfureuses, mucilagineuses les plus igilées et les plus promptes à se corrompre (1). Cette épuration, ainsi que le fait remarquer avec raison mon très-excellent patron naitre Stahl, est un très-bon moyen pour prévenir la corfuption. En effet, la fin de tout notre mécanisme qui se mani- {ste dans notre corps tend à ce que non-seulement les aliments produisent une humidité qui par le mélange d’un air très-ténu fournisse une vapeur ou un esprit très-mobile, instrument de
{1}. C'est là ce que Hoffmann appelle la force conservatrice et curatrice de la Mature (voy. plus haut, p. 909). On lit au $ 40 : « Il est bien digne de remarque quilune se fait presque aucun mouvement interne, aucun paroxysme ou solution Lune maladie, où ne se manifestent pas en même temps un mouvement et une impulsion véhémente et plus intense des esprits à travers le genre nerveux et Iusculeux, on du sang et des humeurs à travers les artères et les veines ; dans le premier cas c’est pour les médecins un mouvement spasmodique et convulsif, et dausle second cas un mouvement fébrile. C’est dans ces mouvements solennels et fondamentaux, quoique anomaux, que s’accomplit la nature et l'essence de toute naludie ou lutte de la nature contre une cause nuisible et pernicieuse. Mais lorsque cenest pas le défaut des forces motrices ou des esprits, ou la gravité de la cause Morbifique, qui excitent un tel mouvement morbide, il en résulte un très-grand als car cette longue stase produit ou des obstructions rebelles et scirrheuses des Viscères, où une corruption putride ou sphacéleuse, ou de menaçants apostèmes, Oudes maladies conduisant à la mort (voy. le 8 11 sur les effets de la séase dans les inflimmations). Campanella a donc dit avec raison que la fièvre était la médecine ducorps, un remède, un préservatif contre les causes morbifiques pernicieuses @lpour ainsi dire, la guerre de la nature contre l'ennemi enfermé dans une Ville,» Cf. Doctr. Hoff. et Stahl., $ 184 suiv. £
944 TATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
l’âme rationnelle (voy. $ 10, éni£.) mais, surtout à ce que tout mélange demeure longtemps entier et soit préservé de la destrut tion et de la putréfaction, dans tous les membres, at moyen des actes de sécrétion, d'expulsion et d'atténuation ({ 9). un : « Après ces explications, continue Hoffmann, il est manifeste, je pense, que, pour l’accomplissement des actions volontaires automatiques dans notre corps, il n’est besoin du secours ni de l’aide d’une substance pensante ou agissant moralement où libre: ment, quoique nous accordions que l’âme a aussi son action sui les esprits et conséquemment sur le corps, ainsi que le prouvent les affections véhémentes de l'esprit. La machine universelle (macrocosme) à été construite et disposée avec tant d'artifice etdes régularité au moyen de globes immenses, inorganiques, iMpUrSM je veux dire les planètes, par l'interposition d’un fluide éthéms animé d'un mouvement très-accéléré, que cette machineesh conduite et gouvernée de sorte qu’un ordre et un temps fines président au mouvement de ces planètes, à la succession du JOUb et de la nuit; que la chaleur aussi est également distribuée pars tout pour la fécondation des plantes et la vie des animaux, Sais qu'un être doué de connaissance ou d'intelligence dirige ims médiatement et accomplisse ces effets; il est plus palpablé encore, puisque la nature corporelle n’a pas cette substance directrice et modératrice de ses opérations, que les machines pals ticulières vivantes peuvent, sans cette substance interne, mener leurs opérations purement corporelles jusqu’à une fin certai e d'agir, tenant compte cependant toujours de l'immense sagesse de Dieu qui a formé le corps de diverses parties en sorte quê certains effets soient produits par la nécessité de la structure. ». La chaleur est une violente action de la matière éthérée agité d’un mouvement intestin sur les parties sulfureuses des fluides action qui dilate les pores, divise les parties du corps, subuilisé les plus épaisses et assouplit celles qui sont dures (Médecinb rationnelle; Physiologie, chap. 1n1).— La chaleur alcalisesel subtilise les parties tempérées, huileuses et terrestres du sang} c’est l'union des principes alcalins et huileux qui donne au sang ‘sa couleur. Le principe terreux tempère l’action de l'élément sulfureux (chap. v). Sur la circulation rien de plus que dans
Harvey. C'est l'agitation qui atténue le sang et le rend vermeil (ehap. vr).
La chaleur (1), dit Hoffmann dans une dissertation spéciale, quoiqu'elle soit liée d’une façon indissoluble à la vie, n’est pas cependant une substance particulière, distincte dans l’organisme. Lachaleur est un produit du mouvement, lequel est le principe ème de la vie. La chaleur est chargée par la nature d’assou- Nir et d’éloigner ce qui peut causer la ruine ou la corruption du corps. Par l'action de la chaleur se produit une spiritues- “once ou génération d’une matière ténue, subtile, expansive; Jéspores sont maintenus ouverts et les superfluités peuvent étre aisément poussées au dehors, (est justement l'office de la chaleur fébrile dans les crises salutaires et les guérisons spontanées.
| existe dans la nature un certain fluide universel qu’on appelle wero-aethereus ; il environne et pénètre tous les corps; doilé par un mouvement intestin et rapide, il s’échauffe ou nous donne la sensation de la chaleur par l'intermédiaire d’une trémulation des fibres nerveuses ; de sorte que la chaleur est une officine de ce fluide, qui plus il s’agite, plus il augmente la sensation du chaud. Plus les corps sont nilro-sulfureux, plus ils admettent de ce fluide. Cela est prouvé par les substances inanimées et par ce qui se passe dans les corps animés où il est infoduit par la respiration, par les aliments. — Ce n’est pas le mouvement qui dégage directement cette chaleur (car le mouvement des fleuves ou des liquides dans des tubes inertes — ce quiest faux — n’en dégage pas), mais indirectement en ce que
“plus il y a de particules de l’air éthéréen et de matières inflammables, plus il y a de mouvement et par conséquent de chaleur. Cependant Hoffmann admet que la pression et l’attrition, la collision dans les vaisseaux les plus étroits et les plus rigides aug-
() Disputatio physico-medica de causis caloris naturalis ct praeternaturalis Gorpore nostro (1699). Voy. aussi De corporum motu ejusque cuusis (1695), où lémouvement est présenté comme une propriété inhérente à la matière et donnée Primitivement par Dieu ; ce n’est pas une substance spirituelle créée à part, c'est unepuissance qui se révèle de diverses façons, suivant la matière qu’elle meut; @est non une attraction, comme dans l’aimant, mais une propulsion imprimée dès l'origine des choses et qui s’exécute au moyen de l’air attiré.
916 IATROMÉCANISME. = ÉCOLE ALLEMANDE.
mente la chaleur. Attaquant (comme du reste il le fait souvenl d’autres médecins sur les sources de la chaleur fébrile, Hoffman déclare que cet accroissement tient à ce que toutes les parties dix système circulatoire ne sont pas libres, et qu’il se forme ainsi des foyers d'incendie et d'inflammation sous des pressions et dess résistances inégales. Cette explication vaut pour les fiévres ins termittentes comme pour les autres fièvres générales ou locas lisées.
Les excrétions et les sécrétions sont, d’après Hoffmann (voy: Des fonctions naturelles et animales, dans la Médecine ration nelle), les principales fonctions du corps, celles d’où dépendent le plus immédiatement le bon état de santé et les maladies. = La nutrition est une application des sucs aux fibres, en pénés trant dans leurs pores; elle se fait aux dépens de la matière glutineuse des aliments. C’est la partie diaphane, non la partie rouge du sang qui nourrit, car le chyle ne nourrit pas im médiatement; donc plus les chairs sont suceulentes, plus elles nourrissent; aussi les Français, qui mangent habituellement de ces chairs, supportent-ils mieux la saignée que les autres peus ples. — La digestion est une dissolution des aliments par à salive (menstrue) et par la chaleur ; d’où résulte une sorte de fermentation. Il n’est pas question du suc gastrique. — La bile bien conditionnée est un remède souverain pour les premières voies en servant à la digestion et à l'expulsion des matières exctés mentitielles ; mais c’est en même temps un poison si elle pêche par son mouvement, sa constitution ou sa quantité. Hoffmann a même écrit sur ce sujet une dissertation (1). — La persps ration, dont la quantité est en raison directe de la chaleur, se fait non-seulement par les pores, mais par de petits vaisseaux cachés sous la peau. — Quelle que soit la quantité d’acides qu'on ingére, jamais l’urine n’en décèle, parce que les acides se combinent toujours dans le sang avec les alcalis pour former des sels moyens tartareux ou ammoniacaux. — Les menstrues sont expliquées par la pléthore, les lois de la mécanique et le degré de tonicité des fibres. — Le lait est un chyle et non un sang qui
(4) Voy. De bile medicina et veneno corporis, 1704.
rend la nature du lait; il est sécrété (tout fait?) dans les glandes mamillaires. — On ne trouve rien en ce qui concerne és ésprits animaux qui ne se lise dans les auteurs que nous avons déjà fait connaître. Hoffmann est d'avis que les animaux ont, onme l'homme, une âme sensitive qui transforme les sensations mécaniques en perceptions psychologiques. — Le toucher est ne sensation produite par le contact des houppes nerveuses dec un objet indifférent ou douloureux.
Les généralités sur la médecine auxquelles sont consacrés les prolégomènes du premier livre de la Médecine rationnelle, offrent ni intérêt ni originalité. La médecine est divisée en phy- Siologie (qui comprend l'anatomie), hygiène, pathologie et thérapeutique. Hoffmann pense que l'essentiel d’une médecine raionnée est de connaître la puissance et les effets des médicaments éldes aliments; il s'élève, non sans raison, contre les prétendus remèdes spécifiques ; il veut que toujours une solide théorie (1)
(1) On lit dans la préface des Consultations (trad. Bruhier) : «Je définis l’expé- Mience en médecine une observation exacte et complète de tous les états et des chan- “sements qui arrivent au corps humain. J'entends par raison une théorie solide, - physique et médicinale qui enfante des vérités certaines et incontestables quand on État une application juste à des observations complètes. C’est cette raison qui Nous fait connaître les choses qui sont propres où non à entretenir et à rétablir la Minté, et par conséquent atteindre heureusement au but de toute la médecine. Plus “je champ est vaste, aussi bien que la multitude des objets qui sont avantageux ou Muisibles à la santé, plus le médecin doit s'appliquer à une étude sérieuse, afin de He point administrer des remèdes dont il ne connait pas certainement les effets, et Hepas risquer de faire plus de mal que de bien à la santé... Par exemple, vou- Mons-nous savoir si le quinquina peut être administré sûrement ou non dans les “ièvres intermittentes, nous trouverons les avis partagés sur cette question. Ceux quisoutiennent la négative et qui prouvent par plusieurs expériences que ce remède “cause à ces fièvres des retours dangereux, et même des maladies plus sérieuses et <ouvent funestes, sont en aussi grand nombre que ceux qui en conseillent l'usage. "Tel est le sort de la plupart des remèdes, et cette ambiguïlé engage souvent à Mprendre des partis différents et contraires qui, cependant, paraissent également avoir Bexpérience ct la raison de leur côté. Mais quelle est la cause de ces contrariétés ? Mjemn'en vois pas d'autre qu'un jugement précipité et fondé sur des observations incomplètes el sur une théorie estropiée, jugement qui attribue au seul remède de bons ou de mauvais effets qui viennent souvent d’autres causes. — Voy. aussi dans Médecine rationnelle, la Préface de la Thérapeutique. — Va Dissertatio de cognos-
. énergiquement le système de la nature inerte en soi, par soi, ef
918 IATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
vienne au secours de la pratique (1). Passant en revue les principales doctrines, notre auteur déclare que la méthodes mécanique de traiter les malades qui s'appuie principale” ment sur l’anatomie (plutôt sur une physiologie imaginaire ets sur de fausses applications des connaissances anatomiques de son temps) et sur la véritable physique, a été suivie, à la grande admiration des connaisseurs et au grand avantage des malades, et que c’est la seule qui donne la connaissance des causeset foure nit les éléments d’un pronostic certain (2)! À ce propos il combat
soumise à un agent extérieur, Dieu, un être spécial ou l'âme. Dans lé huitième et dernier chapitre de ces Proléjomenes, Hoffmann célèbre de nouveau la méthode géométrique qui conduit infailliblement à la découverte de la vérité, en posant des axiomes clairs, évidents, faciles à saisir, et à en tirer successivement et par ordre une suite de conclusions rigoureuses. Le médecin n’a rièn de mieux à faire que de suivre cet exemple. — Hoffmann, pos sédant un système qui répond à tout, ne comprend même pas qu'une pareille voie ne soit pas praticable pour un praticien. Cependant, Hoffmann lui-même, dans sa Dissertation sur l@ médecine et les médecins (3), s'appuyant sur le dire d'Hippos
cenda corporis humani natura ex effectu remediorum (1732) est surtout dirigée contre les empiriques, ,
(4) Dans la Dissertation sur la médecine et les médecins (Perversa judicia, ele), il s'élève avee vivacité contre cette calomnie, qu'un bon théoricien ne peut pasètré un bon praticien. I n’est pas nécessaire de voir un si grand nombre de malades pour les bien traiter ; il suffit de posséder dans la mémoire l’expérience des siècles passés et de l'appliquer à un certain nombre de malades qu'on étudie avec soin. — Après avoir établi (Dissert. de medicina Hippocratis mechanica, 1719) que le corps estunes
machine automatique, admirablement créée par Dieu, dans laquelle tous les mots
vements qui entretiennent la vie ou guérissent les maladies, viennent de causes
nécessaires mécaniques émanées des lois de l'éfernelle nature, Hoffmann cherchoà
démontrer, par des arguments plus ingénieux que solides, et par des textes rassemEn blés un peu au hasard, qu'Hippocraie est le premier médecin mécanicien. Il donnes l’épithete d'excellente à sa doctrine, et il le cite presque à chaque page.
(2) Voy. Dissert. sur la médecine et les médecins, et le chapitre x de la Path) logie générale dans la Médecine rationnelle, où il tonne contre les hypothèses.
(3) I y énumère eu très-bons termes, et parfois avec une véritable éloquence
toutes les qualités que doit revêtir un bon et honnête médecin, Il faut lire encore
A, qu'il n’y aurait pas besoin de médecins si le même réonvenait à toute personne saine ou malade, si l'action remèdes était toujours la même, montre combien varient Nelfets des aliments el des médicaments suivant les âges, Xes, les tempéraments particuliers, les climats, les saisons, “ere de vie, les conditions où se trouve le canal gastro-inal, les phases diverses et mille circonstances particulières emême maladie chez un même malade; de sorte qu'on ne lait admettre ni l'existence d'aucun médicament spécifique, hnécessité d'une multitude de médicaments, mais seulement dve persévérant de ceux qui sont reconnus bons (1). Il joulé qu'un bon médecin est la chose la plus rare du monde. Milieu d’une telle mobilité dans les maladies el de si nomes difficultés, comment appliquer des règles mathématiot combien les tâtonnements de Sydenham sont mieux fliqués et plus sûrs que les décisions tranchantes de Hoffmann!
Politique du médecin, publiée par les élèves de Hoffmann d’après ses cours, et lié dans le tome IL de la Médecine rationnelle.+L'auteur y traite, d’une façon fichante, de la religion, de la philosophie, de lérudition, des exercices tiques du médecin, de sa bibliothèque, de son genre de travail, de ses voyages, Vertus, de ses devoirs envers les malades, les assistants et envers lui-même, Ses chirurgiens cet les apothicaires ! Cest une vraie déontologie médicale que mides où leurs proches feront bien de lire aussi, car les uns ot les autres ont ment des devoirs à remplir.
HMHaller, dans sa Bibliothèque médicale, remarque que Hoffmann était grand iSihdes médicaments agréables, ce qui lui rapporta autant de profit que de ice, Il faut peu de médicaments, disait-1l (Praef. ad Medic. ration.) avec Hélont ; le tout est de savoir s’en servir. On n'ignore pas que Hoffmann est {eur d’une liqueur anodine encore reçue dans nos Codex. Voyez-en la comiionndans la préface du tome VI de la traduction de la Médecine raisonnée par it. — Les anciens médecins (De praestantia remediorum domesticorum “e contentaient de peu de médicaments. Cest Galien et les Arabes qui ont plié les formules. Les chimiatres en ont encore ajouté de plus nombreuses. Les ients chimiques ont surtout plus d'activité que n’en peut supporter la nature lé Hoffmann appelle domestiques ceux qui sont connus du peuple, qui se Mouvent sous la main, dans les maisons, dans les jardins, dans les prés; ceux que dure ne refuse nulle part, I n’y a pas besoin de médicaments étrangers. Ceux la npatrie nous offre suffisent. Hoffmann vante les expériences faites par le ire et s'appuie sur les Écritures et sur une foule d'autorités de même valeur.
de énumération de tous les médicaments domestiques.
920 TATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
Dans le livre consacré à la matière et aux règles de l’hygiè je ne vois rien qui ne se trouve partout, et qui, par conséquen mérite de vous être signalé, si ce n’est quelques remarques les rapports du physique et du moral : la santé du corpsrstli intimement à la santé de l’âme ; quoique l’âme ne préside à la vie comme premier moteur, ses troubles et ses déso n’en ont pas moins une grande action sur les mouvements de ganisme. Hoffmann recommande très-particulièrement, ens sant ce livre, de fuir les médecins et les apothicaires quand est en bonne santé ; leur ombre seule pourrait faire tomber quelque malaise ou malalie.
Ne définissez pas la maladie, avec les anciens, un chang ment de l’état naturel en un état contre nature. C’est new apprendre du tout que le nom même de la maladie; suivant principes de la mécanique, on doit dire de la maladie quesdes une altération et un dérangement notable de proportiol d’ordre dans les mouvements des solides et des liquides, mou ments accélérés ou retardés dans tout le corps ou dans certai parties, lequel dérangement est accompagné d’une lésion co dérable des sécrétions, excrétions et autres fonctions {du coMps tendant à sa conservation (1) ou à sa destruction, ou enct à créer une disposition à contracter d’autres maladies (2}lt conséquence, la mort est une destruction totale de la ci lation du sang et la complète cessalion des mouvements qui doivent faire dans les solides et les fluides; ce qui entraîne a soi la corruption et la putréfaction du corps (chap. 1, prop. 4}s
La physiologie est la partie de la science qui enseigne leswë ritables causes de la vie et de la santé, c’est-à-dire des mouves ments réguliers, en même temps qu’elle en explique la natures a l'usage. L'hygiène donne des règles sur l’usage des choses. no | naturelles qui entretiennent les mouvements. La pathologies
pour objet de déduire du renversement de l’ordre des mou
(4) Voy. plus haut (p. 913) ce que j’ai déjà dit du naturisme de Hoffmann,et pl loin (p. 939 suiv.) ce que j’en rapporte à propos des fièvres. ai (2) Méd. ration.; Pathol. générale : de la maladie et de la mort; chap 4 prop. 2et8. 10108
ments les causes de La mort, des maladies et des effets de ces
dernières. La thérapeutique se propose de faire rentrer dans Mordre ces mouvements où d'en prévenir le désordre par les moyens qu'elle indique et qu’elle emploie (4).
la pathologie est une science qui décrit méthodiquement, Césbä-dire dans l'ordre et la liaison convenables, l’origine des uladies, leurs causes, leurs progrès, leur marche, leur caracrespécial, les raisons de leurs symptômes ou de leurs phéno- Mènes et de leur issue. Elle doit fournir des histoires complètes
ces maladies (2), de la nature et des lois des mouvements qui
dobiervent dans l'économie animale, et en faire l'application à la médecine pratique (prop. 2). — L'ouverture des cadavres est le omplément indispensable des observations quand la maladie a ne issue fatale ; c’est le seul moyen de vérifier l'exactitude du diagnostic et d'en préparer un plus certain pour avenir Hprop. 10). -
“Gomme les anciens n'avaient ni observations exactes (??), ni connaissance de la mécanique du corps ; comme ils ne savaient “pas Lraiter géométriquement de la doctrine des maladies, il s’enhiinalturellement qu'ayant bâti sur des fondements ruineux, ils ont rien donné de solide dans l’art de la médecine (prop. 16 et
Paihol. gén., 1° partie, chap. in). Ge qui nuit plus encore à la
(1) éd, ration. ; Prolégom. à la Pathologie générale, chap. 1, prop. À.
m2) Voy. sur la manière de recueillir ces histoires, les conseils donnés au chapitre dela Thérapeutique générale,1"° section, dans la Médecine rationnelle, On trouve dans létroisième chapitre de bonnes réflexions pour le temps sur le diagnostic absolu ou différentiel des maladies. — « Personne ne doute, je crois (Préface des Consultaions, trad. Rruhier), que les observations ne soient le premier fondement de notre
Mantinmais personne ne peut disconvenir que les observations seules sont insuffi-
M untes. Or, à moins que le médecin n'ait un jugement bien exercé, qui puisse tirer bces observations des vérités utiles par le secours du raisonnement, elles ne pro-
“luiront que très-peu de fruit ou point du tout. Aussi rencontre-t-on quelquefois édecins qui, après avoir pratiqué la médecine pendant cinquante années et “plus, et avoir recueilli des observations sans nombre, ne s’en servent que pour en
Hrendes conclusions tout à fait fausses, et ont des sentiments défectueux sur les véri-
minbles qualités des remèdes. Le jugement seul ne suffit pas non plus, mais il faut
Outre cela une théorie solide, physique, mécanique, chimique et médicinale, sans Jiquelle on ne peut découvrir par Les observations aucunes vérités, ni expliquer les ses d'ancuns effets ot d’aucuns phénomènes. »
922 IATROMÉCGANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
pathologie que la méthode des anciens, c’est celle qu’on voi | emprunter aux métaphysiciens dans la recherche des causes . chées (chap. 1v, prop. 4). Rien n’avance plus la connaissa | causes que la recherche sur l'action des poisons, effetsss pides, si décidés, si clairs (prop. 7). Les mouvements mor (notez bien cette dixième proposition) sont amenés en paxll les causes qui produisent les mouvements naturels, en partie] les mouvements morbifiques qui attaquent les fibres motrices découle de cette proposition que, selon Hoffmann, la patho rentre, en une certaine mesure, dans le domaine de la ph Jlogie : c'est presque la doctrine moderne, mise pleinemenbM lumière par Broussais. Je laisse de côté les différents ordi de causes et leurs nombreuses espèces. J'arrive au chapiti qui a une plus grande importance. Il y est dit qu'à Légal des causes morbides le corps n’est pas purement passif; il réal
logie ni thérapeutique (prop. 1). Aussi faut-il qu'il y ait proportion entre le corps et la cause, pour qu’on puisse culer les effets de cetie cause (prop. 2 et suiv.). Mais Hoffman tombe dans une grave erreur et se contredit lui-même qu'il prétend (prop. 4) que l'intensité des effets d’une caus est en raison directe de sa masse; il aurait dû se contenten de dire : en raison de sa faculté pénétrante, puisquilMà que les plus terribles poisons sont ceux dont il faut à pel quelques atomes pour ruiner l'organisme le plus solidey altaquant les principes mêmes de tous les mouvements! Puis, fidèle à son système, il soutient (prop. 8) que c’est païs
qu’agissent les causes nuisibles; car ces parties sont principés lement attaquées de mouvements insolites et maladifs; également en ces parlies que siégent le ji souvent les md
base gasiro- A He 8- 15) e », Ne vous semble-L-il pas, Messieurs, entendre la voix de Bol
(1) Voy. Méd. ration. ; Pathol. gén., 2° partie, chap. u et suiv. (2) Cf. Differentia . doctrinam ue el Stahliü, $ 107 et suivs sur l’état des premières voies comme cause de la plupart des maladies, {
Mais Hoffmann ajoute aussitôt (prop. 16): ce qui fait que ninaux sont moins souvent malades que l’homme, c’est éliomme a plus de cerveau et les nerfs plus tendres, plus Bibles que les animaux !
es maladies longues ou chroniques sont produités ordinairefenbpar la sézgnation du sang, en raison de l’alonie des vaisux et par les états spasmodiques; les maladies aiguës sont le ulfat de stases inflammatoires dans les viscères, de lésion des luties nerveuses, enfin de l’irritation produite par une matière tb qui attache aux parties sensibles.
Dans la dissertation De putredinis doctrina, ejusque amplis- Winmedicina usu (1722. Noy. aussi De usu camphorae, 1714; Diatiqn. natura in morbis acut., 1699), Hoffmann, après avoir Mébré les services que l'anatomie, la physique et la chimie renntàla médecine, cherche à démontrer que la putridité et la ferlilion sont dues à un mouvement intestin des humeurs et à ux excessif d’une matière agitée ettrès-chaude; mais la putridégage un esprit urineux volatil, et la fermentation un esprit fareux inflammable. En conséquence il prescrit, pour préve- Pou pour guérir la putridité, des substances qui agissent à Pinsir de l’esprit-de-vin et des balsamiques, lesquelles ont la propriété de conserver les corps et de déshumecter, sinon de Nécher entièrement ies parties, et aussi, en combattant la léthore et la diffluence, de donner au sang ce mouvement uniorme qui est le baume le plus exquis contre la corruption. Les principales maladies par putridité sont la peste et les fièvres péidhiales, la fièvre hectique, le scorbut. Les maladies inflammadires deviennent aussi putrides quand elles se terminent par la HOrt, ainsi qu’on le constate au moyen des autopsies. Jithéorie des maladies continues et intermiltentes est tout fit digne d’être mise à côté de celle des autres médecins écaniciens (chap. vi, prop. 4) : les maladies continues tienit à des causes fixes, fortement adhérentes au genre ner- Neux, où elles entretiennent un spasme universel et permanent. Mes causes nuisibles sont peu éloignées des parties qui prédent aux mouvements vitaux, si elles résident dans les prelières voies ou dans les canaux excréteurs, alors il y à inter-
024 JATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
mission, relâche dans les spasmes pendant plusieurs heun plusieurs jours. Je passe toutes les autres distinctions des dies, bénignes ou malignes; épidémiques ou sporadiquess"60 tagieuses ou non; régulières ou non; sujettes à rechutes; "oi terminant pour ne plus revenir; simples ou compliquées, h ditaires ou accidentelles; en rapport ou non avec les âges
saisons, etc.; salutäires ou pernicieuses ; rares où commun
Dans les dix chapitres de la seconde partie de la Patho générale, Hoffmann traite des effets des passions de l'âme, dl poisons et des médicaments qui agissent comme poisons (L). GE chapitres, fort intéressants sans doute, quoique déjà bien wi échappent à l'analyse, car les détails y abondent et les prop tions générales y sont rares. — On doit seulement remarl que Hoffmann manifeste ici d’une façon très-particulièren aversion pour tous les médicaments qu’il range dans la cle des poisons, surtout pour les préparations antimoniales ou curielles, auxquelles il attribue des effets qui ne peuvent è ir qu’à une détestable préparation ou à une administration intem* pestive. Et qui sait? peut-être ces effets sont-ils purement imä: ginaires, Hoffmann ayant besoin d'y croire pour donner sa faction à ses préjugés théoriques. 1
Dans la troisième partie de la Pathologie yénérale de sa Méde cine rationnelle, notre auteur traile de la naissance des malà par suite de la faiblesse des parties du corps (2), de la qu ou de la quantité des aliments et des boissons, du défaut dan
(4) 11 y en a de plusieurs sortes : ceux qui viennent du dehors et sontingé par la bouche ou entrant dans le corps par quelque piqûre ou morsure; le f ments maladifs introduits dans l'organisme par l'air ; des émanations pestilentielles mal distinguées de la seconde classe ; les uns agissent épidémiquement, lesaul individuellement. — Il y a des poisons fermentatifs, putrides, âcres ou caustil
(2) Hoffmann reconnaît (chap. 1) la force du tempérament à l'ampleur des seaux et du cœur, à la rapidité de la circulation, à une grosse tête, à la rési des forces. Il soutient que ces tempéraments-là sont rarement malades, Proposi beaucoup trop absolue; car la bonne santé, uniforme, permanente, ne COM généralement pas avec cette espèce de constitution athlétique que vante lillu professeur de Leyde.—Voy. aussi le chap. 1x où Hoffmann déduit de ces print les règles à suivre pour conserver au corps cette généreuse attitude. 3
sécrétions, source principale des maladies. Les maladies épimiques sont rattachées surtout aux obstacles que l'air met à ibérté de la transpiration. Il y a deux espèces d'air (chap. vn): l'extérieur, et l'air qui est logé dans toutes les humeurs du corps et qui y pénètre par les aliments, par la respiration; c’est Mürintérieur, élastique, subtil, qui donne l’aisance à tous les Mouvements (voy. plus haut, p. 915); il est en opposition avec Jar extérieur, qui lui, au contraire, comprime le corps de la onférence au centre et s'oppose à la trop grande dissipation particules à travers les pores. Or, quand l’exacte harmonie tsbrompue, toute l’économie est troublée ; de là une multitude maladies qui deviennent générales si l'air extérieur, en raison quses cosmiques, ayant perdu ses qualités naturell:s ou ses “nouvements réguliers, trouble les sécrétions et les excrétions.
Ta rétention momentanée ou la suppression complète des crétions naturelles ou accidentelles, mais devenues une habide, causent les plus graves et les plus nombreuses maladies. Hofnann insiste sur les suppressions de la sueur, des mensirues, flux hémorrhoïdal. À ces sources de maladies il faut encore ter : la faiblesse congénitale ou acquise qui toutes deux se éconnaissent à la lenteur et au peu d'intensité de tous les mou- “ements. La faiblesse s’acquiert surtout par les longues maladies ou par de violentes hémorrhagies; alors ces maladies donnent Haissance à d’autres états pathologiques : par exemple l'asthme toduit des enflures ; les flux de ventre, la consomption; la fièvre uarte, Yhydropisie; la pleurésie, lempyème ; les calculs des ins, le vomissement, l’ictère, les coliques et les calculs de la messie, elc., etc. Il est bien évident, par cetle seule énumération, e Hoffmann a confondu avec de vraies maladies, surajoutées Pdautres, soit des complications naturelles, soit les symptômes es nplus immédiats, les plus constants d’une affection. Quant caleuls de la vessie, on sait bien aussi qu’ils ne sont pas une nséquence de ceux des reins. Dans le chapitre des métastases “des dépôts (nuisibles ou salutaires), notre auteur est plus je de son sujet; il a vu les choses à la fois par les yeux Hippocrate et par les siens propres; généralement il les a bien vues.
926 JATROMÉCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE.
Voici maintenant, pour terminer celte partie, qui formel dernière section de la Pathologie générale, le sentiment dei mann sur le pouls, sur le sang, sur les urines et sur les ci (Thérap., sect. [, ch. 12-15). W
« Laissant toutes les imaginations galéniques à ceux quil idolâtrent, j'ai dessein de traiter cette matière et de caractôris les différences du pouls suivant les idées et les lois de la mé nique, afin de montrer clairement combien dans la nature peu d’espèces de pouls, quelle est leur cause, et de quellew est leur connaissance exacte dans la pratique de la médecines
| vements génériques, le grand et le vite, à qui le pelit et le lei | sont opposés, je ne distingue aussi que deux espèces de pouls,l \pouls grand et le pouls vite, et leurs opposés, lepetitet ledeni La grandeur et la petitesse, en fait de mouvement, regardent volume du corps qui est mû, lequel est grand ou petit, et la tesse et la lenteur se rapportent à l’espace que le corps mû pa court dans un temps plus long ou plus court. J’appelle doi pouls grand une grande dilatation et un gonflement de Van ière, causés par l'entrée d’une grande quantité de sang 4 "y pousse la contraction du cœur; et j'appelle au contraire po petit une petite dilatation de l’artère, correspondant à la pe quantité de sang qui y est poussée. Je donne le nom de po vite lorsque la dilatation de l’artêre se fait dans un court espact et de pouls lent lorsque cet espace est plus long. Ces espécesAdè mouvements primitifs diversement combinés donnent deux sous divisions, qui sont le mouvement fort et le faible. La vitesseuel la grandeur réunies font le mouvement fort ; la petitesse ebh lenteur font le faible; et ces deux sous-divisions des mouvé ments ont aussi lieu en fait de pouls. — Quant à la fréquence et à la rareté du pouls, à légalité ou l'inégalité, ce ne sont pot. des affections essentielles du mouvement, car elles ne se rappors tent postes à chaque pulsation en particulier, et n’ont d'ap0is tionqu’à la suite et à la succession des pulsations. » ‘il Hoffmann a tant d'idées préconçues en faveur des solides, M4 fait si peu d’études sérieuses sur le sang, qu’il pense (chap. x $ 8) que de l'examen de ce liquide on ne peut ordinairement tite
édes signes trompeurs ou incertains, car la plupart des malésne viennent pas de lui, et la saignée abrége plutôt qu'elle Mouérit la maladie. Il use communément d’un procédé Miculier lorsqu'il veut examiner le sang. Soit qu’on le tire pied ou du bras, il en fait couler une partie dans une pafé, et une autre dans l’eau. Celui qui est dans la palette sert à re connaître la quantité de sérosité et de la partie coagulable sang : on peut même en examiner la nature en y mêlant diffentes liqueurs chimiques (voy. plus haut, p.856, note 1). On. it alors avee quelle promptitude il se coagule par le mélange dsvesprits acides, de l'esprit de nitre, ou de vitriol, quelle Monsistance lui donne une forte décoction d’écorce de quin- Qüina. Les liqueurs alcalines fixes et volatiles fluidifient et augmentent beaucoup sa couleur vermeille ; le mélange de Peauforte teint la sérosité d’une couleur laiteuse, et la partie rouge dune couleur grise. Il a souvent éprouvé ce que fait au sang mélange d’une solution de nitre, ou de sel réduit en poudre, Gil a toujours trouvé qu'il le rendait plus fluide et plus vermeil, de sorte qu'on ne peut assez s'étonner du paradoxe avancé dans les écrits de médecins très-célèbres qui font les plus magnifiques éloges de la vertu du nitre dans les maladies, Sutenant que le nitre épaissit et coagule le sang. — La parflédu sang que l’on tire dans l’eau révèle les différentes subances dont le sang et la sérosité sont composés. Car la partie sulfureuse, d’où dépend la couleur, rougit l’eau, et d'après la plus ou moins grande force de cette teinture, on peut jüger de la quantité de soufre plus ou moins épais. Il faut cependintremarquer que plus longtemps l'eau teinte de sang reste ékposée à l'air libre, plus sa couleur devient brune et foncée. On “oibencore par ce moyen les parties nourricières chyleuses, qui se Précipitent ordinairement au fond, où on les trouve en manière de flocons, et souvent une si grande quantité de matière gélatineuse, qu’on peut la prendre à la main. C'est ce que Hoffmann a fréquemment remarqué dans le sang des pléthoriques d’un tempérament sanguin, surtout dans Îles personnes du sexe qui ont l'habitude du corps spongieuse ; auquel cas l'exercice, la frugalité et la sobriété, surtout au souper, leur font grand bien. On
| de toutes les autres excrétions, et que je ne doute pas qu'iler - soit ainsi dans l'Italie et d’autres pays chauds, j'ai trouvémal
098 LATROMÉCANISMNE. —- ÉCOLE ALLEMANDE
peut aussi voir par ce moyen si le sang est fibreux, c’est-à-din s’il est rempli de beaucoup de filets et comme de fibresteli nues qui se rassemblent ct nagent éparses sur la superficiesCel qualité du sang fibreux s’observe particulièrement dans Répile sie, les palpitations de cœur, et la difficullé de respirer accol pagnée d’inquiétudes. C’est un signe certain qu’il existe np lype ou qu’il ne tardera pas à s’en former un.
Quant à l’urine, je me borne à rapporter quelques remarqué spéciales; le reste appartient à la médecine traditionnellemi se rapporte à de grossières expériences faites en vue de: eco naître les matières qui composent l'urine:
« Bien qu’on pense communément, en conséquence des culs, et du sentiment de Sanctorius, que la matière qui sort*con tinuellement par le couloir de la peau surpasse en quantitéwcell
un examen exact que j'ai fait, qu’il n’en est pas de même dansnos pays ie et froids ; et ma HORS est cas
vingt-quatre heures, monte à deux livres et près de six cn que la transpiration dans le même temps n’est que de trentéel une onces, et que le poids des excréments grossiers n’est, dan même espace de. temps, que d'environ cinq onces. — J'ai wo m'instruire par moi-même de la vérité. Pour y parvenirJà fait des expériences sur moi. En voici le résultat fidèle qui, crois, ne sera point inutile au lecteur. Je n’ai pris pendant qui jours aucun aliment, solide ou liquide, que je n’aiepesé. Mer fait de même de l’urine que j'ai rendue. Voici le détail de man pendant ce temps. Je buvais chaque jour deux mesures de biè légère qui pesaient au moins quatre livres poids de mare, chaque livre, au rapport de mon hydromètre, renfermaitMeit gros et demi de matière solide. Je prenais le matin cinq Las de café dont chacune pesait deux onces, ce qui fait dix on0 pour le tout. Le bouillon que je prenais au diner et au soup montait aux environs de dix onces ; ajoutez au diner cingo de vin de Hongrie, et environ six onces de liquides mêlés avec
HOFÉMANN. — THÉRAPEUTIQUÉ GÉNÉRALE, 099 entswsolides qu’on me servait: il s'ensuit que je prenais que jour au moins six livres de liqueurs. Rarement les aliéntssolides, comme le pain, la viande, les ragoûts, excédaient ivre, L’urine que je rendais pendant que je suivais ce régime, nbpendant la nuit que pendant le jour, a toujours été aux en-
uit onces. Déduisant le total, qui est environ quatre livres juze onces, des sept livres d'aliments que je prenais, il résulte comme je ne devenais pas plus pesant pendant ce temps-là, rtait deux livres quatre onces, ou environ, par les pores de eau, la respiration, la mucosité des narines et du gosier et la — (était au mois de décembre que je faisais ces expécesen gardant la maison. Je les ai continuées pendant quel- Ssemaines. Je gardai le même régime et conservais la même ité du corps, et le résultat de mes expériences a été presque ême chaque jour. »
Sur les crises Hoffmann professe à peu près les mêmes docqu'Hippocrate et Galien ; seulement, s’il croit fermement “crises, il est moins affirmatif en ce qui concerne les jours cri-
[ est temps, Messieurs, d'arriver à la thérapeutique géné- (1), dont tous les préceptes sont rigoureusement déduits des
Modo operandi remediorum physico-mechanica (1718); — De dijferenti meimentorum operatione secundum diversam corporis humani idiosyncrasiam, Déetisur leurs diverses classes (évacuants, 1698; altérants, 1698; purgalifs,
ostatiques (1698); les anthelminthiques (1698) ; les antiodontalgiques (4698); Sur quelques médicaments en particulier. — La plupart de ces dissertations léSumées dans la Médecine rationnelle ; mais elles méritent d’être lues pour mbreux renseignements historiques qu’on y rencontre. — Dans la disserta- Devesicantium et fonticulorum circumspecto usu in medicina (1727), Hoff- Se montre partisan des cautères.plus que des vésicatoires. Il donne l’histo= des débats qui ont eu lieu successivement, sur l'emploi des vésicatoires, entre de Saxonia, Freind, M.-A. Severinus, Septalius (pour), Alexander Mascontre), Baglivi; ce dernier professe à peu près les mêmes sentiments Hoffmann. — Notre auteur repousse les vésicatoires dans les affections très- DAREMBERG. 59
930 IATROMÉCANISME, — ÉCOLE ALLEMANDE.
prémisses que nous venons de passer en revue. Hoffmann se | pose, entre autres choses, de mettre à néant toutes les explicatio ‘ hypothétiques sur les effets des médicaments; de juger ent nier ressort les opinions contradictoires qui avaient eu cour qui régnaient encore de son temps sur l’action thérapeutique nuisible de certains médicaments; de dévoiler les mensongesqu
de donner des règles plus fixes pour la préparation et le mo | emploi des médicaments; car il n’y a pas de science où Von soit plus sujet à se tromper que la médecine. Mais ce sont ajoute-1-il modestement, des services qu’on ne doit attendre. que des médecins indépendants qui ne jurent pas sur la pan du maître; et il y en a peu de cette espèce ; aussi n’adresse-tall son ouvrage qu'aux hommes savants, curieux d'apprendre d'enseigner quelque chose de solide. Quant à lui, s’il a cit quelque chose de bon, il en apporte le mérite au souverail Auteur de toutes grâces. (Préface de la Thérapeutique.) si Le premier chapitre est consacré à démontrer les relation intimes qui existent entre la physiologie, la pathologie (bien@s tendu la physiologie et la pathologie de Hoffmann) et la thérapet tique (2). Si l’on ne connaît pas le mécanisme du corps, et sihoi
aiguës, très-fébriles, dans la pléthore ; ils agissent non par le liquide qu'ils/soù rent, mais par la stimulation qu’ils produisent. Il note qu'après la découverte la circulation on les avait à peu près abandonnés. — Les fonticules sont fort utiles
comme émonctoires factices, dans les affections du cerveau, des yeux, de la bouclé. et quand il y a des humeurs extravasées ou trop adhérentes à un point limité du corps. — Du reste il faut toujours user de précautions, car on peut faire Ma moyens de traitement le même reproche qu'aux remèdes chimiques, d’êtreplus actifs, plus excitants qu’il ne convient à la nature humaine. — Voy. aussi Dep gantibus selectis et minus cognitis (1704) : teinture de Mars avec le tamarin, divers, sels, décoctions végétales, ete.; De remediorum evacuantium mechanica operandi ratione (1698); De medic. insecuris et infidis, 1713, 14100
(1) On peut voir dans le chap. x de la LLC section de la Thérapeutique générale les causes pour lesquelles on ignore généralement les véritables propriétés des. médicaments. i
(2) Dans De cognoscenda corporis humant natura ex effectu remediorum (1732) (voy. plus haut, p, 947, note 4, à la fin), il est dit qu’il est possible de savoir pan les effets qu'ont produits les médicaments pris antérieurement quelle est la constis
énore de quelle façon le désordre de cette machine engendre Maladies, il sera impossible de les bien traiter et de les guérir. Qui suit n’est guère qu’une simple répétition ou qu’un dévepement parfois très-prolixe de ce qui a élé rapporté ci-dessus chant la cause première des maladies, c’est-à-dire le trouble mouvements vitaux. Le quatrième chapitre est spécialet employé à cette démonstration, que les diverses espèces aladies proviennent de l’atonie ou du spasme, en d’autres es d'une surexcitation avec extrême tension, el que cette igine des maladies tient à la correspondance, ou à la sympathie des diverses parties nerveuses, comme les rouages se corres- Pondent dans une machine ; c’est la théorie de Baglivi sous une re forme. Si tout est vaisseau dans notre COrpS, tout est fibre S les vaisseaux ; de là tension etrelâchement, ondulation, oslion; de là encore la communication presque instantanée à (out le système par l'impression reçue dans une partie, car les maes du plus petit volume, par exemple les poisons, peuvent exciune grande agitation, une épouvantable commotion dans les fs (1) ; de là, enfin, la nécessité d’avoir une idée exacte de la
Wue les sympathies des divers organes, et principalement de slomac, avec les parties nerveuses, surtout avec la tête (2). Il (e à l'appui, pour cet organe et pour les autres, des observabns qui sont loin de prouver ce qu’il ävance. On doit aussi soi-
“ilépendre en grande partie les atécatiqus des liquides de désor-
“ires dans les solides. Ainsi l'émotion des vaisseaux el l’accéléraution naturelle des corps, par le si un médicament purgatif ou émétique a
hncontré des fibres molles et qui ne résistent pas, ou des fibres fermes et qui se
cabrent. C'est un traité où les raisonnements sont très-enchevêtrés et où se mêlen
“dés lemarques d'ordre fort différent sur l'effet des remèdes par rapport aux âges, F aux sexes, aux idiosyncrasies ct aux causes des maladies. :
()Voy. plus haut, p. 922. L'auteur pense aussi que les blessures des nerfs ne sont pas moins terribles que les blessures des tendons.
(2) Voy. aussi la curieuse dissertation De inflammatione ventriculi, 1706; et De hhodeno multorum morborum sede, 1708; c’est presque du Van Helmont,
032 IATROMÉCANISME. =— ÉCOLE ALLEMANDE.
tion du mouvement du sang dans la fièvre opère des changemen
sang, qui devient salé, sulfureux, bilieux, et finit par dégéném en excréments. De là des sueurs et des urines salées; l’évapor
suffit pour faire présumer quelles seront les conséquences thé 4 peutiques d’un pareil système. Le quinquina agit en apaisal l'ardeur du sang, et les eaux minérales purgent les viscéresde toutes les humeurs impures que le mouvement fébrile y a act mulées. Il est donc bien important de reconnaître promptement où se portent les humeurs pour diriger le remède vers ie foyer de corruption. La recherche des signes spéciaux des divems siéges de cette corruption, ou sphacèle, ou abcès, ou pum lence, ou tumeurs, fait l’objet du chapitre septième, qui cerlés n’est pas un des meilleurs du livre. L'étude des causes de la mon dans les diverses maladies (chap. var et 1x) offre un peu plis d'intérêt, mais elle se rapporte trop directement à la pathologie, spéciale pour que je m’en occupe ici. |
Revenant encore à la nature médicatrice (1), en laquelle in pas toujours une foi absolue (voy. p.909, note 2), Hoffmannaffrme, que les paysans guérissent mieux et plus vite de toutes maladie aiguës ou pestilentielles, sans médecine, que les citadins aveu les secours de l’art, et qu’ils ont moins de maladies chroniques L'erreur était encore plus grande qu'elle ne le serait de nos jours, du temps de Hoffmann, où les paysans avaient une plus détess table hygiène et plus de préjugés ou de superstitions qu'ils n’em ont aujourd'hui, Quoi qu'il -en soit, il déclare que cetie nature n’est pas un être surajouté en nous ou considéré en dehors dé nous, mais le mouvement propre à tout corps organisé, mou vement progressif qui reconstitue et élimine en même temps (2) en cela il se rapproche un peu plus de la vérité, car il est certain
(1) Méd. raisonnée; Thérapeutique gén., 2 section, chap. 1. 4
(2) Voy. plus osé p. 915. — Voy. aussi les $ 6, 15, 20, 185-487, de Die Ù tainter doctrinam Hoffmanni et Stahli.
qu'ily a dans le corps des mouvements pathologiques (lesquels fé sont qu'un écart des mouvements physiologiques) qui peu- Vent, en certaines circonstances, devenir salutaires. Pour notre Muleur, ces mouvements curatifs sont des mouvements spasmodiques qui emportent le mal en débarrassant les canaux, en Poussant aux excrétions et sécrétions et en adoucissant l’âcreté; Quand ces mouvements ou ne suffisent pas ou se font en mau- Vis sens, le médecin doit leur venir en aide ou les corriger. vnlly à aussi des maladies qui en guérissent d’autres, comme la fièvre pour les convulsions; mais il est difficile d'admettre que EMfièvre intermittente se guérisse par elle-même, en ce sens que Plus le mouvement fébrile est vif et répété, plus il est capable de dégager les viscères, dont obstruction est la cause première de telle espèce de fièvre. IL est impossible d'imaginer rien de plus Systématique et de plus contraire, je ne dis pas seulement à l’ob- Kérvation, mais au bon sens.
Toutefois, Hoffmann reconnaît que la nature est très-souvent insuffisante, d’abord parce que les mouvements n’ont pas toujours assez de force pour chasser le mal; en second lieu, et surfout, parce que ce mouvement (qui cependant peut changer les Mumeurs saines en humeurs viciées, — voy. p. 923) n’est pas œpable de rendre aux humeurs leurs qualités normales! Donc lnédecin doit venir au secours de la nature; et pour la diriger dans ses opérations, Hoffmann établit quatorze lois, dont plusieurs viennent d'Hippocrate. Je transcris les principales :
On doit observer avec toute l'exactitude et l'attention possibles, dans toutes les maladies, l’ordre et la succession de tous les efforts émouvements que produit la nature, et même les temps où elle entreprend et achève d'elle-même la cure à l'avantage des malades.
“Quoiqu'il importe de s'opposer de bonne heure aux maladies, on nedoit jamais rien brusquer ni tenter d’évacuations avant que la Matière soit propre à l’excrétion, et que les voies par lesquelles elle doit sortir soient ouvertes. — Il faut abandonner les remèdes
“qui remuent fortement, ou évacuent les humeurs lorsque l’accès
est.dans sa force et quand la nature les met en mouvement; élrecourir plutôt à ceux qui calment les mouvements excessifs
934 IATROMÉCANISME. —— ÉCOLE ALLEMANDE.
ou les modèrent. — On évitera avec le plus grand soin l’usagéd médicaments anodins et des sédatifs, lorsque les mouven sont déjà languissants; il convient bien mieux d'employer remèdes qui rétablissent les forces et qui raniment les mouyi ments. — Le médecin emploiera les fortifiants, à la fin de maladie ou de l'accès, pour empêcher la rechute ou une mal nouvelle. — Les personnes faibles se trouvent bien des cho faibles et les forts des fortes. — Préférer les remèdes simples à ceux qui sont composés. — On se se des Héies ch
sont sûrs et éprouvés, bien qu'on n’en sente pas de couagenl sur-le-champ.
À propos des vertus des médicaments, Hoffmann (chap émet une opinion qui mérite d’être rapportée et d’être médités car elle est encore à l’ordre du jour, sous une autre for, parmi les médecins modernes : Une des. causes de l'ignorant
! des vraies propriétés des médicaments est sans contredit l'errêti | où l’on est communément, non-seulement parmi le peuple, th | même parmi les médecins qui se piquent d’habileté, quel effets nuisibles ou salutaires que les médicaments produisent : sultent nécessairement de l’essence de ces mêmes médicame ! Toutes les propriétés de tous lés corps dont l’univers est com) , ne sont point du tout absolues, mais purement relatives, conil | tionnelles, et dépendantes de certains rapports et circonstance, Tous les elles, toutes les opérations qui se font dans le côms mäl disposé n’ont point d’aulre cause que le mouvement. Or, physique et la mécanique apprennent que le mouvemenb vient pas d’un corps seul, d’un corps simple, mais qu’il résultédi choc et de la réaction d’au moins deux, et que la force mottic® d’un corps reçoit des modifications étonnantes de la réacliôih d’un auire ; par conséquent, on ne peut dire d'aucun médicamenl en particulier qu’il produise un certain effet, c’est-à-dire une cer taine espèce de mouvement salutaire, dans un plus haut ouais un moindre degré, bien que ce médicament ait en soi-même uié force capable de produire quelque opération. D'où l’on conclit avec raison qu’il en est des médicaments comme des corps, qui
Sent moins selon l'étendue de leur sphère d'activité que selon
dicaments doit être rapportée non-seulement aux causes des
ladies, mais à la disposition très-variée des sujets, combinai-
kB dunt la connaissance est si nécessaire, que sans elle toute
Qlion médicinale est entièrement incertaine! Il est vrai que
le connaissance exacte des circonstances rend la pratique de
“nédecine difficile et conjecturale en partie; c’est pourtant ce
idistingue une pratique raisonnée de l’empirisme.
Quoique la connaissance de la chimie, ajoute Hoffmann, ait
fort avancé la connaissance des effets des médicaments, il est
éllain cependant qu'on les connait encore beaucoup mieux par
Une longue et judicieuse expérience. Mais alors que devient l’'im-
érieuse nécessité de la théorie ?
“Pour Hoffmann, comme pour Cullen, pour Brown, même pour Qussais, la thérapeutique se réduit à une sorte de dichotoé. Ainsi, puisque pour toutes les maladies, il y a vice dans le ouvement ou dans la matière qui est mise en mouvement, ou ins celle qui y dispose; puisque le mouvement n’est vicieux que est trop violent ou trop faible dans tout le corps, ou seule- | dans une de ses parties; puisqu’enfin la matière ne pêche en quantité ou en qualité, l’effet de tous les remèdes en gééral consiste à corriger les vices du mouvement ou de la maile. Les altérants (1) sont destinés à corriger les qualités viuses de la matière; les évacuants font sortir le superflu ; les lifiants donnent du mouvement aux parties qui sont dans latonie, ou le raniment dans celles où il n’est qu’affaibli; les lmants rabattent ou diminuent ce même mouvement quand est excessif ct que les parties sont attaquées de contrac- “lions spasmodiques. « Voilà done quatre classes générales aux- “iuelles peuvent se rapporter très-aisément tous les médicaments
(1) res altérants qui sont propres à absorber ou à émousser l'acide se nomment
“bsorbants ; les tempérants servent à calmer et réprimer le bouillonnement des liqueurs et l’intempérie bilieuse ; les ncisifs divisent et dissolvent celles qui sont sxisqueuses et épaisses ; et Les ädoucissants enveloppent et neutralisent l’acrimonie brûlante ét corrosive. — Les autres classes de médicaments sont subdivisées d’après a même méthode, par exemple les dvacuants en émétiques, vomutifs, sialagogues, … sudorifiques, à peu près comme dans Boerhaave.
936 TATROMÉCANISME, -— ÉCOLE ALLEMANDE.
que la Providence a fait naître pour le soulagement des hom et toutes les opérations du médecin pour procurer la santéwptl vent aisément s’exécuter par ces différents moyens; ce qui bien voir qu'Hippocrate a très-bien et mécaniquement défini médecine quand il a dit [Des airs, $ 1. Voy. Nat. de l’hom $ 9; Du régime, I, 2] : c’est l’art d’ôter et d'ajouter ; d'ôte qui est superflu et d’ajouter ce qui manque; et que celui est en état de bien faire ces deux fonctions mérite le titre“dn cellent médecin. » (Thérap., I, 4.) “% Les médicaments agissent immédiatement, soit sur les fluide (aliérants et évacuants), soit sur les solides (forti fiants et mants). Les médicaments agissent de diverses manières, suivi l'espèce des fluides ou des liquides auxquels ils ont affaire. " Quant aux spécifiques (chap. vin), Hoffmann n'appelleé spécifiques, avec le commun des médecins, des remédes qui produisent sérement et infailliblement un effet salutaire dats certaines maladies et dans tous les sujets, remèdes en un molq ne trompent jamais les espérances des médecins; il n’y en a pasde tels dans la nature, car ces médicaments ne contiennent point mellement les opérations etles effets, qui ne font que paraître das le temps où on les met en œuvre. Ces effets résultent de l'activité du médicament et de la réaction du corps ; les remèdes opèrent peu en vertu de leur énergie absolue, et si bien relativement à dispositions des sujets, que si l’on donne le même remède 4 personnes attaquées de la même maladie, ses effets seront diffé. rents dans chacun de ces sujets. (Voy. plus haut, p. 934-935J% | Les vrais spécifiques sont les médicaments dont la vertu est telle, | qu'ils sont plus avantageux et plus efficaces que d’autres contre | certaines maladies déterminées (1). — « C’est ce qui fait donner | avec raison au quinquina le nom de spécifique pour arréterdlés. accès de fièvres intermiltentes, à l’opium pour calmer les dotr leurs, aux mercuriels pour guérir les maladies vénériennes (2,
(4) Voy. Specifica quorumdam medicamentorum efficacia (1727); De specificis antispasmodicis (1704); De purgantibus specificis (1696); enfin, De medicament Specificis eorumque operandi modo (4694).
(2) C'est d'une façon moins rationnelle que Sydenham (voy. plus haut, p"719, note 2) considérait les spécifiques. : L 1
Hena qui portent le même nom parce qu'ils sont plus amis ue d'autres des parties que la maladie attaque et qu’ils leur font icipalement ressentir leur opération. Les parties nerveuses et iembraneuses, et les nerfs, se trouvent très-bien des remèdes preints d'une huile subtile aromatique de bonne odeur, et les narcotiques, des reméêdes tirés du pavot et des astrinis. L'estomac est réjoui par les acides, dont l’action réveille ppétit et aide la digestion ; mais les acides sont contraires aux bronches des poumons et leur causent des irritations. » MLaissant de côté ce qui regarde l'usage médicinal des bains généraux ou partiels, de l’eau froide (1), des exercices, de l’abstinence, et de l’usage habituel de l’eau en boisson, remèdes trèsiliers à Hoffmann, et de l’action desquels il est facile de se dre compte quand on connait son système, je terminerai xposé de ce système en résumant quelques-uns des aphosmes de notre auteur sur la saignée (ch. x1). 1 n’y a point de secours pluse fficace ni plus prompt pour préfénir el surtout pour guérir beaucoup de maladies aiguës (surbles fièvres continues et aiguës, et même les fièvres exanthé-. haliques, sans en excepter la fièvre pétéchiale) et chroniques que saignée bien appliquée ou faite avec prudence (2). Comine la nitude du sang demande son évacuation, son défaut et celui des Mibrces l'interdit absolument. — La saignée est souvent très-utile aux vieillards pléthoriques, et même contribue à prolonger leurs jours. — La saignée n’est point sans danger dans les accès ou redoublements des fièvres, mais on la pratique avec succès dans “emps de l’intermission. — Bien que l'ouverture des veines de latète, par exemple de celles du front, de celles qui rampent dermére les oreilles, des jugulaires externes, de celles qui sont sous Jalangue, ait une grande efficacité dans certaines maladies de la “te, comme l'expérience en fait foi, il ne faut point s’imaginer (ueces saignées conviennent toujours et à tous les sujets ; aussi Ar — (1MVoy. De aqua medicina universali (1712).
(@}MHoffman à publié quelques dissertations spéciales sur l'utilité ou les dangers (Aelastignée. — Voy. particulièrement De magno venae sectionis ad vitam sanam Mongancremedio (1714); et De venaesectione prudenter administranda (1723).
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faut-il particulièrement les rejeter, où du moins les faire pré der par une saignée, soit du bras, soit du pied, si le sang poussé trop violemment vers la tête par quelque mouvenit spasmodique. ‘4
révulsion et la dérivation; faite mal à propos, elle cause souvei les rhumatismes, les catarrhes, les rhumes de cerveau, la toux quand, au contraire, elle est faite à propos, elle les prévient veilleusement. |
L’évacuation de sang au moyen des sangsues peut être all taire; mais il y a de bonnes raisons pour douter qu’elle soit {il avantageuse que celle que procurent les scarifications, m excellent pour tirer le sang peu à peu, à différentes reprises
Hoffmann se montre peu partisan de l'application des sangsu à l'anus, contre la suppression du flux hémorrhoïdal et contre maladies que cause cette suppression (1).
La Pathologie spéciale de la Médecine rationnelle n'est qu application aux maladies particulières des principes que je viens d'exposer. — Ici Hoffmann, excepté pour la fièvre, décrit ri plus tôt qu’il n’explique, et il . à l’appui de ses descriptions et des moyens de traitement employés un très-grand nombre din
Portantes observations. -— La fièvre est un état spasmodiqueé tout le genre nerveux (2), quelquefois salutaire. Il y ad mouvements dans la fièvre : un de la périphérie, au cent
c’est linitial, celui qui détermine tous les premiers symptômi
(4) Voy. De salubritate fluxus haemorrhoidum, 1708,
(2) « Quant à ce principe que la nature est fort occupée dans les fièvres id nuer, pour l’avantage du corps, le sang surabondant au moyen d’une sorle deresos lution colliquative que produit le mouvement intestin,- nous nions nettement absolument que l’abondance du sang et des humeurs soit la-cause de la fièvre cela était vrai, les pléthoriques y seraient plus sujets que les autres, et l’on seraitstn de préveuir et d’écarter promptement toutes les espèces de fièvres par une saigné faite à propos. Je crois, au contraire, que la consomption du sang et la dissolution en parties excrémenteuses qui arrive pendant la fièvre est plutôt l'effet et lamsuite. nécessaire de la chaleur fébrile, et qw’elle est: plus ennemie qu’amie de la alu, puisqu'elle dissipe et détruit en même temps les forces d’où dépend celle dés mou vements vitaux, » (De /’ usage convenable du quinquina, $ 15.)