HOFFMANN, — FIÈVRES
diversité de ces causes (voy. aussi Traité des fièvres, Il, 1, ais il ne faut pas se laisser tromper par les apparences. Il ie, en effet, souvent, que le pouls s'accélère et que la chaleur mente momentanément par un exercice un peu trop viouune émotion trop vive.
e frisson et le froid (c'est-à-dire le mouvement de la périhérie au centre) sont les caractères essentiels de toute fièvre ; ba fièvre est encore bien mieux dessinée sice mouvement con-
iificielle des fièvres par certaines eaux minérales dont on use
ou à contre-sens. L'action de ces eaux styptiques lui sert à
liquer comment le froid humide a tant de puissance pour
rminer la fièvre. Enfin il rappelle les curieuses expériences
par Baglivi pour produire la fièvre chez divers animaux à
de d’injections pratiquées dans les veines avec diverses sub-
esirrilantes.
ns le dessein de prouver combien le mouvement concentrique
périlleux, notre auteur s'exprime ainsi : Ceux qui meurent de
re, qu'elle soit continue, intermittente, aiguë, chronique,
rent dans le temps de la contraction des nerfs, du frisson,
froid, et des convulsions des parties extérieures, à cause que cœur, les poumons et le cerveau, trop chargés de la quantité désang qui s’y est amassée, n’ont plus la force de le faire cirüler. Le second mouvement qui se fait des parties intérieures et entre à la circonférence et vers les petits vaisseaux, est plutôt faire et vital: il est même médicinal et il tend à la conserva- Du corps; car, pendant qu’il dure, la matière qui cause le ie fébrile se corrige par succession de temps, se dissipe Se détruit ; ce qui la fait cesser (2).
a fièvre est donc un combat avec la maladie. Si les spasmes nerfs obligent les sucs de se porter vers les parties intérieures, Qu'ils surmontent le mouvement que font le cœur et les pous'pour les porter vers les extérieures, la maladie emporte
(° ) Dévera motuwm febrilium sede et indole (4723), 8 12-49: (2)Moy. De generatione febrium (1715), $ 7
ÿañ JATROMÉCANISMÉ. == ÉCOLE ALLEMANDE,
et le malade meurt. Mais si le mouvement rétrograde causé le spasme des nerfs est surmonté par la contraction du cœur des artères qui pousse avec violence le sang: au dehors, lamk ladie cesse et le malade guérit (4). La victoire que remportelé nature après ce combat arrive dans des jours fixes qu'on a terminés principalement par le nombre de sept. On les appe par celte raison critiques ; ils servent aux médecins à jugeñ l'événement de la maladie. ($ 6-8) (2). à Nous voici donc ramenés à cette fameuse et délicate question de lanature médicatrice que déjà nous avons rencontrée plusieurs fois ur notre route. À lire les passages que je viens d’analÿséh ou de rapporter textuellement, on pourrait croire que Hoffmann est un naturiste très-décidé. Eh bien ! voici ce qu’on lit aux parus graphes 27 et 3h dela Dissertation sur la fièvre salutaire : « Onné doit pas croire la fièvre salutaire parce que la nature, qui s’aperçolb qu'il ya dansle corps une matière nuisible, fait ses efforts pour l'en faire sortir par certains endroits et dans certains temps, au moyel d’une certaine proportion et d’un certain degré de mouvemel assorti à la qualité de la matière morbifique. Cest ce qu'on peut dire de l'âme qui se fâche à l'aspect de quelque objet extérieul, mais qu’on ne peut appliquer naturellement aux mouvements purement mécaniques (3). En effet, comme une passion de l'à
(4) Cf. De generatione febrium (17145), S 6; Dissertation de la salubrité da fièvres, $ A et 4. — Voy. aussi le $ 9 du Traité des fièvres, où il est recommandl! de veiller soigneusement à ces facultés motrices départies avec tant de sagesse | la Providence à notre machine. Il faut savoir les respecter et en même temps 1h diriger. — Il est surtout dangereux de chercher à arrêter, à juguler Les fièvresicois. tinues ; on produit ainsi toutes sortes de cachexies. Salubrité des fièvres, & 39,
(2) « C’est se tromper lourdement que de s'imaginer que les excrétions quiselonl les jours critiques qui viennent après la période d’état de la maladie et dans le déclin. sont composées de la matière morbifique ; tout ce qu’il y a de certain, c'est queldes évacuations qui se font dans Les fièvres en temps convenable et en quantité suffisante déposent de l’état de convalescence, et sont un signe certain de la victoire que pature a remportée, parce qu'il s'ensuit que tout dans le corps est tranquillisé rentré dans l’ordre. » De la fièvre salutaire, $ 34.
(3) Les Stahliens disent que les effets produits par le principe immatéri l'âme ou l'agent raisonnable, sont salutaires en eux-mêmes ct de leur nature’, mai ils sont au contraire tellement ordonnés qu'ils menacent la vie, et que, loin diète l'ouvrage de la sagesse de la nature, ils en marqueraient l’aveuglement et mêmi
HOFFMANN. = FIÈVRES. 945 bré d’une maladie, de même la fièvre et la colère sont difféles ; et toutes les fièvres ne supposent pas une action immatéielle de l'âme, en un mot une perception. On ne peut donc pas iréque la fièvre est salutaire, utile et produite pour une bonne puisque ni la nature, ni même l’âme sensitive ne connaissent qucune manière la disposition des causes morbifiques, des és, des lieux, et les fins des choses qui existent dans l'intérieur du corps. La fièvre, dans notre sentiment, ne peut être appelée dutaire ni en soi ni relativement à sa fin ou à son effet, puisélle est souvent ennemie, que disje! meurtrière de la nature maine, mais seulement parce qu’elle produit quelquefois, par accident, un effet salutaire.
“Cette doctrine mérite d’être éclaircie par un exemple. Une trop lé contraction spasmodique des membranes du ventricule et désintestins, produite par un émétique ou par un purgatif, n’est lésen soi une chose avantageuse ni salutaire ; c'est même une lion entièrement contre nature, et par conséquent une majé qui produit souvent des accidents très-graves; cependant Qtand elle fait sortir de ces parties un amas de liqueurs impures, Squeuses et corrompues, elle est et devient, à raison de cet ft, une chose salutaire. Il en est de même du spasme des parinternes qui produit les hémorrhagies spontanées ; loin que oiùt en soi un mouvement salutaire, il cause souvent des les de sang mortelles; il ne laisse pourtant pas de produire accident un effet salutaire quand il y a trop de sang et que éile n’enlève que le superflu. On en doit dire autant de la dWre qui, considérée en elle-même, ne mérite pas d’être appelée le ou salutaire, parce qu’elle égorge et tue la moitié des mes; cependant elle produit souvent (1) un effet salutaire
car quelle est la personne versée dans l'exercice de la profession qui ignore M tit dans toutes les fièvres un mouvement sensible de la circonférence vers lre, avec un spasme violent et une espèce d’agitation convulsive des parties 1 es etnerveuses, qui s'étend sympathiquement à tout le système des nerfs, mou- Cut Suivi d’un désordre extrême de toutes les fonctions, et même du danger de > tellement que ceux qui meurent des fièvres intermittentes meurent dans ce ivement (Dissertation sur l'usage convenable du quinquina, $ 14).
Düns Méd. rat.; Thérap., 1, iv, 19, Hoffmann, encore moins affirmatif, déclare estseulement par accident que la fièvre devient salutaire. Voy. aussile & 18.
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eti rétablissant la parfaite intégrité et la santé d’un corps de‘ lade, à raison des impuretés qu'il contient.
par rapport à l'augmentation du mouvement intestin de chalet et à l'accélération du mouvement progressif et circulaire danse canaux de toute espèce, qui divisent et atténuent les crudités queuses, lèvent les obstructions des glandes, font rentrer, les voies de la circulation les liqueurs qui étaient en stagnat évacuent celles qui sont corrompues et surabondantes, eld pent l'humidité; d’où il suit que la fièvre est souvent un excelle remède pour purifier et évacuer Le corps. »
Hoffmann (1) ne montre pas plus de confiance dans la sages et la puissance médicatrice de la nature, pour les fièvres inl imittentes que pour les fièvres continues; il bläme même tt sévèrement les médecins qui ne veulent pas, sous prétext ! laisser à la nature le temps de manifester ses salutaires inle \ tions, donner l'écorce du Pérou avant que la fièvre n'ail marquée par plusieurs accès. L'expérience prouve que cl crainte ést absolument chimérique, et que dans les fièvres démiques graves il faut se hâler de déblayer les premië les secondes voies par ün éméto-cathartique (2), et d’admitislt le quiftiquina après le second, quelquefois après le premier dett suivant l'apparence maligne des symptômes. Il va mêrne jus | dire que le quinquina a plus de peine à guérir et dernande pl de précaution quand la fièvre est déjà ancienne que si elle nouvelle (3). : fl
(à) De l'usage convenable du quinquina, $ 36. Däns ce ième traité, Hoi détruit tie à une les dbjections sophistiques élevées par des bersohties qui nest pas etnployer 16 quinquina ou qui ont des préjugés détraisonnables contre so « Cette écorce tonifie les fibres, entretient et aide la transpiration ; sa vertu fébt cohsiste ch bonté partie, siñon priñcipalethent, dans cette opération ; car fious to déjà reiharqué de lorsque cette évacuation salutaire se süpprihe, él die Îes inipiis rétés qu'elle doit faire sortir reflueht dañs l’intérieur, elles fourfissent d’ ititétix là cause prefnière des flèvres Interiittentes, ‘qu'il y à dans le sang et eh fers ue plus Srände quantité d’excréments bilieux. » 8 28. °°
(2) Voy: 8 25 sur les incotivémionts de la stûse des Matières visquetises dise canal gastro-ihtestindl, si elle coïncide avec l'administration du quitiftiné.
(3) Au 8 18 Hollinain reinarque que la câuse génératrice des fièvres intel tentes vient rareinent des fautes de régitie où d’indigestion, mais qu’étant Surtout
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"je premier accés de la fièvre intermittente (maladie qui apjärtient essentiellement au genre nerveux), le premier accès “explique de la même façon que pour les autres fièvres; mais la lifficulté commence pour le retour périodique des nouveaux accés. est là la pierre d’achoppement de la théorie iatromécanique “des fièvres, et presque tous les adeptes de cette secte en sont réduits à la même hypothèses : c’est-à-dire à supposer une per- Kitance partielle de la matière fébrile, qui se réveillé à des “ioques fixes. « La matière fébrile, formée de liqueurs bilieuses lymphatiques salivaires, secondairement corrompues (voy. 909; p. 913, note À), et de la masse indigeste des aliments, lié matière qui séjourne principalement dans le duodénum, ne Passe pas tout entière et tout à la fois dans le sang et le système nerfs; elle ne le fait que successivement. D'ailleurs, ce qui ble de ce ferment fébrile, qu’on me passe cette expression, “étoit sans cesse un nouvel aliment des liqueurs impures qu'ap- Horient le foie, le pancréas et les glandes du duodénum. Il ÿ à £: le mouvement intestin, qui augmente prodigieusement pennt l'accès, réduit lé sang et la sérosilé en impuretés mucilaneuses salines suifureuses qui, ne sortant pàs entièrement penht l'intermission, demeurent dans le corps et ne font que rompre de plus en plus les liqueurs lymphatiques salivaires et JMD. Ajontons, ce qui n’a été, que je sache, remarqué par Soie, que, dans le temps de l'intermission, le pouls est trèsile et ltniguissant, et que les parties intérieures et la peau sont Plutôt froides que chaudes, ce qui est une preuve évidente que la fispiration est languissante, et qu’elle n’est pas assez considélé pôur faire sortir la quantité des liqueurs excrémenteuses qui
dtrouvent dans le corps. Enfin, il est très-vraisemblable que le bi
ne
lies où endémiques, elles sont plutôt engendrées par le contact prolongé tir froid et humide et par les miasmes märécageux. — Dans la dissertation Miniermittent. nova hypothesis ($ 44), notre auteur revient sur cette questiof énunière les «effets merveilleux » que produit l'air, soit eh introduisant dans le he inatière élastique (ar ou éfher élastique) où des éfflaves très-subtils, soit Fra où dilatant les pores suivant son degré de chaleur, come cela est Ohté pur soi action éur le thermioiètre ct le bafoiiètre. C'est eh favorisant où MConiratiant la transpiration qu'il contribue particulièrement à fnaintenir ou à ler la santé.
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ton, la force et les fonctions de cet excrétoire universel nerveux, fibreux et vasculeux, la peau en un mot, sont dérangés et dés truits par les violentes contractions spasmodiques si contraires auxquelles elle est exposée, c’est-à-dire par le resserrement cons sidérable accompagné d’une chaleur brülante, suivi d’un relàs chement excessif, et que cette opération si salutaire de la trans piration insensible se fait mal pendant tout le cours de la fièvre; et que la dépuration du sang et des humeurs devient fort lan guissante. Toutes ces causes concourant, il est aisé de concevoir qu’un nouveau foyer s’amassant insensiblement et acquérant, al bout d’un certain temps, une force suffisante, il survient un nouvel accès. — Si le retour de l'accès, dans les fièvres intermil: tentes, se fait en temps plus ou moins éloignés, c’est-à-dire SI l'accès vient tous les jours, tous les deux ou quatre jours, sil change quelquefois de caractère et de période, s’il double même quelquefois, j'attribue uniquement cette différence à celle des impuretés, soit relativement à leur quantité, soit à leur caractère plus où moins fixe ou volatil et à leur abord plus ou moins cons sidérable dans les premières voies, enfin à l'état et à la dispos tion des viscères, et surtout du foie, de la rate et du pancréas) ($ 20 et 21; voy. aussi le K 24.)
Cette théorie est trés-longuement développée dans la dissers tation De febrium intermittentium nova hypothesi, 1694 (LE L'auteur insiste sur les effets de la contraction des fibrilles mus= culaires (2), nerveuses et vasculaires (ces dernières sont compos
(1) Voy. aussi De generat. febrium, 1715, et De vera motuum febrilium sedesac indole, 1715. Là ilest établi que ce n’est pas primitivement dans le sang, mais dans le système nerveux mis en un état spasmodique que git le siége de la fièvre. L'intermittence est comparée aux fonctions périodiques normales, le sommeil, pan exemple, et aux habitudes du corps ou de l'esprit; comparaison d'autant plus juste est-il dit (voy. De febr. interm,, etc. $.3) que les esprits etle système nerveux sont en jeu et que tout dans l'organisme se fait par poids et mesure.
(2) Hoffmann ($ 11) dit que les fibrilles musculaires sont creuses, quoiqu’on ne voie pas leur cavité à l’œil nu; mais on reconnaît que dans ses observations micro=. scopiques sur la queue de l’anguille il a pris pour des fibrilles les plus fines ramifiss cations capillaires. Ce qui prouve encore, selon lui, que les fibrilles sont creuses; c'est l'augmentation de volume et la décroissance de ces fibrilles par la bonnewu la mauvaise nutrition,