HOFFMANN. — MALADIES HÉRÉDITAIRES
tique dont les ls tniDaen puissamment au Renan nirique qui succède au mouvement concentrique (S 6, 7, 11,
“Pour achever l'exposition des doctrines de Hoffmann, il nous reste à examiner ses opinions sur les maladies héréditaires.
Dans la dissertation De affectibus haereditariis illorumque brigine (1699), Hoffmann rapporte d'abord (suivant une coutume dont il s'écarte rarement) les opinions des anciens sur les causes tdélhérédité morbide, et énumère les maladies qui, à leurs feux, passaient pour héréditaires; puis il propose son explican mécanique, rejetant toute idée d’un être ou d’une activité Nituelle (eficacia spiritualis) qui, se transmettant par la généion, est capable par lui-même d'agir ou de ne pas agir. Il n’y que des causes RAS physiques, agissant de nécessité mécaniques ; il n’y a que des corps agissant (corpus agens) qui Veloppent dans un corps passif (corpus passivum), en raison dela nature de l'agent et du patient, une réaction que le corps patient ne peut ni faire dévier ni changer, et à laquelle il ne peut pas non plus résister. Hoffmann reconnait dans la semence, avec Malpighi et Malebranche, des linéaments, des filets (stamina) sont comme les diminutifs, le Hi de l’organisme Avenir (théorie de l'évolution, voy. plus haut, p. 766).
—\i l'on examine la nature de la semence du mâle et de celle de lfemelle, on y trouve un double principe : l’un trés-ténu, très- «imple, fluide, mobile, élastique (principe spiritueux) ; l’autre, plus épais, plus aqueux, est accessible aux sens; c’est comme éhicule et l'enveloppe du premier. Ce premier principe tire origine du sang contenu dans les artères et du fluide nerveux et cérébral (4).
(lc fluide a reçu dès lorigine, des mains du divin Architecte de sa puissante parole, la vertu immuable de prendre et de relirune certaine figure, une forme et un mouvement, des
H}éGest là précisément, dit-il, la cause de l’affaiblissement corporel et mental quisuilles trop grandes pertes de semence,
950 IATROMÉCANISME. —— ÉCOLE ALLEMANDE.
choses externes corporelles qui agissent sur lui dans tontedi masse du sang et jusqu'aux parties les plus intimes du corp c’est d’après celte impression qu’il produit dans d'autres chof une réaction proportionnée et un effet équivalent, à peu Hi comme il arrive pour les sens ($ 11).
Telle est, Messieurs, en quelques mots, la théorie des r'esselis blances et des monstruosités séminales ; elle a le mérite d'été très-simple, si elle ne possède pas celui de satisfaire les homuiti plus exigeants que Hoffmann, Par cette théorie on peut comprendre aisément commentés maladies des parents sont transmises aux enfants. Presque {ot les auteurs ont jusqu'ici toujours attribué l’origine des affections héréditaires ou à la mauvaise conformation des parties solides, ou à une certaine disposition originelle vicieuse des parties quides ou des esprits eux-mêmes, laquelle par la semencews transmet aux enfants. Les maladies qui tiennent au mouvemenk ou au vice des esprits, au sang on aux humeurs, ne se propagén en aucune manière, mais celles-là seulement qui ont racine dans une mauvaise disposition des viscères ou des par solides, Les maladies, en effet, qui ne tiennent qu’à l’intemp du sang et des humeurs ou à quelque sel irritant sont super cielles et se dissipent facilement (1), attendu que ces intempéries ces âcretés, sont pramplement modifiées ou détruites par le mous vement circulatoire, et qu’on ne saurait admettre une force fes mentescible multiplicative qui éclate plusieurs années après ka naissance, Hoffmann croit donc fermement et professe que toutes les mas ladies héréditaires, quelles qu’elles soient, naissent d'une mais vaise disposition et configuration des parties solides externes internes, des viscères, des émonctoires, laquelle dispositi affecte ensuite notablement les parties fluides et spiritueus: C’est en effet une chose connue et admise, que les parties fluid reçoivent leur principale force, leur tempérament et leur nature; des parties solides ; et, celles-ci étant viciées et lésées dans Jeuk tonicité, leur force et leur mouvement, il ne peut qu’en résulieh un grand dommage pour les parties liquides qui font effort petum facientes corporis nostri).
HOFFMANN. dE auteur réfute ensuite, en s'appuyant sur l'autorité de For- Unalus Fidelis, de Diemerbroeck et d’autres, les objections tirées que des enfants sains sortent de parents malades, et réciément de ce que des parents estropiés ont des enfants
e système de Hoffmann a été défendu dans l'université de par Schulze, Büchner, Nicolaï, Nietzky, Eberhard, qui opte la théorie des esprits nerveux et une partie des doctrines aller sur lirritabilité, Les plus importantes discussions, Dani les adhérents de Hoffmann ou dans le camp des dissis is, ont précisément porlé sur ces deux points, aussi bien en en Angleterre qu’en Allemagne.
fmann a repoussé plus de lecteurs qu’il n’en a attiré; la ‘de ses œuvres épouvante ; et pour justifier un éloignement Simal fondé que préjudiciable à l'histoire des doctrines médifé, on à répandu Je bruit que c’élait un auteur difficile à lire,
‘eux, fatigan£. C’est un jugement à reviser, une mémoire à abiliter. Sans doute on ne li pas Hoffmann avec le même plai- ‘el aussi couramment qu'un bon livre moderne; mais j'affirme (l après avoir longtemps partagé le préjugé vulgaire et avoir Slemps aussi reculé devani les volumes in-folio qui composent œuvres du célèbre professeur de Halle, j'ai éprouvé une imsion toute différente que celle que j'avais acceplée de conte, lorsque je me suis décidé à étudier ses écrits. Hoffmann
rations générales, souvent élevées, s’entremêlent aux pro- | SiLions particulières ; le systéme, tout faux qu'il est, est lar: jement et fermement dessiné; le style a de l'ampleur; l’érunest variée; la critique est fine, vive, mais honnête. fmann est un penseur, un philosophe; en même temps il aire parfois les qualités d'un observateur attentif et fort licieux. Aussi, pour loutes ces raisons et pour d'autres qu'il dibirop long d’énumérer, je place Hoffmann beaucoup au-
Oup plus fatigué par leur sécheresse que les vastes in-folio du
aié des sujets les plus divers et toujours magistralement : les |
fus de Boerhaave. Les petits volumes dn second mont beau
952 TATROMÉCANISME.
premier, malgré le développement, quelquefois excessif, del démonstration. 1
D'où l’ennui et le sommeil s’échappent parfois inévitablemenl c’est des œuvres de Stahl. Quel courage il a fallu pour lestn duire. Ce n’est peut-être pas uniquement l'amour platoniq pour Stahl qui a soutenu le zèle de M. le docteur Blondin dans vaste et méritoire entreprise; il a cru fermement (mais je crains qu’il ne se soit trompé) que Stahl pouvait devenir le patron-mês decin de la physiologie théologique de saint Thomas, et c'ésh sous ce couvert que M. Blondin a présenté son travail à NN.S$; les évêques.
Je ne crois pas qu’il y ait dans toute notre histoire une quess tion aussi difficile et aussi obscure que celle de l’iatromécs nisme. L’obscurité tient à la doctrine elle-même, maïs peut-êtrà plus encore au mauvais style que semblent affecter la plupart des médecins iatromécaniciens, les Italiens et les Anglais sui tout. Ce sont ces difficultés mêmes qui m’ont, je l'avoue, atliré et en même temps attardé; car il n’est pas facile de marcher ra pidement dans des chemins aussi mal entretenus; une fois els gagé, il n’y avait plus moyen de reculer ni de laisser la tâche inachevée. J’avais besoin de donner cette explication pour qu'on ne m'accusât pas trop des longueurs auxquelles il était assé difficile d'échapper, attendu qu’il fallait, ici, faire connaître Jes nuances particulières aussi bien que les principes communs dans les différentes écoles.
Après cette revue de l’iatromécanisme, on ne peut que s’éton ner de voir tant d’esprits distingués faire aussi complétement fausse route, substituer les calculs mathématiques aux expé riences physiologiques, réduire l'homme à une machine, n’avonn aucune notion sur l'idée même de la vie, et se complaire à che cher dans les sciences exactes, qui excitaient alors l'enthou=s siasme, la solution de problèmes dont la plupart échappent eL échapperont toujours à ceux qui ne reconnaissent pas dans les fonctions des corps organisés des forces différentes, sinon tot à fait indépendantes de celles auxquelles est soumise la matière inorganique. L'inconséquence à laquelle la plupart des iatromé:
iciens ont été contraints dans la pratique suffirait déjà à les damner. On reconnaît aisément aussi que leurs théorèmes ogiques n’ont presque pas éclairé la nature des foncice n’est pour le mouvement musculaire; quant à la rche du sang dans les artères, aux sécrétions et à la nutri-
(ce sont les trois autres points sur lesquels ont porté leurs rches les plus originales), les mécaniciens n’ont guère fait Méveiller l'attention des physiologistes sur ces sujets si imtants; leurs propres explications sont illusoires. D la vanité de la doctrine ramena, dès le ten
4 moins sensible en Italie, tous les esprits vers la lhode d'observation pour la médecine et vers la méthode ex- Es
Sommaire. — Monographies et recueils d'Observations relatifs à la médecine la chirurgie au xvne siècle. — Histoire de la chirurgie durant ce siècle. généraux : Magatus, Séverin, Dionis, Wisemann, Van ne Purmant.
aucune époque, il n’y a eu une aussi déplorable disette d’obseh vations médicales. — C'est là, Messieurs, une grande exagéra tion ; malgré la multitude des livres théoriques, on distingue ais ment, dans la littérature médicale du xvir' siècle, outre beauco
démiques, un nombre considérable d'ouvrages qui justenient contiennent Le que des observations, etsouvent fe Se
peu près l'ordre chronologique, calculé, en général, sur la pret miére édition, sauf, bien entendu, à revenir sur cet inépuisahlà sujet, lorsque nous traiterons de l'histoire des maladies (4). Les Observations (a capite ad calcem, avec les fievres), Charles le Pois (Carolus Piso; 1563-1633), au nombre. cent quatre-vingt-trois (Selectiorum observationum et consil rum…. liber singularis, 1618 ; la dernière édition et la meilleures
4) Praxis med., 1, Vu, 9.
(1) (2) Le nombre n’est pas moins grand au xvin® siècle. (3) Je ne signale que les auteurs principaux.
(4) Jai commencé, depuis un an, au Collége de France, la série des Jeçonsst l'Histoire de la pathologie médicale et chirurgicale ; elles formeront la matièrou
d’une publication spéciale,
Médonnée en 4768 par Boerhaave),se distinguent des autres rede ce genre, en ce qu’elles sont encadrées dans un système. leur, dans sa dédicace à Henri Il, duc de Lorraine, déclare féla recherche de la vérité est le nerf de la sagesse; mais il bstirop souvent écarté de cette sentence lorsqu'il veut prouver 1ola plupart des maladies viennent de la surabondance générale artielle de la sérosité (serosa colluvies seu diluvies), qui cirdans les vaisseaux avec le sang. Dans sa préface, il prétend hyer. ce système sur l'expérience et sur l'autorité des anciens, l'applique rigoureusement dans le commentaire qui accomchaque observation. Il est certain que ces observations illies avec une telle préoccupation sont assez souvent défi- : néanmoins, en y portant toute l'attention qu’elles méritent ileurs, on peut en tirer profit pour l’histoire des maladies. an der Mye écrivait, en 4627, un remarquable trail Sur la Made Bréda ; à s’agit évidemment d'un typhus des camps. eur à observé que des exanthèmes se développent encore lques heures après la rnort ; c’étaient sans doute des taches NUrÉneuses.
Le saurait oublier l'ouvrage de Valérius Martinius de Venise, pour titre : Totius medicinae practicae exactissima co/en sepl livres (Venise, 4698), et qui ne manque pas d'imange pour l'histoire de la saignée. L'auteur discute toutes nions antérieures et tâche de déterminer avec précision erses indications ; il n’a pas de parti pris et souvent donne lrès- sages conseils. A la suite vient un traité en sepl es mais très-dialectique sur la certitude de la médecine. doit signaler aussi une assez bonne description d'une épide fièvre pourprée ou fièyre pétéchiale, due à J. Morel, édecin à Châlon-sur-Saône (4).
trois centuries d'Observations (1648), œuvre posthume hiSalmuth (—1662), ne contiennent guère que des cas rares ;
) De fobre purpurata… quae ab aliquol annis (vers 1628) in Burgundiam et fere Galliae provincias (surtout à Lyon, Châlon, Dijon) misere debacchatur; , 1654. — L'auteur soutient que la maladie n’a pas été importée de Lyon n,mais qu'elle s’y est développée par des causes communes, et par quelque uiction céleste. |
quoique trop brèves, elles offrent de l'intérêt parce qu'elles son souvent accompagnées d’autopsies. % Zacutus Lusitanus (1575-1642) a publié deux ouvrages prés cieux : les Histoires médicales (1629), tirées de Galien et d'a ù tres auteurs grecs ou arabes, c’est-à-dire la collection de presqués toutes les observations qui se trouvent disséminées dans les volt mineux écrits du médecin de Pergame et des Arabes; un au recueil en cinq livres, où sont rassemblées ses propres observe tons. La Praxis admiranda (163%) ne contient guère non pli que des observations faites par l’auteur. En tête du premier ous vrage, se trouve une bibliographie médicale où les auteurs sont. d'abord rangés par ordre chronologique et leurs ouvrages classés. ensuite par ordre de matière ; c’est un travail encore fort utile, Quoique Primerose (voyez plus haut, p.614) ait combattu circulation par des arguments ridicules, il fait preuve en d’autres sujets d’un esprit assez critique; son livre Des erreurs populais res (1630) le prouve ; il s’élève contre les alchimistes (mais non contre la bonne thérapeutique chimique), et contre les uros manciens. 4 Malachias Geiger s’est déterminé à écrire un traité sur les hernies (Kelegraphia, sive Descriptio herniarum cum earumden curationibus tam medicis quam chirurgicis descripta ; Monachii 1681, avec portrait), pour combattre à la fois l’impudence dés charlatans, la fatale crédulité du publie, et l'opinion si générale ment répandue et si pernicieuse pour les progrès de la sciencerep de l’art, que la chirurgie doit être séparée de la médecine. Su les deux premiers points Geiger n’a pas atteint son but : il ne manque aujourd'hui ni de charlatans audacieux, ni de clients empressés autour d’eux ; sur le troisième point tout le mondes d'accord aujourd’hui, au moins en principe. Quoi qu'il en soit des bonnes intentions de Geiger, son livre n’est plus guère qu'un document historique. “d Geiger étend, avec les anciens, le mot kernie à des affections que nous ne nommons plus ainsi: par exemple au sarcocèle, a l’hydrocèle, même au varicocèle ; parmi les hernies intestinales il distingue les complétés (sortie de l'intestin et de l’épiploon) el les incomplètes (sortie de l’un ou de l’autre) ; il croit que dem
Mbuimpeut faire hernie dans le serotum à gauche ; mais le plus Idinairement, c’est l’iléon qui s’échappe seul ou avec le cæcum; lon et le jéjunum sont, dit-il, trop bien attachés pour descenaussi bas ; enfin il ne paraît pas avoir distingué trés-nettement lernies crurales des inguinales ; du moins il n’en parle qu’en Ant. — À propos du diagnostic différentiel des diverses herlcite quelques terribles méprises des circumforanet, plenis US, aureos montes promiltentes, ouvrant le ventre en croyant Wibafaire à une hydrocèle. A propos de la cure des hernies Touve aussi une curieuse énumération des pratiques superfes et magiques en usage de son temps. De son côlé, léauteur met trop de confiance dans le régime, les médicaisinternes ou les topiques ; du moins il insiste davantage sur ilé des bandages (stbligacula) à pelotes molles ou coussins, libpelotes de bois, et dont il donne une ample description leomfigures. I préfère, comme plus faciles à supporter, les des de toile aux bandages d’acier (il paraît qu’on en tait aussi de bois), à moins qu'il ne s’agisse de hernies “ieilles qu'il faille maintenir fortement ct pour lesquelles liudés appareils assez compliqués.
Geiger indique deux procédés pour la cure radicale de la herléréductible. Le premier est l’éncision qu’il décrit trés-superfiiellement sous le prétexte qu’on ne saurait apprendre dans les Mesune telle opération dont les procédés varient du reste beau- Op on voit seulement que notre auteur est imbu des vieux pre” bés, car il dit qu’on peut enever ou respecter le testicule. Le dd procédé, qu'il préfére et qui était inventé depuis peu de ps, s'appelait le point doré. Lorsqu'on avait réduit l'intestin Hiou non une incision à la peau, on passait, après avoir écarté iSeaux spermatiques et sanguins, une aiguille armée d'un déplusieurs fils à travers les bords de l'anneau, et l'on tirait ément les fils sur une plaque. Onse servait quelquefois d’un fil don, d'où le nom du procédé, ou d’un fil de plomb. Geiger parle side l'emploi des caustiques, dans le but de procurer une “nice obturatrice. Il indique et figure la sonde cannelée
rêle longtemps sur les accidents ou complications qui it viennent : hémorrhagies, spasmes, inflatnmations, gangrôn céphalalgie, fièvre, etc. Il traite l’exomphale par la ligatun circulaire de Panneau ombilical soulevé, après avoir disséquéd peau tout autour de lombilic, (
En ce même temps, Chartier (1572-1654) dépensait de“ propre argent 50 000 livres pour sa grande édition d’Hippodn et de Galien (1639-1679); Bonet et Manget publiaient le vastes compilations, qui rendent encore aujourd’hui tant services (1). On publiait en Allemagne une foule de dissertatig par exemple, Tappe de Helmstadt, Moebius d'Iéna; et desc taines d’opuscules sur les médicaments anciens ou modern et sur les maladies envoyées par le diable. 1
Haller a dit des Observations (1641) de Tulpius (1593-1671) (Ouvrage excellent, tout y est bon. » En effet, dans les qua livres dont se compose ce recueil consacré à la fois à la médedi et à la chirurgie, on ne trouverait pas (si on laisse dé côté quels ques explications surannées) dix observations inutiles. Tulpius se montre trop partisan de la trépanation dans les cas de simple fissures externes, seraient-elles même à peine apparentes, Ir porte le fait curieux d’un peintre qui, ayant la tête un peu‘ils rangée, croyait que tous ses os étaient mous comihe du cotol, et qui, dans la crainte de les casser, n’osait pas sortir de soft il, Tulpius l'a guéri de cette folle imagination en lui persuadant qi c'était une maladie três-connue et dont il était fort aisé de trid pher; il guérit également une femme qui était persuadée d'a
(4) Bonet, Sepulchretum anatormicum, 1679 ; il faut préférer l'édition de Man 4700 ; —- Morcurius compilatitius, seu Indeæ medico practicuüs, per decisionts tiones, animadversiones, castigationes et observationés tn singulis ujfectibus ph naturam, ete., 1682 ; — Medicina septentrionalis (1684.— Extraits des Actes Curieux de la nature et de ceux de la Société de Copenhague); — Polyalth Thesaurus medico bracticus ex optimis rei medicae scriptoribus collectus, 169% — Biblicthèque de médecine et de chirurgie, contenant là manière de guéri ol les maladies, tnt internes qu'externes…, le tout extrait des plus célèbres dut tant anciens que modernes, 1708, 4 vol. 4°, publiés aussi séparément dans les tt précédentes. — Manget, Biblotheca anatomica (1685), chirurgica (1729), mica (1702), pharmaceutico-medica (1703), medico-practica (1696-1698), soriple Tu velerum el retentiorum in qua. vitae enarrantur, opiniones el Scriplt re sentur, 1731; — Theatrum anatomicum, 4747. L
AU XVIT SIÈCLE. 959
mêle dans le ventre, et qui se figura l'avoir rendue par des ifs. L'analomié pathologique n'est pas non plus absente bservations de Tulpius.
pourrait faire aux Observations (1644) de J.-P. Lotichius 821652) les mêmes reproches qu'à celles de Stephanus : elles üssi trop courtes, mais fort intéressantes; on y rencontre lusieurs cas de chirurgie. Il a donné une assez bonne descripde la fièvre pétéchiale de 1641 dans la Hesse, et de la peste Dubon. IL rapporte l'observation d'un sénateur mort de joie, et joute que le cas est très-rare. Je le crois sans peine ; car les Mdleurs ne sont pas faits pour avoir de si vives émotions. Les Observaliones medicue et curationes insignes (1646) dé lusare Rivière (1589-1655) forment quatré centuries, à la suite quelles se trouvent des observations qui lui ont été cominuni- [uées par divers auteurs ou qu'il a trouvées dans ur manuscrit ionyme; elles sont, en général, très - brèves en ce qui Cünérneles symptômes, de surte que le diagnostic rétrospeclif est went difficile. Du reste, ici comme pour beaucoup d’autres. Burs, c'est par la précision du diagnostic que pèchent les érvations, dé sorte qu’ofi ne sait pas toujours de quelle malas’agit, et par conséquent quelle est la valeur du traiterñent
us devons accorder ici üne mention honorable aux fespon- M4 et consultationes médicinales (1606) de J.-C: Claudiniüs 21618). L'auteur reste dans Les données äñiciennes ; mais c'était droit à l’époque où il écrivait ; aussi nous retrouvons dans son dge les qualités et les défauts que nous avons signalés dans recueils analogues du xvr° siècle ; et l’on peut même dire que upart des correspondants de Claudinus sont plus instruits que de Hoffmann, dofit nous avons parlé plus haut (p. 906). Ses Horoations sont sincères ei en général assez développées pour. fl en puisse exicore tirer parti.
n peut citer, en preuve de la richesse des monographies me siècle, la trés-érudite histoire de la peste de Nimègüe ), par Diemerbroeck (1609-1674), et l'excellent livre de der Heyde (1572, mort vers 1650) sur la dysenterie el le Cho- =hhorbus ou éroussé-gulant (1643). L'auteur est grand par-
tisan du laudanum de Paracelse. — Rapprochons de éès deuk auteurs Serrier d'Arles, qui, en 1673, a donné une description de la dysenterie, de la lienterie, de l’hystérie, de Phydropisié, du spasme cynique, etc. L'auteur a tiré heureusement parti l'examen du pouls pour le diagnostic des maladies du cœur Chaque observation, comme chez Stalpart van der Wiel, est ats compagnée de commentaires historiques et pratiques.
Loyseau, sous le titre d’Observations médicinales et chirurgis cales, 1617, a rapporté plusieurs cas curieux, entre autres cure des carnosités survenues au canal de l’urêthre du roi Henri, — Dionis disait de Loyseau « qu’il faisoit le mystérieux et qu'il tenoit un peu du charlatan ».
En 1624 et 1627, Hoechstetterus a donné six décades d’Obse vations rares. C’est une des bonnes collections du xvn° siècle.
Arnold Boot (1606-1650), dans ses Observationes medicaede affectibus omissis, Londres, 1649, ou recueil de cas rares, que je connais seulement par Haller, insiste sur les fissures des lèvres auxquelles les enfants sont particulièrement sujets en Irlande et en Angleterre.
Les Observations (1653) de Pierre Borel de Castres (vers 1620-1689) sont un vrai recueil de cures miraculeuses ; quelques cas, cependant, sont à relever. L'auteur est plein de superstition et de crédulité. A la suite se trouve la Vie de Descartes, par Borell, et les Observations de Cattier, médecin à Montpellier il n’y en a que dix-neuf, mais elles sont intéressantes.
J. Stephanus a donné des commentaires sur Hippocrate, el chose plus rare à cette époque, une paraphrase sur une partie du Canon d’Avicenne. — Ce sont surtout les Consi/ia (1653) qui offrent de lintérêt pour la médecine pratique; seulement om peut regretter qu'Étienne s'attache plus aux discussions sur nature de la maladie et sur les indications thérapeutiques qu'à la description de la maladie elle-même. —Il procède a capite al calcem. — Il rapporte le cas d’un chanoine qui avait des érecz tions avec courbure de la verge, causée, dit Étienne, par un ganglion, mais plus probablement par un rétrécissement calleux de l’urêthre. — Il cite une famille d'individus dont les pieds grossissaient énormément le soir, après la marche; on les appe*
ailpédones. — 11 note que dans les fièvres malignés les urines nent souvent de bons signes dans les cas les plus rapidement Hels, remarque qui avait été déjà faite par J. des Parts (voy. “345, note 1). Il conseille un cautère au bras pour une inflam- Halion chronique de la hanche. Ses Miscellanées contiennent mefoule de Lettres curieuses sur des points de physiologie, de Médecine pratique; par exemple, sur l'abus des vésicatoires au ut des maladies. Il est d'avis que les chimistes ne sont pas réhiques, et il a voulu mettre d'accord les dogmes de Platon, ppocrate, d’Aristote, de Galien, avec ceux du christianisme. [Mfaisait des vers sur la médecine à ses moments de loisir. Thomas Bartholin (1616-1680), le ls du célèbre Gaspar, qui ait parcouru l'Europe (1), publiait ses Centuries d'observations 654 41657) sur l'anatomie normale et pathologique,.des Lettres 663-1667) sur divers points de médecine; c’est un des auurs les plus féconds : il à touché à toutes jes questions d’ana Mie, de physiologie, de pathologie et de littérature médicale, ns se mêler activement aux débats d'aucune secte. Il est le Gaieur des Acta Hafniensia, remnlis d'observations, de celles eBorrichius entre autres.
Joseph Covillard, l'auteur du CAirurgien opérateur, a donné M639 des Observations iatro-chirurgiques, au nombre de cinüante ; elles sont relatives aux calculs vésicaux, à la taille par Morand appareil, aux carnosités de FRseihnes aux plaies d’arésude guerre, etc.
cs six Centuries (1711 et 1627) de Wolff. Gabelchoverus conliennent plus de formules et d’annotations thérapeutiques que de tables descriptions.
enedictus Silvaliçus (mort en 165$) a publié, en 1656, des Consilia Wrès-galéniques, où les descriptions sont trop brèves, où a trop de formules et surtout trop de raisonnements. bristophe Bennet (né vers 1617-1655), dans son T'heatrum ibidorum ( (1656), a fait, pour le temps, une bonne étude sur la phihisie.
Daniel Horst, de Giessen (1620-1685), donne, en 1656, ses Jdécrit l'angine de Campanie (1646) et prouvé que la saignée était fatale dans
ee affection; il vante l'utilité de l'eau de neige dans les fièvres d'Italie. DAREMBER(. = - 61
Observations et Lettres anatomiques, riches surtout pour Lan tomie pathologique. Horst se monire peu partisan de la chirurgié infusoire. d L'Hercules medicus(1657) ou Consultationes, de Wolfg. Hoëlen {1614 —), est un recueil de premier ordre. On y rencontredk cas de luxation des vertèbres, suite de chute ; l'auteur a rép l'expérience de la corde mordue par le patient, pour reconnaitre une fracture du crâne; il rapporte plusieurs cas importants dé crétinisme avec scrofules.
Les Observations (1657) de Rhodius (né vers 1567-1659) pots tent sur les maladies rares, et renferment plusieurs faits diflic à croire. Voici quelques exemples des observations les plus“i portantes : fièvre quotidienne guérie par une éruption de taches noires; transmission de la syphilis par l'emploi du même vert à boire; mort arrivée par suite de l’incision de la peau des mal léoles dans l’hydropisie, et causée sans doute par là gangrèné Rhodius a vu l'humeur aqueuse se reformer dans un œil creyés il a observé des animalcules dans l'urine; fracture du bras cas sée par le seul mouvement ce l'air à la suite d’un coup de canonÿ il y eut ‘gangrène, cécité et: rdité consécutives. Rhodius a nolë la pousse de la barbe chez une femme après la ménopause et vers cas de substitution des règles, elc. 1 Comment ne pas faire mention en celte revue des Observan tiones medico-practicae (1727), et de la célèbre Histoire de la poplexie éclairée par des observations et des autopsies (1658 1675), due à d. Jacq. Wepfer (1620-1695), illustre médecin*de. Schaffonse? C’est lui qui, l’un des premiers, si je ne me trompé} à constaté sur le cadavre la cicatrisation de foyers apoplectiquess et qui à le mieux étudié avant Morgagni gt d’autres médecins Jus modernes les causes et les espèces de l’apoplexie. Highmore (1613-1685), dans ses Exercitationes de passione hysterica, de affectione hypochondriaca (1660. Voy. aussi Episs tola responsaria), s'élève contre l'idée que l’hystérie vienne tous jours de l'utérus, et que cet organe se meuve; mais il attribue Phystérie à une sorte de pléthore visqueuse et obstruante, L'hys pochondrie, qui altaque également les deux sexes, vient d’un
vice de la coction. À
Parmi les plus hnportantes monographies, il faut signaler celle deGlisson, De rachitide seu morbo puerili qui vulgo the richets dicitur (1660). Cette maladie n’était observée que depuis trente ans dans l'ouest de l'Angleterre, d’où elle fut importée à Lon- “res; il y a de très-bonnes observations, quoiqu’on puisse soupjonner qu’elles ne se rapportent pas ioutes à la même maladie.
Les Casus medicinules de Balth. Timaeus von Guldenkee ont “épubliés en 1662, après trente-six ans de pratique; ils n’en sont pas pour cela beaucoup plus instructifs, l’auteur se montrant fort superstitieux. Notons, cependant, qu’il est ennemi de la sai- “gnée dans les fièvres malignes éruptives.
Haller tient en grande estime les soixante-neuf Observations wirurgiques (1664) de Pierre Marcheuti (1589-1673), ainsi que “elles de Tulpius, et son jugement doit être confirmé. Mar- “Ulielti paraît avoir eu un rare bonheur dans la cure des plaies delète. Ses Observations surtout prouvent que le danger de ds, sortes de plaies n’est pas trés-grand quand il N'y a ni commotion ni compression: mais encore faut-il savoir soigner les Plaies de danger moyen (1). Il cite un cas où des portions du crâne pénétraient fort avant dans le cerveau; une autre d’une pointe arrivant jusqu’au Corps calleux, mais retirée aussitôt; un autre (as analogue, accompagné cependant de paralysie partielle; une “pilepsie guérie par la trépanation qu'avait nécessitée une plaie létête. Dans l'observation XII, il y a évidemment commotion ; Jéujet tombe sur la tête : point de blessure, mais perte du senliment et du mouvement, qui persista tout le temps. Vingt jours äprés, On finit par charger Marchetti de faire la trépanation; délRiL trop lard : au bout de trois Semaines, le malade succombail L'auteur a trés-bien reconnu les céphalées vénériennes, e twelles aussi qui sont causées par des tumeurs intra-crâniennes, “ayant la vérole ou une autre diathèse pour cause. Il a opéré avec succès des tumeurs au col, des grenouillettes (incision et cauté- “iSation) ; il rapporte plusieurs cas de plaies pénétrantes de poi-
(L)MOn ne s'étonnera pas de rencontrer au Moyen âge, à la Renaissance, même du xvie Siècle, (ant d'observations de plaies de tête, sans qu’elles soient reçues Sur ün Chämp de bataille. Les rixes étaient alors plus fréquentes, plus terribles entoréquelles ne le sont aujourd’hui, C'était une petile guerre perpétuelle,
trine (4), guéries surtout par le repos absolu; il a pratiqué ave suecès l'opération de l’empyème, et l'ouverture des abcès dû foie. Il a remarqué que les fractures par armes à leu sont fort difficiles à maintenir réduites, à cause du broiement des os, El que ces fractures, même simples, ne se consolident plus 16 qu'elles n’ont pas été bien soignées immédiatement. Marchelt traite par les bougies d’abord, puis, si cela est nécessaire, pal les scarifications et la cautérisation, les fistules uréthrales. II pré crivait, contrairement à l'opinion de Séverin, de faire la suture des nerfs et des tendons divisés. | ‘ Les Consultationes, Responsiones et Consilia de Raymot Forti (1603-1678), publiés en nouvelle édition dans Pannée 1701 (c’est celle que je possède; la première édition porté les dates de 4669-1678), appartiennent, comme l’auteur, au M siécle.(la permission d'imprimer est de 1668), et rappelont à à la fois les Consilia de la Renaissance, en ce sens que les ancicnsi sont souvent cités, et les Observations plus modernes, où domi l'observation personnelle. Forti est un galénisie décidé, mi c’est un praticien assez habile. L'ouvrage à quatre centunés, sans compter les consilia pour les fièvres et les maladies des femmes. Les maladies sont rangées a capite ad calcèm M observations, fort détaillées, sont accompagnées de réflexions et présentent les faits dans toutes leurs circonstances. L'auteur insiste beaucoup aussi sur le traitement, mais il n°y a point d’ands tornie pathologique ; — quelques recettes superstitieuses. MM Les volumineux et importants recueils (2) de G.-H. Welsoh (1624-1677), licencié, mais non docteur en médecine, publiés en 1668, 1675, 1681 et 1698, contiennent les observations le l'auteur, celles de ses correspondants ou de médecins plusa ciens. La première collection, la plus rare, contient l'opuscul de Cumanus, si précieux pour l’histoire de la syphilis. Welschesb surtout un enpirique. É,
(1) Une de ces plaies à été suivie d’attaques d’épilepsie, affection dont le blessé ne s'était jamais ressenti auparavant.
(2) Il a publié aussi, en 1660, une curieuse dissertation De aegagropilis seu Cal culis in rupicaprarum ventriculis reperiri solitis, et un savant commentaire su texte d'Avicenne relatif à la filaire ou veine de Médine (1674).
AU XVII SIÈCLE, 965 SObservationum medicarum libri quinque de Nicolas Ghes- (1601 —?) ont paru pour la première fois en 1672, et ont Méimprimés en 1719. I ne faudrait pas se laisser induire rieur par le titre : Ghesnean, comme Charles le Pois, prend HMainsi dire les observations comme les pièces justificatives Système, et ce système est la réhabilitation de la doctrine incienne : particulièrement de celle des catarrhes. Il attaque avec Acité les belles recherches de Schneider (1) et les opinions de WHelmont, et maintient le siége des catarrhes dans le cerveau. Mfaut, dit-il, que ces deux auteurs, et tous ceux qui les suivent niveu la ste bien sèche pour nier la théorie de Galien et se user à l'évidence. Les observations sont nombreuses, mais opsouvent elles manquent de ces détails qui permettent un didgnostic rétrospectif. L'ouvrage se Lermine par un Mémorial drapeutique où les maladies sont rangées par ordre alphalique avec les remèdes qui leur conviennent.
Blasius, dans ses Observationes medicae rariores. (1677), donne le résultat d'un grand nombre d’autopsies ; mais cette diomie pathologique est à peu près stérile, puisque le plus dent on ne connaît pas l'histoire de la maladie. “Peut-être faut-il chercher dans G. Ten Rhyne (2), élève de &iuius de le Boe, une description de l’angine de poitrine, ou dela maladie cardiaque des anciens. Ten Rhyne, qui avait s journé au Japon, à Batavia, est trés-habile sur la sphymologie linoise et grand partisan des moxas.
Dans les cinq livres des Observationes medicae et les Consilia
debossius (Londres, 1672 et 1684), on trouve, entre autres, des remarques utiles sur la commolion du cerveau, le catarrhe suffo-
Quant, l'épilepsie, les morts subites, les inflammations du pou- Mon (peut-être de la gorge?) avec paralysie du bras gauche; les
Malculs salivaires, etc.
je note dans la centurie d'Oservations médicales (1677) de
x 2 : À B'Norzascha le vagitus uterunus, el toutes sorles ‘d’autres très-
(1) Voy. plus baut, p. 693.
(2) Voy. à la suite de sontraité De artluritide (maladie — goutte et rhumatisme, Surtout le chronique — qui à son siége dans le périoste, et qui est due à un flatus; “Londres, 1683) : Febris cardiaca et cordis palpitatio ex flalibus, ab ipso auctore
assae, Elle régnait en Perse et au Bengale.
précieuses observations, accompagnées de savants commentaires et de renseignements historiques. 4 Ïl y a peu d'ouvrages dans la littérature médicale aussi reCOM mandableset plus utiles que les Centuriae observationum rariortime (1687 et 1727), de Corn. Stalpart Van der Wiel (1620 =} Chaque observation, recueillie avec autant-de soin que de dés sintéressement, est suivie d’un commentaire fourni par l’auteur lui-même, ou tiré d’autres médecins ; les cas analogues sont rap prochés avec soin, de sorte que ce recueil est à la fois un ouvrage pratique et une mine de renseignements historiques} de nombreuses planches anatomo-pathologiques accompagnentle texte. On doit préférér l'édition de 1727. — C'est celle-là ques Planque a traduite en 4728. Mais cette traduction n'est malheus reusement pas plus fréquentée que ne l'est le texte. — Al suite des Observations se trouve une dissertation écrite pan Pierre fils de Corneille Sur la nutrition du fœtus. Ce sont des. tentatives d’injections des vaisseaux utéro-placentaires qui Pont conduit à une trés-mauvaise théorie ; il soutient en effet quecæ n’est pas le sang de la mère qui nourrit le fœtus, mais que c’est une humeur épaisse et résineuse qui traverse Pamnios après s'être échappée du tube utérin, et arrive à la bouche du fœtus:
Les Observations physico-médicinales (1691) de Pechlin (1646 4706) sont aa nombre de cent quatre-vingt-huit : elles embrassents la chirurgie aussi bien que la médecine. Ainsi on y trouve des remarques importantes sur les calculs, sur la lithotomie, sur les affections de l'utérus, sur les accouchements, sur la paracentésess sur les polypes, sur la saignée, à côté d'observations Sur un grand nombre de maladies internes ou rares ou communes, mais plutôt rares. L'auteur est exercé dans les recherches d’anatonés pathologique.
Les Observations chirurgico-médicinales de Ido Wolf (1615 1693) ont été traduites du manuscrit allemand (1693) en latin, par son fils Jean-Chrétien, en 1704. Ce recueil, où les observas tions sont encadrées dans des remarques critiques ou historim ques, se compose de deux livres ; la chirurgie y domine. On düik signaler les observations sur les plaies de têle, sur celles du cœurs du tube intestinal, de la poitrine; sur les luxations des vertèbres,
le sarcocèle, sur les tumeurs. L'auteur, qui semble ne pas er éloigné du système archéique de Van Helmont, croit éaucoup à la nature médicatrice et aux causes finales. Wolf Dorte plusieurs relations d'anatomie pathologique. Quoique la frine soit généralement médiocre ou mauvaise, les observans n’en présentent pas moins En très-réel intérêt. Là où il y à observations, même au milieu des plus mauvaises doctrines, ya toujours quelque chose à gagner.
Martin Lister (né vers 1638-1711), dans un ouvrage intitulé : ercitationes medicinales de quibusdam morbis chronicis (De drope, diabete, hydrophobia, lue venerea, scorbuto, arthritide lo humano, variolis ; éd. de 1698), a rapporté un très-grand ombre d'observations fort instructives ; ou platôt ce livre se ose d'observations avec préambules et commentaires thérautiques ou pathologiques. L'auteur déclare ne pas appartenir à celte foule de médecins modernes qui font grand état de la phi-
sophie, surtout de la philosophie chimique, et qui méprisent, comme une vaine étude, l'examen scrupuleux des faits que la najure soumet à leur observation ; quant à lui, ila interrogé avec soin ét la nature et la tradition. Emporté par trop de prévention conreles modernes, en faveur des anciens, Lister s’écrie: On met “oujours en avant les maladies nouvelles comme un prétexte au
Miépris des anciens; ce sont des rêves d’un esprit vide ; qu'on ont on feint de vou-
bu)
lise attentivement; qu’on médite les livres d joirse passer, et l'on restera convaincu que toute la médecine SV trouve |
“1 y a peu de monographies qui aient exercé autant d'influence iles progrès ultérieurs de la chirurgie, par touteslesremarques uxquelles elle a donné lieu, que celle de Verduyn d’Amsterdam, sur l'amputation de la jambe à lambeau (ae
… (1) Dissertatio epistolica de nova artuum decurtandorum ratione, 1697, traduite la même année par Vergnol que Verduyn lui-même avait amputé. Une seconde raduction a été donnée en 1756 par Massuet, qui a joint des remarques sur les Minoyens de perfectionner la méthode de Verduyn et d'en étendre les applications. Lotraducteur disserte aussi sur l’amputation à deux lambeaux, proposée pat Ravaton et Vermale, chirurgien de YÉlecteur pal Maites à ces deux méthodes par divers chirurgiens, entre
atin ; il discute en môme temps les objections autres par Louis. À la fin
968 MONOGRAPHIES ER RECUEILS D'OBSER VATIONS
Je transcris dans la traduction de Vergnol la description du procédé adopté par Verduyn : « Avec la main gauche ayant frs tement empoigné celte partie du gras de la jambe qui estaum dessous de la ligature, il faut d'abord, de la main droite, enfonceM la pointe du couteau courbe, et la faire sortir de l’autre parts si près des os qu’il est possible, pour ne perdre rien des chairs et d’un seul coup les trancher [suivant leur largeur] jusque près du tendon d'Achille ; puis couper transversalement sur le devant de l'os le cuir et les chairs, suivant la méthode ordinaire, ensé” parant du même couteau le périoste et ce qui est entre les deux os. Après avoir retiré en arrière la portion du gras qui à été laissée, il faut scier les os, et avec l'éponge mollette trempée dans l’eau tiède, nettoyer promptement la plaie afin qu’il n’yresté aucune esquille, ce qui pourrait retarder la guérison. Après quoi il faut défaire la ligature et renverser, sur la partie mutilée, là portion de chair qui a été conservée, et l’y bien ajuster en comprimant de la main et la poussant de la partie postérieure de la jambe vers l’antérieure ; puis garnir les bords de la plaie avec le champignon, la charpie, les étoupes, ou avec quelque autre astringent propre (dont il faut peu), et envelopper toute tronc avec la vessie ramollie, l’attachant avec les bandes d'en plâtre adhérent ; on peut ajouter une seconde vessie dans lanéss cessité. »
L'appareil de pansement est beaucoup trop compliqué, etila jambe artificielle, imaginée par Verduyn, aété condamnée à cause de son poids énorme. Mais c’est bien du chirurgien hollandais que date Ja vraie réforme de la pratique des amputations, pratiqué qui n'a fait que des progrès insignifiants durant le xvir siècle:
Le Sylloge physico-medicinalium casuum incantationbus vulgo adscribi solitorum de G.-A. Mercklin (1644-1702), publié en 1698, est un des recueils les plus curieux pour l’histoire dela médecine magique; l'auteur lient dans celle question un just
du volume se trouve une lettre où Van Wlooten rapporte trois cas de succès obtenus par la nouvelle méthode, et la réponse de Verduyn. Quel est ce « fameux chirurgien» de Londres, dont parle Verduyn, dans sa traduction, et qui aurait eu l'idée, mais sans qu’elle ait eu de retentissement, de l'amputation à lambeau avant Verduyn C'est sans doute Lodwam, dont le procédé a été publié en 1679.
leu plus prudent que scientifique ; il ne nie pas tous Îles faits antations, mais il ne les accepte pas tous non plus. En de les questions, les compromis paraissent impossibles ; l'autorité lslémoins, la probabilité des faits ne prouvent rien; c'est le Dincipe même qu'il est difficile à un médecin d'accepter. Saviard (1656-1702) a publié, l'année même de sa mort, son ueil d'observations chirurgicales (au nombre de 128), dont le seconde édition avec commentaires a été donnée, en 178h, Le Rouge (1). Je souscris en grande partie au jugement trèsbrable de Haller sur cet ouvrage; toutefois je trouve que Miard est trop prompt à blâmer les confrères et trop pressé de Sdlonner des éloges. fl a attaqué avec acrimonie le lithotomiste Jacques Beaulieu ou Baulot. Toutefois il remarque, non sans fesse, mais peut-être non sans injustice-(2), que frère Jacques isa grande réputation à ces cinq circonstances, dont quatre moins contribuent encore à la renommée de nos charlatans iriques : « 1° parce qu’il n'opère pas de la même manière que & auires lithotornistes (appareil latéralisé intéressant la prostate, corps et le col de la vessie) ; 2° parce qu’il a beaucoup de harse tant à opérer qu'à vanter ses prouesses ; 83° parce qu'il ble être désintéressé (de quoi il pourrait être blâmé, de par PEvangile, pour montrer plus de zèle et de vertu qu'il n’en faut Son la science et selon Dieu !); 4° parce qu’il porte l’habit de noine et qu'il parait dévot ; 5° parce qu'il assuré que tout ce qu'il de la chirurgie lui est venu par inspiration divine, de sorte que fiyant rien dépensé pour se faire instruire, il veut aussi enseigner “tres gratuitement ce qu’il sait. » Ce dernier trait serait un Motif de louange plutôt que de blâme; nos chirurgiens empi- Miques ne sont pas aussi communicatifs. Pour en finir avec la bilique, remarquons que Saviard a des procédés un peu barbares à (1) Ma plupart des observations ont été recueillies par Saviard lui-même; quel- Ques-unes lui ont été communiquées par d’autres chirurgiens. “(2) Beaulieu à compté un grand nombre de succès dans Se Saviard ne semble tenir compte que des revers. — Dionis,
Side chirurgie, après avoir également fort maltraité frère Jacques, reconnait
“epéndant qu'il y a du bon dans sa méthode, mais à condition d'être mise en pra-
tiquempar un chirurgien habile anatomiste,
ous les pays par où il en ses Opéra-
pour la cure prétendue radicale de l’exomphale (obser qu’il use d’une véritable brutalité pour pénétrer dans la vessi forçant les rétrécissements et en donnant lieu à d’abondant hémorrhagies (voy. par ex. observ. 73); qu’il ne parait pa voir reconnaître l’abaissement du renversement de là matrice
Saviard a été heureusement inspiré quand il à 4% (observ. 6h) d’aviver, aprés les avoir réunis, les bords du fistule ancienne, suite d'une opération de taille ; mais les moy& employés pour rafraichir les bords et pour les en coï tact ne seraient probablement pas approuvés de nos jours" observations 3 && contiennent la relation d’une imperforation l'anus chez un enfant nouveau-né, et de l’hymen chez une jeu fille. Dans l'observation 5, il est question d’une femme quivétal prise d’œdème aux membres supérieurs chaque fois qu’elle-aw ses règles. Saviard (observ. 7) traitait l’'anévrysme par l'incis de la tumeur et par la double ligature au-dessus et au-dessous celte tumeur ; mais il se pressait beaucoup trop de lever le prem appareil. L'observation 107 est consacrée à un malade quivaW une multitude de pierres enchatonnées dans des cloisonnemenl de la vessie. On doit rapporter aussi plusieurs observationswels tives à des accouchements laborieux ou compliqués. Enfin, jee lève dans l'observation 100, à propos d’une morsure par un#ch enragé, de curieux détails de mœurs. Malgré une vive oppos tion, Saviard, esprit fort, avait fail l’autopsie de l'individu avait succombé aux suites de cette morsure, et il ajoute :
« Au reste, cette ouverture mit dans la suite beaucoup d’altni dans l'hôpital ; la peur saisit quelques dames religieuses eldial tres particuliers qui avaient assisté à cette ouverture; M. lesohe valier de Pontcarré, qui en était, fit le voyage de Dieppempü être plongé dans la mer ; les dames religieuses priéreat MaMéd vid Grancey, archevêque de Rouen, de les venir guérir-patl préparation et l'application d’un remède secret qui lui étaitspan ticulier et dont il cachait soigneusement la composition ; et:eotme il fallait que cette application se fit à jeun, et que la compost du remède devait être réitérée pour chaque malade en partiel lier, il élait plus de trois heures après midi avant que lessde nières guéries pussent manger. Cependant ces dames n'ét
IN
encore bien revenues de leur crainte par cette mystérieuse tion, elles firent venir le jeune chevalier de Saint-Hubert, ustoucha tous et nous préserva de telle sorte qu'aucun de la eu dans la suite la moindre atteinte de ce mal. »
Ridley (voy. plus haut, p. 888, note 1) à publié un recueil trop connu d'observations (1) et d’autopsies. On y remarque des jervations sur les convulsions et la céphalalgie à la suite d’inéion syphilitique ; d’excès de sensibilité de la peau d’une partie
#; Manthme de bonpalsioté chez les enfants, avec aupsie ; d une femme infectée de vérole par un enfant à qui elle ñ "1 le sein, etc.
lémentionnerai, en finissant, les Observationes (1614 et 1641), MConsilia (1615) de Félix Plater (1536-1641), où l'on trouve urs relations d’autopsies; — les douze décades d’obsersou Praxis medico-chirurgica rationalis (éd. de 1695) de Muys; l'auteur, trés-heureux dans la pratique, est en théorie aucoup trop cartésien; — les dix Decades miscellaneorum Micinalium (1625) de J.-B. Cortesius (1554-1636), où l’autraite de toutes sortes de sujets, de médecine, de chirur- 6, d'anatomie, de physiologie et d'hygiène; on y trouve d’inésants détails historiques et pratiques sur l’autoplastie ; — les érvationes medicae (1684) de Antoine de Heyden (1772 —), eckren (1682), de Hagendornius (1698), —les Observationes Mdico-physicae (1680), ouvrage posthume de Hellwig (1600- {674}, publié par Schroeck ; — enfin, les nombreuses Centuries Gbservations rédigées par Fabrice de Hilden (1560-1634) dusa longue carrière, et qui appartiennent pour une pelite je au xvi° siècle et pour la plus grande au xvn°. Ces Centulscontiennent, outre, le résultat de la pratique de Fabrice, Hgrand nombre d'observations empruntées à d'autres auteurs
Untur administrationes totidem corporum, etc.; Lugd. Bat. 1703 et 1738, 8°. étitre annonce une dissertation sur Les vaisseaux du fœtus ; c’est la 33° obser- O,.pe 177 ; la planche se trouve à la fin du volume. Je n'ai trouvé ces Obseres qu'à la Bibliothèque impériale,
ou qui lui ont été communiquées; elles fournissent aussi notables renseignements historiques. 4
Les recueils périodiques du xvi' siècle, et en particuliell Éphémérides des Curieux de la nature et les Mémoires delA démie des sciences, les Transactions philosophiques, sontret d'observations de médecine et de chirurgie. — Les ouvrag Ruysch abondent aussi en observations médicales, chirurgl et d'anatomie pathologique. |
Cette longue mais incomplète énumération prouve comb yavait de mouvement en dehors des écoles, et combien la thode d'observation cherchait à se faire jour à côté de esp de secte et d’hypothèse. Mais on a lieu de s’étonner ques d’empressement à récolter les faits, souvent lant d’exactitude reproduire, n'ait pas plus contribué à écarter de la patholo de la thérapeutique générales toutes ces conceplions a prio ne reposent absolument sur rien. Malheureusement les faits isolés, sans attache, sans lien, rassemblés presque sans autres que de satisfaire la curiosité ou le goût pour l'histoire natu et ne parlent pas plus à ceux qui les voient qu’à ceux qu lisent. C'est à nous maintenant d’en faire notre profit; mais ouvre el qui connait ces vieux ouvrages? Quelques chirurgi encore moins de médecins.
La tee à au xvu° siècle, surtout celle qui est représt dans les traités dogmatiques, les seuls dont je veuille m° OC} ici (D), ne diffère pas très-sensiblement, si ce n’est enspà de la chirurgie au xvi° siècle. Les efforts vers le progré surtout manifestes dans les recueils d'observations dont venons de parler; mais rien encore ne fait nettement presse
cette grande et noble chirurgie du xvin siècle, cette chiun qui repose sur des connaissances solides en anatomië,"sun diagnostic raisonné et sur des essais satisfaisants dan pathologique. En ltalie, car c’est encore en ce pays, au début
(1) Voyez plus haut les recucils d’ observations et les monographies, particul rement les ouvrages de Geiger, de Marchetti, de Tulpius, de Saviard, de Verduy
MAGATUS. 578 dleque la chirurgie cherche le plus activement à sortir des éres, en [talie nous trouvons, au xvir siècle, Magatus (1579jet Marc-Aurèle Séverin (1580-1656); — en France, Pierre lions ( — 1718) ; . (voy. plus haut p. 969); Baulot ou
Sle ; Belloste (1654- 1580) dette fervent de Magatus; Ma- Hal (1658-1736), un des hommes qui, sans écrire aucun dl), ont exercé le plus d'influence au xvin* siècle sur les
SX, la fondation de l'Académie de chirurgie; —en Angle- Richard Wisemann, chirurgien de Jacques I; — en Hol-
imort vers 1702; ; Palfyn; — en Allemagne, Purmann; let (1595-1645), connu surtout par son Armamentarium ou Arsenal de chirurgie, ouvrage précieux pour la descrip-
léncontre; Murall (1655-1733), et quelques autres chirurgiens Moindre renom. Nous commencerons par l'Italie, et en Ltalie Magatus, renommé pour avoir tenté de simplifier les panse- "ce qui était une des réformes les plus uliles et les plus nes de la chirurgie.
César Magatus (1579-1647 ou 1648) pratiqua la médecine à Rome, à Naples, à Bologne, fut professeur à Ferrare, et finit par er dans l’ordre des Capucins, sans cesser d'exercer son art. — Abalus ne se vante pas d’avoir eu le premier l’idée de modifier Pansement des plaies; il raconte, au contraire, qu'il avait vu énouvelle méthode mise en pratique par la plupart des chirursde Rome, mais qui agissaient ainsi plutôt par empirisme que laisonnement ; c’est lui qui, élevé dans les anciens errements, Mchargé de réduire cette pratique en doctrine (2). On peut
“Ses Observations ont été publiées par divers chirurgiens, ses élèves, ou dans Cuxpremiers volumes des Mémoires de l'Académie de chirurgie. W avait pernnéle haut appareil pour la taille.
(2) Dérara medicatione vulnerum, etc. La première édition à paru à Venise 616 int; l'édition de Francfort, 1733, en deux volumes in-4°, beaucoup
ajouter aussi que déjà le chirurgien Würtz (— 1576) signalé l'abus des tentes (1, 2). Deux questions sont en litige plaies creuses (car il s’agit surtout de celles-là) doiveni-eilest remplies de tentes? Faut-il renouveler souvent l’appareilell visiter une ou deux fois chaque jour ? Îl
Magatus énumère les quatorze raisons assignées en faveuM
les plaies; qu'il y a nécessité de renouveler journellemen médicaments et d’en observer les effets ; de donner un proncs quotidien; d’éloigner les causes d'irritation, enfin, qu'on toujours comporté de cette façon, et qu’on s’en est bien trou parce que c’est un procédé rationnel, tandis que la méthod opposée est nouvelle, trompeuse. La preuve c’est que lesMbi
d’argumentalion à la mode en ce temps-là, puisqu'elle a cond Magatus dans la bonne voie, et qu'il a fini par s’en rapporter propre observation. |
La première raison pour s’écarter de l’ancienne pratique; que l’on conserve mieux la chaleur ei que même on l’acer pansant rarement les plaies; or, la chaleur est nécessaire 10 leur guérison. — Seconde raison : ce qui retarde le plus el pêche même la cicatrisation des plaies, c’est l’afflux d’hu vers lesdites plaies; or, plus on irrite les plaies en les découvra plus correcte et plus complète (c'est celle dont je me sers), contient là signée par le frère de Magatus aux attaques dont la doctrine de celui-eiivail l’objet, et de plus une très-bonne préface de Crégut sur l’état des sciences n cales au xvn° siècle et au commencement du xv®. On y voit qu'un sain, Zumbo, avait inventé les représentations anatomiques en cire colorée,
J.-B. Bianchi, à Turin, et Desnoues, en France, avaient porté cet arbà degré de perfection.
MAGATUS 975
mlesbourrant de charpie, plus on dissipe la chaleur naturelle, aussi on affaiblit les parties, et plus on les dispose aux lAxions. — Troisième raison : Galien a dit, dans sa Mé/hode apeutique, qu'il faut surtout éloigner des plaies simples ou uses tout ce qui offense la nature; or, il n’y a rien d’aussi lraire que l'air ambiant qui refroidit les parties. — Quatrième n: Hippocrate déclare, dans son traité Des fractures, qu’on {beaucoup à la coaptation et à la cicatrisation, en découvrant
n fatiguant sans cesse les fractures et les plaies. — Cinquièment : Si le nouveau mode de pansement est jugé si excellent les maîtres, on doit tenir pour certain qu'il engendre moins arties excrémentitielles que l’autre. Enfin, l'expérience prouve avec celle méthode les plaies guérissent plus heureusement lus vite qu'avec l’ancienne; cette seule raison suffisait! Maus ne veut pas qu'on défasse le bandage avant le quatrième Ou. il est d'avis qu’une plaie simple réclame ordinairement ba huit jours pour se cicatriser, quelquefois moins; ilena Me cicatriser en quatre jours.
(Quant à l'usage des tentes et des gâteaux de charpie, pour LR défense desquels les traditionalistes avaient d’aussi bons argulents que pour les pansements fréquents, Magatus n’a pas de Jéine à établir les bons principes ; il n’allègue que cinq raisons, lis elles sont en partie valables : loin qu’il soit bon de tenir les res de la plaie béantes, il faut au contraire les rapprocher ; ien lui-même l’affirme, et, en de telles circonstances il use de dicaments liquides versés au fond de la plaie. Rien ne prouve eux l'inutilité et le danger des tentes que les désordres (déchi- 5, douleurs, afflux d’humeurs, effusion de sang, etc.) qu'on Dioduit dans une plaie quand on les met ou qu’on les enlève. En mbibant de pus et d’autres détritus, la charpie ne peut qu’entrélenir le mal et offenser la partie (E, 1-7). dgatus donne ensuite la définition des plaies, indique leurs différences, leurs. signes, leur pronostic; il entre dans toutes res de longues considérations ou discassions sur les phénomé- : ët accidents que présentent les plaies, sur les diverses condi- IS où elles se trouvent; c’est une section de son livre xirèmement fastidieuse, et toute galénique. Après quoi, il entre
dans des détails non moins prolixes sur la cure, tant inter qu'externe, des plaies en général; et là, il rapporté exemples et cite quelques autorités (1) pour en. l “+ de sa méthode. K
Le second livre est consacré à l’histoire.de chaque espèce plaies en particulier ; l’auteur s ’arrêle avec une prédilectio marquée sur les plaies de tête. On y trouve plusieurs remarqué importantes (2), mais dont l’énuméralion nous entraîneraiti p loin (3). Notons seulement qu'avec Ambroise Paré, Magab prouve (car le préjugé existait encore) par de longs et nombre arguments, que les plaies par armes à feu ne sont point erpol sonnées ; tous les désordres que cause la balle, le danger qu'elle fait courir viennent de la violente contusion ; il a néanmoins pot ces plaies plusieurs huiles (entre autres ire aux petils chien ou onguents particuliers, (Append. De vulner. sclopo inflicti
Sennert avait attaqué Magatus assez vivement; celui prétextant de ce qu'il était devenu moine et ne voulant} s'occuper des affaires de ce monde, s’abrita derrière le nom son frère Jean-Baptiste et écrivit une verte réplique cn.d8 parties, où il reprend et corrobore les preuves déjà données faveur de sa méthode el auxquelles il en ajoute de nouvelless invoque tour à tour les autorités, l'expérience et le raisonnermen contre les pansements fréquents et l'usage des tentes ; mais ne donne pas de rêgles bien fixes pour le renouvellement appareils.
(4) D'abord, pour les besoins de la cause il s'était appuyé sur les témoignagt d’Hippocrate et de Galien; ici, plus soucieux sans doute de sa propre réputations incline à dire que la nouvelle méthode leur était inconnue, aussi bien qu'à Ce à Avicenne ct aux autres, exceplé peut-être à Paracelse (I, 41-43).
(2) Il redoute les contusions du erâne plus peut-être que les fractures, à ca des chances de gangrène interne et des accidents de commotion, On doit enl avec la rugine toute la félure lorsqu'elle ne pénèlre pas, et trépancer si elle intéresse l'épaisseur du crâne. Il pense qu’une large fracture du crâne fait office de trépnss Il défend de retirer les corps étangers qui ont pénétré dans les plaies avant ét blissement de Ia suppuration ; ce qui semble une mauvaise pratique.
(3) Au chapitre 47, il se défend vaillamment contre les médecins qui l’accusaie de pénétrer sur leurs domaines en traitant des maladies internes produites par affections chirurgicales, et il montre comme Séverin, mais mieux que lu, Li
. tristes résultats de la séparation de la médecine d’avec la chirurgie,
MAGATUS. —— SANCASSANI, 971
Sancassani (1669-1718) est l'apologiste le plus passionné, le dénseur le plus ardent et le plus instruit de Magatus ; ses œuvres onbété réunies sous ce titre : Dion. Andr. Sancassani Di/ucida- Aion fisico-mediche tendenti a richiamare la medicina pratica dla preziosa purita in cui ce la lascio il grande Ippocrate ; con alim trattati concernenti a tale importantissimo argomento. — 191-1738. 4 vol. in-folio. — Ce recueil, trés-rare en France, scompose d’unc foule d'ouvrages dont les auteurs sont plus ou moins favorables à la doctrine de Magatus : Pelagio, Zambeccari, Herm. Van der Heyden, Pisoni, etc. Le texte de la plupart de ces buvrages est accompagné d’'éclaircissements, de commentaires, dekettres, de dissertations par Sancassani. On y trouve aussi la Iutation des objections faites de divers côtés contre la méthode préconisée par le célèbre réformateur. On remarquera particu- Mlièrement dans le premier volume une statistique des résultats Que fournissent les deux méthodes de traiter les plaies, statistique donnée par Magnani, Pictro Gessoni et Mario Cecchini, durant lannée 1700, à l'hôpital du Saint-Esprit à Rome. On regrette Seulement de n’y trouver presque aucun délail sur la nature des blessures. 11 est bien entendu que tous les avantages sont pour la pratique de Magatus. Le second volume, en tête duquel se trouve une brève notice biographique sur Magatus, écrite par son neveu Prosp. Magatus, est rempli en grande partie par la traduction du Olimurgien d'hôpital de Belloste (1 vero Magali redivivo) avec ls dilucidazioni, les additions et les aphorismes de chirurgie de Sancassani, qui à réuni aussi un certain nombre d'observations deBelloste (6° partie) et les siennes propres; elles sont trèsnombreuses. Les deux derniers volumes renferment la suite des observations de Sancassani, des letires et autres £estimonia ou apoloqies en faveur de la nouvelle méthode, la Défense de Magatuspubliée sous le nom de son frère, enfin l’Aré de sucer les ples, par Anel.
En laissant de côté la plupart des explications et hors-d’œuvre quiabondent dans ce recueil, on y trouve une foule d’observations qui peuvent servir à l’histoire de la chirurgie.
À DAREMRERG. 62
Mare-Aurèle Séverin paraît avoir été très-frappé de Va sement et du discrédit dans lesquels était tombée la chirutoé au xvii siècle (4); il en attribue la cause (E, 5, — voy. at chap. 10) à la fatale séparation de la médecine et de la chirurgt de là découlent nécessairement, faute de notions théoriques,
teurs, leur ignorance presque complète de l’anatomie, laquelle peut seule donner fermeté à la main et assurance dé le dia gnostic ou le pronostic. Les chirurgiens ont élé réduits à la 1 sérable condition de manœuvres timides ou avenlureux qui n0M ni souci de leur dignité ni soin de la réputation qu'ils ct il acquérir en se montrant plus hardis. Séverin rapporte à ce sul des exemples à peine croyables, soit de la timidité des chirub giens, soit de la témérité des charlatans. — A l'en croire/oi n’osait plus faire la plus simple opération, ou bien on porlait fer et le feu sans savoir ni pourquoi ni comment. Notre autèu plaint aussi de la mollesse de ses concitoyens qui se refusenM souffrir la moindre douleur, ce qui nous rappelle l’ostracisni dont Archagathus fut victime lorsqu'il voulut importer à Romël mâle chirurgie des Grecs (2), au lieu de se contenter des simple usités dans la médecine populaire.
Séverin prend occasion de ces remarques touchant la cou dise des chirurgiens et la préférence qu’ils donnent aux dicaments sur l'emploi des instruments tranchants ou sur Pus
- des cautères actuels, pour faire la guerre à Paracelse, « hom ambitieux, ennemi juré du parti des Grecs », qui a donné lei exemple de cette chirurgie bâtarde où l’on vante les baumes, le
(4) 1 est bon de mettre sous les yeux de mes lecteurs le titre faroucheebamh tieux que Séverin à donné à son ouvrage : De efficaci medicina libri LL qua culea quasi manu, ferriignisque viribus armata, cuncta, sive externa sive in tetriora et contumaciora mala coliduntur, proteruntur, extinguuntur, adju tibus aeque pragmatias experimento, methodi fulcimento, auctoritatis compleme Opus antehac in arte desideratum, — La première édition est de Francfont,1ôit — Quel médecin qui se respecte oserait aujourd’hui inscrire un pareil titre en K d’une de ses œuvres. Beaucoup de nos anciens ont poussé aux dernières limiteshot trecuidance, et, tranchons le mot, le charlatanisme professionnel, 1
(2) Voy. plus haut, p. 177.
onguents et où l’on tolère seulement les escharotiques (I, 8 @9). Il faut une chirurgie tranchante et non émoussée (IL, 11), üne chirurgie où prudence ne soit pas synonyme de lâcheté et d'absence de savoir ([, 10). Il n’y a pas de chirurgie cruelle (1) quand elle procède, non au hasard, mais avec méthode pour le Soulagement ou la guérison des malades (1, 42 et 13). Séverin vasans doute un peu loin lorsqu'il veut nous faire croire que la douleur est très-supportable par elle-même, et qu’on doit toujours être disposé à la souffrir pour la santé et l'intégrité du corps (1, L3). Il est pleinement dans son droit lorsqu'il affirme que lchirurgie active, efficace, Lerculéennne, est moins dangereuse
mcbrapporte plus de gloire que la chirurgie indulgente, efféminée
étd'aventure, ou qu’il s'élève contre cet absurde raisonnement qu'il y a prescription contre la chirurgie virile, puis qu’elle a été abandonnée depuis si longtemps. Séverin n’a pas de peine à montrer que c’est l'ignorance, la barbarie et les préjugés qui sont la seule cause de ce délaissement (I, 15).
Mais en quoi consiste cette médecine efficace entre les mains de Séverin? Ne croyez pas, Messieurs, qu'il s'agisse d’imaginer de grandes opérations que n'avaient pas tentées les anciens pour remédier à des affections mieux connues et jusqu'ici négligées, ni même de revenir à la pratique savante des Alexandrins ëldes habiles chirurgiens qui vivaient au temps de Galien, et dont Oribase, Aétius, Paul, ou Rhazés nous ont conservé tant de précieux extraits. À lire le fier préambule de Séverin, on ne Sallendrait guère, en effet, à trouver dans son livre si peu de chose de la grande chirurgie. C’est cependant à quoi il faut se résigner quand on ne s’en rapporte pas au titre et qu’on pénètre aucœur de l'ouvrage lui-même.
Il y a trois espèces de chirurgie : la compositive ou synthèse ; hdivisive ou diérèse; l'extractive ou exérèse. La principale dignité de la chirurgie consiste dans la diérèse, c’est-à-dire dans
(LMoyez la contradiction! Séverin (1, 42) semble accuser Tagliacozzi de faire une véritable boucherie dans ses belles opérations d’autoplastie. Il ne ménage pas HN plus l'abrice d'Acquapendente, mais avec plus de logique, car ce chirurgien fénait-pour les cures douces et faciles.
les incisions (1, A8), auxquelles il faut joindre les cautérisationÿ par le fer rouge. Gette seule division prouve déjà que Séveriih n’avait pas une idée ni bien nette ni très-large de la chine cal la diérèse n’est en général, à proprement parler, qu’un préans bule, qu’un préliminaire aux véritables opérations, c’est-à-dire l'ablation des tumeurs, à léxtraction des corps étrangers, ädà séparation des parties gâtées: ce n’est qu’un moyen de pénés trer dans les cavités, vers un vaisseau à lier, une hernie à ré® duire, etc., ete. — S'agit-il de tout cela pour Séverin? Nonb mais de la section de la peau du front (iypospathisme) ou dés Vocciput (péricyphisme) pour des affections qui sont aussi bien: du ressort de la médecine que de celui de la chirurgie (c’est qu’il appelle l’exothérapie ou traitement externe, par oppositio à l’entothérapie où médecine interne), de la scarificalion, dé l'artériotomie, de l’ouverture des abcès, de l’excision. Ajoutons, cependant, que la lithotomie est rangée sous cette rubrique
Cela dit, Séverin, qui avait déjà donné, au début de son trallés une histoire un peu fantaisiste de la chirurgie héroïque et deà chirurgie suivant les diverses nations (I, 2 et 3), expose les më thodes suivies depuis Paracelse jusqu’à lui (I, 19-21), et aborde dans la seconde partie les opérations en particulier, On voit aisé ment que son cadre est extrêmement restreint. Ainsi il passé successivement en revue l’arfériotomie et ses nombreuses pèces, qu'il célèbre pour toutes sortes de maladies, donnant dés exemples à l'appui : — la cautérisation des mêmes artères la phlébotomie, où il indique une multitude de veines à saigneny — Ja cirsotomie (WE, 37), ou opération des varices, laquelle com siste, soit en une simple ouverture, soit dans la section complète de la veine, comme la pratiquait Fallope et comme notre auteur” lui-même la recommande. ‘
« Quant à moi, fondé sur le raisonnement de ce personnages (Fallopius) et l’autorité de Galien au livre [II de sa Méthodeuh rapeut., ©. h, et au liv. Il Des médicaments selon leurs geniress ch. 2, etsur Aetius, Tetrab., Serm. x1v, ch. 4, lesquels avertissenb que si les varices sont jointes à un ulcère, jamais il ne se cons0® lidera, quelque peine que l’on prenne, j’ai guéri très-heureu ent, et contre toute opinion, des ulcères de deux, trois, sept
“lixans, voire des plus invétérés, en coupant les varices qui étaient autour, lesquelles empêchaient la consolidation. Jai fait le preminier celte sorte d'opération dans Naples, ayant néanmoins été thiminalisé au commencement parles gouverneurs et intendants del'hôpitai qui croyaient que l’on mettait les patients en un éident danger ; mais les bons événements qui ont suivi, par la trâce de Dieu, lequel a favorisé ce qui se faisait à bonne intenlion, ont fermé la bouche aux envieux et à ceux qui ne compre- Midient pas bien l'affaire. Or, d’entre ceux que j'ai guéris, quoique “ne soient point gens de marque, je veux principalement fire mention d’an frère mineur de la province de Rome, nommé fière Antoine Cavensis, lequel ayant porté l’espace de douze ans un ulcère, effectivement petit, au talon, mais extrêmement mopinittre et incurable, je le rendis sain au mois de septembre, l'an 1625, ayant coupé la petite varice qui était dessus. Elrun autre nommé Dominic Ferrarius fut guéri d’un semblable ulcère en l’an 4629. Or, c’estune chose digne de remarque que, quoiqu'il y ait une grande douleur en ces parties qui sont au-dessous, il ne reste aucun mal après avoir coupé les varices qui sont beaucoup au-dessous (sic). I] faut aussi remarquer que toute lenflure des parties inférieures disparaît, et que la partie revient ëson état naturel sitôt que l’on a coupé ces entortillements, tout Me même qu'une plante vient à sécher sitôt qu’on lui a ôté l’eau quil'arrose. Il faut encore admirer ceci que nous avons décou- Werl avec contentement en un homme travaillé des varices : il avait au-dessus du genou, en dedans, des varices entortillées, lesquelles, montant en haut, faisaient comme une petite colline, et allant rendre vers laine, venaient à descendre insensiblement ën bas de ce tubercule. Ayant donc coupé la varice en cet endroit, jéfis expression du sang qui était dans ce tubercule autant qu'il mefut possible, et du bout qui était resté au bas, le sang coulait abondamment au commencement ; mais, mon industrie étant de- Nenue inutile, il se fit un abcès en la partie, comme l’ulcère fait par la section était déjà mondifié. Voici donc ce que j'y ai trouvé digne de remarque, c’est que le sang qui avait croupi dans ces replis entortillés, étant refroidi par la discontinuation de l'influence dé la source, n'avait pas pu garder sa consistance, et par consé-
982 DE LA CHIRURGIE AU XVIL° SIÈBLE.
quent y était corrompu. Et ce qui est encore plus admirable, Jess veines mêmes étaient aussi pourries; mais néanmoins, ulcères ayant été au bout de quelque temps mondifié, cet homme fub guéri.
» Outre toutes ces cirsotomies que j'ai exercées en ces mens bres, j'ai encore fait particulièrement celle du scrotum (vario cèle?), laquelle est tellement abolie en notre siècle qu’il semble“ une chose absurde et téméraire de l’entreprendre. Néanmoins Jak guéri quelques-uns en noire hôpital et hors d'icelui. Sous ma cons duite Jean-Dominic Moschius a guéri Augustin Pharensis, del société de Saint-Horace Gambaveta au couvent de Sainte-Manié de Grâce, à Naples, quoique Aetius tienne au Teérab. IV, serm.à ch. pénult., que ces opérations sont très-difficiles » (traduct. de Th. Bonet, Bibliothèque de médecine et de chirurgue).
Séverin, appuyé sur l'autorité d’Oribase, confirmée parlé docte Sébastien Travus, professeur à Turin, et par Montuus; célèbre la scarification et entre dans de grands détails sus merveilleuse efficacité contre les maladies internes ou externes Sous le titre de paracentèse il comprend diverses opérations d'un genre rès-différent : les ponctions de la dure-mère, l’ouverturés des hydatides, celle des diverses tumeurs des paupières ou des surface du globe oculaire, des hémorrhoïdes, l'opération de lhys drocèle, etc. ; enfin la véritable paracentèse. Nous donnons icl les chapitres 13 et 16 qui fourniront un nouvel échantillon de la pratique du temps et aussi une idée des préjugés auxquels Séverin resta soumis et qu'il a cependant combaitus avec véhés mence au débul de son traité. Dans le chapitre 13, il décrit unes nouvelle manière de traiter la hernie, et qui est empruntée lex tuellement à Al. Benedictus (XXXV, 87) (1). :
« Il faut avoir une forte aiguille par laquelle on fera passer un fil de soie crue extrêmement fort qui ait un pied de long ; onfen aussi faire une petite platine d’ivoire ou de corne ayant la figures
(4) Souvent Séverin fait de semblables emprunts, mais en citant parfois de. telle façon, qu'il pourrait passer pour l'inventeur des procédés qu'il décrit, = M. Malgaigne (Introd. aux OŒuvres d’À. Paré, p. cut et suiv.), rapproche le procédé de Benedictus, pour la cure radicale des hernies, de celui de Bonnet dé Lyon, et il ne le désapprouve pas tout à fait, F}
lun rectangle oblong et d'un pouce de largeur ; on tiendra enprêts les cataplasines et autres emplâtres nécessaires. Le alin on couchera le malade sur le dos après avoir repoussé les iloslins. On rasera auparavant la partie; alors on étendra le lum afin que la peau de laine soit bandée, et le malade redra doucement son haleine sanscrier ; le chirurgien arfêtera à main gauche, adroitement, la membrane, repoussant le Uyau de peur qu'il ne descende en bas, et de la droite il cheréra la veine (vaisseau) spermatique qui va au Lesticule, avec la- . quelle il faut attraper en même temps toute la membrane et la
eau, faisant passer l'aiguille trempée en huile auprès de la veine,
S appréhender ; puis tirant le filet, et l'aiguille étant sortie, le “érviteur prendra le filet, et mettant la petite lame dans le filet, il Herrera bien de sorte qu’elle soit de plat sur la peau, sans touder à l’autre partie du scrotum, et les deux testicules étant hors duiœud ; tous les jours il faudra une fois ou deux contourner lplatine qui est dans le filet, lequel, en étreignant insensibleent de tous côtés, ronge peu à peu la peau et la membrane là serrant, et élargit le trou qui est vers le testicule où il se Me du pus, et en même temps la plaie qui a été dilatée se conlide par le moyen des médicaments que l’on met dessus, de {e que la plaie s'ouvre peu à peu, et en même temps les bords nnent à se joindre l’un à l’autre, car le filet qui serre de tous coupe entiérement la plus grande partie de ce qu'il étreint l'espace de dix ou quinze jours. Il faut alors faire en sorte qu'il forme une cicatrice et qu’elle s’affermisse par un calus, prenant soigneusement garde que la partie qui a été tout fraîchement fensée ne vienne à se relâcher et que le boyau ne descende de- Yéchef, par ce moyen, il ne faut point appréhender que les veines À hant à s'ouvrir, il arrive une perte de sang ou inflammation ; is immédiatement après la piqûre on met par-dessus un oxyrhodin de vin et d'huile rosat, et après, un cataplasme de lentilles AVée miel ou vin, dans lequel on a fait cuire de l'écorce de greides. Après que l’inflammation est apaisée, on en applique un autre fait de farine de froment et de résine de pin; on déterge peu à peu le pus, enfin on fait venir la cicatrice sur la plaie, y Éajoutant un cérat. Mais dans cette cure il faut observer la même
façon de vivre qu’on a accoutumé d’ordonner dans les autres plaies. 11 faut donc couper toute la partie qui a été attrapées laquelle il faut aussi guérir, car le calus y étant venu (commenots avons remarqué) et la production du péritoine étant bouchée, le passage est fermé au boyau et à l’omentum. J’en ai vu plusieuts qui ont été guéris en celte manière par un Espagnol, lequel ati rait quantité de personnes à soi par la douceur de sa cure{l* quelle se faisait par une seule piqûre) comme aussi par la pr messe de la durée d’icelle ; mais il la faisait acheter excessivemet cher. » À
Au chapitre xvr il est question De la ponction de la matt qui est descendue : « Les anciens qui guérissaient les malad des bêtes (et comme Chiron Centaurus, entreprenaient aussi dé traiter des hommes), quand le siége, le membre viril et la vue étaient descendus, après les avoir piqués légèrement avec dés pointes subtiles ou même frappés avec des orties vertes, les lavaient incontinent avec du fort vinaigre, car c’est une cho certaine que ces parties s’iront cacher en leur lieu naturel. Voilà ce qu’en enseignent les vétérinaires Apsyrtus et Hiéroclès au lit, ch. 48 Peer; ed. Ruellius, f° 59]. Mais qu'est-ce quiems pêche qu’on ne puisse faire le même essai aux hommes de ce tempss vu principalement que par le moyen de ces ouvertures insers sibles on ôle en partie la cause qui pourrait derechef les faire descendre, à savoir ce sang ae et AQU (Trad. Bo® net.) — ist, notre auteur voudrait qu’on fouellât et quon ponctionnât la matrice tombée ou peut-être renversée ! 4
Séverin passe ensuite aux incisions de la peau du crâne oué la face contre les catarrhes qui descendent sur les yeux, et co certaines douleurs invétérées de la tête ; il parle aussi d’une foule d’autres incisions que lui-même n’a pas toujours pratiquées, mal dont il rapporte des exemples tirés d’autres auteurs et qui ava pour but d’évacuer des matières contenues dans le foie, danse reins, dans le ventre, dans la poitrine (empyème), et mêmép faire sortir l'urine de la vessie en cas de rétention. Gertesily dans beaucoup de ces faits relatésavec complaisance plusde chiruk gie barbare que de chirurgie rationnelle. Séverin s’étend longtt ment sur la forme à donner aux incisions suivant les parties
lésatfections ; il mentionne aussi les contre-ouvertures dans les
dapiers purulents et en énumère les indications ou contre-inditations.
“Dans une longue série de chapitres (30 à 140), notre auteur Sins suivre aucun ordre, mêlant et distinguant au hasard (mais
@ldonnant çà et là des observations, qu'il puise ailleurs ou
Quilui appartiennent), parle des plaies, des ulcères, des tumeurs, Qui, dans quelque partie qu’elles siégent, réclament incision ou
&Xcision ; on y voit confondus l’adhérence des paupières, le filet, la laryngotomie, la sortie du nombril, l’hypospadias, le phimosis, l'imperforation de l’hymen (membrane qui n’est ni \yalurelle ni ordinaire) ou du fondement, les fistules simples defourchues » le panaris, l’herpès et autres espèces d’ulcères, lés“cicatrices vicieuses, la morsure de chien enragé, les affections des yeux, les polypes, les hernies, les condylomes, les cors aux pieds, la nymphotomie, l’ongle incarné, les amputations, les Séctions des nerfs, des muscles, des tendons, les sutures.
“En lisant ces nombreux chapitres, où les autorités sont accumulées, il n’est pas difficile de constater que, malgré son énergique revendication en faveur de la thérapeutique efficace, Séverin «ri fait que rarement de grandes opérations. Le chapitre 102 prouve en particulier combien, au xvir siècle, était petite lautorité des chirurgiens, et combien les opérations aujourdbui les plus simples semblaient de blâmables témérités. Il Sagit de l’amputation des membres. Voici ce chapitre, une des pages les plus curieuses de l’histoire de la chirurgie :
MO faut rapporter à la chirurgie efficace et résolue l’amputalion tant des membres pourris que de ceux qui ont souffert par mortification, ou infection par poison, comme aussi de tous éeux qui dépendent des préceptes de l’art, pour éviter la mort. Panécessité est si évidente de cette opération que nul ne passera pour médecin qui la rebutera ou fera difficulté de s’en servir. Je parlerai de toutes par ordre. Quant au premier, pour faire voir OiVerlement et le plus clairement qu’il sera possible une chose qui semble difficile à plusieurs, je dirai en peu de mots ce que Jairemarqué en l'hôpital dés Incurables. Un homme âgé de “Dans, nommé Barthélemi Chiocca, étant tombé dans le feu en
un accès de haut mal, duquel il s'était approché à cause du froid" il se brüla tellement le bras Jusqu'au coude, qu’il en perdit u grande portion de chair, etles ligaments qui lient l’os de l'épaule avec les inférieurs furent rompus, les muscles étant exténués par tout, et l’os de l'épaule en quelques endroits à découvert, J'avais délibéré de couper avec la scie l’os de l'épaule, un peu au-dessté du coude, après avoir fait une ligature pour ôter le sentiments Car quel remède pourrait-on trouver pour retenir les os qu’ilsné viennent à se choquer et entre-heurter l’un l’autre, ou qu’il n'a rive une douleur violente et convulsive aux nerfs et parties sens sibles si leurs ligaments sont consumés ? Comme done il men çait à toute heure le patient de mort ou de passer une misérable vie, je trouvai à propos de le couper, out de même qu’on ext mine un mauvais citoyen pour conserver la bourgeoisie. Maisdé malade ayant connu ma délibération, il mena un tel bruit par ses larmes et éjulations, que, la chose ayant élé rapportée aux supérieurs qui n'étaient pas éloignés, il obtint qu’elle serait ren voyée de quelques jours. Mais cependant les douleurs et veilles le travaillérent en sorte, et il avait tellement approché dernier des maux qu’il défaillait presque. Quand il se vit réduiM cet état, il me supplia instamment au nom de Dieu que je vins à exécuter ce que j'avais délibéré auparavant, qu’il se résolvai souffrir toute rigueur de la chirurgie. J'eusse désiré qu'iM tenu ce langage au commencement, car il ne me semblait assez fort pour supporter la douleur. Ayant donc laissé l’excisi en arrière, je fis en sorte par les médicaments que les 06 étaient venus noirs commencérent à se séparer. Ce qu'ayanbl quelques-uns des nôtres, ils crurent que l’agglulination pou succéder ; mais n’y ayant aucune base qui soutint la chair nécessaire à ce pauvre homme de supporter ordinairement bras de la main gauche pour l'empêcher de tomber contre gré en bas. Il mourut cependant avec un grand abattement. forces ei de cruels lourments, et à mon avis aurait échappés se fût soumis du commencement à la chirurgie, comme juged Chacun de ceux qui l'avaient vu au commencement. » (Eraddl Bonet.)
La dernière partie du Zraité de la médecine efficace est cons
à la trépanation, que l'on pratiquait en ce temps-là pour simples migraines, pour la manie, ou pour des maladies. x, et qu’on rejette ou qu’on hésite à faire de nos jours pour raves blessures du crâne. Il est aussi question, dans cette tie, de la trépanation des côtes dans l'empyème afin d'éviter parties molles des espaces intercostaux ; du limage des dents; Bla résection des fragments d'os qui sortent à travers les plaies uses fractures ; de la rupture de la rotule aprés une fracture consolidée. Enfin Séverin affirme avoir guéri à l’hôpital nefoule d'exostoses en ruginant la tumeur jusqu'au vif et en piquant ensuite la poudre catagmatique.
La Pyrotechnie chirurgicale (4) du même auteur est divisée uatre parties : considérations générales sur les effets du feu; Miverses méthodes de cautériser ; — variété des instruments utres moyens mis en usage; — affections dans lesquelles jent la pyrotechnie ; — parties sur lesquelles il est permis où ndu d'appliquer le feu. — Les fomentations, les bains chauds, arfums, qui renferment en eux une matière ignée, les étuves, olation, font aussi partie de la pyrotechnie. — On y trouve Chapitre spécial sur les ventouses. La dernière partie est conbe à l'énumération des nombreuses maladies internes et nes dans lesquelles on employait le feu. Il y est fait grand des fonticules ou cautères, dont Séverin a le premier déterlé la place au bras dans la région celluleuse limitée par les értions de la longue portion du triceps et du deltoïde. éverin avait raison de prémunir les clients contre la crainte: douleur : il fallait, en vérité, que ce fùt un vain mot pour bles malades aient continué si longtemps à se soumettre à de leils traitements; il fallait également que les chirurgiens fus- aussi barbares qu’ignorants et englués dans les vieux présde la chirurgie arabe, pour livrer les patients à de si horles tortures, quand un seul et rapide coup de bistouri ou de
(1) Autant la Chirurgie efficace redoutait encore le fer, autant elle employait le Luravec hardiesse et même témérité, par la raison toute simple que le danger y est Sapparcut ct que la manipulation est moins difficile,
ciseaux pouvait si aisément les remplacer. Voilà, Messieurs, @®
Ur
que Séverin appelait la grande et vaillante chirurgie efficace! Gertes, si notre auteur avait raison de gémir sur le misérable état de la chirurgie, on ne saurait lui reconnaître le mérilét
l’avoir relevée.
Le premier livre du traité De recondita abscessum natura (l concerne surtout le pronostic de ces affections ; il y est a question des parotides malignes. — Dans le deuxiéme livre ill parlé des abcès par congestion qu’il faut ouvrir tout de suite, même avant leur maturité. Séverin préférait l'ouverture avec le rouge. — Le troisième livre est intitulé : Des abcès anomaui On y rencontre la mention de tumeurs cystiques du cou qu'on enlevait avec une certaine hardiesse, malgré la présence si das gereuse des vaisseaux. Il décrit des anévrysmes d’un énorme lume ; il en a guéri par la ligature et l’incicion. Dans cet ouvr il dit avoir pratiqué la laryngotomie. — Le quatrième livre occupé par les tumeurs, abcès et autres maladies analogues dt toutes les parties du corps. l
Il n’y a aucun ordre dans ce livre, mais beaucoup d’inté dans les détails. On y remarque de curieuses autopsies ef observations ; par exemple il y a une observation où il est per: mis, ce semble, de reconnaître des embolies dans les valsseatl — Séverin a observé des tumeurs dans le bassin chez un syphilé tique. Mais, à côté de cela, il a pris pour un repüle à de queues, et fait figurer comme tel, des caillots fibrineux danse cœur. — Le cinquième livre traite des maladies des os, partiete lièrement des abcès qui en proviennent, des tumeurs blandli du spina ventosa, peut êlre de la carie de la colonne verlébra
mais d'une façon moins explicite, — Le livre sixième est, pou ainsi dire, la suite du cinquième, puisqu'il est question des pi
bots, varus et valqus, et aussi de la gibbosité. — Le septiè est consaëré aux affecticns de la peau qui rentrent plus dan classe des tumeurs que dans celle des abcés; puis des engelures,
(4) Publié en 1632. C’est l'ouvrage le plus pratique de Séverin, le plus encore, mais qu'il est difficile d'analyser, “16
lesquelles Séverin se montre aussi embarrassé que les emes. Contre les engelures non ulcérées, il préconise les gations de cinnabre, puis des onctions ; contre les engelures lérées, il pratique des onctions avec 4e cérats desséchants.
lemremarqué avec raison que les engelures pouvaient causer
érées. — Le huitième et dernier livre est consacré aux an- Ines gangréneuses, au croup et à la laryngite suffocante. Les idées de Séverin ne sont pas très-nettes à cet égard.
on a encore publié, en 1650, à Padoue, un volume inti- M Vipera pythia, id est de viperae natura, veneno, mediünasdemonstrationes et experimenta nova, en trois livres (1). Dansde premier, l’auteur étudie la nature, à la fois terrestre et tleste, de la vipère, les causes de ses vertus alexitères, ses œ@urs, ses habitudes. Il signale la puissance vitale que conservent tronçons d’une vipère coupée en morceaux ; il étudie son mode dégénération (vivipare ; ovovipare aurait-il dù dire); sa struclire, les histoires plus ou moins fabuleuses qu’on avait débitées qu'on débitait encore sur son compte. Dans le second livre, il “écherche les sources et le siége du poison de la vipère. Le troisième est consacré à la préparation et aux propriétés de la thé- Diaque. — Entre autres problèmes que l’auteur cherche à résoudre, il y a celui-ci : la vipére et les autres serpents ont-ils été conservés dans l’arche de Noé, et pourquoi? — La vipère n’a Pisnaturellement de poison (pas plus que l’homme et le chien ne sont naturellement enragés); elle acquiert la propriété veniieuse en raison des localités, du ciel, de la manière de vivre, de üirconstances fortuites, de l’excitation qu’on lui fan subir! Du Moins, Séverin ne croit pas que la queue de la vipère soit veni- “meuse. La source du venin est dans une émanation du fiel, car cestseulement quand la vipère est en colère que sa morsure est (laingereuse (cela explique comment les psylles et les marses ma-
(L}Voy. aussi sa Zoonomia democritea (1645), livre très-curieux contenant des pénéralités sur l'anatomie et la physiologie humaines et comparatives, ainsi que l'anatomie spéciale d’un grand nombre d'animaux,
niaiént impunément les vipères) ; alors le venin arrive, pare canaux appelés ichorodochi, du foie à la bouche dans de pelit vésicules gingivales qui laissent suinter le long des dents catl culées le venin, quand la mâchoire est en mouvement, et exetl une forte pression sur la partie mordue. Les choses se passell en partie, comme dans les émissions de semence provoquées de simples désirs. Le venin des chiens enragés est également bile noire corrompue. La vipère morte et mangée ne cause pli aucun dommage, puisque la cause accidentelle qui rend les venimeux a disparu. Séverin sait, du reste, que les venins n’agls sent que sur les surfaces dénudées, et qu’on peut les avaler même sucer les plaies impunément, Quoique les dents ddl vipére ne soient pas venimeuses par elles-mêmes, cependant, malgré le dire de notre auteur, elles peuvent conserver, ass longtemps même, du venin en suffisante quantité pour qu'il piqûre devienne mortelle. On a fait des expériences en ce sens avec les dents du serpent à sonnettes. Séverin a pratiqué dé dissections qui lui ont prouvé que le venin de la vipére ne lait aucune trace dans le corps des animaux morts à la suite d'u morsure. ,
En France la chirurgie commence à prendre le pas. Même avant la création de l’Académie de chirurgie nous rencontroih quelques praticiens habiles, instruits, judicieux et qui auraiôl dû faire honte aux médecins. Au temps de Louis XIV, comme jf l'ai déjà remarqué ailleurs (1), les médecins sont bien les 4 ginaux qui ont posé devant Molière; mais les chirurgiens mor trent autant de dignité que de savoir ; ils se respectent et res pectent leur art aussi bien que la science. Nous avons parlé plus haut (p. 969) de Saviard et de quelques autres observateurs @)
ments, et quelques auteurs de très-peu de mérite ; les Opérations de chirurgie (1610) de J. Girault ; les divers ouvrages de J. Vigier Sur les ulcères et sur les tumeurs 161% à 1658); le Traité des bandages (1618) de J. de Marque; les OEuvres che rurgiques (1677) de Lambert; le Chirurgien opérateur (1640) de Covillard (roy plus haut, p. 964); les étranges écrits de Fournier (Économie chirurgicale ÿ Bts
rrétons-nous un moment près de Dionis, chez qui nous trou- \érons quelques bonnes doctrines, et qui résume l’état de la
médecine opératoire de son temps, car je ne vois pas, à vrai dire, d'autres grands traités français sur les maladies chirurgicales lignes d’être étudiés ici.
“Le Cours d'opérations de Pierre de Dionis (4), aujourd’hui “omplétement oublié, à joui jusqu’à la fin du xvrr' siècle, même usqu'au commencement du XIX, surtout en province, d’une Iès-grande réputation. Get ouvrage et les Principes de chirur-
“Jiede La Faye se partagaient les faveurs des étudiants avant la
Médecine opératoire de Sabatier (1796). Je me souviens même que les deux premiers livres qu'un chirurgien fort recherché à Dijon, le docteur Guéniard, mit entre mes mains, furent Dionis el La Faye; or, nous étions en 4839 ! Si le Cours d'opérations n’a plus qu'une valeur historique, on doit néanmoins tenir compte l'auteur d'avoir écrit un manuel peu méthodique, il est vrai, mais trés-clair, très-minutieux, où brille le bon sens à défaut
ï ion : « Homo rotundus, sant tamen judicii », comme
On pardonnera bien à Dionis de tenir la chirurgie pour le plus excellent des arts et pour la première des sciences; il en parle
- dages, 4671, etc.) ; les Observations Sur la vipère (1670) de P.-J. Michon (vulgo Vubbé Bourdelot); lEpitome praeceplorum medicinae chirurgicae (1612) de Pigray ; A Traité des plaies de léte (4677) de Boirel, habile chirurgien d'Alençon; le Traité 4 hinotomie (1681) de Tolet ; les Observations de Méry sur le méthode de frère Ÿ Jacques (4700); la Manière de guérir les fractures et luxations (1685) de Laurent Verduc ; le Maitre en chirurgie (1691) du fils de Laurent; les Opérations de chirur- “ie (1693) de son autre fils J.-Ph. Verdue ; les Opérations de chirurgie (Paris, 1690) “lu Savoisien J. de la Charrière; le précieux traité Des maladies des os (1751, Ouvrage posthume) de Du Verney ; lé Chirurgien hospital (1696) de Belloste ; les î Opérations (1696) de La Vauguyon ; la Chirurgie complète de Daniel Leclere (etnon Gabriel-Charles qui à écrit L'École du chirurgien, 1684), par demandes et par ré- … ponses ; j'ai sous les yeux la troisième édition, 1698. L'ouvrage comprend l'anatomie, les opérations, bandages, appareils, la réduction des fractures et des luxations, les autres maladies des os, les moyens médicamenteux. Pour les anévrysmes, l’au- “eur ne veut pas qu'on coupe l'artère entre les deux ligatures. - (4) On sait que Dionis était démonstrateur royal au Jardin des plantes. La pre= [ mière édition du Cours d'opérations est de 1707; son Anatomie de l'homme sui=
ant les principes de la circulation est de 1690.
avec un noble enthousiasme qui lui fait grand honneur. Afd quel accent convaincu il recommande aux jeunes gens de $ adonner tout entiers! Comme il est fier de pouvoir dire que fils ont été de trés-bonne heure sur les bancs, « qu'ils ont les vingt-cinq actes du chef-d'œuvre avec la dernière rigueur, et que dans la compagnie des chirurgiens ils ont puisé des mières qu'on ne trouve point ailleurs! L'ouvrage est divisée dix démonstrations ; le cadre est plus large que celui des chirb giens ilaliens et no mieux rempli.
La première démonstration comprend les opérations en géné ral; la seconde, les opérations qui se pratiquent sur le bas-ventre, à l’exception des hernies, l'opération césarienne, la pierre et les autres affections des organes génilo-urinaires ; la quatrième, les hernies, l'hydrocèle, le sarcocéle, les maladies du rectum; M cinquième, l’'empyème, le cancer des mamelles, la gibbosité, saignée de la jugulaire, la bronchotomie ; les sixième et septiènie, les opérations qui regardent le crâne, ha face, les yeux, l’inté rieur de la bouche, etc.; la huitième, la saignée, l’anévrysme, lé doigts surnuméraires ou adhérents, le panaris; la neuvièmé, l’amputation, les varices, la saignée du pied, les difformités des pieds, l'entorse, les cors aux pieds et l’ongle incarné ; enfit fl dixième, l'extraction des corps étrangers, les abcés, tu la petite chirurgie. Ainsi, d’une façon générale, Laon suit l’ordre anatomique (ou des régions), ce qui l’entraîne à mélangé les opérations les plus disparates, à ne pas distinguer et carats tériser les divers genres d’ opéralions et à négliger toutes sortes de considérations générales qu’entraine naturellement cette disünction. Nos chirurgiens actuels ont heureusement combinés dans leurs traités, l’ordre analomique et la classification des, genres d’opérations.
Il n’y à que peu de points à noter dans les préliminaires : por trait du bon chirurgien ; touchants conseils sur la manière dess comporter auprés des malades et de ses confrères ; nécessité d'être excellent anatomiste ; l’art a acquis plus de lumière et de poli tesse; on a retranché ces fers ardents et ces instruments aflret que les malades ni même les assistants ne pouvaient voir Sans
mbler (1); chirurgie divisée en quatre sections : synthèse union), diérèse (séparation), exérèse (extraction), prothèse mplacement), une des sections négligées par Marc-Auréle Sédin; description des instruments les plus usités, des pièces ppareils et des bandages (2); une prédilection beaucoup trop rande pour les tentes et autres moyens de celle espèce ; condamain trop absolue des sutures enchevillées et de celles avec lle ; on les a conservées en les modifiant et en les simplifiant.
Dionis, dans la seconde Démonstration, s'élève contre les préjugés relatifs à la ligature du cordon ombilical ; il donne d'assez préceptes pour le traitement des plaies du ventre avec ou nsissue des parties qui y sont contenues; il a corrigé la suture pelletier ; il est en progrès sur Saviard (voy. p. 969) en ce jui concerne la cure de l’exomphale, pour lequel, dans les cas dinaires, les bandages contentifs lui semblent suffisants; en lines circonstances il conseille l'incision, qu’il considère du ë comme très-dangereuse, presque toujours mortelle, ainsi 11la expérimenté deux fois ; aussi veut-il, pour éviter ce péril, lon se passe plutôt de chemises que de bandages; il décrit plu- Seurs espèces de tumeurs du nombril. Dionis se montre aussi ls-circonspect pour l'opération du sarcocèle. Le chapitre sur la Wiicentèse est un de ceux dont on peut tirer encore profit. opération césarienne sur une femme vivante est condamnée Paid'assez mauvaises raisons.
Dionis (3° Dénonstration) repousse énergiquement les pro- Mésses des chirurgiens qui se vantaient de fondre les grosses érres avec les lithontriptes ; il conseille la ponction au périnée and on ne peut pas pénétrer dans la vessie avec la sonde et lil y a une complète rétention d'urine; il a imaginé pour lopération de la taille, en s’en référant à la méthode du frère tques, malgré la critique qu’il fait de cette nouveauté (3), de
pénétrer dans la vessie très-près du col, sans intéresser l'urèthre;
(LMAparcourir, en effet, l'Armamentarium de Scultet, on comprend aisément “La moyen âge et à la Renaissance on était loin du « cito, tuto et jucunde » de
(2) L'ouvrage est accompagné de nombreuses planches, (3) Voy. aussi plus haut, p. 969, et note 2.
le petit appareil ne convient que pour les enfants, le gran de beaucoup préférable pour les adultes. Dionis prétend ques haut appareil est moins dangereux que le petit et le grand, voudrait qu’on usât plus souvent de cette méthode inventée} Franco (ou plutôt par Jean des Romains). Comme Saviard, in les carnosités de l’urêthre et n’admet que des vices de cicatris tion à la suite des excoriations qu’entraine la blennorrhagiés Dionis soutient que de toutes les mauvaises présentations l'accouchement, celle de la main est la plus fâcheuse ; il V'extirpation de la matrice mortelle, « jusqu’à ce qu'il ait étêt abusé ». La récente extirpation pratiquée par M. Péan l'aur peine convaincu ; en {out cas il y a, même aujourd’hui, pe chirurgiens qui oseraient la tenter. — À propos des her (a° Démonstration), on trouve une curieuse description de mèdes, internes et externes, inventés par le prieur de Cabriè remèdes que le roi mit gratuitement à la disposition de ses sul et qu’il prenait la peine de faire composer devant lui. Dio pas trop protesté. Blegny,c dont le nom seul n’est que trop con rivalisant de zèle avec les chirurgiens herniaires, avait im un bandage à ressort qui n’est plus usité. — Notre auteul une violente sortie contre les médecins qui prétendent control les chirurgiens dans l'opération de la hernie étranglée, et quiM grand détriment des apothicaires, envoient chercher les dr chez les Jésuites et chez les Sœurs de charité. C'est ainsi se venge d’être obligé d'approuver et d'accepter les rem du roi. à | Notre auteur (6° Démonstr.) rejette presque toutes les incisit qu'on pratiquait sur là tête et que Séverin décrit encorest nom de chirurgie efficace ; i n’admet guêre que le trépan: avec beaucoup de raison que le pronostic est toujours do dans les plaies de tête ; il admet la théorie ancienne du &@ coup, et rapporte deux faits à l'appui ; du reste son diag n’est pas très-ferme, et les indications pour le trépan ne so trés-assurées. — L'arrachement imaginé par Fabrice de Hill Jui semble la meilleure manière de traiter les polypes dun (7° Démonstration) . ‘ Dionis recommande très-particulièrement (8° Démonstrai
dans l'opération de l’anévrysme (il traite surtout de ceux qui Surviennent par la piqüre de l'artère pendant la saignée, — anédrysme faux-consécutif) (1), l'emploi du tourniquet, inventé depuis trente ans, au siége de Besançon, par un chirurgien de l’ar-
…mée; mais au lieu d'employer la ligature de l'artère au-dessus
ét au-dessous de l'ouverture du sac, il préfère les boulettes de papier mâché trempées dans une eau styptique. Lorsque le cas l'exige, il veut bien qu'on ait recours à la ligature, mais à la hiqature médiate.
Encore un mot sur l’amputation et je termine ce résumé qui Sécarle un peu du cadre que je me suis tracé; mais nous Sommes en France, et il faut bien excuser cette irrégularité. Gest surtout comme chirurgien consultant des armées que Dionis
eu occasion de pratiquer ou de conseiller l’amputation des
membres. Le choix du lieu d’élection est ainsi réglé : pour la Cuisse, aussi prés que possible du genou; pour le bras, aussi près que possible du coude; pour l’avant-bras, le plus bas possible; mais il y avait divers avis pour la jambe : les uns voulient, afin d’éviter les embarras d’un trop grand moignon el de trouver plus de facilité dans l’emploi des movens de prothèse, faire la section prés du genou, tandis que les autres prescri- Vaient de couper le plus bas possible si le pied seul était ma- Jde; quant à Dionis, il tient pour la pratique du Hollandais So-
lingen, qui conserve de la jambe autant qu’il est possible, pourvu
qu'il soit loisible de ménager les mouvements du genou (2). La
“désarticulation dans le genou est formellement condamnée ; on
a voulu la remettre en honneur de nos jours ; les résultats de la pratique de M. Velpeau (j'ai été témoin de plusieurs cas) ne sont
(1) Dionis soutient qu'il n’y à pas d'opération qui soit souvent aussi difficile à bien exécuter que la saignée ; aussi dangereuse parfoiseet aussi compromettante pour la réputation du chirurgien; il cite à ce propos un chirurgien cependant fort célèbre {mort vers l'an 1670) qui avait piqué onze fois l'artère en un an! mais aussi il faut dire à sa décharge qu’il faisait presque toutes les saignées de Paris. — Voy. aussi, Sur le phlébotomiste Izes, qui avait gagné une immense fortune, Bordeu, dans Re- Chérches sur l'hist. de la méd., p. 604, édit. de Richerand.
(2) Je ne vois pas que Dionis ait connu le procédé de Verduyn, (Cf, plus haut,
pas faits pour justifier cette revendication. Dionis ne se pro= nonce pas sur le procédé qui consiste à rétracter en haut les chairs avant de scier les os. Ici se trouvent des réflexions fort sensées contre le merveilleux emploi de l'eau de Rabel dans les amputations, bien que le sieur Rabel eût été patronné par le roi et par M. de Louvois. Dionis préfère, avec Guillemeau, à tous les procédés recommandés pour la ligature des artères aprés l’'amputation, celui qu'Ambr. Paré employait dans certains cas et qui consistait à comprendre le vaisseau et une partie des chairs
dans une anse de fil double ou triple passée au moyen d’une a
guille, procédé que Dionis avait même modifié, mais qui a été heureusement remplacé par la ligature immédiate.
Dionis n'oublie pas (4° Démonstration) de noter qu'après lé succès de l'opération faite sur le grand roi par Félix, les fistules étant devenues fort à la mode, tous les courtisans (il en a vu plus de trente)sollicitèrent ardemment l'opération pour le moindre suintement hémorrhoïdal, etse fâchaient quand on ne répondait pas à leur désir. Notre servilité ne va plus jusqu’à ce point. On
rirait aussi de toutes les précautions qu’on prenait, au rappori de Dionis, quand 1l s'agissait de saigner le roi ou quelque prince
mais peut-être y a-t-il encore des belles dames qui croiraient, comme en ce temps-là, que si l’on jette dans un seau d’eau fraiche le sang extrait par la saignée, le sang qui reste dans le corps se trouve rafraichi1.
On prétend que la guerre est la meilleure école pour former les chirurgiens ; sans doute; mais encore faut-il que l'esprit dû siècle soit enclin vers les réformes, et que le chirurgien ait pris, grâce à plus de savoir en anatomie, une confiance raisonnée et une véritable hardiesse. Ces deux conditions, c'est le milieu,
c’est le progrès régulier et pour ainsi dire fatal des diverses par
ties de la science, et non les hasards d’une mêlée qui les font naître. Quel temps fut plus fertile en combats que le moyen âgé
et la Renaissance, et cependant quelle lamentable chirurgie Ambroise Paré lui-même, malgré son génie particulier et les
belles occasions qu’il avait eues, ne se dégage pas complétement
WISEMANN. 997
la routine. À quelle époque y a-t-il eu des guerres plus lon- Gueset plus nombreuses que sous Louis XIV ? Néanmoins la chi- Juge nest pas encore bien brillante au xvir siècle. C’est dans Wilemps relativement plus calme, du moins pour la France L(Hais alors tout était préparé), que la chirurgie a pris définilivement son essor. Ce n’est pas la guerre qui a rendu Séverin Moins limide que ses contemporains, ni la guerre non plus (jui à engagé Magatus à propager une nouvelle méthode de pan- Sément; on ne voit pas, d’un autre côté, que l'Anglais Rich. Misemann, que l'Allemand Matth. G. Purmann aient sensiblement amélioré l’état de la chirurgie, bien que tous deux aient Dratiqué dans les camps et sur le champ de bataille; ce sont lsnouvelles et grandes méthodes préconisées par l’Académie léchirurgie qui ont préparé les illustrations de la chirurgie Mhtaire ; les Percy, les Larrey ont pu alors profiter de l’expé- Mience des champs de bataille.
Wisemann, homme d'autant de loyauté que d'expérience, n’est js un beaucoup plus grand chirurgien que Séverin ; il emploie ie foule de médicaments actifs, mais sa chirurgie est peu effitice (1) ; ce n’est point, à proprement parler, un véritable opérateur.
…\isemann pense que les simples topiques astringents et un dandage approprié peuvent presque toujours triompher des vatices, el, quoiqu'il ne désapprouve pas l'opération, qui consiste dinciser le peau et à faire sous la veine variqueuse une double ligature avant l’excision, cependant il n’a jamais eu l’occasion n constaté la nécessité de l'employer (chap. 45). — Dans les ané- Mysmes il marque trop de confiance pour les bandages, les aslringents et les escharrotiques; il cite quelques exemples à l’appui de celte préférence ; néanmoins il se décide à l'incision et à ligature dans les cas qui résistent à ces divers modes de trai-
(1) Eight chirurgical Treatises : lumours, ulcers, diseases of the anus : King's Bvil{scrofules où mal du roi) Wounds ; et Gun-shot wounds (blessures par armes Qu); Fractures and lusations; lues venerea. S'ai sous les yeux la 6° édition. Londres, 1734; la première a paru en 1676. Un des mérites de ce livre, c’est de gontenir beaucoup d'observations.
tements isolés où combinés, préférant encore cetie opératioi à l’amputation quand l’anévrysme siége sur un membre (ch. 16): On doit laisser librement saigner les anévrysmes formés pal la piqûre de l’artére pendant la phlébotomie; s'ils ne saignent pas, on met en topique le royal styptique ou autre médicament analogue, et l’on applique le bandage requis. — 1” infiltration du scrotum dans l’anasarque et l’hydrocèle proprement dite sont confondues sous cette même rubrique : kydrocèle (chap. 23}S Contre l'infiltration il recommande les scarifications ou le sétons, contre l’hydrocèle (affection qui ne cède guère aux topiques) simple ou enkysté, il faut employer la ponction avec le bis touri , suivie immédiatement de l'introduction d’une canule, = Je ne vois pas que Wisemann ait parlé distinctement de | hernie crurale : il sait qu'il n’y a pas rupture du péritoine dans les hernies inguinales ou scrotales (chap. 28). La hernie om bilicale n’offre ordinairement pas de dangers, mais elle donné beaucoup d’embarras au chirurgien par la difficulté qu’on a dé la tenir réduite ; elle cause aussi des coliques et même des VO= missements. d recommande les bandages des fabricants Syms et Smith. Dans l'opération de la hernie étranglée, ils servait de la sonde cannelée pour le débridement. — Il semble préférer la ligature à l’incision dans les fistules à l'anus, ce qi lui a valu un assez grand nombre de revers (HI, 5). — Lerpré mier chapitre du livre IV contient quelques détails historiques.
en envahissant la France (1). — Ce livre, où il est aussi question de plusieurs espèces de maladies des os, est des plus curieux Dans le livre V, à propos de blessures simples et récentes, alest fort de l'avis de Magatus contre l’abus des tentes et plamasseau et contre les pansements trop fréquents ; mais il use trop volons tiers d'emplâtres, de onguents, de décoctions, de pouces ci
(4) Quant à lui, moins favorisé du ciel, il à été réduit à enlever, avec uneassez grande hardiesse, du reste, des tumeurs scrofuleuses dans des régions très-vasculairess
SOLINGEN. 999 .
Hltér Wisemann. Sa manière de procéder dans les plaies des
ülitions par armes à feu et dans le sphacèle des membres
WoUe que dans son opinion Pamputatiôn devait être réservée
Mir des cas où le désordre était tel qu'il n’y avait pas lieu d’es- & la guérison par les autres moyens (1). Il dut perdre par cet (cës de temporisation et de timidité une très-grande quantité de Malides. Pour l’amputation Wisemann se servait du couteau en cille ou du rasoir, et se contentait de faire relever fortement dpeau et les muscles (2) avant de pratiquer la section ; 1l pense ele séypiique royal (voy. aussi E, 16) nouvellement inventé, Aibtrès-bien, dans les cas ordinaires, remplacer la ligature des éres! N'est-ce pas une simple flatterie ? Mais quand on est sur (champ de bataille, comme il faut arrêter le sang immédiateent et préserver les chairs de la putréfachion, on à recours au Cutère actuel. Avant l'amputation, pour comprimer ces mêmes ières, Wisemann employait le tourniquet, assurant qu'il n'avait Mais rencontré un homme assez fort pour empêcher, par la compression des mains, l'écoulement du sang.
Ces extraits montrent suffisamment le caractère de la chirurgie un peu Limide de Wisemann; en dire ici davantage serait m’écartr de mon plan.
“Corn. van Solingen a joui en Hollande d'autant de réputation Comme chirurgien que comme accoucheur; mais je lis trop péni- Diément le hollandais à travers l'allemand pour avoir pris une consance suffisante de ses ouvrages; je ne pourrais guère en parer que d’après la savante analyse qu'en à donnée Haller dans sa “Pibliotheca chirurgica ; ÿ yrenvoie-done le lecteur etje suis obligé d'agir de même pour les œuvres chirurgicales de J. de Muralt, ou |. de Muralto (Schriften von der Wundarzney; 1691), qu'il m'a “été impossible de me procurer, soit à Paris, soit chez les libraires
“l'Allemagne.
| (4) Seulement, pour les plaies des articulations, si l’on se décide à pratiquer l'am- —huiation, il faut la faire avant que le malade ait perdu ses forces (avant que les sprits soient épuisés ; vr, 6). |
(2) IL rejette les compresses adoptées pour cet usage par la plupart des chi-
rurgiens,
Un des hommes sur qui la pratique dans les camps à exercé une assez heureuse influence au xvur siécle, c'est Matth. Godofr, Purmann; non qu’elle Fait rendu un chirurgien beaucoup plis entreprenant ni plus habile que ses contemporains (1), mais parce qu'elle en à fait un observateur zélé et attentif. Sa Véritable chi rurgte d'armée (1680) ; sa Grande chirurgie (1694) ; ses Obser vations chirurgicales (1710); le Barbier de la peste, sont rem plis de détails variés, de matériaux importants et d'observations qui cependant ne doivent pas être accueillis sans quelque réservé, car Purmann enregistre peut-être trop de succès et ne parle pas assez des revers. Les ouvrages de Purmann, quoique la plupart aient eu plusieurs éditions, sont devenus assez rares dans le
Commerce, et on ne les trouve même pas tous dans nos bibliothés ques.
Au xvri siècle la science et l’art des accouchements avaient suivi le mouvement général; il suffira de citer les noms histo= riques de Louise Bourgeoise, de Marguerite de la Marche, dé" Mauriceau, de Paul Portal, de Peu, et surtout de G. Manquest” de la Motte {la France, cette fois, prend décidément le haut dun pavé) : de Solingen et de Deventer, en Hollande ; de Justine Sie gemundin, de Anna-Élisabeth Horenburgin en Allemagne. Les préjugés sont vivement combattus, l’observation clinique inter: vient, de bonnes observations sont recueillies, le mécanisme des accouchements est mieux connu; on étudie mieux aussi les divers genres de présentations, les opérations de dystocie deviennent plus rationnelles, et les soins à donner à l'enfant et à l'accouchée sont dirigés suivant les règles d’une meilleure hygiène.
(2) Voy. plus haut, p. 996-997.
XXVIHI
Mrs, — Considérations générales sur le xyin® siècle. — Esquisse de l’his-
Le xvin° siècle ne constitue pas une période de notre histoire; Machronologie, ni surtout le développement et la succession doctrines ne permettent une pareille distinction. Nous avons vu, par exemple, que l’iatromécanisme se développe et nd d’une façon non interrompue, et sans revêtir des caracles irès-particuliers ni très-nouveaux, pendant la seconde moiu xvir' siècle et pendant la première moitié du xvin°; nous Vons que beaucoup de médecins ont illustré ces deux siècles Héommençant à écrire dès le xvii*; la séparation du xvin° avec le xvir° siècle est donc toute factice, et ne sert qu’à soulaen la mémoire.
exvir siècle est la suite directe, immédiate du xvir ; on cone à marcher, mais longtemps encore dans les mêmes voies. le époque ne fut plus féconde en systèmes : à l’iatromécae succède le solidisme sous toutes les formes; mais en ce ps, comme au siècle précédent, l'esprit d'observation pournbsa route parallèlement à l'esprit de système, pour prendre n le dessus, surtout dans le domaine de l'anatomie et de la urgie. L’anatomie conserve religieusement l'impulsion et la hode qu’elle avait reçues au xvir' siécle, seulement on néglige
outées à un si haut degré de perfection, pour aborder plus résoment l'anatomie descriptive proprement dite, laquelle réclaencore bien des soins. Quels noms plus célèbres dans l'his-