CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE XYITI* SIÈCLE
HMunouvelle et éclatante preuve de sa stérilité quand elle
e seule et sans appui solide du côté de la physiologie et de
inique. ;
Désdeux premiers tiers du xvmn° siècle sont emplovés à ache-
Pi ruine de l'autorité des anciens, mais en même temps à terces anciens tant décriés pour avoir imaginé des systèmes ; Miroisième partie de ce siècle est employée à restaurer et à dre l'empire de la médecine clinique, sans toutefois mettre Ksystèmes. D'un autre côté, avec Barthez et Pinel se fait Vidée des éléments morbides et de la méthode nosologique. La chirurgie, qui n’a pas eu à subir aussi despotiquement et ne façon aussi continue le joug des théories, se dégage tout à Dupde l'obscurité où l'avait maintenue la inédecine, et, forte de dulesles connaissances anatomiques, normales ou pathologiques, bumulées depuis près de deux cents ans, elle se révèle au grand dans une Assemblée que le monde entier enviait à la France, qui a placé notre pays au rang qu’occupaient jadis l'Italie, fgleterre et la Hollande.
“fessieurs, au milien de ces flots toujours grossissants de la lilérature médicale au xvur° siècle, le zèle le mieux soutenu se frouve submergé ; il est absolument impossible de lire tout ce bimprime, et par conséquent il m'est impossible de vous en- (énir avec pleine connaissance de cause des innombrables Mroductions qui toutes à la fois sollicitent l’attention de l’histon. Du moins j'ai pris soin d'étudier par moi-même les princiüx monuments de cette époque mémorable, et dans le tableau “dont je compte seulement vous présenter l’esquisse, je tâcherai dmetire en relief et sous leur vrai jour les personnages les plus Considérables et les écrits les plus importants; en d’autres crimes, les personnages et les écrits qui marquent les princi- Dales étapes que notre science a parcourues d’une façon si bril- Jante, sinon toujours par les voies les meilleures et les plus - sûres.
(est ainsi que nous étudierons ensemble l’animisme avec “Giahl; l'anatomie pathologique avec Morgagni ; la théorie de Mirritabilité avec Haller ; ses app'icauons à la pathologie par
Gaubius ; ses déviations et son mélange avec le mécanisme le système nervoso-dynamique de Cullen, dans l'incitabilit Brown. A la fin de cette longue et pénible carrière nous trou
rons le système des organismes Spéciaux et isolés de Borde
le vitalisme décidé de Barthez; et nous serons conduit à due
quelques mots de Bichat et de Broussais, deux échos de Haller, comme notre école d'anatomie pathologique, représentée p les Corvisard, les Bayle, les Laennee, est la continuation dé l’école anatomique de Morgagni et de l’école clinique de Vienne,
Je serai três-bref sur l’anatomie; elle est si av sister ce serait refaire devant vous un cours d'anatomie class que moderne. Je veux seulement vous en signaler les tendanc et Vous indiquer les principaux traits de détail. — Remarquons avant out qu’au xvm° siècle, comme du reste, en partie, a XVII, l'anatomie présente un caractère tout scientifique par lorme même sous laquelle elle se produit : il ÿ à abondance dé Monographies, c’est-à-dire de recherches spéciales et originales" tandis que les traités généraux, c'est-à-dire les résumés des tr vaux d'autrui, sont Comparativement moins nombreux. à
Il faut signaler, par ordre de mérite, parmi les grands anaton mistes, les Italiens d'abord, puis les Hollandais, les Français, les Anglais et les Allemands. — Ant. Pacchioni (1665-1726) a écrit sur la structure et les usages de la dure-mère, sur les glandes qu'il y a découvertes étqui portent son nom (1) ; enfin sur les vais seaux lymphatiques qui, s’'échappant de ces glandes, rampent4n la surface convexe 1e Ja dure-mêre. — Dans son beau traité Sur l'oreille (2), Valsalva (1666-1723) étudiait trés-exactement la
ancée qu'y
(1) De durae Meningis fabricu et usu, 1701
(Lettres à Fantoni sur le méme sujet, 1715). Ici l'anatomie n’est p
as désintéressée; elle sert particulièrement Soutenir la théorie de l'irritabilité et des mouvements propres de cette membrane (voy. ce que j’en dis plus haut à propos de Baglivi, p. 802 et Suiv.) — De glanduns conglobatis durae Mmatris, 1705, et d'autres Dissertations sur les mêmes sujets, pu= bliées en 1721. Ses œuvres ont été réunies en 1744:
(2) De awre humana, 1704, — ques de physiologie, de patholog yrage est accompagné de bonne
un Valsalva mêle à la description des parties des remat ie el même quelques recherches historiques. L'ous
S planches, Valsalva a publié aussi des (iSSOr {ation
AU XVIIL® SIÈCLE, 1005
Glurerde cet organe. Il décrit les plus petits muscles du paceux de la trompe d’Eustachi, et à cette occasion les muslu Voile du palais et du pharynx, les vaisseaux du lympan et Cris. Ce traité n’a été surpassé que par celui, plus complet, exact et plus pénétrant, que Gassebohm (1743), disciple de slow, a écrit de 1730 à 1735.
orini (1681-1737) cst célèbre pour ses observations déli- Sur les muscles de la face, du larynx, de l’anus, du pénis, ë corps Jaune dans Povaire (1). Il est dommage qu'il ait facilement adopté plusieurs des idées de Bellini et qu'il encore à la semence de la femme. - Bianchi (1681-1761) dans son Historia hepatica (1710; meilleure édition est celle de Genève, 1725, avec planches), passe Glisson cn beaucoup de points, mais sans avoir fait entiènboublier PAnalomia hepatis. Cet injuste adversaire du ème de l'irritabilité de Haller à aussi publié diverses monophies sur les conduits lacrymaux, les chyliféres, les organes faux et urinaires, elc.
Winombre des monographies qui se rapportent à des sujets Spéciaux et limités, nous ne devons pas omettre les recherde Fr. Pourfour du Petit (1664-1741) sur l'anatomie des “sur le nerf intercostal (grand sympathique) qui ne vient des cinquième et sixième paires, mais s’y rend el fournit, par emmédiaire du ganglion ophthalmique, les esprits aux nerfs tes (2) ; sur Les paralysies alternant avec le côté du cerveau intd'apoplexie, recherches qui se trouvent pour la plupart les recueils de l'Académie des sciences; — celles de Duver-
&valaracte, sur les reins succenturiès chez les animaux. Vingt lettres de Moridévelappent, commentent, et parfois rectifient les recherches de Valsalva sur ifférents sujets que nous venons d’énumérer.
| Voy. Son traité De structura et motu fibrue, ete., 1705, et surtout.ses Obser- Qonesanatomicae, 1724, qui sont, avec les Adversaria de Morgagni, dont je parle Join, un des ouvrages les plus précieux du xvin siècle. — Ses dix-sept planches Omiques avec les Commentaires de Girard (1775), sont un des chefs-d’œuvre du
noy de Montbéliard, maître de Haller pour lPanatomie, canal salivaire, l'anatomie comparée des vaisseaux chylifè structure des intestins ; — le traité de l’anatomie et de lap | logie de l’œil (1759) de Porterfield; — les travaux sur lem sujet de Demours (1702-1795), qui a donné son nom à ui membranes de l'œil (la vitreuse); — les mémoires de Berlin les organes de la voix; son remarquable Traité d’osiéologes contient tant de remarques nouvelles; — les disserlationsa rival de Ruysch pour son habileté dans les préparations anato ques et dans le maniement du microscope, de Nath. Lieberkäül (4711-1756), Sur la valvule du côlon et l'appendice ver laire (1739), Sur la structure et les villosités des inteshns (1745) (1).
Au nombre des plus célèbres monographies du xvai
l'organe de l’odorat, les ganglions, les plexus des nerfs, ets les os) il faut placer celle de Zinn (1727-1759) relative à la tomie des diverses parties qui constituent l’organe de lami (de 4753 à1755); — ses Leçons complémentaires (1757 el sont restées malheureusement inédites. — La description Cotugno (1736-1822) a donnée de l’oreille interne en 1760 est un chef-d'œuvre d’exacüitude anatomique (à). On aussi dans son traité De ischiad enervosa (1765) quelques remarques anatomiques (4). — On doit à J. Hunter (1728-17
(4) En 1797 Hedwig a publié une fort savante Désquisitio ampullarumu kuehnit physico medica, avec planches.
(2) On peut rapprocher de cet ouvrage une excellente dissertation de Bus la structure et les fonctions de l'organe de la voix, 4770, écrite sous lin de Camper.
(3) Quant à la physiologie, il serait trop long de la discuter ici; je dir ment qu’elle w’est pas, en tous points, parfaitement exacte.
(4) M. le docteur Lagreletie a tiré un excellent parti de cette dissertation thèse inaugurale : De la sciatique, Etude historique, sémiologique eiMt tique, Paris, 1869. Voy. particul., p. 327, le jugement général quilpo Cotugno. Cotugno avait vu, mieux que Vésale, Varole, Vidus-Vidius et dut liquide céphalo-rachidien ; il connaissait l’arachnoïde, mais sans savoir qu'elles celiquide.— Il paraît, d’après Portal (Histoire de l'anatomie, t, NT, p. 503; x0yM son Anatomie médicale) que l’arachnoïde a été découverte par la Société and
de Guillaume, une excellente description des dents avec des
hérches sur leur structure, et de bonnes planches (1771), et
ses monographies sur l'anatomie comparée (1). Les travaux de
Ion (1739-1774) sur les vaisseaux lymphatiques, le sang, le
(6, la lymphe (de 1771 à 1774, et dans les Transactions phupliques) sont des travaux de premier ordre. Ses œuvres Ont ünies en un volume par la Société de Sydenham.
termine cette revue des monographies par un hommage ‘du à la France en la personne de Sénac (1690-1770). son da des maladies du cœur, à la fois historique et dogmati- Ie 0), est tout parsemé de recherches anatomiques d’une reiquable précision (voy. surtout la 2° édition, 1783, en deux in). Let ouvrage, dépassé par Corvisart, qui avait la per- Sion à laquelle il assigne une « place distinguée, » et qui con- Sait mieux l'anatomie pathologique (3), n’a été définitivement
hique de Leyde en 1665, et démontrée pour la première fois devant les étudiants, parVan Horne, en 1669.
(L)Les Observations on certain parts of the animal Oeconomie, éd. de 1792, con- Ment, entre autres mémoires, des recherches sur la situation du testicule chez le $, sur sa descente, sur les glandes séminales, sur la structure du placenta, sur jestion, sur les usages des muscles obliques. Ses traités De l'inflammation et Des ladies vénériennes jouissent aussi d’une juste réputation, Ses œuvres ont été liées en français, en A vol. in-8°, par M. Richelot, avec des notes de M. Ricord Iles maladies vénériennes et de Owen pour l'anatomie comparée. m2) Plus que personne Sénac a été frappé de la difficulté que présente le dia- Slic des maladies du cœur, surtout parce que les différentes affections de cet aie offrent souvent les mêmes phénomènes apparents. Aussi, à défaut des moyens physiques de diagnostic xecherche-t-il curieusement les moindres nuances des Inptômes. Il emprunte, en outre, quelques lumières à l'anatomie pathologique, da physiologie (il récuse ici la part qu'on a voulu donner à la géométrie), et surout à ses belles recherches sur la structure du cœur. La pathologie n’occupe qu'un “icrs de l'ouvrage; l’auteur y montre autant de critique qu’on en pouvait avoir à {te époque ; il passe successivement en revue les maladies du péricarde, les madies générales du cœur (inflammation, ulcères, polypes, blessures, hypertrophie), des patpitations, la syncope, etc.
(3) Corvisart s'occupe particulièrement « des lésions organiques, c’est-à-dire de velles qui surviennent, par quelque cause que ce soit, dans les éléments et dans la “iexture des parties solides dont le concours etl'arrangement déterminés sont néces- » saires pour former un organe où un viscère et pour en établir le mode, l’action, loi de son active durée ». Il croit que les maladies du cœur sont beaucoup plus
1008 HISTOIRE DE L'ANATOMIÉ
effacé que par celui auquel M. Bouillaud doit une partie dessi juste renommée, 5
Durant le xvm° siècle l'anatomie est appliquée directemen la pathologie, soit comme anatomie normale, soit comme ak tomie pathologique (Lieutaud, Morgagni, Portal), soit au mai opératoire (Palfyn). L’anatomie (1) et la physiologie comparées se font jour. — Dans les volumineux ouvrages de Vallisneri (2), dans la Myographie comparée de Douglas (1675-1 71) (3); da les travaux de Daubenton (1716-1799): de l'illustre Can (1722-1789); de Spallanzani (1729-1799) ; et dans les premières publications de Blumenbach (1752-1840). 4
L’anatomie du système circulatoire et celle du syslème nes veux sont, 1l est vrai, un peu néoligées ; toutefois, dans lasen conde moitié du xvm siècle ces deux parties si importantes dés la science reprennent une faveur réelle. En 1776, Malacarne publiait ses recherches sur la structure du cerveau ; Mascagni (1752-1815), donnait en 1787 son splendide traité iconograplis
fréquentes qu'on ne le pense généralement. Quand on lit son livre avec attenti on reconnait que la pereus-ion est bien loin de suffire pour le diagnostic des mal dies du cœur ; on peut s’en convaincre en lisant les chapitres consacrés aux lési des valvules, et à ce qu’il appelle l'anévrysme actif et passif, c’est-à-dire à l'hypers trophie et à la dilatation avec amincissement des parois du cœur. [1 bl ment le moyen de diagnostic inventé par Rich minale.
âme énergiq at sous le nom de pression aber
(1) Gette anatomie est bien différente de celle qu’on pratiquait au xy xvi siècle sur les animaux, faute de pouvoir la faire sur les cadavres hum
(2) Ces ouvrages ont été réunis en 1733, 3 vol. in-f° crés aux sciences naturelles, surtout à la physiologie et à l'anatomie des animaux inférieurs, et à des discussions polémiques, Vallisneri a donné une dissertation sub la maladie pédiculaire, et 39 Consultations médicaes. Re
(3) Descriptio comparata musculorum Corporis humant et quadrupedis [canis], y eorum inventores, ortus, Progressus, insertiones ac differentias exhibens ; cui accesserunt historia musculorum feminae Singularium ; labula explicans MUSEU= lorurn nomina; de plus Leges quas sibi figil J. Douglas, tenendas, ubi integram corp. hum. compartamque anatomiam pertractabit : et enfin un O»do » interprete additus. Lugd. 1729. L'anatomie humaine précède l'anatomie COMPATÉCIN il n’y a qu'une simple énumération. L'ouvrage est intéressant p 1 ments historiques qu'il fournit. L'édition originale est de 1707 en anglais — On doit aussi à Douglas une Description du béritoine, 1730 , et un Spécimen de bla graphie anatomique , 1715, Préférer l'édition d'Albinus de 1734 ".
1° et a ains. . Outre les mémoires const
MusCu lon GÜ«
ar les renseigne
&des vaisseaux lymphatiques ; — dans des proportions plus dlestes, Scarpa (1747-1832) faisait arriver à un terme voisin lperfection l'anatomie des ganglions et des plexus nerveux, Sorganes des sens et l'étude de la structure des os. — En Allegne, Wrisberg (1739-1508) mettait successivement au jour ses monographies sur la cinquième paire ; sur le dévertim du péritoine; sur les nerfs des viscères abdominaux ; enfin &structure du placenta et de ses annexes. — J, Fr. Meckel and-pêre (1713-1774) avançait de son côté l'étude des nerfs, épiderme et des vaisseaux sanguins et lymphatiques dans les andes et leurs canaux excréloires. -- Chez nous, Vicq d’Azyr BAS 1794), le médecin de l’infortunée Marie-Antoinette, étudiait allentivement la structure du cerveau et les origines des nerfs 6), que la plupart de ses observations ont été vérifiées par les omistes actuels (1).
emmerring (4755-1830) étonna les savants par ses magni- Set si exactes tables de la base du cerveau et de l'origine rente desnerfs (1778). De 1791 à 1796, c’est-à dire, quand änce était submergéc par les tempêtes révolutionnaires, il
bson lraité complet et historique de l'anatomie de l’homme
Iaété, dans ces derniers temps, remanié et complété par
Off, Henle, etc. (2).
Fmiles traités d'anatomie ou complets (ceux-là sont relati-
nt peu nombreux), ou se rapportant à quelques-unes des
des sections de celte science, uous devons enregistrer la Des-
in des parties génitales de la femme avec un traité des
istres (1708), et surtout l’Anatomie chirurgicale, 1726, de
In(1619-1730) (3) ; --le Compendium anatomicum de Heister