l'Anatomie du corps humain de W. Chesel
!) Voy. Traité d'anatomie et de phys., 1786-1791, etles Œuvres, 6 vol., 4805. Lexiste une traduction française de cette édition, sous le titre d'Encyclopédie que, Paris, 1843-1847; 8 vol in-80 avec atlas.
ans les deux traductions françaises, celles de Boudon (1 734) et de Petit (1753), onginal hollandais a été très-modifié, d’après ce que dit Haller; j’ailu, non grand intérêt, la traduction de Petit.
La meilleure édition porte la date de 1732.— Heister, dans le Compendium,
blésétreparticulièrement proposé de remplacer l'ouvrage de Verheyen, auquel il DAREMBERG, 64
den(1688-1752)dont toutesles éditions (de 1713 à 1741) diffèr ses découvertes portent spécialement sur les muscles, On luide aussi une excellente Osiéographie (1733), avec de très bel planches; les grands os y sont représentés nascule el 1 ter, pour me servir d’une expression de Haller,
ls traités de B.-S. d'Albinus (1697-1770) sur les os et sup muscles (1726 et 1734) passent pour des modèles du genre sique (1); ses Annotaliones anatomicae (1754 à 1768)nre ferment des recherches précieuses sur toutes sortes de points licats ou controversés de l’anatomie humaine ou des anim Ces Annotationes n’ont qu'un défaut, c’est d’être si multiplié de porter sur tant de points, qu'il est difficile de les étudi touies ayec lattention que réclamerait chacune d’elles.
J. Halberisma a publié à Leyde, en 1848, une dissertal intitulée : Oratio de Albini anatomiae tractandae methodo com
côté tant de dispositions importantes que le Compendium peut à peine semi Memento ; mais les notions historiques et les remarques critiques dispersées d texie ou rassemblées dans des notes, sous forme d’appendice, sont curieuse instructives. — Ce manuel a ‘été traduit en français, en 1724, par Devatk Heister a écrit aussi un grand nombre de Dissertations ou d'observations d'ana soit sous forme de monographies, soit dans les Actes des Curieux de la na Voy. plus loin ce que je dis de sa chirurgie. n
(4) Malgré les soins qu’Albinus apporte dans la description des musclessil aujourd’hui impossible de se servir d’un pareil livre dans un amphitbéätres descriptions ne sont ni assez méfhodiques ni assez précises ; les attaches des muscle sont désignées et délimitées trop vaguement, malgré les règles très-bonnese que doune notre auteur. On pourrait faire des remarques analogues pourAlo logie. — Quoique à un moindre degré, comme les procédés sont à peu près blables, on peut adresser les mêmes reproches à Sandifort, qui a égalementp une Ostéologie et une Myologie. Ces deux auteurs renvoient pour les figuresp lièrement à Eustachi, à Vésale, ete. — L'atlas d’Albinus pour les os ebpot muscles est une belle œuvre artistique ; mais les délicatesses, les infinis dé la structure apparente des os n’y sont pas très-bien rendus; la représentatio muscles est très-désavantageuse en ce qu'ils sont dessinés isolément les“u autres ; les attaches sont également mal délimitées, 7
AU XVIH® SIÈCLE. 1011
endant justice à l'exactitude des descriptions d’Albinus, à ses Onnaissances aussi étendues que profondes, il professe que hatomie doit entrer résolûment, mais prudemment, dans les moïes nouvelles que lui ont ouvertes le microscope et la chimie; ilse plaint de l'insuffisance des moyens d'études que l’on posséde à Leyde, et, se laissant emporter par son ardeur pour les éludes positives, il ose soutenir que les futurs médecins donnent ucoup trop de temps et de soin à l'étude des lettres! Je me Bpresque un scrupule d'indiquer cette dissertation, où quel- “ques protecteurs trop exclusifs des ééudes professionnelles vont
“oipriment leurs doutes en un latin aussi élégant que celui d'Halderisma; ce sera pour eux, comme pour notre auteur, un briint démenti à leurs idées anti-lilléraires,
En même temps qu'Albinus, Alex. Monro l’ancien (1697-1767), professeur à Édimbourg (1), publiait, en 1726, et réimprimait Jlusieurs fois un traité De l'anatomie des os, qui ne le cède en
(1) AL. Monro (Senior) dans ses Tentamina circa methodum partes anümantium Vitre injiciendi, ete., traduits de l'anglais on latin, en 4744, par Bonegarde, qui …juajouté des notes complémentaires ou rectificatives, propose comme la meilleure mulière à injections, suivant le calibre et la disposition des vaisseaux, un mélange, soit (pour les injectious fines) d'huile de térébenthine, de cinabre ou de vert-de-gris …chpoudre impalpable (à quoi Bonegardeajoute quelque gomme pour solidifier), soit (pour les injections plus grossières) de graisse, de cire, d'huile d’olives, de térében- “ihinede Venise, avec les matières colorantes susdites ; pour rendre l'injection plus …pénétrante on mêle de l'huile de térébenthine. L'auteur critique les autres mé- {hodes. IL a aussi donné les règles pour la préparation ef la conservation des “pièces anatomiques, — Les Essais d'anatomie comparée de Monro ont été traduits a français, par Sue, en 1786. Monro s’y propose de prémunir ses contempodains contre les conclusions qu’on pourrait tirer des dissections des anciens (surtout JéGalien) puisqu'elles ont été faites sur les animaux et non sur l’homme, et que …Lanmoins les premiers anatomistes ont rapporté à l’homme ce qui n’appartenait pur Menaur JI a voulu décrire les RÉRERER fpes . de su nue Le 4 11000 Er Ostéologie d’AI. Noire est plutôt une suite d'études qu’une des- …iplion méthodique des diverses parties du squelette. L'auteur y à joint des reniques pathologiques. Les Œuvres de Monro ont été réunies en 1781 par son ls Donald, qui y a joint une Ve de son père, — D’AL Monro (Junior, 1732-1817), son autre fils, on a de nombreux et savants mémoires d'anatomie ef de physiologie humaine ou comparée.
rien à celui du célèbre professeur de Leyde (1). Ed. Sandifot {né vers 1740-1819), successeur et rival d'Albinus, à repris perfectionné les sujets traités par son maître, c’est-à-dire Je (4785) et les muscles (1781) (2). 4 Albinus et son disciple Sandifort peuvent être, avec Monro Winslow et Sabatier, considérés comme les véritables créateu de cetté anatomie exacte, minutieuse, pratique, qui est (em encore en si grand honneur à la Faculté de Paris par les Cri veilhier. les Denonvilliers, les Sappey, les Giraldès, et par les chi rurgiens de la bonne et vieille école, les Velpeau, les Nélaton les Laugier, les Richet, les Gosselin, elc.; ces messieurs ne rojél tent ni les secours que fournit le microscope, ni les services Qué rend la chimie; seulement, entreposant dans leur mémoiredl résultats qui ne sont pas encore définitifs, ils attendent la véuill cation clinique avant de les proclamer acquis à la science. Nous ne quitterons pas les os et les muscles sans nom Chaussier (1746-1828), qui à si heureusement réformé eur nomenclature (Dijon, 1760), quoique les nouvelles appellations soient quelquefois un peu compliquées; — ni sans dire unm de Weitbrecht(1702-1747), qui à donné à Pétersbourg, en 17! un ouvrage où la description des ligaments est presque achete Cet ouvrage est intitulé : Syndesmologia seu historia lijamenl@ pum corporis humani. H a écrit aussi diverses dissertations tomiques insérées dans les Mémoires de l'Académie de San Pétersbourg. nn Winslow (1669-1760) mérite plus de considération pou nombreux mémoires qu’il a publiés dans les recueils de l'Acat mie des sciences que pour son ouvrage, cependant si renomnié,
(4) Il a eu deux fils, Donald ct Alexandre, qui jouissent d’une juste réputatioit comme médecins et comme anatomistes (voy. p. 1014, note 1). Le fils d'Alexandié junior a écrit aussi des ouvrages remarquables sur l'anatomie normale oupatho logique. — 3. Jos. Sue a traduit le traité de Monro et y à ajouté de très-be planches, 1759. : - ae
(2) Sandifort a aussi publié un Trésor de dissertations, où l'anatomie tientla grande place; une monographie avec planches sur les hernies congéniales, des Tabulae intestini duodeni, 4780 ; une description du musée anatomico- pal 10: logique de Leyde, où l'on trouve de très-bonnes remarques sur l'anatomie patlolts gique des os, ;
Una pour titre : Exposition anatomique de la structure du ps humain (nombreuses éditions ou traductions ; a paru pour dpremicre fois en 1732). L’ostéologie d’abord, puis la myobgie (1) sont les deux meilleures parties de l’ouvrage. Du reste, Ie Exposition n’était que l’abrégé d’un plus ample traité qui M pas vu le jour.
Jos. Lieutaud (1703-1780) se recommande à l'historien par usieurs mémoires insérés dans les collections de l'Académie Sciences, et surtout par-ses Essais anatomiques (1742 et 16), ouvrage d’un homme expérimenté; enfin, par son His- Dre anatomique, où l'on trouve de trés-nombreuses ouver- Mes de cadavres (1767), mais dont Morgagni blâme avec Son le désordre et l'insuffisance. Les Éléments physiologiques H9) ne sont qu’un résumé assez médiocre, où l’on trouve 0p d'hypothéses ajoutées à celles de ses devanciers. MW. Hunter (1718-1783) a publié en 1762 des Lecons intro- Cioires d'anatomie ; et, de 1762 à 1764, il a soutenu contre Mouro senior d’assez longues discussions (Medical commenta- Mes). Son Anatomie de l'utérus dans l'état de gestation (de ÿh à 1794), avec planches, est un des meilleurs el des plus endides ouvrages du xvii siècle.
Sabatier (1732-1811), qui s'était d’abord contenté de donner Une nouvelle édition, annotée, du Traité d'anatomie de Cas. Ver- (1768), ayant acquis une longue expérience des dissections, publié, en 1775, un Traité d'anatomie, en deux volumes. Cet Wrage, qui pourrait encore, malgré un défaut de précision, out pour les petits détails, principalement pour les os et les uscles, servir de guide sur les tables de l'École pratique, a enrement fait oublier Winslow, comme l'ouvrage de ce der- Gr avait éclipsé tous les Compendia de ses devanciers.
nfin, l'anatomie a eu son historien dans Ant. Portal (1742- 32), homme de plus de lecture que de critique et de jugement, Quia fait peu de chose par lui-même, et qui ne rapporte pas to jours exactement ce que les autres ont fait. Le premier volume
Cependant la myologie de Winslow passe généralement pour moins COUI=<
plète que celle d'Albinus.
A01h DE LA PHYSIOLOGIE AU XVIII® SIÈCLE.
de son Histoire de l'anatomie et de la chirurgie est de 177040 lui doit encore utile Anatomie médicale (1803), qu'il faut co sulter avec méfiance, mais où l’on trouve, pourvu qu’on ait soi de vérifier les sources, d’utiles remarques historiques relatives l'anatomie normale ou pathologique, et même à la physiologiem
Quoique la physiologie (4) n’ait pas eu, à exception de Haller et de Lavoisier, de très-illustres représentants, cependantdh serait injuste de ne pas reconnaître les progrès qu elle a faits sur quelques points assez considérables entre les mains de François Pourfour du Petit, en ses Lettres d'un médecin des hôpitaua (710), touchant un nouveau système du cerveau (2), et de nou velles expériences contraires au système des acides et des alcaliss — de Hales (1677-1761) pour l’hémostatique (1727 et 1788); — de Whytt (1714-1766), pour les mouvements (3) et la circus lation (1751 et 1755); — de l'ami de Haller, Caldani (17254 1813), sur lirritabilité (1756 à 1770); — de I. À. Wrisberg (1739-1808), sur la respiration et ses rapports avec le N. phrénique (1763); — surtout de Spallanzani (1729-1799) sun la génération et la circulation (de 1765 à 1776); — de Galvani (1737-1798) et de Volta (1745-1826) sur l’électricité appliquée à la physiologie; — même de Lecat (1700-1768) sur les sens” les sensations et les mouvements (de 1740 à 1767), malgré ses préventions, ses prétentions, son peu d'originalité, ses divagasm tions philosophiques, son goût pour les hypothèses gratuites él
(4) Dans Nouvelles observations microscopiques avec des découvertes nlèr@s santes sur [la génération], la composition et la décomposition des corps organiques, par Needhañi (1743-1781) ; trad. par L.-A. Lavirotte, 1750, on lit (p. 241) cetté phrase rémarquäble : « Il paraît évident qu’il y a une force végétative dans chaque point microscopique de matière et dans chaque filament visible dont toute la cons texture animale et végétale est composée.» — Cela est dit à propos des animalcules microscopiques et des animalcules spermatiques qui se résolvent en filamentser donnent de nouveau naissance à des animaux plus petits.
(2) L'auteur a particulièrement étudié les troubles physiologiques qui résultént des affections cérébrales et surtout des coups et blessures ; il répugne à admettre une fermentalion concomitante du sang pour expliquer l’action des espritsanimaux dans les nerfs. — Voy. plus haut. ]
(8) An Essay on the vital and other involunt. motions of animals, 1754 = applique les principes de Newton et adopte aussi quelques idées de Stahl,
rannées, sur le fluide nerveux, par exemple, qu'il a fait repré- {er (l) et son peu d'habitude des expériences.
Dnly a pas jusqu'au trop célèbre Marat (1744-4798) qui, cé- Lau goût da jour, n’ait écrit, touchant l'influence de l'âme le corps et réciproquement (1775), un livre non absolument bbourvu d'intérêt et de vues parfois ingénieuses, mais aussi non pt de vaines hypothèses et d’une métaphysique obscure ; eur est trés-sévère pour ceux qui ne pensent pas comme lui, et particulier pour Lecat. — Dans la même année, Pierre Roussel H2-1802) publiait son Système physique et moral de la e, ouvrage qui a eu plus de succès qu'il n’en rhérite, et naugure cette littérature médico-philosophique, cette littéraéhybride, filandreuse, vide, qui n’a trouvé que trop de reprééntants en France dans la médecine à la fin du xvinsiècle et au hnencement du xix° : les Tissot, les Pomme, les Richerand, Albert, les Moreau de la Sarthe, les Virey, les Réveillé-Parise, $ même excepter tout à fait Cabanis, homme supérieur à autres égards.
Ce n'est certes pas à une pareille école qu'appartenait Lavoisen (1743-1794); lisez plutôt ces admirables Mémoires où il jose la plus grande des découvertes modernes après celle de la culation. Je ne pourrais, Messieurs, mieux terminer cette revue qu'en vous donnant une brève analyse et des extraits de ces Méjoùres .
Tout en rendant justice aux « trés-ingénieuses, très-délicates expériences » de Priestley tendant à prouver que la respiration a la opriété de phlogistiquer l'air, comme le fait la calcination des Métaux, Lavoisier pense que ces expériences n’expliquent pas fous les phénomènes ct qu’elles sont même en contradiction avec plusieurs ; il a donc fait de nouvelles expériences sur les Mnétaux et sur les animaux, qui, en lui permettant de décom- Doser et de recomposer l'air, l'ont conduit aux conclusions sui-
Ds
vantes (1):
" (1 Expériences sur la respiration des animaux ét sur les changements qui arriend l'air en passant par leur poumon, p. 474 et suiv. du tome II de ses OEu- | res. Moy. aussi Réflexions sur le phlogistique ÿ ibid., p. 628 et suiv,
€ 1° Que la respiration n’a d’action que sur la portion d'ait pur, c’est-à dire un cinquième du volume de l'air de l’atmoss, phère, d’air éminemment respirable, contenue dans l'air de l'as mosphère ; que le surplus, c'est-à-dire la partie méphitique, esl. un milieu purement passif qui entre dans le poumon et en ressork à peu près comme il y était entré, c’est-à-dire sans changement et sans altération ; 4
«2° Que la calcination des métaux dans une portion données d'air de l'atmosphère n’a lieu que jusqu’à ce que la portion dé véritable air, d'air éminemment respirable, qu’il contient, ait êlé, épuisée et combinée avec le métal ; 4
(3° Que, de même, si l’on enferme des animaux dans une quan tité donnée d’air, ils y périssent lorqu’ils ont absorbé ou converti en acide crayeux aériforme la majeure partie de la portion respin rable de l'air, et lorsque ce dernier est réduit à l’état de IMOfettE sk
« 4° Que l'espèce de mofette qui reste après la calcination d mélaux ne diffère en rien, d’après toutes les expériences que jai faites, de celle qui reste après la respiration des animaux, pourvu. toutefois que cette dernière ait été dépouillée par la chaux oùles alcalis caustiques, de sa partie fixable, c’est-à-dire de l'acide, crayeux aériforme qu’elle contenait ; que ces deux mofettes peus. vent être substituées l’une à l’autre dans toutes les expériences et qu'elles peuvent être ramenées toutes deux à l’état de l'air de. l’atmosphère par une quantité d'air éminemment respirable égale à celle qu'ils ont perdue. Une nouvelle preuve de cette dernière vérité, c’est que, si l’on augmente ou que l’on diminue, dans une quantité donnée d’air de l’atmosphère, la quantité de véritable air, d'air éminemment respirable qu’elle contient, on augmenté ou l’on diminue dans la même proportion la quantité de métal qu'on peut y calciner, et jusqu’à un certain point le temps quen les animaux peuvent y vivre. » fi
Dans un autre mémoire (A/térations guéprouve l'air respird} publié en 1785, et reproduit dans le tome II de ses Œuvres p. 676 et suiv., Lavoisier, après avoir rappelé que lair atmosphés rique diffère des autres fluides aériformes, et qu’ilest non simple, mais composé, prouve que la respiration décompose l'air, el que, dans un milieu clos, l'air est bientôt vicié par l'absorption