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st
hale qu'il aurait le droit de produire aujourd’hui les opinions qu’il professait il y à lus d'un siècle. » Le droit je ne le conteste pas, mais reste à savoir quel accueil on Arithparmi les savants à l'exercice de ce droit; Stahl serait écouté comme on Gcoute son commentateur M. Blondin ou la Revue médicale. Du reste M. Lasègue “icinénage aucun reproche au caractère difficile de Stahl, à l'obscurité de sa pensée, à l'incorrection de son style; èt Blumenbach à dit que si Hoffmann avait effacé Siahl, c'est plutôt par la différence du caractère que par la supériorité de la docfine, par la clarté de l'exposition que par l'inébranlable solidité des raisonnements. (1) Lanimisme, ou la matière el l'esprit conciliés par l'identité du principe et la uersité des fonctions dans les phénomènes organiques et psychiques (Paris, 1865). Dans sa Psychologie expérimentule, M. l'abbé Bautain avait lui aussi imaginé une sorte de substance intermédiaire entre le corps ét l'âme.
Pour ma part, je ne fais aucune difficulté de déclarer que dit cher, en dehors de l'organisme lui-même, un re queleo pour epxliquer la vie, me paraît une conception de l'enfant l’art. Cela nous reporte à ces temps reculés où les hommes sachant comment se rendre compte des phénomènes de la nat avaient un dieu, un demi-dieu, quelque génie particulier, otâit plement l’aveugle /atum (1) pour expliquer chacune de ses festations. [ln°y a rien de plus grossier qu’un pareil procédé tit qui éloigne plus des véritables recherches scientifiques qu'un pareille hypothèse, rien qui écarte plus l'esprit de l'étude desfo ces naturelles à la matière organisée, rien par conséquent qui s'o pose plus aux progrès de la physiologie (2). Tirons-nous du pr blème de la vie comme nous pourrons, mais tirons-nousl'étude de la vie elle-même, partout où elle existe ; ne nous décha geons pas du soin pénible de fournir des explications plus ou mois rationnelles en inventant une responsabilité étrangère, un étreqi suffit à tout el ne nous laisse guère que la peine de justifier sai sence. Or, cette peine, pour le dire en passant, est, si l’on n’a un acquiescement aveugle à la doctrine, presque aussi grande celle que réclament les recherches poursuivies dans une à direction. J'ose affirmer que si l'esprit de parti religieux out théologie pure ne s'étaient pas emparés de l'animisme, celle doctrine n’eût pas survécu à son auteur. À mon avis l'inai de l’animisme ct sa fausseté ont été victorieusement démo;
(1) Stahl lui-même, dans la Disquisitio de mecanismi et organismi di tate (1706) distingue le hasard du destin dans les opérations de la natureDes est synonyme de nécessité fatale (mais régulière et conforme à un but), de produt tion physique; Aasard désigne les créations ou les mouvements qui n'ont riendé final, ni de positif, ni d'arrêté d'avance. 30
(2) On s'étonne à bon droit qu’un homme dont Fourcroy a écrit, en parlantdé ses connaissances chimiques, « qu’il avait fixé pour un demi-siècle la théorie delt chimie, et qu'ilen avait présenté l’ensemble le plus imposant, le système le lié etle plus étendu, » ait pu mettre au jour une doctrine physiologique et médie aussi hypothétique et aussi vaine. — Voy. aussi les éloges que Lavoisier (Réfle sur le phlogistique, p. 622 et suiv. du t. Il de ses Œuvres) donne Stahl « comme étant un des patriarches de la chimie et ayant fait une sorte de révolution dans cell science » par ses recherches sur la combustion, et la transmissibilité d'un corpsà un autre de la propriété d’être inflammable.
STAHI. — PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE. 1623
és (1), au nom de la philosophie par M. Albert Lemoine dans itage précité, par M. Saisset dans l'Ame ef la vie, et au nom physiologie par M. Vulpian dans ses Leçons de physiologie gle et comparée du système nerveux (xiv° leçon).
Mant à l'exposé de la doctrine de Stahl (2) (1660-1734), je ai de le rendre aussi clair et aussi succinct que possible ; cela je le tirerai uniquement de ses œuvres, en me servant Éltraduction de M. Blondin pour ceux des écrits du profes-
une Halleiqui ont déjà vu le jour dans celte traduction. Shlse plaint, dans une dissertation Sur les choses étrangères . Miimédecine (3), qu'on fait entrer daus la médecine trop de Choses qui lui sont étrangères et même nuisibles ; mais n'est-ce MSaStahl lui-même qu'il faudrait adresser ce reproche? N'est-ce
| Me place bien entendu au premier rang des critiques du système de Stabl, les jesnet fins de non recevoir de Leibnitz, que Stahl a réunis et tàché de réfuter Nun ouvrage publié sous le titre dédaigneux de Negotium otiosum , et dont Éba dit : Opus metaphysicipotus saporis. Si je ne me trompe, et si je me place Hpoint de vue physiologique, Leibnitz (en mettant à part ses opinions souvent controyersables, et dont il se sert trop volontiers dans ses arguments qui sont ainsi en icinvalidés) a raison pour l’ensemble et pour beaucoup de points de détail du ysième ; il à raison en un langage mesuré, plein de déférence et de respect en- M'illusire professeur de Halle. Stahl a souvent tort dans ses réfutations, surtout qu'il prétend que le mouvement n’est pas en la puissance du corps; il a tort en ängage emporté, acerbe, injuste, parfois peu sincère, Si j'ajoute cette dure épihète, c'est que, selon moi, il résulte avec une certaine évidence de la lecture du tum de Stahl, que, pressé par son Aristarque, son censeur, son adversaire, * me il appelle Leibnitz, il est revenu par une voie détournée et par des raison= Neuts un peu sophistiques, sur quelques-unes de ses opiuions émises d’une façon prabsoluë : par exemple, à propos de la part de l’âme dans les mouvements physiologiques ou pathologiques (doutes 20 et 27 de Leibnitz). Puis, comme ait remarquer M. Lemoine (p.150 et suiv.), Leibnitz aurait eu beau jeu contre Hdans la question de la matérialité de l'âme s’il ne se füt pas arrêté aux pre- Mières pages de la Theoria medica vera, cax dans le chapitre de la génération, il dde lrès-positivement l'âme comme divisible : puisque le mouvement est divi- 16, iln2y a pas de répugnance à croire que le moteur lui-même est également diviible, et étendu par conséquent ! ; (2) Lu vicde Stahl, qui s’est passée presque tout entière à Halle, n’offre rien de Ailiculier; elle à été consacrée au travail du cabinet et à la pratique. Les seuls Uidents qu'on y puisse signaler, ce sontles différends de Stahl avec Leibnitz et avec son collègue, Hoffmann.
(3) Paraenesis ad aliena a medica doctrina arcendum, 1706,
402 e DE L'ANIMISME.
pas lui qui introduit de vive force la métaphysique dans la} siologie, qui invoque à chaque page les principes de la philo phie spéculative dont il fait plus d’état que des expérient physiologiques, de la dissection « minutieuse » des cadavres (ll de l'histoire naturelle de l’homme ou anthropologie ? Toutreil ne sert de rien pour comprendre comment le corps peut. cevoir des lésions et surtout de quelle manière il a l'hab
de les recevoir. N'est-ce pas lui qui, dans cette même disserh
tion, tente de faire le procés à la physique (2), à la chimie (a) en raison des minimes résultats auxquels, après beaucoup: bruit, elles soraient arrivées ? N’esl-ce pas Stahl aussi qui blâme les médecins de trop s'occuper de la nature ou du corps physis
que et pas assez des mouvements? Mais qu'a done fait tot l’école mécanique ? Ce qui le choquele plus, c’est que dans tot ces écoles physiques on ne s’enquiert pas même de la vie, ce qu’elle est, en quoi elle consiste, d’où elle provient, par qué modes ou quels moyens elle se maintient et subsiste. Ce qu'ib blâme, c'est qu’on n'ait pas distingué le mixte du vivant, êtes : à-dire, la proportion du mélange des particules qui conslituent Le corps, de la vie elle-même, et la cor poréité ou structure, del vitalité. Stahl oublie que les iatromécaniciens ont cherché donné une formule de la vie : seulement cette formule diffère dé la sienne. Personne en effet, si ce n’est peut-être Van Helmonb
. (4) I fautlire les $$ 27 et suivants de la Paranaesis, ete. parait aller la prévention de Stahl pour une science qu’il ne connaissait pas. cherche à y prouver, que l’anatomie délicate, surtout en ce qui concerne les muss cles, est non-seulement inutile mais nuisible à l’art médical ; par conséquent elle n’est pas indispensable au médecin ; elle ne fait pas partie intégrante de l'art mé. dical. Cest à n’en pas croire ses eux quand on lit de telles pages (2) Au $ 7 ctsuiv. Slahl cherche, mais, à mOn avis, sans y réussir, à préciser cette. formule qu'il adopte et qui était combattue par l’iatromécanisme : là où finitle phy- M sicien commence le médecin. Voy. plus haut Pitcairne , p. 854. D (3) Au $ 31 de la dissertation précitée, la chimie n’est pas mieux traitée que l'a tomie. Stahl dit que les chimistes n'ont jusqu’à ce jour rien, absolument rien dés couvert qui se trouve en parfaite harmonie, soit avec la vérité chimique, soit même L. avec quelques-unes des hypothèses qu'ils ont adoptées, bien loin qu'ils y aien{ pum montrer quelque rapport solide avec le caractère propre de la vie humaine: Cela serait à peine vrai de l’iatrochimie poussée à ses dernières conséquences, — Voyez aussi sa Lettre à Scbroeck, président de l'Académie des Curieux de la nature.
; pour juger jusqu'oi
ti
ét son archée et les théologiens, n'avait dit que c’est l'âme qui . semble et maintient unies toutes les innombrables particules bconstituent le corps, et détermine ses tissus et ses organes. Hest précisément de cette façon que Stahl comprend l’orgae. Stahl dit encore que jusqu'à lui on n’a connu ni la véble utilité, ni l'importance, ni l'efficacité, ni la dignité des étions. Mais toute la pathologie ancienne, toute la pathologie lomécanique et même chimique ont pour pivot une théorie des rétions et des sécrétions !
Oui, il est vrai, s’écrie-t-il, que les modernes ont traité ce l mais si vaguement en parlant de la force mécanique, que sbune spéculation dénuée de tout principe vrai et peu profi- Hblenà la science et à l’art. Sans doute, la théorie mécanique bpas suffisante, mais elle vaut bien celle de Stahl; elle n’a fout au moins détourné les yeux des médecins de la contemtion de l'organisme pour les reporter vers les régions nua- Béuses de la métaphysique biologique.
On voit à peu près, dans cette dissertation (1), ce qui selon Dahlest éfranger à la médecine : c’est justement ce qui lui rend lBplus de service quand on en sait user; mais. il ne dit nulle part Wqui est vraiment médical, ce qui a avec la médecine un r'apport.< essentiel et naturel de connexité, de convenance et de elle utilité » ; il se contente d'affirmer qu’on doit suivre la métodenaturelle établie sur une solide et infaillible expérience, mn « Une chose qui depuis déjà longtemps m'inspire le plus profond dégoût, Nécnie Stahl (Du mivte et du vivant, $ 86), c'est cette démangeaison inconcevable uontles modernes de vouloir toujours se mêler de tout; c’est cette manie préten- ‘dietsé par laquelle on agite, plutôt qu'on ne fait avec quelque résultat, une foule (ofchoses à la fois, mais le tout sans succès évident; et ce qui est pis encore, c’est quelesesprits, une fois énervés par ces sortes d’études si hétérogènes les unes aux “luttes, non-sculement s’écartent, même. avec intention, du but utile, et perdent “inside vue l’'enchaînement naturel des rapports qu'ont les choses entre elles (le “aulMet véritable but qu'ils devraient sans cesse s’eforcer d'atteindre dans leurs Müludes); mais encore, perdant même dè vue leur intention réelle ct primitive, ils deviennent par le fait impropres aux choses sérieuses et à cette constance de l’es-
Duibsi nécessaire à la découverte et à l'étude continuelle des r
apports intimes et dnvariables que ces choses ont entre elles. Or,
toutes ces digressions si vaines, mhibreseet sans frein, tous ces écarts coupables d’une téméraire curiosité sont absolu- Ménbinutiles ct même préjudiciables, »
DAREMRERG. : 65
et les inspirations bienfaisantes d’une saine raison ; C'esiJu ‘ment ce que répètent à l'envi et à la fois tous les sectaires eh les rétrogrades ! 4 La méthode naturelle, pour Stahl, c’est de ne se soucien la composition ni dela structure du corps; de donner portion de l'âme un empire souverain dont elle ne doit co à personne et à l’aide duquel elle dirige tous les actes de lc nisme, avec ou sans conscience de ce qu'elle fait. On compl mais sans l'approuver, qu’en présence d’un tel système qu physiologistes se soient laissé emporter par un soufile de réa jusqu’à arracher violemment et contre tout droit l'âme du pour attribuer à la matière des offices auxquels elle est mani
tement impropre (4).
M. Lemoine pense que le vitalisme à été le principe, le de départ de la doctrine de Stahl, et que l’animisme n° qu’une « conséquence arbitraire ». Cette assertion ne me sen justifiée ni par la lettre ni par l'esprit des textes.
Dés ses premiers pas dans la carrière médicale et dès les mières lignes de sa dissertation inaugurale, De intestins (0 Stahl regarde déjà l’âme comme le s1oteur principiant, eblee séparé de Pâme, comme un simple agrégat; au chapitre sec c'est l'âme qui digère par le moyen de l'estomac et des intesti
moins à l’aide de tous les sucs prétendus digestifs qu'au mo d'une chaleur propre, inhérente aux intestins comme aux a
(2) Stan, dans Disquisitio de mechanismi, elc., à très-bien séparé les dei C mines, celui de l'esprit et celui de la matière, quant à la création et à l'asso \ des idées; mais ik sort aussi évidemment de la bonne voie en accordant à unep de l'âme une puissance absolue sur le corps qu’elle ne possède pas, de mê ; Les matérialistes qui prêtent à la matière une vertu qui lui est étrangère. Stahl jo évidemment sur les mots quand il oppose son organisme au Mécanisme, CAL 1e nl caniciens comme les organiciens admettent un principe moteur et une fin dans actes produits. Pour les uns comme pour-les autres, le corps peut être assinil une horloge bien montée, bien réglée et bien dirigée. Les mécaniciens n6€ de se servir de cette comparaison, Mais Stahl, qui recommande à ce propos «
- pas trop se tourmenter l'esprit pour découvrir le but final de l'existence des êtres met son esprit et le nôtre à la torlure pour savoir en quoi diffèrent #26cumsme
organismes
Set entièrement en dehors de la chaleur externe, ou agent ocosmique, chaleur qui résulte de l’ébranlement de chacune articules de l’organisme mises en mouvement par l'âme.
Mlleurs (1) Stahl, distinguant du vivany le mixte où l'agrégat, entilie l'ame et la vie, La nature, auteur et soulien de notre Cest-à-dire la nature animale, c'est-à-dire l’dme (car tous snots sont synonymes — $ A6), accomplit son œuvre dans et e corps par le mouvement, sans qu’on puisse dire pour cela Be mouvement soit la vie (2), ni que le mouvement circulades humeurs soit aussi la vie ; ce n’en est qu’un simple inument, comme le corps tout entier n’est que l'instrument et Hjicine de l'âme pour laquelle il a été formé (4). Le trépied sur uel repose l'âme ou même les trois rouages principaux dont ëse sert pour entretenir et défendre le corps, sont la crculaon, les sécrétions et les excrétions (1). Aussi ($ 47-48) ne faut-il
| } Paraenesis ad aliena a med. doctr. arcendum. Voy. $ 17 et suiv.
() Voy. De vera diversitate corporis mixti et vivi, etc., 1707. Voy. p. 317, 3-00. — D'après Stahl, Dieu est la cause première, mais il n’a pas voulu que ayons à remonter jusqu à son immensité, et 47 a di nous donner un intermée, l'âme.
3) Disquis. de mechan.,$98 ; De vera divers. corporis mixti,etc., $ 51 et suiv., lest dit que l’Aomme est proprement éme.
l)Stahl se plaint (De vera divers. corporis mixti, ete. Voy. aussi $S 47, 55-144) Pessence de la vie soit mal connue ; mais en donne-t-il une meilleure notion ou Hition? « Quels que soient la manière et le sens dans lesquels on admet l’aclion universelle des mots vie et vivant, quelque signification qu'on leur donne on veuille leur donner, ils rappellent toujours à l'esprit l’idée d’une évidente ctivité quelconque, ou mieux encore d’une action sur les choses corporelles ; action SOLE véritablement, soit apparemment innée et même immanente, non transitoire necessant jamais d'agir tant qu’on y reconnait sa présence. Telle est l’idée que dinot ve, pris et conçu dans un sens général, ef, par cela même, dans un état : bsolu, présente à l'esprit de l’homme. Ge n’est pas seulement d’une manière générale qu'il conyient de considérer ot d'étudier les rapports et le mode d'être de ie à l'égard du corps; il importe surtout d'observer réciproquement les rapsnaturels ou la manière d’être du corps à Fégard de la vie. Gar enfin c’est de be comparaison que résulte et se manifeste une plus spécifique et plus formelle r on, tant de la vie elle-même que du corps par rapport à la vie. Ce qui vient ialement à l'appui de cette considération, c’est, d'une part, l'observation euse du corps humain, en tant que privé de sa vie, ct, d'autre part, l'étude de eu COrps #21 d'une manière concrète & da vie, c’est-à-dire jouissant de sa propre
pas, avec les iatrochimistes, dont la théorie est qualifiée folle (K 49) (1), s’opiniâtrer à violenter le corps pour le présory de la corruption à laquelle il est si fort exposé en sa qualité d'ag gat où de mixte; il convient le plus souvent de s’en rapport l'âme, puisque chaque individu possède en lui-même et ap ainsi dire sous la main la faculté et la libre puissance, au m0 de l’âme et d’un bon régime, d’user à son gré de toutes les choss nécessaires à la vie el à la santé. La nature elle-même nous sérl de guide. ù' € Dans l’universalité des espèces animales, il existe con chez l’homme une mixtion en tout semblable, apte ef sujette subtiles et faciles altérations ; de même et pareillement ce moe cetle force, en lant que puissance de conservation vitale, est idei® tique parlout et pour tous ; de telle sorte qu’en éliminant pañd perpétuels mouvements de paisibles excrélions tout ce qui parait devoir être nuisible au corps, cette force conservatrice naturelle, après avoir fait disparaître la cause morbifique, domine absos lument tout leffer, et l’anéantit certainement beaucoup mieux qu'ells ne pourrait le faire si, au lieu d'éliminer ain celte cause, elle en tolérait la présence, si elle fermait les yeux (qu'on nous permette l’expression) sur son accumulation et sa conca talon, si elle en favorisait même la formation, non pas tant comme ayant l'air d'attendre que comme semblant provoquerl accueillir avec plaisir le danger d’un plus grave dommage. * € Gomme la raison est d'abord l’auteur de cette méthode curas tive naturelle, et qu'une puissance ainsi qu’un caractère prop d’activitéviale \niappartiennent d’une manière spéciale, de même il est vrai de dire que c’est l'âme qui s'occupe avec un soin {Ouh particulier de cette activité, e1 qui l’emploie à l'heure indiquée. avec autant de constance que d’exactitude et de précision. (est.
DL
done, je le répète, à l’aide de cette méthode que le corps viret
vie. » De telles réflexions sont si justes, qu’on s'étonne après
les avoir lues que Stahl ait eu be
soin de l’âme pour expliquer la vie ; ces réflexions devaient le mettresur la bonne voie.
quilest conservé dans la pureté et l'intégrité de sa mixtion ; bpar elle aussi qu’il est entièrement préservé des altérations Mile menacent sans cesse et qui même l'ont déjà atteint. Telle Bblamédecine de la nature, ceue force, cetie puissance qu'Hip- Dovrate avait déjà signalée comme pouvant guérir un grand nombre d'individus de leurs affections sans le secours même de rbmédical. Telle est, en un mot, l'autocratie méthodique dela “ture, si digne de la considération et de Pappréciation la plus “lélicate ; car, ne l’oublions point, c’est seulement par elle que omme sujet aux maladies les plus affreuses se trouve spontament délivré de ses souffrances et est rendu à la santé après ioir été arraché à une mort imminente. » Trad. Blondin.
Vous allez donc, Messieurs, ajoutant pleine confiance dans les paroles si absolues de Stahl, vous reposer doucement sur la nalure « sans vous mettre en sueur, sans souflrir des veilles » : “ais tournez quelques feuillets (1) :
…« Comment se fait-il, dit Stah], que lorsque la putréfaction en- Wahit une partie du corps, l’acte conservateur vital abandonne la partie voisine encore saine, tandis qu’il pouvait et devait même arrêter les progrès de cette corruption actuelle ! Certes, et je ne tesserai de le rappeler à l'attention de chacun, on ne saurait @ier aucune espèce animale chez laquelle de pareils phénomènes Se produisent aussi aisément et d'une manière si habituelle que whez l’homme (2). Mais à quoi donc attribuer cette prodigieuse anomalie, si ce n'est à ce principe vital, actif et vivifiant de Phomme, doué de la faculté de raisonner, je veux dire à l'âme raisonnable telle qu’elle est, mais non telle qu’elle devait être, au point de vue de sa rationalité, non telle, dis-je, qu'en se l’imagine plutôt qu'on ne la suppose ordinairement ? Cette faculté
(L)kDe vera diversitate corporis miti, ete., $ 41.
(2)IL est dit plus loin que chez les animaux « l’âme s'arrête directement, simplement, sur chaque objet qu’elle poursuit d'une manière spéciale et naturelle ». Danssle $ 49 de la Dissert. De mech. et organ., on voit combien l'âme est accablée parla multitude des objets dont elle est assaillie de tous côtés et à la fois. Au S 69,
onitque l'âme est l’être essentiellement actif par rapport à la matière absolument passive,
de raisonner, cette rationalité n’est ni droite, ni sinplèm directe, ni, ainsi qu'on le dit vulgairement, naturellem@ saine, mais dépravée, timide et incertaine, téméraire el 0] hâtive à tirer des conséquences erronées et intempestivés: mêlant et s’occupant de nombreuses et différentes chosesihl fois, mais n'entreprenant et n'exécutant jamais rien avec er titude et précision, si ce n’est après de nombreux détours grandes hésitations ; se livrant plutôt à la contemplation qui simple méditation des choses; ou bien, quand elle pary délibérer avec calme et sagesse, cherchant avec plus d’em sement à prévoir l’avenir qu'à imagiñer les moyens pro y pourvoir ; . dis-je, tantôt craintive et tremblante, à tmpatiente à égard des choses imprévues ; bien souvent dé donnée et inconstante, et se hâtant ténérairement d'arrit son but avec précipitation, tout en négligeant d’employër moyens convenables et propres à cette même fin. € Lorsqu'il n’y a pas absolument espoir de conserver ( d’ailleurs assez difficile, quelque saine que soit la raison partie du corps déjà envahie par la corruption (1), dés ce ment cette portion de là machine corporelle (perdue à j4 est vouée à un simple et naturel oubli, et l'âme n’éprouve dés mais plus pour elle qu’une indifférence et une insoucianc tiennent de l’insensibilité et de l’apathie. Aussi est-ce pou que l’on ne devra pas regarder comme absolument déraisontabl cetie crainte désespérée. Aussi il me paraît plus conformié (4) Du mixte et du vivant, 8 42. Au S 68 de cette même Dissertation, 0 « La constitution matérielle du corps est si essentiellement disposée à une à ruption intime et prompte, que, considérée en elle-même, elle nous apparait, lement avoir été faite à dessein et même destinée, comme on dit, à la corru Mais nous voyons aussi cette constitution matérielle du corps dans une dis tion toute contraire, je veux dire, par opposition à là corruption, suscep se conserver durant de longues années par un quelque chose toujours 0ppo étranger à la nature foncièrement corporelle et matérielle de cette constitutie #1 ce quelque chose, quelle que soit idée que nous nous en fassions, est réelle incorporel et #mmatériel, de sorte que, si nous le considérons comme un eflebdu cause certainement pareille et elle-même 2mmatér telle, nous Le ferons bien ra nablement dériver du mouvement. » — Encore une fois, ce mouvement fait éol
l'âme, car il suftirait de le concevoir au point initial pour w’avoir plus besoi présence actuelle, continue de l'âme.
lSaine raison de suspendre alors plutôt que de Poursuivre tout dvitai lorsqu'il lui est impossible d’opposer une résistance sufisante à la corruption et partant d'atteindre son but. »
0e n'est vraiñient pas la peine d'avoir une âme raisonnable pour qu'elle fasse, par pure distraction, de telles sottises, pour quelle laisse le corps se corrompre au lieu de le préserver comme elle le peut si aisément. Le corps tout seul, la matire doute seule saurait tout aussi bien el même mieux se défendre. À Mtcompte, une âme de bête devient de beaucoup préférable 4 une ame d homme, puisqu'elle se laisse moins aller aux funestes dishactions.
“De cette longue et fastidieuse discussion (4) il ne se dé- “sage qu'une vérité banale, tant elle est peu contestée, à savoir, influence réciproque du moral et du physique, et l’action de la olonté sur le corps (2). Si toutefois nous avançonis un peu dans œtte discussion, nous reconnaîtrons aisément, malgré lopinon contraire de M. Blondin, que l'âme, « bien qu’elle ait une : œrlaine connaissance particulière des organes qui lui appartiennent (3), est singulièrement limitée dans ses puissances, et que Stah] lui refuse justement sa plus noble prérogative, celle d'aspirer à la science de l'infini (4). Il semble, en vérité, que, Jour l'âme raisonnable de Stahl, la direction de la vie (et quelle direction, grand Dieu!) soit l'office principal, tandis que la pensée n'est qu'une occupation accessoire (5). Il ne pouvait guère
(4) Voy. De mechanismo et organismo, ete. ; De vera diversitate corporis mixti ébwivi. — C’est de ce dernier traité que M. Blondin dit « qu'il est le solide foulement de la doctrine médicale, le point culminant et ce qu’il y a de plus élevé et
de plus grand dans le domaine des connaissances physico-médicales jusqu'à ce
jour ! »
(2) Voy. aussi Theoria medica vera, sect. IE, chap. vi, où les affections de l’âme sont en partie placées sous la dépendance de l’état organique du corps.
(3) De mech. et organ., $ 90.
(4) Voy. De mech. et organ., $ 48, où il est dit que l'âme est quelque chose de fini, étque le inc est seul de son domaine. Au $ 50, Stahl ajoute même que l'âme redoute l'infini, qu'elle recule devant lui avec un véritable tremblement.
(5) M. Saisset a très-judicieusement remarqué (p. 80 et 34) qu'un des moindres inconvénients du système de Stahi (voy. par exemple Thcoria medica vera, ch. 7;
en être autrement avec une telle physiologie, avec de fe occupations corporelles attribuées à l'âme; et si l’on veut ici une distinction entre l’anima ou âme physiologique, et #rus où àme psychologique, on arrive forcément à adme dans un mên.e moi deux âmes de dignité différente. En eff, quoique Stahl (1) se croie, mais illogiquement, forcé d’acco aux animaux le jugement, le discernement , l'imagination, mémoire, on découvre bien, par la distinction même de l’'anim d’avec l’anima, que les animaux sont doués d’une âme vital à peu près exclusivement corporelle ou physiologique. Il" drait même, dans le système de l'animisme, admettre au d'espèces d'âmes qu'il y a de degrés dans l'animalité ; mai Stahl ne descend pas à tous ces détails génants ; même, po mieux éviter les embarras, il déclare tout net que les plan ne vivent pas et ne sont que des mixtes (2) ; de cette façon, il pas d’âmes à leur distribuer, et le principe est sauvé! St] mille fois raison contre les machines de Descartes (3), ma ne saurait pas nous persuader, au milieu de ses contradiction que nous ne sommes guêre que des bêtes ou que les anima sont presque des hommes (4). 4
D'où vient à Stahl cette doctrine sur l’autocratie de l’âm tant en santé qu’en maladie? Si vous lisez la dissertation, publiée
$ 21-25), c’est qu’une seule et même âme est tour à four consciente dans les actes de la pensée, inconsciente dans les actes vitaux. M. Bouillier, Ini, pense qu'elle toujours consciente même dans les battements du cœur et qu’elle a l'idée innéede. la circulation. — Voy. aussi p. 1023, note 1, (1) De méchanismi et organismi diversitate. Voy. $ 47 et 64. (2) De mürio et vivente, $ 10, n° 12, (3) Voy. De mech. et org., $ 64. à (4) Au $ 75 de De mechan., etc., Slah], sans faire aucune distinction, soutie que l’âme «a une disposition parfaite à être naturellement intelligente ». Plus han, $ 58 et 59, il assure que l'âme ne s’occupe que des états du cor :
ps et des moyens matériels, et que seule, sans ces moyens, l
âme ne saurait jamais concevoir ni Jan forme ni la figure ; elle n’en aurait même pas la plus légère notion. Enfin
; dansu Mixte et vivant, $ 84,on lit :
« Je ne saurais m'empêcher d’éprouver un sentiment de vive indignation, de frémir même, quand j'entends dire que les mouvements.
+ , . . Le:
tant kygides (ou normaux) que morbides, vitaux bien entendu, ne sont en aucunes
manière et sous aucun rapport dans la puissance de l'âme pensante et rationnelle
n1706, Sur les choses étrangères à la médecine, vous y trouveegce qui suit ($ 17) : « Ce qui me choquait par-dessus tout, c’est que, dans celte théorie physique du corps humain, la vie, même dés le début, était passée sous silence, et que je n’en voyais nulle part une définition logique. J’eus se chercher, en effet, ce fut Yan; car aucun des propagateurs de ces doctrines Ha jamais dit et démontré ce qu'est, en quoi consiste, d’où pront, par quels modes, par quels moyens se maintient et subile ce que nous appelons la vie; par quoi, enfin, et à quel point de vue le Corps est dit vivant. Or je l'avoue sincèrement et d'une manière ingénue, ouf ce que je sais à cet égard, c’est chez les anciens que je l'ai puisé, c’est à eux seuls que je le dois; ce sont eux, en effet, qui, les premiers, ont établi cette hebitiolé distinction dans le corps humain entre le vivant et le mixte,
Ces-ä-dire entre les proportions du mélange des particules qui tousutuent le corps, en lant que #ixte, et la vie elle-même. Ce sont les anciens, je le répète, qui ont d’abord indiqué cette imjortante distinction; mais ils ont été incomplets à ce sujet, et je trouve qu’ils n’ont pas suffisamment éclairé le fond de cette inté- “essante question. Du reste, je crois réellement que cette dislnchion du mixte et du ne transmise aux anciens eux-mêmes, Pabune tradition plus antique encore, comme un resie de la pure Yérité, a été ainsi réduite peu à peu à presque rien, tant par la Janiélé des interprétations que par une simple négligence, de sorte qu'aujourd'hui elle ne fait que rappeler à notre mémoire le souvenir de importance que l’on accordait jadis à cetle distinc- “ion si majeure, etnous indiquer combien elle estencore digne de “noire attention. »
Puis, si vous vous reportez, à un an de date, aux Réclamations, défenses, etc., $ 31, vous êtes tout surpris d'y trouver, au conlraire, une revendication complète, absolue de toute la doctrine. lesrésume les paroles mêmes de Stahl (1) : Pour la prise de possession des doctrines qui nous sont propres, il nous suffira den appeler aux dogmes publics des diverses écoles médicales ;
“(L)De seriptis suis vindiciæ quaedam et indicia, 1707. Voy. aussi $ 64, 80 et Suiv,
on ne irouverait dans aucune rien de ce qui constitue le fondent sur lequel nous établissons notre vraie doctrine médicale; où on en ait même fait un simple exposé historique, biël d'en avoir jamais présenté l’ensemble dans un ordre tel quil applicable à un véritable traité dogmatico-systématique, dm se trouve en harmonie parfaite avec li clinique médicale. 08 dant nous croyons utile de citer, à l'appui de notre défensé,t tains faits et principes d’une trés-haute importance, aanM rapport immédiat avec la base solide de toute médecine. affirmons, en outre, bien sincèrement, que les faits et prit que nous invoquons n’ont jamais été, ni en apparence, il réalité, examinés sous le même point de vue spécial par auteur, et qu'ils n'ont jamais fait le sujet d’un véritable gnement dans aucune école médicale.
peine ébauchée par les anciens. Personne, cela est incontestäl] affirme Stahl, n'avait même soupçonné, avant lui, ce que c’est la vie ; car personne n'avait imaginé qu'il ya entre le corps ell'än
(4) Mais que peut être cet influx, cet intermédiaire qui apparaît tout à Coupe qui pourrait bien détrôner l'âme elle-même si lon pressait les conséquences dètt proposition? Stahl ne le dit pas, et je ne: vois là ni « idées larges et généreux ni quelque chose de « vraiment digne de figurer au premier rang dans lesé médicales », pour me servir du langage enthousiaste de M. Blondin. — encore à propos de là partie physiologique de la Theoria medica vera que même commentateur ose dire : « Il n’est aucun livre (Traité de physiol.) plus p à guider le médecin (maître ou élève), dans le chemin si ardu de Var médical rien n’est stérile ou décourageant ; on se sent malgré soi entrainé à l’étudesér et approfondie des faits. L'enseignement y est relevé et toujours digne de l'espri supérieur qui l’a inauguré à une époque où la science, en lutte avec les ut les erreurs d’un siècle, hélas! trop célèbre, tendait à rentrer dans une voi teuse pour l'humanité. Stahl à été l’inaugurateur de la nouvelle ère scientifi s’est ouverte devant nous et qui est sur le point de s’accomplir. Que les intellise d'élite ne fassent point défaut à son généreux appel, et la médecine aurabi atteint ce degré de gloire et d'honneur qui doit la placer à son vrai rang, au mier rang de toutes les sciences humaines !... »— Voilà comment on écrit his quand oh appartient à ua parti el qu’on a même le dessein d’en être le chef,
énseigné qu'il existe (où?) un #nouvement tonique vital nalement subordonné (?) aux battements du cœur, lequel mouitentretient et provoque par une action incessante la cireu- Hu sang, en même temps qu’il maintient conditionnellement Pirlies poreuses du corps dans un état suffisant de tenet qu'il y dirige avec intelligence les parties à sécréter (1); one n’a dit avant lui, en 1685 (cette fois il est dans le viäi), la respiration échauffe la masse sanguine loin de la refroiainsi, pendant près de cent pages s'étale une vanité souvent lle, toujours dédaigneuse, et éclaté un orgüeil olympien, uxdéfauts que nous retrouvons dans presque toutes les œuvres Slabl, notamment dans les Disputes avec Leibnits.
LaTheoria medica vera est ie développement physiologique et lication de ce système à la pathologie générale ou spéciale ; us devons donc, Messieurs, la parcourir ensemble, äfin d'y ever el de résumer les opinions qui confirment ce que nous ions déjà dit où que nous n'avons pas encore rencontrées. La physiologie est la partie de la médecine qui démontre les iles et les phénomènes spéciaux que produit le principe de wement et de repos, et qui sont tout à fait distincts, dans éWnature, de ceux qui appartiennent aû corps considéré dans Ssmodes purement organiques el matériels (subjectivité), c’estlire considéré comme simple #irte. Stahl y explique la vie, la ture des organes et leurs wsages. Le point essentiel dans la Ysiologie, c’est l’activité nécessaire, incessante, du corps vivant, livité non pas simplement physique, mais finale (objectivité), liwité qui ne s’exerce pas au point de vue des orgares corpo- Js, mais au point de vue de l'âme appliquant son intelligence et
{dl
MDNS 50; Voy. aussi 87 el 91. = Voici encore une nouvelle force ou une propriété de la matière organisée, qui vient prêter aide et assistance à l’âme ; il faut Cependant ajouter que c’est l’âme qui crée cette force; en effet, on lit seulement, MSU7NE 99, que la nature c'est L'âme humaine, et qu’elle agit, ou veille aux intéréfs du corps à l’aide du mouvement tonique ; qu’elle est l’auteur de tous les mouiéments, qu'elle Les dirige suivant des fins particulières. Mais alors l’âme ne serait Dlusqu'une clef de montre. — Il est longuement question de ce mouvement dans I Not otiosum. Voy. encore Theoria medica vera, $ 38 et suiv., & AL, D 905, et surtout la Disseréatio epistolica ad Slevogt De motu tonico vilali, 169%
Sa volonté à des objets aussi variés que nombreux, Ce lang PO mpeux revient simplement à dire, suivant la définition vulgaire, que la physiologie est la science de la vie; il n'arrie que trop souvent à Stahl de dissimuler les vieilles idées sous façons particulières de parler. Toutefois, ici il n’y a pas d'équ voque possible : c’est l’âme, l'âme seule, l'âme intelligente, Cependant inconsciente, qui est la formule adéquate de la vié de ses manifestations. Le corps est le sujet de l’âme:; il nes rait même pas, en raison de sa propre constitution tout org nique, avoir la moindre utilité réelle pour aucune autres stance que pour l'âme (1).
Le corps animal, en raison de sa composition, a, plus que autre corps, une tendance intrinsèque inhérente à la COrrupt mais par l’incessante intervention, constante, durable, vigoureu (mais voy. plus baut, p. 1029 suiv.), d'une /orce conservatr il échappe à cette corruption plus que tout autre corps (4 préambule). La vie (enfin voici une définition) est donc la cor servalion d’un corps éminemment corruptible par une forcé sp ciale qui est l'âme agissant d’une manière instrumentale à laide des machines organiques disposées harmonieusement tant das
leur action particulière que synergique, ce qui surtout consiil la santé {$5-8.— Cf. chap 11, $ 1).
(1) Du mixte et du vivant, $ 133-434. — Ailleurs on lit : « L'hématose esbaut acte de l'âme agissant par ses facultés vitale et végétative ; acte en vertu duquel les parties nutritives des aliments se changent en une liqueur d
issimilaire, mai est en tout convenable dans l'espèce,
et qui, se répandant à travers divers vis (en tant qu'organes), est distribuée en quantité suffisante, à l’aide d’un mouvem naturel et libre, dans tout le corps. C’est ainsi que par une assimil
des substances alimentaires s’accomplit la nutrition et se maintien
t la vie du co animal dans son entier. Deux sortes d’actes bien distincts doivent être observés d tout corps animal ;
; mais, dans le corps humaiv, nous avons à en constater spéc lement trois bien remarquables, savoir :
ation ultérie
1° la nutrition vitale ou la restau incessante et successive des parties qui composent le tout, ou bien, eu égard, temps, la conservation et le maintien de la crase vitale (qui s’opère par l'agitaf intime et spécifique des molécules constituantes) : mouvement durant lequel l'action dissolvante ct délétère de l'air ambi vivants ; 2° Je mouvement local et1 l’animalité; 3°
ant ne peut absolument rien sur les cor à sensation qui sont le complément form enfin, et spécialement chez l’homme, le perfectionnement conti indéfini de la raison, en ce monde, » De la sanguification, t. VL ‘chap, retn,
Puisque le corps n’est fait que pour l'âme, puisqu'il n’est rien Belle, qu’il n’a par soi aucune utilité, que l'âme est tout en Dourquoi avoir attaché un tel boulet à l’âme, pourquoi lui donné une surveillance si délicate et si difficile? Il eût dmieux, pour éviter tant de peine et tant de maux, de ne Hélque des âmes délivrées de tout travail, et par conséjuent à l'abri de caprices, d’incertitudes, et non exposées aux Mbarras ou aux mésaventures que cause la maladie. Voici l'incle et singulière réponse que Stahl fait à cette question ap, S 3), c'est que l’âme ne peut naturellement et absolument sans le corps (1) à l'égard des choses qui, dans ce monde, Ppatiennent directement à l'initiative de son acte principal; ésea-dire que l’âme ne peut avoir aucune pensée, aucune con- Sance, aucune communication avec le monde extérieur sans
ai perceptions sensorielles. Mais alors on pourrait, retournant la ase de Stahl, affirmer que l’âme a été faite pour le corps, en de celles des actions de ce corps qui sont du domaine de la jchologie ; ce ne serait plus l'âme qui aurait besoin du corps, Mais le corps qui aurait besoin de l’âme pour penser ; de sub- ÉctiÉle corps deviendrait objectif. Sile corps n’a besoin de l’âme de pour penser, 1 n’a probablement pas besoin d’elle pour dire, cLles êtres quine pensent pas n'auraient point d'âme. Enfin, “me ne peut pas penser toute seule @), il est à craindre que Madoctrine de Stahl ne tourne, malgré son auteur, vers une sorte lmatérialisme ou d’organicisme; il dit, en effet, $ 5, que le Lips à deux fins : se conserver au moyen des actions vitales de lame; être utilement employé par l'âme à la pensée ou du moins i6es manifestations. Ces diverses propositions, quoi qu’on en Se, ne Liennent pas trés-solidement ensemble mOn ne comprend pas non plus (S7 et suiv.) comment il y a entre corps et l'âme un intermédiaire qui n’est plus l'ênflux dont il a
“(L}Cependant plus haut, même page, Hinslme. Cf. aussi p. 1040.
(2) Si au moins l’auteur se contentait de dire que l’âme sans le corps ne peut pas manifester ses pensées extérieurement et pour ainsi dire matériellement. — Cite“doctrine de Stahl sur les limites distinctes de la puissance spirituelle de l estelle bien orthodoxe? Voy. plus, haut p. 1023, note 1,
notre auteur dit que le corps n’était rien
âme
été question plus haut, page 1034, mais une chose réelle dif du corps par son principe et toute sa nature, et qui a, par so] matérialité et son activité, un double rapport avec l'âme chose ou ce principe c’est le mouveinent tonique (voy. p.408 qui encore une fois devient une sorte de seconde âme,oui moins une force distincte, indépendante de l'âme, dont ce ne peut se passer ; car c’est son instrument immédiat. Pourq donc .ce principe ne suffit-il pas à caractériser et à détern la vie? À quoi bon l'intervention de l'âme qui y est asser Pourquoi en conclure que le.corps est fait pour l’âme et nono lui-même ? Surtout comment ajouter que l’âme gouverne direct ment, immédiatement le corps sans le concours d’un agent, comme sice mouvement-principe n'était pas un yéri agent tout immatériel qu'il est? U’est une logomachie d laquelle un commentateur prévenu peut bien s'extasier, qu’un vrai physiologiste ne peut prendre au sérieux. Heureu ment notre auteur s'empresse-t-il d'arrêter les « inextrie complications » que soulève l'étude de l’action et de la réa du matériel et de l’immatériel, surtout de l’immatériel, par production des actes vitaux, et il trouve mieux son com critiquer les opinions émises avant lui sur les trois âmes in | nées par Galien, sur les esprits, sur l’archée, etc.
Ce ‘qui nous élonnera non moins que ce qui précède, que Stahl (ch. 11, $ ? et suiv.) revient à son insu, mais 1°) propres paroles : « Pour que les mouyemenis ordinaires dés ganes, et ceux plus exquis encore des sens, puissent s’exé dans le corps, 1l est indispensable que ce dernier soit doué da son entier d'une souplesse très-grande; aussi toute matière d'u trop grande rigidité aurait-elle été impropre à une telle cons tance. C’est pourquoi il a fallu le concours d’une matière qui, bi que d’une certaine ténacité, fût propre à celte souplesse ou flemt litérequise. Telle est la nuxtion mucido-adipeuse dontsetrot pourvues toutes les parties flexibles du corps et dont les ni souples ont aussi leur part. Gomme cette »ixtion mucido= peuse, surtout dans son état de flexibilité requise, se tr d’une nature aqueuse, et que, comme on le sait, l’eau et la gr
STAHEL, — PHYSIOLOGIE GÉNÉRAIE. 1039
nhentre elles aucune affinité durable, mais quelles sont au Nltaire sujeties à une prompte désagrégation fermentescible, résulle que cette mixtion du corps animal porte en elle ce b caractère et qu’elle se trouve entièrement exposée à une me dissolution putride. Dès lors, quoique la véritable raison re du corps animal ne dépende pas tant de sa mixtion que la séructure particulière des organes (en sorte que le corps insi construit exige une matière propre, soit à l'acte même de Wonstruction, soit même à l'usage pour lequel il a été destiné), Mbse manifeste néanmoins une profonde dissolution dans cha ln des én/iniment pelits atomes qui forment et constituent cette Russe ainsi mélangée, il en résulte évidemment, par le fait, la line entière de toute la structure du COrps. »
Ainsi, il faut que les corps soient mous pour sentir, el flexibles pour mieux répondre aux sollicitations de l'âme; ainsi, ce.n’est Msseulement parce qu'il est un mixte, mais un mixte [ermensuble que le corps est sujet à Ja corruption (voy. p. 1036). nature, ou l'âme, ou la force vitale a la puissance diverse sur structure ; tandis que pour le mirtum elle partage son empire dkôc les altérations macrocosmiques putréfiantes ($ 12). Galien divait depuis longiemps dit à peu près les mêmes choses en d’au- “res termes, et les ialromécaniciens ont repris et accepté une “parie de ces idées en les modifiant.
M La respiration est un acte tout mécanique qui consiste à soulever, dresser, mettre en érection les vaisseaux du poumon pour giler le sang et en activer la marche (sect. II, ch. 1, $ 17); en eriu de son élasticité expansive, l'air augmente mécaniquement chaleur du sang (c0ëd., $ 18). Voyez aussi sect. I, ch. 1v, $9 et 12.
On peut surprendre encore, au milieu des violentes déclamaions de Stabl en faveur de l’omnipotence de l'âme, d’autres traits dun yrai matérialisme bioiogique (1). Ainsi, au chap. 1v, art. 3,
x () Au $ 44 du chap. v, il est dit que l'énergie de l'esprit est en accord et en “bispiration manifeste avec l'énergie de l'économie corporelle.— Aux $ 11-18 Stahl
“déclare ne pas savoir pourquoi le principe conservateur, l'âme, a une puissance si
Jinitée que la vie de l'homme est naturellement très-courte, Ce n’est certes pas
la peine d'avoir à son service une âme si intelligente pour en être réduit à de pareils
$ 5, après avoir décrit les divers tempéraments, Stahl ne fat difficulté d'expliquer les différences physiques et morales qu'ils présentent par la proportion organique qui exisle entre les mi etles humeurs, en même temps que par le mouvement égal ment analogue et proportionné aux conditions organiques selt lesquelles ce mouvement est convenablement réglé et adminisii Cette proposition est immédiatement suivie d’une autre tout à fait inattendue, et qui suivant moi suffirait à ruiner toute sa doc irine : « Il est essentiel que le corps eziste et soit même oi avant que l’âme puisse agir sur lui, en lui ou par lui!» Des que non-seulement le type du tempérament, mais le corps lu même, sont créés d'avance el sans que l'âme y soil pour rien à aussi quelque chose qui n’esl pour rien dans ce système, c'ë la logique. "4 En ce qui touche les fonctions spéciales étudiées par Stahl,s me bornerai à vous signaler deux questions fondamentales, sécrélions (1) et la nutrition, où nous trouverons plus d’une id empruntée aux mécaniciens. «On a voulu (Theoria med. v ch. vi, $ 3-7) assigner à chacune des particules humoralesl plus petites, et à chaque méat ou pore livrant passage à ces meurs certaines formes déterminées et spéciales, de telle ser que la capacité de ceux-ci correspondrait d’une manière inva ble et absolue à la dimension et à la proportion exactes particules humorales. Avant de démontrer ce qu'il y à d’absu et d'inadmissible dans ces sortes d'opinions, nous allons täclié de faire comprendre comment la sécrétion des hameurs sie complit ordinairement sans gêne, sans difficulté réelle el mê avec une convenance remarquable. Ce qu'il y a de bien notoie d'abord, c’est que, dans le perpéluel et incessant mouvement progressif des humeurs, les vaisseaux et les méats sont conlie nuellement dans un certain état de plénitude, de telle sortéq
doutes ou à de telles assertions qui soumettent en définitive l’âme au corps plusento que le corps à l'âme. :
(1) Les sécrétions se divisent en sécrétions proprement dites, opér. de laquelle les liquides tirés du à-dire la séparation d°
ation à last sang restent dans le corps, et les excrétions, avec le sang des matières qui sont expulséés hôrs du corps,
STAHL. — PHYSIOLOGIE: SPÉCIALE. 40h41
eMSte pas un libre et direct passage entre l'extrémité capillaire Santères et les dernières ramifications veineuses, de manière : iecommuniquer par ce moyen lestroncs veineux avec les émmières divisions artérielles. Il y a en cette circonstance un airetard et un certain effort de résistance, jusqu’à ce que, Me rerrait d'une quantité quelconque de sang de l'extrémité ernières ramifications veineuses, il soit permis à une nouléquantité d'humeurs de pénétrer dans la cavité de ces petits Wusseaux veineux et de rentrer ainsi dans le torrent de la tiroulation ; de manière que ces humeurs, entraînées avec le Wagaprès avoir subi entre les extrémités artérielles et veineusisuneespèce de balancement, trouvent en/in accès dans les extréniléscapillaires desveines. Durant cet intervalle de‘temps, les hu- “ieurs, secoues etcomprimées entre les parties molles poreuses Lemblées de méats, ont pu facilement devenir de plus en plus 4é- Mpreset subtiles, et aptes à s'échapper travers les mnéats extrême ment exigus des parties plus compactes. Alors, une fois que ces Mimeurs se sont ainsi distribuées cû et là, le reste du sang, quand ‘hestenfin poussé dans les veines, a acquis nécessairement un plus haut degré dé consistance ; ce qui établit d’une manière iéssévidente la raison naturelle de ce phénomène énoncé ci-dessussous forme paradoxale.
«Ce qui démontre de la manière la plus évidente la réalité de Wswfaits, c’est 10 la petite quantité des kumeurs épaisses relalivement à la quantité des autres humeurs ; 2° la délicatesse de lexture des vaisseaux lymphatiques, telle qu’au travers des mailles quorment leur tissu une certaine quantité d'humidité aqueuse chlégère peut encore se séparer des parties les plus épaisses de yrphe par une sorte de transpiration ; 3° l'observation exacte dela vraie consistance du lait, telle que l'expérience nous la présonle. Il est évident et certain, en effet, que, lorsque l’on tire trop abondamment ou trop souvent le lait, ou que l’on ne met pas un assez long espace de temps entre ces fréquentes succions, iMdevient de plus en plus éénu et agueux, tandis qu'il est d'aulant plus épais et consistant qu'on met un plus long intervalle entre ces mêmes opérations. On peut encore trouver des preuves
évidentes de ces mêmes faits dans les exemples des substances DAREMBERG. 66
excrémentitielles, attendu qu’il est démontré que, lorsque l'éjé tion de l'urine a lieu bientôt après l’absorption de liquides, elle beaucoup plus abondante et plus limpide, tandis que, lorsq s'effectue longtemps après que lon a bu, elle est alors em plus petite quantité, plus consistante et plus chargée en cot Nous pourrions répéter les mêmes preuves en nous appuyan Ja nature des excréments eux-mêmes, et dire qu’ils sont d'a plus liquides que les selles sont plus souvent répétées, tandisk la dureté de ces matières correspond toujours à un retard plu ou moins prolongé de la défécation, à tel point qu’elles nemso rejetées qu'avec peine et sous forme de petites boules dures sèches après un long séjour. » 200
Il me semble que l'hypothèse de Stahl vaut bien l'hypotli des mécaniciens tant bafoués par lui et s’en rapproche, quel effort que l’antagoniste de Hoffmann puisse faire pour mon les difficultés que soulève l’absolue proportion réciproqu particules humorales et des pores sécréteurs où colateurs (ls lui-même admet qu’il y a un certain rapport de dimension du chap. vi, et$ 2 de l’art. 4° du chap. vn) avec la consistant la ténuité des humeurs; c’est en vain qu’il ajoute qu'avec l'h thèse des mécaniciens il faudrait que chaque humeur sécr füt parfaitement homogène, ce qui n’a pas lieu, les humeurs plus simples en apparence constituant toujours un mélange.
Dans la nutrition (sect. III, $ 14, 7) l'âme manifeste, au mOi de l'appétit, qui est un désir, une volonté, une puissante éne tant de volition que de direction motrice proportionnée à des tentions de fins certaines. — Ce n’est pas la mastication qui ael la sécrétion de la salive; c’est un acte arbitraire dépendant d acte de la volonté, et du désir ou de la répulsion. La preuve que la salivation se produit en dehors de la mastication (ab
(4) Stahl prétend {chap. var, art, 4, $ 8) que la lymphe (y compris le chyleht pas assez d'importance directe en médecine pour qu'elle devienne l’objet de fondes méditations et réclame un secours direct de la part du médecin lui, le sérum (art. 2) étant le résultat du mélange de diverses substances aque est sécrété, non par un seul et même organe, mais par plusieurs organes, selon éléments qui le constituent. — La sécrétion et excrétion des menstrues est uni crise septénaire (ch. vint, $ 40); les hémorrhoïdes sont uné excrétion analogu )
#9). Stahl (S 18 et suiv.) admet une fermentation digestive l'estomac, mais sans qu’il soit besoin d’un ferment spécial eloppé dans l'estomac ; il provient des aliments et aussi de la
sIln'y a pas de différence essentielle entre les vaisseaux chylifères et lymphatiques ($ 27) puisque le chyle est destiné à être changé en lymphe (2).
“Il est manifeste que la nutrition (Theoria med, vera, Wect III, $ 49) s’accomplit formellement par un mouvément $ " et direct, mais si bien réglé, que toutes les plus petites jirticules du corps entier sont parfaitement agencées selon leur mbre exact et leur position spéciale ; car, de même qu'il nest possible que dans le corps humain il y ait un seul linéament
Diysique fabriqué sans raison, puisqu’en effet toutes les parties, plus petites comme les plus grandes, y sont remplies de méafs, “nterstices, de pores, et ont des formes particulièrement propres à leurs usages, de même aussi on ne saurait admettre qué lételles dispositions, de si parfaites distributions des plus petits “ou\des plus grands atomes puissent provenir des mouvements (la matière errant au hasard, et bien moins encore qu’elles puissent suivre des mouvements réguliers et des effets successifs propres à atteindre un but déterminé et raisonnable. JI nous sera facile maintenant de découvrir la vérité du phénomèëne de là nutrition, d'en étudier tous les secrets à l’aide de la raion, et de Por er ensuite que l'acte suprême et formel de cote importante fonction, vulgairement appelé assimilation, est “éritablement un acte inorganique, c’est-à-dire s’exécutant sans
l'intermédiaire d'aucun organe ou instrument, mais d’une manidre crunédiate, par un Mouvement très-spécial, ou, en d’autres lermes, avec une mesure, un ordre et une régularité adrmirables, De sorte que l'assimilation nutritive consiste d’une manière ab- Solue : 1° Dans la séparation de corpuscules nourriciers, extraits de la lymphe lors de son trajet dans les organes, et lorsqu'elle se porte au delà du lieu où l’apposition doit s'effectuer ; dans la
: (L) Voy. plus haut, p. 916, une explication à peu près semblable de Hoffmann, (2) C'est presque le contraire qu’il aurait fallu dire,
séparation, disons-nous, de tels corpuscules, convenables consistance de toutes les parties, d’avec d’autres corpusculese nature différente ; 2° dans le rapprochement ou l’applicationsti cessive par le mouvement; 3° enfin dans la juxta-position el collocation de ces particules dans les parties où elles doivent être fixées pour un temps. Ce phénomène est exécuté d’unem nière absolument convenable et conforme au nombre de ces“cor puscules, non en vertu de la quantité de la matière, maissel les besoins continuels des organes eux-mêmes durant foutelavie
de l'individu. » F
Toujours préoccupé de l'emploi intempestif de la physiqie, Stahl ouvre son traité de Pathologie spéciale par cette déclaration que toute considération qui ne mêne pas le médecin à la décous verte d’indications et d’agents thérapeutiques en parfait accon avec elle-même, doit être regardée comme étrangère à la w@ théorie médicale et reléguée dans la physique pure. Par exemp si l’on ne fait attention dans une blessure qu’à la cause physi et au résultat matériel, on ne pourra tirer de là aucune indic tion, puisqu'on ne voit que des fibrilles coupées, et qu'ilest aussi impossible de les compter que de les rajuster bout à boul pour en obtenir la réunion directe. Exemple mal choisi sien fut, et qui prouve que Stahl ne savait guère ce que c’est que réunion par première intention, et à quelles conditions elles» père! Voyons si le reste de la pathologie spéciale répond à débuts. -
Pour Stahl, la maladie est une exception; les hommes exe de maladie sont en bien plus grand nombre que ceux qui enson atteints ; en tout cas les maladies sont peu.variables, quant. leur espèce, chez un même individu. Voilà, je crois, une asser tion fort contestable dans la teneur absolue où elle est présentée La suivante, que les animaux sont encore plus rarementret moins grand nombre que les hommes, atteints de maladie, mande aussi vérification. Stahl prend de là occasion pour rec0 mander la vie simple, active, exempte de passions et d’émotio et pour faire indirectement un procès àla civilisation trop avanc! autant de banalités sur lesquelles il ne faut pas s'arrêter,
Bientôt apparait le naturiste qui veut prouver que toute Ménergie vitale est employée à expulser spontanément les maladiéset à rétablir la santé (1).
mu La plupart des maladies et même toutes celles qui ne provien- ‘ent point d’une cause externe violente, n’ont aucune puissance directe et naturelle sur le corps ; mais il est encore plus évident “fé toutes les maladies subissent nécessairement, de la part de Iéconomie vitale, une réaction telle que cette activité seule sufft, sans le secours d’aucun agent artificiel, pour combattre, subjiguer et éliminer ces mêmes maladies. Par ce moyen non-seument le corps retrouve son ancien équilibre, mais il est encore \Habli dans l'intégrité même de la structure et de la texture de tissus, partout où il y avait eu lésion. Ges phénomènes ne Siccomplissent pas en des cas rares, à l’aide d’expédients et de étlodes éventuelles et fortuites, mais bien par des moyens et Nitant des procédés universels et si constants, que, si ce n'étaient Certains obstacles individuels et accidentels, les guérisons spon- Unes, l'expulsion des matières, le soulagement et le rétablisseent complet des parties et des actions auraient invariablement lieu.
« Sans aller chercher des témoignages en dehors de notre Sujet, nous citerons, continue Stahl, la plus grande partie, du globe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, et, dans notre Europe, les hsses rustique, plébéienne et militaire, qui constituent l’imiense majorité des habitants (2). Il est bien reconnu en effet, parde nombreux exemples, que les maladies ordinaires et même lSallections pestilentielles, si dangereuses d’ailleurs, sont amenées et même guéries sans le secours de l'art, mais seulement dune manière spontanée (3); de telle sorte que, à bien appré-
Mii)MTheor. med. vera : Pathol, génér., X, ur, À et suiv. “(2)Bordeu, dans ses Recherches sur l'histoire, dit la même chose.
(8)cba plupart du temps (deux fois sur trois), le médecin n’a rien à faire et ne fibrécllement rien du tout, Les maladies à traiter présentent trois conditions. Or Voici quelles sont ces érois conditions : la première, c’est lorsque la nature con- Court, par son acte efficace, dans la curation des maladies et qu’elle intervient d’une hunière satisfaisante ; lorsqu'elle fait, dis-je, assez régulièrement et convenablementree qu'il est urgent qu'elle fasse. La seconde, c’est quand la méthode médicliice de la nature, dans quelque sens qu’on la prenne, soit dans son action ordi-
cier la chose, tous les moyens thérapeutiques, tant préconisés, »e méritent ici aucune prérogative (1). Ajoutons que ces diversts affections morbides, ainsi guéries sans la médecine, n'exige pour leur guérison ni plus de temps, ni de plus pénibles épreuves, ai des sensations plus désagréables et plus profondes, que da les cas où l’art médical triomphe de ces maladies; c’est là que démontre Hotte
c'est que, non-seulement plusieurs maladies spéciales, : mai encore presque toutes les affections morbides, sont spontané ment guéries, après un laps de temps parfaitement déterminés tant chez les enfants, les adultes et les hommes faits, que chéz les vieillards affaiblis par l’âge. Ces phénomènes s’opèrent a moyen de l’expulsion sensible de certaines matières dont l'éis cuation, l'excrétion et la disparition définitive sont d'autant plus défilés que le mal fait plus de progrés et qu’il devient, comme. on le dit vulgairement, plus intense et plus opiniâtre. Sauf quel ques cas, bien rares d’ailleurs (sect. IV, $ 2), la seule chose quaib à faire le médecin, c’est de prêter une main secourable à l'actis vité spontanée de k force vitale. Cela est si vrai, qu’à bien cons
naire, soit du moins dans son action particulière, à l’égard des hommes les plis robustes, est tout à fait contraire et opposée à ces maladies. La troisième, enfin, c’est quand chez quelques individus L’ énergie de la nature n’est pas convenablem et suffisamment constante à elle-même, que la matière morbide exige réellement, ou du moins qu'elle admet un secours étranger. Dans les deux premières condis tions, non-seulement il est utile que le médecin demeure simplement spectateti-dts ce qui se passe, mais il faut et il est absolument nécessaire, dans le second surtout, qu’il n’intervienne jamais en aucune manière, » (Du mixte et du vivants $ 104 etsuiv., t. II, p. 454.) 3e : à (4) Voy. aussi Du mixte et du vivant, $ ADA, 159, 153 (où l’on recommuides surtout de ne pas faire violence à l'aufocratie de la nature). — Aussi l'Introduess tion à la Theoria medica vera, où les distractions de l'âme conservatrice sont ra tachées au péché originel, — Dans Ars sanandi cum exspectatione (en réponse à Ars curandi cum nuda expectatione de Gédéon Harvée) Stahl maintientree proposition que la maladie consistant dans la corruption de la matière, la nature chargée de mürir et de séparer ou de sécréter cette matière ; mais en même té il combat les exagérations de Harvée, et assigne au __… le rôle qui consi à-diriger la nature ; il ne veut pas qu'il reste un simple contemplateur des scènes pathologiques.
Merle fait en lui-même, on peut dire que le médecin n’est bsolument nécessaire à la maladie, attendu que la nature souvent, par sa propre énergie spontanée, diriger et accom-
e-même la guérison. Cependant l'intervention de l’art deaccidentellement et individuellement indispensable, toutes ois qu'il survient dans le cours de la maladie une complica- Onpar suite d’une trop grande violence que l’agent curateur, linssson trouble, ne saurait dompter, tant à cause de l'altéraladirecte et profonde de l'organisme, qu’à cause de l'impuisice où est l'énergie vitale d’atteindre normalement son but, enfin à cause du besoin où se trouve en général cette force tanée et propre de la nature d'être secondée pour ramener Onomie animale dans de meilleures conditions. » Le Doù lon peut conclure que la mort nest pas tant la conséce directe de la maladie, que le résultat d'une fâcheuse éprovenant d’un défaut de résistance de la part de la force le (1). N'est-il pas constant, en effet, que sur des milliers dividus indistinctement atteints d’une seule et même maladie, finseul ne succombe et que tous recouvrent la santé? Témoin Mriole et bien d’autres affections de ce genre.
Cest l'âme qui tue ou laisse mourir le corps, dit M. Lemoine; tomment et pourquoi ? Stahl lui-même pose encore mieux la question : La question n’est pas absolument : pourquoi Fhomme Meurt, mais pourquoi il meurt au bout d’un espace de temps érminé ; ou plutôt : puisque l’homme peut ne pas mourir pendant un long temps, pourquoi ne le peut-il pas toujours ? pourquoi est-il nécessaire qu’il cesse de Re : Parfois Stahl renonce à expliquer le fait. C'est sans doute que nergie de l'âme est limitée quant à sa durée, qu’elle s’épuise Safaiblit à la longue ; mais pourquoi cet épuisement et celte ï puissance ? On ne peut trouver (et l'usure naturelle ? ) aucune ison pour laquelle, au bout d’un certain temps d’une si courte Miériode, l'énergie active, l'énergie qui forme et répare le corps, Janguisse et fasse peu à peu défaut. Parfois, sentant que la mort urelle est une grave objection contre l’animisme, Stahl essaye,
b: (4) Voy. plus haut, p. 1029 et 4036.
par un subterfuge ingénieux, mais arbitraire et qui ne fait déplacer la difficulté, de décharger l’âme de la responsabilité la mort fait peser sur elle. C’est que l’âme aurait sous sonspôl voir la structure du corps tout entière, mais non pas le mélang matériel dont elle forme le corps ; or c’est de ce mélange etdes corruptibilité que viendrait tout le mal. Les influences étrangèm du chaud, du froid, de l’humide, agissent sur ce mélange,wels un moment donné, leur action peut devenir assez pus pour vaincre toute résistance que l'âme tenterait de lui oppose
A l’appui de ces considérations, et comme en étant une ini prétation fidèle, nous citerons, avec Stahl, cette sentence philosophe Sénèque : « O homme, si tu meurs, ce n’est pass tu sois malade, mais bien parce que tu ès en vie; c’est làn calamité qui te menace même alors que tu jouis de la plus parfaite santé. » Voilà un aphorisme trés-philosophique, mais peu pli siologique, sous la forme qu’il a prise en passant par la bouc de Sénèque.
Stahl résume sa doctrine dans les trois propositions suiva qu’il développe longuement (sect. IE, Prol., $ 3) : 1° Le co humain possède une três-grande aptitude et une naturelle position à être malade ; 2° malgré cette suprême prédispositio il existe dans l'économie animale un remarquable éloignemé pour un tel genre d'altération organique; 3° il se trouve enfin, entre ces deux conditions opposées et contraires, un état inlèt médiaire, c’est-à-dire une disposition probable du corps à taines maladies qui l'atteignent réellement.
Il est bien triste que le second de ces aphorismes ne soit pas le seul vrai; nous ne pouvons guère nous consoler des deux aules: par la seule pensée que la nature qui a fait le mal saura le rép : rer par élimination partielle et locale ou par l'expulsion gén À rale, définitive, hors de l’économie, des matières en voie da se décomposer ou déjà corrompues (sect. IT, chap. 1v, $ 2); carctest là la méthode universelle des guérisons spontanées, en vertu du réaction de l'énergie vitale contre l'énergie morbide.
A proprement parler, il n’y a que trois causes générales et trois. espèces de maladies : la pléthore (sect. IV, chap. 1) généralesow
Male (1), à laquelle se rattachent les divers genres d'hémorrhamess l'épaississement du sang (ibid., chap. n1) (2), d’où les consions distentives qui se traduisent par des hémorrhagies interjelles ou externes, même par le rhumatisme, l’inflammation, epremier sujet matériel est la stase d’un sang pur, stase xplique la douleur, la chaleur, le gonflement, la rougeur ltension (chap. rx de la IF section) (3); car ce sont là les bles causes qui fournissent la matière, l’occasion et comme stigation d’un grand nombre de maladies (ch. ur, $ 1); enfin mouvements insolites des parties qui donnent naissance aux Smes, à la débilité, à la paralysie, à l’apoplexie, aux convulsions, etc. (A).
Les mouvements liés à une cause extraordinaire, étant unis à tite cause, sont purement passifs et disparaissent avec la cause, Hndis que les mouvements qui s'exécutent en vue de cette même use, mouvements essentiellement vitaux, sont actifs, en ce
(HAL ya des pléthores qui naissent ex vifio mentis : elles se guérissent chez les
jfnts par une épistaxis, chez les femmes par un flux utérin, et chez les hommes
jules hémorrhoïdes, qui sont, pour Stahl, une des voies que la nature emploie le
plus souvent et avec le plus de succès dans la cure des maladies. Il a même écrit
sur ce Sujet une dissertation spéciale : De motus hemorrhoïdalis et fluxus hemorrhot-
din diversitate, ete.
m(D}MOn lit ici (6 1) que le sang à un élément vital, une vie qui lui est propre.
Silesans ($ 6) ne s’épaissit pas aussi souvent que semblerait le commander sa con-
siitution naturelle, c'est qu'il se produit une pression et un ébranlement par son
holement local incessant. Borelli ou Bellini n'auraient pas mieux dit! Enfin Stahl rijoute, chapitre ur, $ 4, que la pléthore n’occasionne que de rares et légères incom- “dites (comme si les hémorrhagies étaient des affections si peu dignes d'attention), “dis que les plus graves maladies viennent de l'épaississement du sang, atteint “is dans l'intimité de sa constitution.
(3) Noy. aussi Positiones de mechanismo motus progressini sanguinis, 1695, — Cône sont pas les lois mécaniques qui expliquent la stase; c’est l’âme qui la produit. Moy. encore Inflammationis vera pathologia , 1698; De obstructione vasorum “sanquin., 1743,
({) Suit une longue discussion sur la question de savoir si les mouvements pathologiques sont, ou non, dans Zeur principe, dépravés et contre nature, si Von doit les considérer comme des lésions de fonctions des parties affectées ou plutôt si, au point de vue de l’ordre moral et final, le corps, en tant que vivant et devant être conservé, n’est pas la cause réelle, l'instrument direct, et surtout le but convenable Ohicessaire de ces mouvements extraordinaires.
sens qu'ils sont destinés à combattre et à détruire cette causés ils ne diffèrent des mouvements normaux que par le deglé Pordre et la succession ; ils sont l'instrument de la nature cire trice, instruments qu’elle dirige et dont elle règle l’intensité ul vant Tes besoins, lesquels sont déterminés en grande partiespat le tempérament et la sensibilité.
I faut ajouter à cela les causes adventices qui sont diviséestel deux classes : la première comprend l'abus, l'usage funest mauvais choix des choses non naturelles nécessaires à l’entretié de la vie, ce qui revient à nos causes occasionnelles, puisqu'ellé peuvent engendrer la pléthore ou l’épaississement du sang li deuxième classe embrasse les choses dites contre ‘nature, ;. troublent le corps par violence, par exemple les brülures, lé corrosions, les substances acides, âcres, celles qui sont tr astringentes, ou les contraires, les doses élevées de médicaments actifs, les coups et blessures. .
En conséquence de cette manière de voir, Stahl émet les pro positions suivantes (Path. spée., sect. V et dernière, $ 19) : «Loi de négliger et de dédaigner, avec l’arrogant orgueil des SYs= tèmes modernes, la vieille et constante maxime des praticiensdé l'ancienne école, enseignant que les remèdes spécifiques et ap propriés à la eu de l’état morbide ne doivent être eme ployés qu'après l’usage préalable des remèdes universels, 100$ devons au contraire l’accueillir loyalement et en faire, quand le faut, une sage application. Si l’on ne considère pas avé glément cet aphorisme au simple point de vue empirique, Ce] serait contraire d’ailleurs à l'intention de ses auteurs: si, dà une affection donnée, on ne s’en tient pas toujours et qu même à la méthode générale des évacuations de toute cspies regardées comme indispensables, mais qu’on s'explique raison" nablement le fait et qu'on en vienne à l’application formelle des moyens convenables à chaque espèce morbide; si enfin, vu retour fréquent de la plupart des maladies, on porte à tempsso attention sur une médication plutôt préservatrice que réel ment curafive, on rélirera certainement de toutes ces précais tions des vérités pratiques et des avantages dogmatiques bien autrement salutaires que ces élucubrations contradictoires qui
laruine de toute solide thérapeutique et d’une sage théorie. on veut savoir franchement notre avis sur cette question, jus dirons, en terminant, que, loin d'attribuer à ces causes ilventices une sphère si étendue d'activité et une efficacité maté- Île directement capable de produire formellement, pour par é langage de l’école, les affections qu’on leur assigne, ou de imprimer une raison d’être toute spécifique et un caractére iculier, au moyen d’une énergie d'action physique et immé- 8, nous pensons au contraire qu’on doit plutôt les prendre, rès leur véritable mode d’agir, pour des causes générales, lignées, occasionnelles, conjointes tout au plus, et capables, e provoquer directement ces affections, mais simplement ëles irriter. »
Lomme dominant le cadre nosologique apparaît la fièvre avec “causes générales ou spéciales, ses caractères, la diversité deses modes et de ses attributs (1). Elle est considérée (sect. IV) me une affection suballerne et bienfaisante dont l'intention est a même que celle des hémorrhagies, en atténuant le sang fable mouvement local.
“On diffame la fièvre, Stahl la réhabilite ; au lieu d’être l’en- 1eme de l'homme, elle est au contraire sa meilleure auxiliaire. lb.n'a d'autre cause qu’une cause morale. S'il arrive que la re s'aggrave outre mesure et qu’elle semble être la cause de ort qui survient, c’est encore par suite de l’aggravation de Maladie contre laquelle la nature fait un dernier et violent fort. Les fièvres intermittentes et périodiques surtout prouvent en qu'elles ne sont pas des effets de la maladie, mais des ac- S de la nature. . raison des périodes et des paroxysmes des fièvres est double : à des corruptions plus dangereuses, c’est-à-
(LL fièvre (sect. IV, $ 24) est considérée comme un acte vital, excréteur, sécréeur moteur, une énergie appréciatrice des choses qui doivent accomplir le salut; dourésulte que l'âme des bêtes, moins intelligente que celle des hommes, ne sustiléque très-rarement cet acte merveilleux ! O folies des systèmes ! — Voy. aussi Déautocratia naturae, 1696, et De febris rationali ratione, 1701; Febrisin genere ‘listoria, 1701, Il y est dit que les hommes seuls sont exposés à la fièvre, et qu'on est jamais mieux portant que lorsqu'on a été bien guéri d’unefièvre; car La fièvre Dia dépuratif du corps (De febrium pathologia in genere, 1702).
dire plus présentes, la nature oppose aussi une commotion té tinue du sang ;.… à des corruptions plus lentes, elle oppose aüss des commotions plus modérées. (Lemoine, Le Vitalisme, els
page 82.)
Stahl étudie les hémorrhagies spontanées où presque sponits
nées, qui ne dépendent d'aucune cause occasionnelle ou fortuilé} elles ne sont jamais ni précédées ni accompagnées d’aucuné sensation fâcheuse remarquable. Cependant il range parmi cts hémorrhagies celles de l'utérus, du poumon (hémorrhagie sub: stitutive des menstrues ?), des reins, à côté de celles du ne?! Quelque considérable que soit une hémorrhagie spontanée (e sont ordinairement réglées par des temps déterminés), el p’affaiblit pas l'économie et n'y cause aucun trouble notables si elle ne devient pas subitement immodérée ; or, cest jus tement le contraire lorsque la saignée (!) ou un accident quels conque donne lieu à une perte équivalente de sang (? partiëss sect. I, Préamb.). ]1 n’est pas besoin de faire remarquer la fauss seté de presque toutes ces propositions, contre lesquelles la cl nique proteste, si le système du pouvoir personnel et intelligent. de l'âme leur est favorable.
. Des deux affirmations suivantes, tirées du même Préambule, l’une est d’une vérité douteuse, l’autre est plus conforme à l'Obx servation, mais trop générale : les sujets qui ont des hémors rhagies périodiques, régulières, faciles, non-seulement jouisset d’une bonne santé, mais sont réfractaires à bien des maladies toutes les fois que dans le cours d’une maladie il survient un lux sanguin périodique et réglé, la maladie disparaît à peu prés complétement. Enfin, la suppression brusque d’un flux périodique habituel est presque toujours fâcheuse, ce qui est vérifié
par l'expérience (1).
(4) « Les hémorrhoïdes sont plus fréquentes et plus communes chez les hommes qu’on ne le croit, surtout dans les climats du Nord. — Les hémorrhoïdes, ldMsCits tique, la néphrite, l'affection calculaire, ont entre elles etavec la goutte des liaisons, des corrélations, des connivences, sinon invariables, au moins habiutelles. ll
existe une grande différence entre le mouvement et le flux hémorrhoïdal (chap
Mes conditions internes délerminantes (ici un nouveau retour Wisle mécanisme) des hémorrhagies sont l'amplitude des vais- Wuxet la forte impulsion du sang qui provoque son épanche- Micnbet son extravasation. — (est surtout chez les jeunes gens oles individus vigoureux et pléthoriques que se rencontrent déielles conditions. Les causes externes sont au nombre de “cinq (Path. spéciale, chap. ï, $ 3) : 1° Les mets fortement épiappelés vulgairement échauffants, ayant la propriété de ravréfier ou de dilater le sang; 2° les boissons spiritueuses et les liqueurs alcooliques ; 3° la grande chaleur de l'air atmosphérique, Alors surtout qu’il est imprégné d'humidité; A° une forte com- Âmolion de la masse sanguine par des exercices corporels trop \olents: 5° enfin, le passage subit d’une température chaude dans tn milieu froid.
miLy à aussi, bien entendu, des hémorrhagies par causes faumatiques. Stahl range dans cette classe les lochies des femmes en couches, et les hémoptysies produites par un effort M\ioent. 11 appelle passives les hémorrhagies par cause externe
éhétrangères aux actes vitaux.
me n'est pas directement et par une simple efficacité physique que la pléthore produit les hémorrhagies ; il faut, le plus souvent, in moteur accidentel, une commotion (l'ivresse, par exemple, ou ls mouvernents impétueux dans les maladies), une émotion, un orgasme. Ces flux, affectant presque toujours le type périodique et presque toujours critique, ne peuvent être attribués ni à l’acrimonie ni à l'obstruction des voies. C’est, par conséquent, au point de vue moral de leurs fins, usages et destinations curalives, et non au point de vue mécanique où physique que ces hémorrhagies doivent être considérées.
Il nous paraît inutile de suivre Stahl dans les détails où il éntre sur chaque espèce d’hémorrhagies spontanées; ces con- Sdérations suffisent amplement pour révéler l'esprit qui à présidé à toutes ces recherches. Nous arrivons aux conges-
hons.
« D'après son acception étymologique et propre, le mot congestion (Pathol. spéc., sect, II, $ 1-3) indique plutôt un état réel
d'activité qu'un simple état de passioité ; ajoutons même À que la congestion peut être considérée comme la véritable $0 des divers états passifs qui, sous les noms plus spéciaux fluxion, d’engorgement, de stase, d'obstruction, semblent dépendre directement et en provenir naturellement. L'effet médiat, direct et prochain de la congestion, c’est la stagn qui, prise dans son vrai sens et dans la réalité des choses,“ désigne pas seulement un obstacle apporté dans la circulatit de la masse humorale, mais indique surtout l’érar respectif voies et méats; état sous lequel la circulation ayant encore lie il survient néanmoins, par l'afflux d’une quantité de sangpli grande que de coutume, un embarras dans la promptitude dans la régularité ordinaires de la marche progressive démtf liquide, el, comme conséquence de ces phénomènes, la distei sion anomale des vaisseaux ét des tissus voisins de la conÿes tion, ainsi qu’une altération apparente dans la sensibilité bit volume de la partie affectée. Il est donc avéré qu’on doit tendre par séagnation non l'arrêt simple et réel du sang dal une partie du corps, mais bien un embarras mécanique dan libre et naturelle circulation. Ceci une fois admis, on compren aisément que l’engorgement et la distension des organes de nés à recevoir et à transmettre le sang, ainsi que le surcroît
gressive de ce liquide, malgré une énergie impulsive égaletl uniforme d’abord, mais devenant successivement plus intens La distinction que nous venons d'établir est des plus importante tant au point de vue organique, c’est-à-dire des phénomèné physiques qui se passent en ce moment, qu’au point deu médical ou des symptômes pathologiques qui accompagne suivent cette altération de la sensibilité locale, en se manifest tantôt par un profond sentiment d'irritation, tantôt, maisp fréquemment, par un acte réciproque d’ébranlement locale répulsion, afin de prévenir les effets prochains d’une stase im nente, en provoquant de puissants et énergiques mouvement constricteurs. dans les parties lésées : par ce moyen, en“efl les humeurs qui, par leur séjour trop long, seraient peuà
énues impropres à la circulation et auraient profondément éré la sensibilité, sont repoussées vers d’autres organes et léfinilivement chassées des parties, siége de la congestion. »
“Ainsi la congestion est un mouvement tonique actif; l'obséruclion, un phénomène passif et négatif de toute activité ($ 6); de que l'acte congestif répond à une destination finale ( 9), est l'allégement de la masse sanguine, ou effort hémorrhapique entravé ($ 14). Il y a ($ 20) quatre espèces de congeslions : les congestions simples et tendant à l’hémorrhagie avec lis ou moins de succës; les congestions dont l’action est trèsiidue et qui changent volontiers de place (affections rhumamales); l’inflammation, enfin les douleurs résultant de la dis-
sion des tissus.
à troisième partie de la Pathologie de Stahl s'appelle Patho-
logie très-spécinle, parce que l'auteur y étudie les véritables Maladies très-particulières, ou plutôt les causes, les symptômes, dmarche et le traitement trés-particuliers des maladies ; 1l exane d’abord toutes les maladies hémorrhagiques spéciales, l’héopiysie phthisique (1), la toux, sous lequel nom on entrevoit la Onchite et la pneumonie, l’hématémèse (avec ou sans mal liypochondriaque, deux affections ordinairement conjointes) ; les missements noirs, les hémorrhoïdes, la sciatique, qui procède une congestion ou d’un flux primiuf et surtout rétrocessif des
“(l)Lhémoptysie est considérée comme un moyen plus où moins facile et tranémployé par la nature pour combaltre la congestion pulmonaire. Les diverses ptions ou tumeurs sont aussi présentées comme des efforts congestifs salutaires; isique le démontrent les dangers des rétrocessions. La goutte (c’est Stahl qui l’a découvert le premier !) vient souvent d'efforts hémorrhoïdaux éloignés, opiniâtres, Maldirigés et ne pouvant pas atteindre leur but naturel (chap, 1) ; le rhumatisme (ificction propre à la pléthore) est une maladie rare dans ses attaques violentes ; ce estqu'une vague et indécise tendance générale vers la congestion et l’hémorvhagie, avec altération constitutive des humeurs avant la congestion ; les métastases ont fort redoutables, ainsi que les engorgements (chap. 11). ; L Quoiqu'il ait prétendu plus haut que l'hémoptysie congestive est salutaire, il dibiciqu'on ne peut pas la négliger sans exposer le malade à avoir des ulcères Mhiipoitrine; pour lui elle est précurseur, non suite de Ia phihisie, qui est une iection du poumon, tandis que la fièvre hectique ne vient pas nécessairement d’une
elle cause locale,
hémorrhoïdes, les vices de la menstruation ; l'hystérie et Piyf chondrie, comparées ensemble et qu’il regarde commed affections identiques; l’une est le mal des femmes, l’autreteëll des hommes (1); l’hématurie; la néphrite; les hémorrhà pour causes externes; les hydropisies; la cachexie, l’œdèmt suite des suppressions de flux; les hémorrhagies anomalest incongrues, par exemple eu égard à l’âge; les saignées intem pestives (2). Puis viennent les diverses affections congestivest inflammatoires : céphalée, coryza, odontalgie, otalgie, ab apostèmes, ophthalmies, parotides, angines, vomiques, à des mamelles, gangrène, sphacèle, ulcères, furoncles, anthra cancers. En troisième lieu, Stahl s'occupe des affections spasmo diques : arthritis, hémicranie, odontalgie, contraction dester dons, paralysie, apoplexie, délires, les différentes formes de folie, la rage; il termine par les poisons. Que de maladies mais quent dans cette nosologie dressée par l'esprit de systèmel n’est pas à dire qu’il n’y a pas quelques enseignements utiles recueillir çà et là dans cette Pathologie très-spéciale, mai sont rares, tant les discussions hypothétiques dominent sun idées vraiment pratiques. Du moins il ne faut pas perdre demie qu’il y a dans ce traité un certain nombre d'observations qui sont pas tout à fait à dédaigner (3).
(1) Affections sœurs et congénères. L’hystérie est plus grave, plus fréquente dans son existence absolue et dans ses attaques, eu égard au temps, que l'hypochond Toutes deux appartiennent au genre spasmodique,
(2) L'auteur, partisan des saignées opportunes, rapporte plusieurs cas curieu saignées intempestives. — Noy. De sanguisugarum utilitate, 1699 ; Venae-secho patrocinium, etc, 1698; De phlebotomia, 1701 : contre vau Helmont (voyplus haut, p. 525 et suiv.); De venaesectione in morbis acutis, 1703; De venaesechi in pede et als corporis partibus, 1719 : partisan de la révulsion.
(3) Le Collegium casuale (1734) se compose de cent deux obser vations commentaires, Une histoire de maladie doit comprendre, suivant Stahl, les constances ou phénomènes spécifiques perpétuels, et les phénomènes acciden individuels, variables; on aura grand soin de ne pas les mélanger et de leur à gner à chacun sa place, de bien marquer les dépendances, de reconnaitre l'agéih et le patient, les diverses espèces de causes, le subjectum médiat ou immédiat l'affection formelle, la proto- et la deutéropathie, Quant à la thérapeutique-onsine quiétera de la disposition générale de pureté et d’impureté du corps, en considérant si cet état peut ou non entretenir la maladie, et la proportion de puissancede.