STAIL. —- LIBERTÉ DE PENSER
Au milieu des trois cents ouyrages, mémoires ou sn qui composent l’œuvre de Stahl, il y a au moins une page à jen, une des plus belles qui aient été écrites au xvirl° siècle, la tolérance n’était pas à l’ordre du jour dans les Écoles de Médecine, une de ces pages qui sous la plume d’un inventeur de Kslème prennent une importance singulière, puisqu'on y réclame éergiquement pour les autres la liberté de penser et d’écrire (juon a prise pour soi-même (2).
«la liberté de penser et celle de livrer à la publicité ses : propres opinions ont une raison d’être quasi identique. Peut-on mer, en effet, et n'est-il pas au contraire fort évident, que bien es choses, je ne dis pas seulement snusiles, mais souvent #résmauvaises, sont aussi livrées à l'impression et répandues dans le pie C'est là, du reste, un inconvénient qui devient plus
CT à supporter l’impureté générale, ou à la corriger et à l’évacuer, sous liction des efforts de la nature qu'il faut bien se garder de troubler mais se conten- (ide diriger. Puis Stahl examine les deux méthodes thérapeutiques, la dogmatique cblempirique ; il appelle cette dernière tumultueuse ou téméraire, aveugle , stumjilc Enfin on s'attachera à éloigner tous les reliquats de la maladie pour qu’elle revienne pas. — Les observations sont rangées à peu près a capite ad calcem ; la ichution des faits est malheureusement très-courte et le plus souvent insuffisante, tandis que les commentaires analytiques (resolutio) et les développements théorie ls (ercgests) sont très-longs et rédigés sous une forme scolastique fastidiéuse. Cependant quelques remarques pratiques sur l'emploi de certains traitements et sur diverses particularités des maladies sont à noter dans ce Co/egium. Voy., par “cxemple, les observations d’ophthalmie, de dysenterie, de paralysie de la langue, d'asthme convulsif, d’hypochondrie, d’hémorrhoïdes, de tremblement de la tête, de fièvre pétéchiale, cte.
(1) Voy. sur les partisans et les antagonistes du système de Stahl, Sprengel, His- Tire de la médecine, t. V, p. 227 suiv. de la traduction française, et Haeser, Ge- Wichte der Medicin, $ 507. Si je n'étudie pas ici tous ces auteurs, c’est que l'his- {ire n'aurait pas grand’chose à y'gagner, et que, du reste, il en est plusieurs, = surtout parmi les Anglais, que je n'ai pas pu me procurer. » (2 Joy. Réclamations et défenses, $ 3.
[tolérable dès lors qu'on peut aussi penser librement dans | tout autre sens, de manière à dévoiler par des raisonné } contraires toute la turpitude et la vanité des opinions nuis
‘ et à porter des jugements plus rationnels et plus sains sui mêmes sujets. |
» Quoïque l’on soit généralement persuadé qu'il serait plus avantageux de ne point tolérer les choses inutiles, inepl oiseuses, suspecles ou évidemment pernicieuses, et de les étoull
| pour ainsi dire, à leur berceau, néanmoins un examen un pl
attentif nous montre clairement qu’une telle pensée nesen
| pas raisonnable du tout, et que son exécution rencontrerai très-grandes difficultés.
» Et d’abord, sérieusement parlant, qui est-ce qui aurai droit de juger de la valeur réelle des écrits, et de détermit s'ils méritent ou non d'être livrés à la publicité? En seto lieu, autant d'hommes, autant de goûts différents, et, 4 même de la variété des études particulières, les sujets que traite, à moins qu’ils ne heurtent de front les bonnes mœu peuvent paraître aux uns mal fondés et d’une futilité flagrar tandis que d’autres ne les croient pas indignes du grand jou du bon accueil des lecteurs. Ajoutez à cela qu’à cause diversité des caractères, les esprits naturellement méchants voles, insouciants et ineptes trouveraient toujours de quoi faire leurs goûts dépravés et leur mauvaise nature, lors mêr qu’ils seraient privés de nouveautés; tandis que d'autres esp plus solides et de meilleure trempe, véritablement occupé jeur objet, bien loin de se laisser séduire par des exemples scandaleux, savent au contraire en tirer avantage pour teniM éveil, exciter et exercer une excellente nature, afin de soumell plus aisément à un libre examen et à une sévère discussion doctrines erronées et mal comprises.
» Pour ce qui est de la liberté de penser et d'écrire consid en elle-même, puisqu'on ne peut raisonnablement exercer juste répression contre elle, il me paraît peu équitable dé trer une si grande sévérité envers quelques personnes, Sürlt envers les esprits superficiels et médiocres, par exemples tan qu’on ne veué ou qu’on ne Peut pas comprimer Ja liberté
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