APPRÉCIATION: DE SES TRAVAUX
Honneur de le compter parmi leurs membres. C’est surtout comme analomiste, comme physiologiste et comme érudit qu'il lient le premier rang, non-seuiement parmi ses contemporains, Mas pour la postérité la plus reculée. Les £Vementa Physioloflide corporis humani, où la physiologie est traitée expérimen- Wlement et historiquement, sont un monument impérissable äiquel on ne peut comparer que la Physiologie de Burdach, ialheuréusement inachevée; les Zcones anatomicae passent à juste titre pour un des plus beaux ouvrages en ce genre, un des Jremiers où la nature ne soit pas défigurée par le crayon, où les Parlies soient présentées dans leurs rapports naturels; les Dis- Dlationes et les Opera anatomica renferment des recherches et les découvertes importantes : critique de Coschwitz qui avait pris iéarlère pour un nouveau canal salivaire ; origines du nerf inlércostal (grand sympathique); racines du canal thoracique ; deswiption de l’épiploon et du tissu cellulaire; structure du dia- Plragme ; de la respiration dans ses rapports avec la circulation: sur les vaisseaux coronaires du cœur, sur ceux des verièbres ; anatomie et physiologie comparées, etc.
Les Bibliothèques anatomique, chirurgicale, médicale, de botanique, en 8 volumes in-4°, forment le plus vaste répermire de bibliographie critique qu'on ait jamais publié: Haller tout lu, tout analysé, tout jugé avec un suprême bon sens, une parfaite équité et une pleine connaissance des choses dont parlait. On ne sent jamais mieux le prix de ces Bibliothèques Quau moment où elles vous font défaut, c’est-à-dire à la fin du win siècle, à l’époque où mourut Haller; on se trouve alors fans guide ; on erre un peu à l’aventure, ou bien il faut re- Gourir à un nombre considérable de bibliographies partielles, qu'on se procure difficilement et dont aucune ne vaut celles de Haller, Une des plus uliles entreprises qu’un libraire pourrait lire, s’il était appuyé par l'État, et par de nombreuses souscriplions (qui certes ne feraient pas défaut), serait de fondre les quatre Bibliothèques de Haller en une seule, de conserver l’ordre chronologique en ajoutant les dates connues de naissance et de mort pour les divers auteurs, en corrigeant certains titres un
peu altérés, en comblant les lacunes, surtout pour l'antiquité et DARÉMBERG. 68
le moyen âge, en rectifiant les erreurs qui se sont glissées dan ce travail herculéen, en analysant les ouvrages que Hallerk pas vus lui-même, en continuant ces Bibliothèques jusqu'a jours, enfin en ajoutant des tables par ordre alphabétique ete matières (1). J'ai beaucoup pratiqué ce trésor incomparable renseignements, et je ne puis pas retenir mon étonnement voyant se produire tant de détestables ou de médiocres histoir® de la médecine, quand on a sous la main un guide aussi éproté et qui égare bien rarement; mais on ne consulte guéreMlés
tions !
Outre ses travaux originaux, Haller a donné encore plusieurs éditions estimées d'auteurs anciens ou modernes, et des recuë fort précieux de dissertations, devenues rares, qui se rapporté à la physiologie, à l'anatomie, à la chirurgie et à la médecine. Enfin il a contribué à fonder divers établissements scientifiques, ou charitables. - ‘4 tt |
Dans l’œuvre immense de Haller (immense moins peut-être par le nombre que par la solidité et l'importance des travaux}jes choisirai de préférence le point culminant, celui où notre auteur se trouve placé à la tête des physiologistes modernes, je va parler de son Système de l'irritabilité des parties sensibles
(4) De Vigiliis de Creutzenfeld a remis (en 1781) par ordre de matièn Bibliotheca éhirurgica de Haller, à laquelle il a joint des rectifications et demo breuses additions , surtout pour les auteurs contemporains de Haller, et pour ceux dont lés ouvrages avaient paru après sa mort. Il a repris aussi ce qu'il y avait chirurgical dans la Bibliotheca medica.
(2) Les Mémoires sur la nature sensible et irritable de certaines parties corps ont paru pour la première fois, en latin, l’un en 1753, dans les Com taires de la Société de Goettingue, et l’autre en 4755 dans les Opera minordde Haller ; Tissot en a donné une traduction française ‘en 1756 ; on y à joint divers mémoires d’autres auteurs (Zinn, Oeder, Castell, Muhlmann, Tossetti, Hou: Caldani, Fontana, Cigna, etc.) sur le même sujet, ainsi que les Réponses faites D Haller à différentes objections. Le tout forme 4 vol. in-12. — Haïller a fait un tés
ülnque ce système soit demeuré entièrement debout, mais ace qu'il à donné l'impulsion à toutes les recherches subséuenles.
wILest évident, d’après la définition même qu’Haller en donne, que lirritabilité n’est pas autre chose que la contractilité ; mais iMadistingue de l’élasticité (1). Voici cette définition : « J’appelle partie irritable du corps humain celle qui devient plus courte Quand quelque corps étranger la touche un peu fortement. En supposant le tact externe égal, l’irritabilité de la fibre est d'autant plus grande qu’elle se raccourcit davantage. Gelle qui se racdourcit beaucoup par un léger contact est très-irritable ; celle surlaquelle un contact violent ne produit qu’un léger changement l'est très-peu. J’appelle fibre sensible dans l’homme, celle qui, étant touchée, transmet à l’âme l'impression de ce contact ; “lins les animaux, sur l’âme desquels nous n'avons point de cerlilude, on appellera fibre sensible celle dont l’irritation occasionne thez eux des signes évidents de douleur et d’incommodité. J’appelle insensible, au contraire, celle qui, étant brûlée, coupée, piquée, meurtrie jusqu'à une entière destruction, n’occasionne aucune marque de douleur, aucun changement dans la situation du corps. Gette définition est fondée sur ce que nous savons qu'un animal qui souffre cherche à soustraire la partie lésée à la iause offensante; il retire la jambe blessée, il secoue la peau si on la pique, et donne d’autres marques qui nous prouvent qu’il souffre. »
… Les nerfs ne sont pas la base de tous nos solides, comme le voulait Boerhaave, et, par conséquent, toutes les parties ne sont Pas sensibles comme il le prétendait également; c’est précisé-
sand nombre d'expériences (il en rapporte 567 tr extenso, qui constituent le deuxième mémoire) sur les animaux vivants ; mais on peut dire qu'il ne les a faites qu'avec une extrême « répugnance, comme il le dit, et par l'envie de contribuer à lutilité du genre humain ». Sa sensibilité était telle qu'il n’a jamais pu se décider are une opération, quoiqu'il ait été dix-sept ans professeur de chirurgie.
(1) C'est une force morte qui appartient aux corps inertes, comme aux corps organiques considérés sous le rapport purement physique ; il y a de plus, pour les tissus, force intégrante ou de contractilité, ou encore vitale, et la force nerveuse ou de relation, agent puissant et permanent d'irritation,
ment ce que démontrent Îles expériences (1). La grande sens bilité de la peau dépouillée de l'épiderme est si exquise, (le Taller l'a prise pour le degré fixe de cette propriété des tiss La chair des muscles n’est pas sensible par elle-même, mais sels lement par les nerfs qui y distribuent la multitude de leurs muscules. Les expériences répétées plus de cent fois sur lestét dons des divers animaux ou de l'homme, et en particulier sur tendon d'Achille, prouvent, contrairement à l'opinion de la plu: part des auteurs, que ce tissu ne jouit d'aucune sensibilité, part qu'il ne reçoit pas de nerfs (voy. plus haut Leeuwenhoeck p. 689) et qu'il n'est susceptible non plus d'aucune contrad llité. C’est donc à tort qu’on redoute tant les plaies des tendon et qu'on a si longtemps hésité à en faire la suture lorsquis sont divisés. Les aponévroses, les ligaments, les capsules arlis culaires, le périoste, et même, en dépit de Baglivi, la dures mère (2) et l'enveloppe des nerfs sont dans le même cas les tendons. Les quelques lignes que je vais transcrire r'ésumenl la théorie de Haller : fi « Les nerfs, qui sont la source de la sensibilité, en ont eux mêmes une très-grande. On ne peut se représenter qu'apl l'avoir vu l'état de douleur et d’anxiété dans lequel on met animal en touchant, en irritant ou même en liant quelque nëf L'expérience m’a appris qu’en liant quelque rameau considé. rable, non-seulement de la huitième paire, mais même des trémités, des chiens périssaient au bout de quelques jours, qui m’a fait craindre encore plus qu'auparavant ces ligatures) nerfs si ordinaires dans les amputations. Le nerf coupé etii au-dessous de la section n’a point occasionné de sensalio l'animal, preuve que la douleur ne se propage pas par anas mose d’un nerf à l’autre. Nous.avons vu que les parties sen du corps sont celles qui reçoivent des nerfs, et les nerfs mêmes. En interceptant la communication entre une parlie
(4) Haller se servait, pour éprouver la sensibilité ou V'irritabilité, du soul, dé la chaleur, de V’alcool, du scalpel, de la pierre infernale, de l'acide sulfurique. et du beurre d’antimoine. & 2.
(2) Haller n’admet dans le cervéau que des mouvements communiqués jar LC mouvement de la respiration et qui existent seulement quand le crâne estouxe {
nerf, on la prive sur-le-champ du sentiment ; c’est un fait
hyé par des expériences connues et qu’on peul voir dans mes
nmentaires sur Boerhaave. Il n’y a donc que les nerfs de sen-
és par eux-mêmes, et toute leur sensibilité réside dans
artie médullaire, qui est la substance interne du cerveau,
quelle la pie-mère fournit une enveloppe. L'irritabilité est si
Hlérente de la sensibilité, que les parties les plus irritables ne
font point sensibles, et que les plus sensibles ne sont point irri-
bles. Je prouverai l'une et l’autre de ces propositions par des
fils, et je démontrerai en même temps que l'irritabilité ne dé-
end point des nerfs, mais de la fabrique primordiale des parties
Quien sont susceptibles.
Les nerfs, ceux même qui sont l’organe de toutes les sensa-
ions, n'ont aucune irritabilité. Cela paraîtra étonnant, mais cela len cst pas moins vrai. Si l’on irrite un nerf, le muscle auquel bée distribue entre sur-le-champ en convulsion. Je n'ai jamais
Mi manquer cette expérience, et j'ai souvent fait entrer en con-
Nulsion par ce moyen le diaphragme et les muscles de l'abdomen
ins un rat, et les jambes de devant ou de derrière dans une
renouille. On peut voir les expériences concordantes de Swammerdam, et en les faisant j'ai trouvé, comme M. Oeder, que l'irlation d'un nerf ne communique de mouvement qu'aux muscles “auxquels le nerf va se rendre, et qu’elle n’ébranle point ceux qui
rent leurs nerfs d’ailleurs. J'ai aussi remarqué constamment que | \Convulsion du muscle avait lieu quand onirritait le muscle avec “nscalpel, et qu'elle ne se fait point quand on y emploie les cor- Mosifs. Mais pendant qu’on irrite les fibres charnues du muscle, dnarrive point de contraction dans le tronc du nerf. Je m’en suis assuré plusieurs fois dans les chiens et surtout dans les gre- Mouilles ; quelque irritation que j'aie donnée au muscle, elle n’a jamais communiqué de mouvement au nerf. J'ai fait ensuite la “ème expérience que M. Zinn a faite à Berlin; j'ai appliqué un istrument de mathématiques, divisé en très-pelites parties, le long d’un nerf d’un chien vivant, de façon qu'il me fit apercevoir Jes plus petites contractions ; dans cet état j'ai irrité le nerf, il est resté parfaitement immobile. Ces expériences prouvent, pour le dire en passant, que la force d’oscillation qu’on (les iatromécani-
ciens) avait attribuée aux nerfs n’est pas conforme à l'expérientes La peau, qui est le siége de l’attouchement, les membranes nds
corrosion, que l'huile de vitriol ou l'esprit denitre communiqué aux nerfs, aux artères, à la membrane de la vessie, à la vésiculé du fiel. Cette corrosion n’a rien de commun avec la vie, elle stl” siste vingt-quatre heures après la mort, et cela prouve évider. ment qu'elle n’esi point une suite du sentiment. L’irritabilité n’est point non plus proportionnée à la sensibilité; l'estomac extrêmement sensible, les intestins le sont moins, aussi n’éprot vent-ils pas d'aussi vives douleurs dans un homme vivant, et cé: pendant je les ai trouvés plus irritables que le ventricule. I cœur, qui est extrêmement irritable, n’est que peu sensible,el en le touchant dans un homme qui a ses sens, on lui procure plutôt un évanouissement que de la douleur. » D:
Si Haller n'avait pas confondu l’irritabilité avec la contractililt, il se fût assuré que l’irritabilité vraie est une propriété élémens taire très-générale et qui n’est pas limitée à un seul élémentanin tomique (1). Quant à l'indépendance de l'irritabilité hallérienné par rapport aux nerfs, puisqu’un muscle se contracte, soit quan on a lié ou coupé les nerfs qui s’y rendent, soit après sa séparé tion du tronc de l'animal, soit que l'animal ait succombé depuis peu, cette indépendance, dis-je, a été pleinement confirméesel d'une manière bien plus exacte encore, par les expériences dé M. Bernard avec le curare qui anéäntit complétement toute pro-
(4) L’irritabilité, disent MM. Littré et Robin dans leur Dictionnaire de médecine, etc., est un terme très-général qui désigne les divers degrés de l’activité vitale, c’est-à-dire des propriétés élémentaires dont jouissent les éléments anatomiques dt qui sont représentées par la sensibilité et la contractilité. C’est Bichat qui a remplacé le mot érrifabilité, pris au sens hallérien, par celui de contractiités cons tractilité animale, celle des muscles soumis à la volonté ; Contractilité organique sensible, celle des faisceaux striés du cœur et des fibres cellules ; C’est aussi àces dernières que s'applique le nom de contractilité insensible. — Haller à nettement séparé l’irritabilité ou contractilité de la sensibilité, ce que Glisson n'avait fait.que fort obscurément, i
fêté quelconque du système nerveux (1). Gela prouve bien contre les animistes et les vitalistes, comme Häller luine le remarque, que ce n’est ni l’âme même divisible à l’inni un être métaphysique quelconque qui peut présider aux mouvements.
Haller a trés-bien distingué les phénomènes d’élasticité qui Spassent dans la peau, le tissu cellulaire et d’autres tissus analues, de la contractilité musculaire. Ses expériences ne lui ont ben appris de certain (faute d’une méthode plus délicate) sur la tontractilité des artères ou des veines (2); mais il admet celle deschylifères, dans lesquels il soupçonne l'existence de fibrilles nusculaires (3).
Tous les muscles sont contractiles, mais les uns plus et plus
Sas qu'on puisse affirmer lequel des deux ventricules ou oreilletles est le plus irritable) et le diaphragme; puis viennent les iülestins et les muscles œsophagiens dont la contraction est quelquefois plus longue que celle de tous les autres muscles, le diaphragme excepté. Haller conclut aussi du faible degré d'irriabilité des muscles de l'abdomen comparée à celle des intestins que les muscles contribuent très-peu à l'expulsion des matières écales. En somme les parties vitales musculeuses sont Lie irrilbles que toutes les autres.
Les physiologistes modernes accepteront difficilement la délermination faite par Haller du siége de Pirritabilité, ou mieux dela contractilité : « Les fibres musculaires étant composées “d'éléments terrestres et d’une mucosité gélatineuse, on peut démander dans laquelle de ces deux parties lirritabilité réside.
(1) On sait aujourd'hui que les éléments musculaires ne sont pas lés seuls qui Soient doués de contractilité ; on cite, par exemple, les spermatozoïdes, les cils vibralles"des épithéliums, etc.
M(2)Dans une thèse soutenue à Nancy, en 1770 (Dissertation sur la dilatation Msartères et la sensibilité), Arthaud prétend que le pouls ne vient pas de la dia- ; sole, mais de la locomotion des artères.
«()Haller regarde l'érection comme un phénomène de contractilité ; mais il n’a pasreconnu le véritable siége de cette contractilité qui réside surtout dans les fais- Ciux musculaires de la vie organique dont sont abondamment pourvues les veines dutissu érectile,
nosité domine, sont beaucoup plus irritables que les adultes. la vivacité de leur pouls, qui fait 140 vibrations par minute, péns dant que celui des vieillards n’en fait que 60 ou 65, Je prouvé évidemment. Une autre Preuve encore 3 plus solides et les plus terrestres de notre corps, les os, les dents, les cartilages, n’ont aucune irritabilité, et qu'on la fait perdre
le desséchement. » | Haller ne s’attribue pas la premiére idée de lirritabilité ; il a même, à la fin de son mémoire, donné une brève histoire de cette question (1), et cité les noms de Glisson d’abord (sans peut-être lui payer un assez large tribut d’éloges. — Voy. plus haut, p. 650 suiv.), de Bellini, de Baglivi, de Boerhaave, de. Woodword, de Stuart, mais il omet Sténon (voy. plus hauf, P. 675 el suiv.). Cest de 1739 à 1742 que la théorie de l’irritabilité à pris une forme définitive dans l'esprit de Haller: en tout cas c’est lui qui a démontré ce phénomène dans {ous
ses détails par une expérimentation habile et présque toujours positive.
Prudent et réservé, loin de bouleverser Ja physiologie et pathologie, il se contente de dire que probablement il en résullera quelques changements dans ces deux sciences ; c’est même celte simple prévision qui la engagé à mettre tant de SCrupu= leuse exactitude et de précision dans ses expériences. Il na pas
(1) En 1754, Zimmermann (l'auteur d’un traité De la Parent et son ami, avait publié une dissertation De irrita résultat des recherches déjà faites par son m auires points il y discute longuement et Savarni mouvements de la dure-mère ; il Y examine la question de savoir si la sensibilité des nerfs réside dans la partie médullaire ou dans le névrilène : il tient pour la partie médullaire, Pour lui, comme pour H
bilitate où il donnemte aître et des siennes propres, Entre nent les opinions de Baglivi surles
aller, l'ultimum Moriens c’est le Cœur,
Woulu non plus donner une explication de ces deux propriétés, Mrritabilité et la sensibilité ; il le déclare dans un passage qui mérite d’être cité : « Quelle est la cause de ces deux propriétés? Pourquoi quelques parties en sont-elles douées pendant qu’on ne les trouve pas à d’autres? Ce sont des problèmes théorétiques que Je ne me promets (sic) point de résoudre. Cachées vraisembablement dans la texture des dernières molécules de la matière, hors de la portée du scalpel et du microscope, tout ce que lon peut dire là-dessus se borne à des conjeclures que je ne lasarderai pas. Je suis trop éloigné de vouloir enseigner quoique œ@wsoit de ce que j'ignore; et la vanité de vouloir guider les dubres dans des routes où l’on ne voit rien soi-même me paraît tire le dernier degré de l'ignorance. »
Mais s’il a été peiné de voir les tentatives hardies et prémalurées qu'on avait faites pour rattacher toute la pathologie à ces “eux phénomènes, il n’a pu retenir son indignation de chrétien el de savant devant les conséquences que de La Mettrie s’élit cru permis de tirer de la connaissance qu'il avait eue, presque fortuitement, des recherches de Haller sur l’irritabilité. t Feu M. de La Mettrie a fait de l'irritabilité la base du SYslème qu'il a proposé contre la spiritualité de l’âme (L'.omme machine, n. 18, 22). Après avoir dit que Stahl et Boerhaave ne l'avaient pas connue, il a le front de s’en dire l'inventeur; mais «je Sais par des voies sûres qu’il tenait tout ce qu’il pouvait savoir lä-dessus d’un jeune Suisse qui, sans être médecin et sans mavoir jamais connu, avait lu mes ouvrages et vu les expériences de lillustre M. Albinus ; c’est là-dessus que La Mettrie a fondé ce système impie, que ses expériences mêmes servent à réluter. En effet, puisque lirritabilité subsiste après la mort, qu'elle a lieu dans les parties séparées du corps et soustraites à l'empire de l’âme, puisqu'on la trouve dans toutes les fibres musculaires, qu’elle est indépendante des nerfs qui sont les satellites de l'âme, il paraît qu’elle n’a rien de commun avec cette âme, qu’elle en est absolument différente, en un mot que l'irritabilité ne dépend point de l'âme, et que par conséquent l'âme n'est point l’irritabilité. »
Parties sensibles,
Le cerveau, les nerfs par leur moelle elles parties suivantes par les nerfs.
La peau, les muscles, l’estomac, les intestins, la vessie, les uretères, l'utérus, le vagin, le pénis, la langue, la rétine, le Cœur, mais moins que les autres muscles, Les viscères et les glandes n’ont que très-peu de nerfs et, par conséquent, très-peu de sensibilité. =
Parties trritables.
Le cœur, les muscles, le diaphragme, le ventricule (estomac) et les intestins, les vaisseaux lactés, le canal thoracique, la vessie, le sinus muqueux, l’utérus, les parties génitales dont l'irritabilité a quelque chose de singulier.
Parties qui sont tout à la fois sensibles et trritables.
Toutes celles où l’on trouve des nerfs et des fibres musculeuses ; les musclés, cœur, tout le canal alimentaire, le diaphragme, la vessie, l'utérus, le vagin,
parties génitales.
Les recherches si neuves, et surtout si concluantes contre beaucoup d'opinions traditionnelles, ou de préjugés, ou de thé ries fondées à priori, ne pouvaient manquer de susciter de n0 breux contradicteurs à Haller. Quelques-uns sont mesurés paraissent avoir cherché la vérité; la plupart sont ou prévenus d'avance {comme le P. Pétrini), ou complétement étrangers à expériences (Whytt, Delius), ou s’en rapportent à des manœu vres, et naturellement ils sont presque tous violents, injustés, injurieux même (par exemple Bianchi, Girard, etc.), ou mak renséignés (par exemple Le Cat) (1). Haller leur a répondu av
(1) Voy. Le Cat, Traÿté de l'existence de la nature et des propriétés des fluides des nerfs, el Principalement de son action dans le mouvement musculaire ÿ SUTDIMIEN
Parties insensibles,
L'épiderme, le tissu cellulateM graisse, les tendons, les membt tant celles qui enveloppent les vis que celles des articulations; la dure la pie-mère, les ligaments, le péri et le péricrâne, les os, la moelle cornée, l'iris. Les artères et Jeseiis ne sont sensibles que dans quelquesen droits où elles reçoivent des nerfs, À
Parties non trritables.
Les nerfs, l’épiderme et la pet, membranes, les artères, les veine
extrêmement faible et qui exigeant irritation très-forte.