WEBER
ifant de modération que de fermeté dans ses Réponses à quél-
fes objections (1759). Non-seulement il se défend, mais sa
Donne foi est si grande qu’il se corrige lui-même s'il reconnaît
éerreur, et qu'il cite {tous les auteurs qui, avant lui ou en
Môme temps que lui, avaient émis des propositions analogues ou
Nnblables aux siennes. C’est une justification très-instructive
parle ton qui y règne et par les renseignements historiques
qu'elle fournit.
“Weber, dans une bonne et impartiale dissertation sur la sen-
Sbilité et l'irritabilité morbides des parties (1), a montré que,
Sie plus souvent les propositions de Haller sont vraies en ce qui Wuche la sensibilité ou la non-sensibilité"de la plupart des parties dicorps humain, à l’état sain, ces propositions ne sont pas (oujours acceptables dans la maladie; que quelques-unes même sont mexactes pour les parties saines.
Ainsi Weber cherche à prouver, soit d’après ses propres Observations, soit d’après celles d'auteurs dignes de foi, que le fou cellulaire, la graisse, le poumon, le foie, la rate, les reins, IS artères, les membranes du cerveau, les tendons, insensibles A Pétat sain, sont très-sensibles quand ces parties sont enflam- Mées ; mais il ne serait pas difficile de montrer que Weber ou Ss autorités se sont trompés parfois sur le siége même de la douleur, sur son point de départ, sur ses causes premières, sur Son mécanisme. Cela est manifeste pour le poumon, par exemple. Quant à l'irritabilité, il n'est pas moins certain qu'au sens de contractilité où l'a prise Haller elle n’existe ni dans le tissu tellulaire ni dans la peau, et que Weber à pris les phénomènes Scondaires de pa/pitation, d'horripilation, pour la contractilité.
Ce qui rend fort difficile et obscure l’histoire de l’irritabilité hallérienne, c'est que les uns, se tenant dans les limites déterinces par les expériences de Haller (or ils étaient dans lé vrai),
ssertations sur la sensibilité des méninges, des tendons, etc., et sur l’irritabilité ullérienne. Berlin, 1765. — Haller eut aussi à se plaindre de de Haen, et il s’en ouvrit même à l’empereur François Joseph LT,
(A) Voy. Historia sensibilitatis et irritabilitatis purtium morb., à la suite de Commentatio de initiis et progressibus doctrinae irritabilitatis. Halae, 1783, in-8°,
ont conservé au mot érritabilité le sens de contractilité; tant que les autres ont appliqué ce mot non à une propriété, mal une modalité beaucoup moins déterminée, la faculté d’être mt c’est-à-dire à la surexcitation des propriétés vitales, ce qui pel alors devenir toute espèce de chose et surtout une question sensibilité. Aussi n’a-t-on pas manqué d'attribuer cette propriél à tous les tissus et à toutes sortes de phénomènes. Certainement, en ce sens, le précurseur le plus immédiat de Bichat pour l'ex: tension des mots #ritabilité ou contractilité, et de Broussais pol celle du mot #rritation, c'est Jean-Louis Éauthier de Breslai Dans une thèse rare (Halle, 1793), De irritabilitatis notion, natura et morbis, Gauthier soutient que la plupart des phénos mênes physiologiques ne dépendent pas des forces physiques ù mécaniques, mais des forces vitales, lesquelles ne résident pis uniquement dans le système nerveux ; il admet que la contrat tilité n’est pas exclusivement propre à la fibre musculaire, mais, comme Weber, à presque tous les autres fibres, en particulieb à la fibre cellulaire (1), et cela indépendamment du système nerveux. Pour lui la contractilité est, pour ainsi dire, une manifes* tation de l’irritabilité, ou, si l’on aime mieux, une portion dés forces vitales.
Gauthier définit la fièvre et les phénomènes qui la caraclätis sent une augmentation de l’irritabilité du cœur, des artèresel de tous les vaisseaux. C’est l’irritabilité de quelques-unes des parties du système vasculaire qui produit l’'inflammation. Chez les hypochondriaques il survient souvent des ardeurs locales, surtout dans l'abdomen, lesquelles proviennent d’un excès die tabilité d’un rameau artériel. Les hémorrhoïdes et les autrescons gestions paraissent avoir la même cause. Les spasmes dépendent aussi d’un accroissement de l’'irritabilité. C’est encore parun& affection primitive des solides, en particulier du foie, quete produisent les maladies de la bile et leurs suites, par exe fièvre bilieuse. -
Tissot, le traducteur des Mémoires de Haller sur la sensibilité
(1) IL donne presque autant d'importance que Bordeu à ce tissu, mais ense pla-
çant à un autre point de vue,