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GAUTHIER, TISSOT

Drritabilité, n’a pas manqué, en se fondant sur ce principe, jen soi, que la pathologie est sous la dépendance de la phyogie, de tirer des conséquences pathologiques très-générales dlun fait physiologique limité; aussi Tissot dans sa Préface aux Mémoires de Haller est de ceux qui, à leur insu et pour les besoins dela cause, prennent le mot irritabilité dans son sens le Jus général d’excitabilité. Voici trois passages qui prouveraicnt combien le célèbre médecin de Lausanne s’était trop hâté dans conclusions :

“(La façon d'agir de l’opium, qui a enfanté tant de systèmes mpposés et chimériques, qui à octasionné tant de disputes, sans ayoir pu être déterminée, l'est enfin depuis qu’on connaît l'irrilabilité; ce n’est ni en divisant ni en épaississant les humeurs, | ni énexaltant ou en absorbant les parties sulfureuses, ni en répri- “ant l'archée furibond, ni en liant le fluide nerveux, que lopium fait dormir ; c’est en diminuant l'irritabilité de toutes les parties, excepté celle du cœur qui n’est que très-peu, le plus buvent point affaiblie par ce remède. Toute action des muscles cesse ; les sens se trouvent enchaînés dans un sommeil tranquille ; le cœur seul et le poumon, l’un parce que son irritabilité Hlést point altérée, l’autre parce que son action est indépendante délirritabilité ; le cœur, dis-je, et le poumon continuent leur “Houvement tout comme auparavant ; les viscères qui sont dans le Cas du poumon continuent leurs fonctions ; celles de l'estomac Wlides intestins diminuent ; et l’on déduit de là dans quel cas lopium convieñt pour arrêler les évacuations irop abondantes : est quand elles dépendent de la trop grande irritabilité des intestins ; est-elle trop faible, les narcotiques nuisent; ce grand principe sert de base à toute la pratique de ce remède; et la façon dont il agit rend raison de tous les symptômes qu'il occasionne.

(Puisque l'irritabilité dépend du mucus, et que ses différents degrés sont proportionnels à la consistance de ce corps singulier, qu'elle est d'autant plus grande qu'il en a moins, pour en guérir excés, il faut rendre au mucus sa consistance nécessaire. Les toniques sont donc les seuls remèdes qu'il faille employer ; les Signées, les purgations, les sels, les eaux minérales (au moins

la plupart), les aqueux doivent être bannis, et l’on doit leur sub= stituer lerégime, l'exercice, les frictions, lesligatures, les astrine gents légers, les vins aromatiques, etc.; et la pratique ayant cons firmé tant de fois l'utilité de cette méthode, n’est-on pas en droil d'en conclure la vérité du système qui l'explique, et que M. Haller n'avait proposé que comme une conjecture? L'âge qui donne la fermeté au mucus diminue cette excessive mobilité; aussi on voit tous les jours les femmes hystériques cesser de l'été à un certain âge ou l’être beaucoup moins. Il est un point au delà duquel la consistance du mucus est un mal, parce que l'irritabilité est trop faible pour que les mouvements puissent Su faire par les causes ordinaires ; cet épaississement étant la ste inévitable de la vieillesse, la vieillesse conduit nécessairement à la mort, qui n’est qu’une cessation de tout mouvement; dans la vieillesse plus d’irritabilité, sans l'irritabilité plus de mouvé* ment, sans le mouvement plus de vie. La nature fait dansé tendons l'effet de la vieillesse ; et, quoique composés de fibres musculaires et continuation des muscles, leur trop de compacité empêche qu'ils ne soient irritables. Ce phénomène bien examiné pourra peut-être servir à faire connaître en quoi consiste lirritas bilité du mucus; les explications dans lesquelles je viens d’entre” fournissent celles d’un grand nombre de phénomènes et con* duisent aux véritables règles de la pratique dans bien des cas, sur lesquels jusqu’à présent on n’en avait que de très-fausses

« La théorie des fièvres, celle des inflammatiens, en un mol, de toutes les maladies qui dépendent d'une augmentation de circulation, seront fixées désormais, puisque la cause de la drets lätion connue conduit à la connaissance de :celles qui peuvent l’augmenter ou l’affaiblir. Le sang devenu plus. âcre est par même plus irritant, l’acrimonie produira donc la fièvre ; et les différentes espèces d’acrimonie, l'ordre de leur génération, celui de leur évacuation, le lieu où le stimulus exerce principalement son action, formeront les différentes espèces de fièvres. Il reste encore des découvertes à faire sur Pirritabilité, surtout relative ment à la force des différents stimulus, qui dépend peut-être dé plusieurs causes ; plus on en fera, plus il sera aisé de rendre

“son de tous les mouvements qui dépendent de cette pro-

Cest dans les /nstitutiones pathologiae medicinalis (1755, Sieurs fois réimprimées et traduites) de Gaubius (1705-1780), M Heidelberg, d’abord élève de Boerhaave, puis partisan de Hller, qu'on trouve les applications suivies (1) du système de Mirritabilité à la pathologie (2).

ÉL'ouvrage est essentiellement un traité de pathologie génétale (3); l'auteur n’y traite pas des maladies individuelles ou bilisées. La maladie est un combat de la nature pour sa propre conservation (f 51).

Puisque la maladie n’a pas d'autre siége que le corps, sa cause

Appartient au corps et doit y être cherchée, quoique, par suite furcommerce étroit de l'âme avec le corps, l’âme puisse avoir

aussi quelque influence. (est au médecin d’observer cette in-

* (L}Mais fort mélangées, comme on va le reconnaître par le bref exposé de la

doctrine de Gaubius. :

m2) Unzer (1727-1799) est entré dans la même voie. Ce médecin regardait comme

shnonymes force vitale ct irritabilité (y compris la sensibilité) et action nerveuse.

Mse rapproche de Stahl en ce qu'il mettait cette force ou ces forces sous la

1 de l'âme. — J. de Gorter (1689-1762), auteur d’un très-grand nom-

Pre d'ouvrages, à insisté sur la doctrine de la force vitale et des esprits; il recon- Maisuit chez les plantes un principe de mouvement analogue à celui qui préside “aux fonctions de l'organisme animal. Pour lui, ce principe de mouvement n’est pas mécanique, mais dynamique et indépendant de l'âme aussi bien que du fluide nereux, En ce sens, il devient presque un des précurseurs de Haller.

(8) Les Institutions sont rédigées sous forme de propositions aphoristiques, comme (elles de Bocrhaave. Si le tableau est mauvais, le cadre pourrait encore servir aujour - “hui, car ilest très-méthodique. Après quelques considérations présentées à la façon de Galien sur la nature des maladies, leurs causes, leurs symptômes, Gaubius étudie d’abord les maladies les plus simples des solides et celles des liquides, dans eur quantité, leurs qualités et les erreurs de lieu; ce sont là les maladies élémenfires, pour ainsi parler. — Puis viennent les maladies composées qui dépendent de puissances nuisibles (aliments, boissons, air, abus des remèdes, pestilence).— Les symptomes comprennent les vices des qualités sensibles des excrétions, des actions Jésées, des sens troublés et de la douleur ; les vices de la force motrice, des mou- Vénents vitaux, des fonctions naturelles, de celles dé la génération. L'ouvrage de Giubius se termine par l'examen des différences que présentent les maladies eu égard à leur origine, à leur siége, à leur cours, à leur degré, à leur caractère, à

eur pronostic.

1088 GAUBIUS.

fluence, au philosophe de l'expliquer ($ 65) (1). Gn ne pourii pas mieux séparer les deux domaines. Au $ 99 l’auteur para mais pour un moment seulement, se ranger sous le drapeau l'animisme. L'organisme humain n’est pas une simple machine il y a l'esprit qui, averti des souffrances du corps, emploie forces dont il dispose dans ce corps pour repousser l’enneti le corps lui-même possède une excitabilité qui devient conset vairice de ce corps; cette excitabilité, modérée dans l'état santé, s’exalte sous l'influence de la maladie et se livre à normes efforts pour résister. 3

L'analyse chimique du corps est bientôt faite ($ 130 et suiv.}h c'est du sec mêlé à de l’humide. L'humide, qui est de l’eau, chargé de maintenir les parties dans l’état de souplesse ; le“éet: est le solide qui se compose de trois parties : l’inflammable que le feu consume, est le siége de la chaleur et tempère l’acrimoniés le salin que l’eau absorbe, est le moyen d'union entre l’eauef phlogistique ; le terreux, base de la machine, résiste au feu à l’eau. Tout cela est mélangé exactement dans l'état de sant Le solide vivant est ce qui est doué de la force vitale ($ 169 et, suiv.). La force vitale (ici Haller fait place à Stahl) est Ja Metlié de pouvoir entrer en mouvement au courant d’un irrilant et celle de sentir ce contact ou celte sollicitation. L'une réside dans fibres musculaires et l’autre dans les nerfs ; mais tous les irrilat ne produisent pas les mêmes effets, et tous les hommes ni tou les parties d’une même personne ne sont pas aptes à répondre Ja même façon aux stimulants ; — de là les tempéraments,l idiosyncrasies ; — de là l’action puissante du degré d’irritabili et de sensibilité pour la santé ou pour les maladies. La force vitale peut pécher par excès ou par défaut : la première estdr ritabilité (le mot est ici détourné du sens physiologique de Halle la seconde, la torpeur ($ 189); le juste milieu est la santé.

L’irritabilité est une si grande sensibilité du solide vivant quil

(4) Voy. sa première Dissertation de regimine mentis (1747) où il accorde d'action au corps sur l’âme que de puissance à l'âme sur le corps; dansinsen conde, épouvanté par l’assentiment que lui avait donné La Metirie, il quittélexon de physiologiste pour prendre celui de philosophe, et il s’égare au milieu de décla:

mations en s’efforçant de déplaire à son approbateur.

monlie, aux moindres stimulants, en des mouvements considéra- Desqui troublent le juste équilibre des fonctions (8 190 suiv.). Uest la force connue et l’application de l’irritant qui donne la mesure de l'intensité des mouvements. Cette irritabilité occupe süb tout le corps, d’où aussi l’action sur l'esprit, — la fièvre par temple, — soit quelques-unes de ses partiés, — une inflamma- Miion locale. Les caractères de cette irritabilité sont la tension de libre, une grande agilité des sens, des humeurs ténues, âcres, ine circulation active. D’où vient tout cela? De l'hérédité, du Wgime, etc., de la nature de l'esprit. La torpeur a justement lsqualités contraires; de sorte que dans ce cas les irritants laturels n’ont même pas la puissance de produire les mouve- Ments nécessaires au jeu des fonctions.

Après cela viennent les maladies des cavités, en tant que cas

—hilés, et non comme se rattachant à des états pathologiques plus généraux, si ce nest à l'irritation ou à la torpeur. Il y a des dikltions qui produisent les tumeurs, des relâchements (obstrüclions, ecchymoses, sécrétions, etc.), des défauts de cohésion. les maladies instrumentaires des solides sont les plaies, les blessures, etc., ou maladies chirurgicales venues de causes soit éxlernes, soit internes.

- La seconde grande classe des maladies appartient aux fluides. On peut les rapporter : 1° à un défaut de cohésion (trop ou trop peu), soit qu’il y ait trop de matières solides dans le crassamentum du sang, soit qu’il s’y trouve trop d’eau ; 2 à la séparation dun ou de plusieurs des éléments des liquides, comme les SuEUrs, ls urines, la salivation ; 3° à un plus grand ou moindre degré dacrimonie. Il y a un dere mécanique qui tient à la forme des particules, et un dcre chimique qu'on ne peut reconnaître à la que, mais qui dépend de la constitution intime des liquides. La putridité naît d’une espèce d’âcreté ammoniacale ou alcalescente. Ihy a des causes innées de ces äcretés et des causes qui tiennent aux aliments, aux milieux où l’on vit. Rien n’agit plus efficacement pour produire ces âcretés que les vices de la coction. D'où, Viennent ces vices eux-mêmes ? Du défaut de tonicité. “Gaubius étudie en particulier les maladies de chaque humeur,

chyle, sang etc.; il s'étend longtemps sur la formation mécanique

de la couenne. Il reconnaît comme constituant le sang, outrelés esprits, le sérum, les globules rouges et la fibre (fbrine)Mb défaut d’exacte proportion de ces trois éléments sert à expliqu la formation d’une foule de maladies. C’est du sang que se crêtent la plupart des fluides qui peuvent être eux-mêmesal térés par la quantité ou la qualité, de sorte que ces viciatioik engendrées par les états morbides en produisent d’autres à let tour. { Sous ce titre, quantitas humorum vitiata, Gaubius étudie sui tout la pléthore et la cacochymie ; c’est-à-dire la surabondancelt sang ou des liquides blancs. ‘10

Gaubius semble avoir travaillé à réunir tous les systèmes em contenter tous les sectaires : Galien, avec les généralités sum pathologie; Hoffmann, avec la mécanique ; Stahl, avec l'âm surtout Haller, avec l’irritabilité ; Boerhaave, avec les erreurstl® lieu, enfin Borelli, avec les mouvements désordonnés dés. quides. 1

Tel est le résumé de la pathologie générale de Gaubiuss ce qui concerne les causes prochaines ou les causes intimesdes maladies; le reste nous offrirait trop peu d'intérêt pourque nous nous yÿ arrêtions. 4

La théorie de Bichat est par certains points trop voisine de de Haller, et la distance qui sépare ces deux hommes n’est assez grande pour que nous ne fassions pas ici une légère in tion à la chronologie en rappelant sommairement les opin du créateur de l’anatomie générale. d

« La vie, dit Bichat (4), est l’ensemble des fonctions qui rési tent à la mort. » (est là une définition qui ne nous apprend sur l'essence de la vie, et qui nous la fait seulement connaître une de ses fins contingentes ; ou plutôt c’est une vraie pétil principe qui revient à dire : /a vie n’est pas la mort; où mort nest pas la vie. Mais passons et suivons l’auteur da

développement de ses idées : Il y a deux vies ; l’une commune*

(T) Recherches physiologiques sur la vie et la mort, édition de Magendie dan

OEuvres complètes de Bichat, — Voy. aussi les Considérations Fer0 Es 316 Tableau de la physiologie qui précèdent l’ Anatomie générale:

Yégélaux el aux animaux, c'est la vie organique ; l'autre, ou vie Mrinule, ou encore vie de relation, est propre aux animaux. Dis- {notion plus apparente queréelle, puisque les animaux plus petits que les plus petits éléments anatomiques ont des propriétés vi- Hales qu'on chercherait vainement dans les plantes, même dans la Ménsitive. Bichat a remarqué qu’il y a dans la vie animale deux rdres ou deux courants de fonctions ; les unes s’établissent de la périphérie ou des milieux vers le cerveau, et les autres se por- “ont vers les organes extérieurs de la locomotion et de tous les ons, non pas seulement de la voix comme ille dit. Quant à la vie mirganique elle se compose, d’après Bichat, de deux mouvements hresque parallèles, l'assimilation et la décomposition où désas. inilation, Le premier comprend la digestion, la circulation, la “icspiration, la nutrition, et, si je ne me trompe, l'absorption ; le “itcond renferme l’exhalation, les sécrétions et les excrétions ; à “oi il faut ajouter l'usure graduelle. La circulation est le système “ioyen où se meuvent les molécules propres à la nutrition et à “la déperdition (1).

…. Poursuivant avecune rare sagacité la distinction anatomique et lhysiologique des deux vies, Bichat rapporte les différences dans là forme extérieure de leurs organes respectifs (symétrie pour la Vie animale, asymétrie pour la vie organique), dans le mode d'ac- Mlion de ces organes (harmonie pour la première, discordance pour la seconde), dans la durée de cetie action (continuité dans “lune, intermittence dans l’autre); puis il étudie sous une forme aisissante, mais non toujours avec une entente parfaite du sujet, les rapports du physique et du moral. :

“Un des points auxquels Bichat (p. 403-105) attachait la plus rande importance et qu'il s’est particulièrement attaché à éclairtir, c'est la distinction des forces physiques d’avec les forces \itales. LL a ouvert la voie, mais il s’est égaré, et a égaré ses lec- “ieurs presque dès les premiers pas.

….« En considérant sous ce rapport les lois vitales, le premier “perçu qu'elles nous offrent, c’est la remarquable différence qui

(1) ei M. Magendie remarque dans ses notes que Bichat semble partager encore INérreur des physiologistes qui tiraient le lait du chyle:

les distingue des lois physiques (1). Les unes, sans cesse variables dans leur intensité, leur énergie, leur développement, passent souvent avec rapidité dernier degré prostration au plis

dans les organes, et prénnent: sous l'influence des moins causes, mille modifications diverses. Le sommeil, la veille, l'exéra cice, le repos, la digestion, la faim, les passions, l’action des

à de nombreuses révolutions. Les autres, au contraire, fixes invariables, constamment les mêmes dans tous les temps, sonta source d’une série de phénomènes toujours uniformes. Comparez la faculté vitale de sentir à la faculté physique d'attirer, vous verrez l'attraction être toujours en raison de la masse du comp brut où on l’observe, tandis que la sensibilité change sans cessé de proportion dans la même partie organique et dans la même masse de matière.

« L'invariabilité des lois qui président aux phénomènes physié ques permet de soumettre au calcul toutes les sciences qui ensonl l'objet ; tandis qu’appliquées aux actes de la vie, les mathémalen ques ne peuvent jamais offrir de formules générales (2). On cn cule le retour d’une comète, les résistances d’un fluide parcourails un canal inerte, la vitesse d’un projectile, etc.; mais calculer, avec Borelli, la force d’un muscle ; avec Keill, la vitesse du sang} avec Jurine, Lavoisier, ete., la quantité d’air entrant dansé poumon, c’est bâtir sur un sable mouvant un édifice solide pa lui-même, mais qui tombe bientôt faute de base assurée! » La physiologie moderne a donné un solennel démenti à la pl part de ces propositions ; et c’est justement en mettant à l'étude les problèmes dont Bichat déclare la solution impossible queles iatromécaniciens ont rendu un vrai service à la physiologie. «

(4) Bichat a été surtout frappé (et il ne pouvait guère en être autrement) pi les différences extéricures où par les résultats de la mise en action des deux ordres. de forces. Aujourd’hui on sait que les forces biologiques, quoiqu'’elles découlent en‘partie des forces physico-chimiques, revêtent des formes sui generts, et qu'elles sont dès lors distinctes de ces mêmes forces physico-chimiques.

(2) Beaucoup de phénomènes physiologiques (par exemple les mouvements us culaires) ne sont pas moins invariables que les phénomènes physiques,

«La physique, la chimie, continue Bichat (p. 109 et suiv.) se Mjouchent, parce que les mêmes lois président à leurs phénomènes, “mais un immense intervalle les sépare de la science des corps Obanisés, parce qu'une énorme différence existe entre leurs lois celles de la vie. Dire que la physiologie est la physique des animaux, c’est en donner une idée extrèmement inexacte; jaimerais autant dire que l'astronomie est la physiologie des astres. »

Non, certes, la physiologie n’est pas dans son essence ni de la physique ni de la chimie pure, mais à côté des forces biologiques Spéciales, qui en procèdent, il y a dans les manifestations orgafiques des phénomènes directement chimiques ou physiques.

Je ne saurais, du reste, donner une meilleure et plus savante Téponse aux propositiqns de Bichat sur la distinction des forces physiques d’avec les forces vitales, que de transcrire ici quelques passages de la préface que M. le professeur Gavarret a mise en tête de son ouvrage intitulé : Les phénomènes physiques de lavie (1869) :

« Les physiciens ont démontré que toutes les forces du monde inoroanique ont une commune mesure, le travail, et changent Sans cesse de forme, sans jamais rien perdre de leur énergie; que la même quantité de force peut, suivant les conditions au milieu desquelles elles se manifestent, nous apparaître tour à {our sous forme de force vive, de chaleur, d'électricité, d’affimité, etc., etc. Cette grande et belle théorie de la réciprocité des forces, est-elle assez générale pour embrasser les manifestations dynamiques du monde organisé aussi bien que celles du monde inorganique ? doit-elle en un mot être acceptée comme universelle? L'étude des propriétés des éléments histologiques démontre que chaque élément, distinct par sa composition et par sa texture, est doué d’une activité propre dont tout démontre les rapports d'étroite solidarité avec les réactions physico-chimiques accomplies dans la trame des capillaires généraux. Ces activités nous Sont apparues comme des modalités dynamiques spéciales dérivant, par voie de transformation et sans perte d'énergie , de ces réactions physico-chimiques, sans lesquelles il n’y a ni nutrition

ni développements possibles. Dans chaque organe de l'écor mie, les activités propres des éléments histologiques exéctl un travail spécial sous l’influence des conditions extérieures milieu ambiant ; le travail de l’agrégat vivant n’est que le ré tat de ces travaux partiels (1). Entre le monde inorganiquete monde organique, il s’opère donc un échange incessant de mati et de force. De ce principe découlent comme conséquences nécts saires, la légitimité de l'extension de la théorie de la réciproëil des forces au monde organisé, en même temps que la définit des vrais rapports de la biologie et des sciences physico-elil miques, »

Bichat veut distinguer en deux espèces les propriétés qe tout organe vivant : les unes tiennent immédiatement à lai commencent et finissent avec elle, ou plutôt en forment le prin cipe et l'essence; les autres n’y sont liées qu’indirectementiel paraissent plutôt dépendre de l’organisation, de la texture parties, La faculté de sentir, celle de se contracter spontanément sont des propriétés vitales. L’extensibilité, la faculté de ser serrer lorsque l'extension cesse, voilà des propriétés de tiss celles-ci , il est vrai, empruntent de la vie un surcroît d'énergie mais elles restent encore aux organes aprés qu’elle les a abans donnés, et la décomposition de ces organes est le terme uniqt de leur existence. L’extensibilité et le resserrement n’appartiens nent pas aux tissus en tant que vivants, ainsi que Haller law déjà remarqué; ce sont des propriétés purement physiques qu se meuvent dans un grand nombre de la nature brute où animée

Pour Bichat, les propriétés vitales se réduisent au mou ment (2) et à la sensibilité, mais il y en à d’autres reconnues

(£) Voyez, par exemple, ce qui regarde Ja contraction musculaire et les achi du système nerveux. — Voy. aussi Oüimus, Des forces dans l'organisme (Re pue des cours scientifiques, 12 février, 1870). 4

(2) Les plus belles pages de l’Anatomie générale sont celles que Bichat a con= sacrées à l'étude anatomique et physiologique des deux systèmes musculaires 4 vie animale et de la vie organique ; distinction qui, du reste, in’est pas parfaifemenn exacte au point de vue physiologique, ee

‘mises par les modernes : forces distinctes de la faculté de ‘nur, laquelle, pour l’auteur des Recherches sur la vie et la

Quela doctrine de Bichat confine à celle de Haller et en est un

“Bichat admet (ce qui est fort équivoque) deux espèces de Mouvements, produits l’un par la contraction (suite de la conlachlité), l’autre par la dilatation (mouvement de l'iris, éreclion des corps caverneux ou du mamelon). C’est en vain que Péxlensibilité active est ici distinguée de l’extensibilité passive, dont l'une tient à la vie, et l’autre à la seule qualité d’être un tissu; c'est en vain aussi que Bichat déclare trop peu connaître k mouvement par extensibilité active pour $°y arrêler ; ce n’en (Spas moins une vue à peu près entièrement fausse.

“ll y à deux espèces de contractilité : l’une, animale, qui est “essentiellement sous l'empire de la volonté ; l’autre, indépenante du centre commun (non pas précisément dans une vie Complète), trouve son principe dans l'organe même qui se meut, échappe à ous les actes volontaires et donne lieu aux phénoiiènes digestifs, circulatoires, sécrétoires, absorbants, nutritifs. Moutes deux se lient à une espèce correspondante de sensibilité pure et animale.

“ L'enchainement (p. 444) n’est pas le même dans les deux ispèces de facultés. La sensibilité animale peut isolément “exercer, sans que la contractilité analogue entre nécessaire ment pour cela en exercice : il yaun rapport général entre la ration et la locomotion; mais ce rapport n’est pas direct et acluel; au contraire, la contractilité organique ne se sépare jinais de la sensibilité de même espèce ; la réaction des conduits excréleurs est immédiatement liée à l’action qu'exercent

sur eux les fluides sécrétés; la contraction succède d'une nmière nécessaire à l’abord du sang. Aussi tous les auteurs ils point isolé ces deux choses dansleurs considérations et mi dans leur langage : érritabilité désigne en même temps el sensation excitée sur l'organe par le contact d’un corps, el contraction de l’organe réagissant sur ce corps. » La raison de cette différence, dans le rapport des deuxts pèces de sensibilité et de contractilité, est trés-simple : il n’yadat la vie organique aucun intermédiaire dans l'exercice des de facultés, le même organe est le terme où aboutit la sensation" le principe d’où part la contraction. Dans la vie animale, au‘côf traire, il y a entre ces deux actes des fonctions moyennes, celles des nerfs et du cerveau, fonctions qui peuvent, en s’interroit pant, interrompre le rapport.

» La contractilité animale est toujours à peu près la même, quelle que soit la partie où elle se manifeste : mais il existé dus la contractilité organique deux modifications essentielles qui sembleraient y indiquer une différence de nature, quoiqu'il ait que diversité dans l'apparence extérieure : tantôt, en effet, elle se manifeste d’une manière apparente ; d’autres fois, quo trés-réelle, elle est absolument impossible à apprécier par line spection. +11 » La contractilité organique sensible s’observe dans le cœur, l'estomac, les intestins, la vessie, etc. Elle s'exerce sur les masses. considérables de fluides animaux.

.» La contractilité organique insensible est celle en vertu des quelle les conduits excréteurs réagissentsur leurs fluides respectifs les organes sécrétoires sur le sang qui y aborde, les parties ol s'opère la nutrition sur leurs sucs nourriciers, les lymphatiques. sur les substances qui excitent leurs extrémités ouvertes, ele, Partout où les fluides sont disséminés en petites masses, omis sont très-divisés, là se développe cette seconde espèce de contrats tilité. # » On peut donner de toutes deux une idée assez précise, en. comparant l’une à l’attraction qui s'exerce sur les grands agrés gats de matière, l’autre à l’affinité chimique dont les phéno mênes se passent dans les molécules des diverses substances

Barthez, pour faire sentir la différence qui les sépare, prend la Momparaison d’une montre dont l'aiguille à secondes parcourt dune manière très- apparente la circonférence, et dont Paiquille à heures se meut aussi quoiqu'on ne distingue pas sa Harche.

mm) La contractilité organique sensible répond à peu près à ce non nomme évrifabilité; la contractilité organique insensible à téqu’on appelle fonicité. Mais ces deux mots semblent supposer, Mans les propriétés qu’ils indiquent, une diversité de nature, dindis que cette diversité n'existe que ‘dans lapparence exté- Heure. Aussi je préfère employer pour toutes deux un terme Mommun, confractilité organique, qui désigne leur caractère Yénéral, celui d'appartenir à la vie intérieure, d'être indépendantes de la volonté, et d'ajouter à

à ce terme commun un ad- …jectif qui exprime l’attribut particulier à chacune.

.) On aurait, en effet, des idées bien inexactes de ces deux modes le mouvements si on les considérait comme tenant à des prines différents. L’un n’est que l'extrême de l’autre; tous deux . énchaînent par des gradations insensibles. Entre la contractilité Obscure, mais réelle, nécessaire à la nutrition des ongles, des poils, etc., et celle que nous présentent les mouvements des Antestins, de l'estomac, etc., il est des nuances infinies qui ser- “yent de transition : tels sont les mouvements du dartos, des “irières, de certaines parties de l’organe cutané, etc. »

Au nom de la physiologie expérimentale que Bichat oublie un peu en ces considérations, les modernes ont réfuté ou redressé plusieurs des opinions hasardées ou controuvées, et ces distincions subliles qui ont pris pour trop longtemps racine dans la “Science en s'abritant sous un grand nom (1).

mi) Dans les Considérations générales qu'il a placées en tête de son Anatomie gé- “brule, Bichat reprend et cherche à corroborer par de nouveaux arguments, tirés “mème de la pathologie, la distinction des deux vies, avec leurs modes spéciaux d’ac- “livité et la séparation des propriétés physiques d’avec les propriétés vitales. IT assigne aux minéraux les propriétés physiques ; aux plantes, ces mêmes propriétés, plus les Diopriétés organiques, sauf la contractilité sensible ; aux animaux, toutes les propriétés physiques, toutes les propriétés vitales organiques et les propriétés vitales “animales. — Blandin, dans ses notes, a déjà rectifié plusieurs des assertations de pu.

Bichat reste plus fidèle à l'observation lorsqu'il examine premier jour de lincubation jusqu’à ia mort, l'apparilio développement successifs des diverses fonctions de la vien nique et de la vie de relation. La physiologie actuelle beaucoup de points plus exacte encore dans son analyse, m

premiers éléments du problème ont été tracés par une m maître.

Reprenant les recherches de Haller (recherches qu'il avec vérité un peu superficielles) sur les membranes, Bichatt de nouvelles voies ; maïs il est évident que si Haller avai top loin en affirmant que tous les tissus membraneux né que des modifications du #ssu cellulaire où lamineux, Bi de son côté (1), a établi des distinctions qui reposent ludii la considération des formes et de la texture apparente donp donne une excellente description, que sur l'examen expériné des fibres élémentaires et primitives, sans parler même des ments anaiomiques étudiés seulement de nos jours (2),8e Bichat il y a des membranes simples, dont l'existence isolé se lie que par des rapports indirects d'organisation avec les ë lies voisines, et des #embranes composées qui résultent dedà semblage . deux ou de plusieurs membranes simples dont réunissent les caractères différents. ;

Les membranes simples sont désignées sous le nom de queuses, séreuses (ou sécrétoires) et fibreuses. Les membra composées sont les fibro-séreuses, séro-muqueuses et fibro® queuses. Mais ces membranes Re non de composition, de juxtaposition. — A la suite du Traitédes membranes se F vent deux bons mémoires descriptifs sur l’arachnoïde, qu range définitivement dans la classe des séreuses, et sur fs 50 viales qui jouent un rôle analogue.

Bichat a reconnu dans le corps vingt et un tissus qui l’objet de son Anatomie générale, tandis que leurs combin

(4) Voy. son Traité des membranes. Ce traité a été refondu et complété l'Anatomie générale, maisles données principales restent les mêmes. (2) Voy. les articles Tissu et Lamineux dans le Dictionnaire de médec MM. Litiré et Robin, 422 édition, Paris, 1865, p. 733 el 1534,

isdiverses, pour former des organes et des appareils, constile sujet de lAnafomie descriptive.

@lly a dans l'organisation générale des animaux un certain re de tissus simples qui sont partout les mêmes, quel que endroit où ils se trouvent placés, qui ont la même naie, les mêmes propriétés vitales et physiques, les mêmes symlhies, etc., et qui, véritables éléments organisés de l’éconoévivante, sont combinés quatre à quatre, cinq à cinq, six à ete., pour former les organes composés que la nature deséä remplir chaque fonction. Ces tissus simples (mais tous sont Wd'être simples) sont les suivants : 1° le cellulaire, 2° le ner- Xde la vie animale, 3° le nerveux de la vie organique, 4° larel, 5° le veineux, 6° celui des exhalants, 7° celui des absoris (het de leurs glandes, 8° l’osseux, 9° le médullaire, le cartilagineux, 44° le fibreux, 42° le fibro-cartilagineux, Be musculaire de la vie animale, 44° le musculaire de la vie organique, 15° le muqueux, 16° le séreux, 17° le synovial, 18° le sanduleux, 19° le dermoide, 20° l’épidermoïde, 21° Ie pileux. M Ces vingt et un tissus ont fait l'objet de mon Anatomie gé-. iiale ; leurs combinaisons diverses vont être celui de mon Anaie descriptive. Remarquez, en effet, que tous les organes néourant à une fonction quelconque résultent de plusieurs de issus simples réunis entre eux. Prenons quelques-uns de ces änes pour exemple : l’estomac est un assemblage des tissus Queux en dedans, séreux en dehors (2), musculaire organique dimilieu. Les tissus séreux au dehors, muqueux dans les celles, fibro-cartilagineux dans les bronches, elc., composent le Houmon. Dans un muscle il y a le tissu musculaire pour le corps, fibreux pour les extrémités, et quelquefois le synovial lorsqu’un Missement est à éprouver. Dans un os long et frais, les tissus os- Seux pour le corps, cartilagineux et synovial pour les extrémités,

(1) Wu son ignorance des phénomènes d’endosmose et d’exosmose communs à lusles tissus organiques, Bichat a Anaginé en grande partie ces ceux espèces de Vaisseaux. Les lymphatiques sont chargés de Pabsortion ; mais Bichat en avait admis là ou il n'y en a pas.

2)“ Bichat fait ici du périloine une partie intégrante de l'estomac, el il oublie membrane fibreuse,

médullaire pourle milieu, se trouvent réunis, etc., etc.Dep tissu des artères, des veines, des exhalants, des absorbant nerfs et du système cellulaire, se trouvant mélés à tous ceux entrent comme matériaux dans la structure de chacun dés ganes précédents, et de presque tous les autres.

» D’après cela, l’idée d’un organe entraîne nécessairent celle d'un composé de plusieurs tissus différents, qui, isolésle uns des autres, seraient insuffisants pour les fonctions de cell 0! gane, mais qui, par leur réunion, deviennent propres à les‘rem plir. J'ai désigné sous le nom de système le traité de ca tissu simple; celui d'organes exprime une réunion de plusieus systèmes, pour former un tout unique ; celui d'appareil me ê à désigner un assemblage de plusieurs organes concour une fonction, comme, par exemple, les assemblages des os el muscles pour la locomotion, de la bouche, de l’estomac ef ES intestins pour la digestion, de la plèvre, du poumon et délit chée-artère pour la respiration, etc., etc. C’est sous ce rappol que je dis systèmes osseux, fibreux, c carlilagineux, elc.; o7gà gastrique, pulmonaire, cérébral, etc., expressions syno celles-ci : estomac, poumon, cerveau, etc. : appareil de JaMloco motion, de la digestion, de la respiration, etc. »

L’Anaiomie générale et V Anatomie descriptive (1), où laphy siologie est sans cesse présente, où les idées abondent, où faits se classent et s’enchaînent avec tant de méthode, sont es seuls ouvrages en ce genre qui se sent avec un tel plaisir, qu on les trouve Le (cependant ils ne forment pas moins î

et des yeux, on ne s'aperçoit ni que les descriptions nesonl, pas toujours suffisamment exactes et complètes, ni que lesidées.

(1) Dans l’Anatomie pathologique, qui n’est qu'une ébauche, Bichat a eu let rite de distinguer les maladies des tissus de celles des organes,

(2) Tout cela écrit par un homme mort à trente et un ans (1771-1802), etqui, avait mené de front un travail opiniâtre et de vulgaires satisfactions des sens, Peutêtre Bichat a-t-il assez vécu pour sa gloire; car ses idées préconçues eb soin [ gination l’eussent vraisemblablement conduit dans les régions de l’aventure tdi roman.

parfois fort sujettes à discussion et à rectification. Quand la telle anatomie microscopique ou histologie aura trouvé un elle pourra $e tenir pour assurée, au moins durant un

üps assez long, de séduire tous les bons esprits et de devenir ire.

SommaIRE. — Cullen ; ses divers ouvrages ; exposé de son système de phys de pathologie et thérapeutique. — Brown. Exposition et discussion système. — Parallèle entre Brown et Broussais.

MEssteurs,

La doctrine iatromécanique avait jeté des racines trop fondes pour que les nouveaux systèmes de médecine n’en dassent pas quelque chose. Le mécanisme se transformeen. lidismne : c'était la conséquence naturelle. Les systènies de @ et de Brown sont deux de ces transformations, ou, si vous mieux, un écho, une limitation de l'iatromécanisme, sans 0 linfluence plus ou moins directe du système de lirritabi Cullen, fort opposé à Stahl, se rattache directement à Hoff et en partie par on ue de Gaubius, à Haller (D

(4) On lit dans la Préface des É/éments de la médecine pratique : Cm douteux que les phénomènes de l’économie animale, tant dans l’état des dans celui de maladie, ne peuvent s'expliquer qu’en considérant l'état ete tions des puissances motrices qui impriment le mouvement à toute la mach me parait étonnant que les médecins aient été si longtemps sans s’en aperce: c’est, à mon avis, une obligation particulière que nous avons à Hoffmann de avoir mis sur la voie convenable pour observer ; et il parait que les médec tent de jour en jour la nécessité de plus en plus grande de sa méthode. Ces doute ce qui engagea Boerhaave à publier son ouvrage intitulé : Impetum fact le docteur Gaubius à donner sa pathologie du so/idum vivum. C'est aussi même vue que le baron Van Swicten a cru nécessaire de faire, au moins cas particulier, un changement considérable à la doctrine de son maitre,c peut le voir dans son commentaire sur l’aphorisme 755. Le docteur Haller, coup perfectionné cette partie de la physiologie par ses expériences sur lirr et la sensibilité. Ges exemples et beaucoup d’autres, particulièrement les éci M. Barthez (Cullen n’a connu que l’ébauche de son système), professeur den pellier, sont des preuves des progrès que l’on a faits dans l’étude des affecliol système nerveux, et suffisent pour faire apercevoir combien nous sommes.re bles à Hoffmann d’en avoir posé les fondements d’une manière si convenabl

üllen (1712-1780), successivement professeur à Glasgow et à dimbourg, ami de William Hunter, antagoniste de Brown dont Mayait été d’abord le protecteur, a joui de son vivant d’une lsgrande réputation, mais elle n’a pas résisté à celle de Brown üifaisait plus de bruit et de mal à la fois (1). Le premier ouiige de Cullen a pour titre: Synopsis nosoloqiae methoae (1769), dont la meilleure édition est la quatrième (2) ;

Sles Premiers éléments de médecine pratique à l’usage des ühants (1776-1783); la Physiologie (1772); des Leçons de cli-

Sdivers ouvrages ont été popularisés en France par les trations de Bosquillon,

vant, et ces propriétés né paraissent pas différer de celles que lon remarque dans plusieurs corps inanimés; les solides vitaux Hé sont autres que le système nerveux, lequel est le système Wganique par excellence, celui d’où dépend santé et maladie

Moins les lois du système nerveux, dans les différentes circonstances de l’économie ale, sont si peu déterminées, qu'il ne faut pas être étonné que, dans une malibre aussi difficile, Le système de Hoffmann soit resté imparfait et défectueux, et qu'i

eu moins d'influence qu’on ne devait l’espérer. Li différait de Stabl, son collègue, nssles principes fondamentaux de son système; mais il n’est que trop évident quil était infecté des erreurs de Stahl, sur la pléthore et la cacochymie, comme on peut Lobserver dans tout le cours de sa Médecine rationnelle, et particulièrement ns son chapitre De morborum generatione ex nimia ee quantitate et humort impuritale, »

(I) Thompson a donné, en deux volumineux in-8 (1832-1869) une Vie de Gullen. C’est un livre excellent, fait comme les mémoires anglais, c’est-à-dire d’après les papiers ou autres documents authentiques.

| . (?) L'auteur à reproduit en abrégé les nosologies de Sauvage, de Sagar, de cbride, etc. :, @t trace la sienne propre.

(3) Il paraît que Cullen avait rédigé une grande partie de ses Leçons sur la mécine pratique, leçons dans lesquelles il développait ses Premiers éléments de médedire; mais elles sont restées longtemps manuscrites; Bosquillon en a eu, je crois, “ie copie, et Thompson s’en est servi dans sa Vie de Cullen. On n’en a publié a un fragment en 1797,

(& 7-10). On voit que celte doctrine n’est qu’une exagératiorié celle des iatromécaniciens. Ces solides, tout simples qu'ils-sont, doivent cependant être considérés comme un agrégat homogèn ou un mixte formé d’eau et de quelque matière qui s’agglutit avec l’eau. L'état de ce mixte varie suivant la proportion desma tières, la force de cohésion, la flexibilité et l’élasticité ($ LS C’est le fluide nutritif qui a le plus d’action sur l’état dus mixte ($ 16-17) ; vient ensuite l'humidité extérieure, la tempéræ ture, la pression interne ou externe, le mouvement ($ 2021 comme l’auteur ajoute ($ 21), que cet état du mixte varie raison de son organisation, c’est-à-dire en raison de l’ordredés fibres, de la condition du tissu cellulaire ou de la texture vaisseaux, on en peut conclure que pour Cullen les solides si ples (il ne dit rien des composés) répondent à peu près aux #ss Ce quia lieu d’étonner, c’est que ($ 23-24) le bon état tissu cellulaire soit présenté comme la circonstance la plus i ne portante pour l'intégrité de l'organisme. Aussi les causes altérations de ce tissu (volume, fermeté, densité, force oui blesse, matière contenue dans les cellules, variétés de moues ments dans les parties qui composent ou séparent le tissu cells laire, etc.), sont-elles recherchées avec beaucoup de soi N° bo pas que la partie fondamentale des so/ides simples formée par un lissu de vaisseaux ($ 24), et que c’est surtout Pét de ces vaisseaux qui détermine les maladies de cette espèced solides ; ils peuvent être plus ou moins remplis de fluides liquide peut se solidifier ; ils peuvent être bouchés par du ti cellulaire; les parois peuvent s’agolutiner (1).

Afin qu'on puisse apprécier à leur juste valeur ces fondeme physiologiques et anatomiques du système de Cullen, rappelor que notre auteur ($ 29), pour expliquer le sentiment el lemou vement, considère à peu près comme Galien, dans les nerfs, det espèces d’extrémités, Les extrémités sentantes des nerfs sont cé où la substance médullaire est dépouillée des membranes qu

(1) Cullen donne ici la classification suivante des maladies (8 26) : maladies parties naturellement souples : faiblesse jointe à la flexibilité, à la fragilités axité, flaccidité ; rigidité avec diminution ou destruction de la flexibilité 4 dies des parties naturellement dures : flexibilité, fragilité.

bevait de la pie-mère, et qui lui servaient d’enveloppe ; elles sont exposées, par conséquent, à l’action de certains corps “xlernes, et mème elles sont affectées uniquement par l’action évertains corps. Les autres espèces d’extrémités des nerfs ont westructure telle, qu’elles sont susceptibles d’une contractilité particulière, et qu’en conséquence de leur situation et de leurs üllaches, elles peuvent, en se contractant, mouvoir la plupart des pires solides et fluides du corps. Cullen les appelle extrémités motrices des nerfs ; on les nomme communément fibres motrices Wmusculaires ; puis il ajoute que les anatomistes n’ont pas, il tsiwrai, prouvé que les fibres musculaires soient une continua lion de la substance médullaire du cerveau et des nerfs; que dile opinion n’est pas même universellement admise par les

physiologistes, mais qu’on doit la supposer pour le besoin des Gxplications.

k Ayant d'aborder les fonctions sensorielles des nerfs (1), Culien lutla profession de foi suivante dans le $ 31, auquel il faut ajouler, comme corollaire, le $ 117.

«Une substance immatérielle pensante, ou l'âme, existe con- Slamment dans l’homme vivant; et chaque phénomène de la pensée doit être considéré comme une affection ou une faculté de l'âme seule; mais cette partie immatérielle et pensante de Îhomme est tellement unie avec la partie matérielle et corporelle, et particulièrement avec le système nerveux, que les mouvements excités dans ce dernier produisent la pensée; et la pensée, de quelque manière qu'elle soit produite, donne lieu à de nouveaux mouvements dans le système nerveux. Je regarde avec confiance cette communication mutuelle ou cette influence comme un fait; mais je ne comprends nine prétends expliquer la manière dont elle s’opère; en conséquence, on ne peut pas exiger que je résolve les difficultés que renferment les différentes Suppositions que l’on a adoptées à son égard. Ainsi le cerveau est le sensorium ou l'organe corporel le plus immédiatement uni avec l’âme ; et en tant qu'il agit comme organe corporel, toutes ls opérations de la pensée produites par les sensations sont des

(1) Cette partie se rapporte autant à la psychologie qu’à la physiologie. DAREMBERG, 70

opérations du cerveau, et se modifient suivant les es où se trouve cet organe. » ; «4

Gullen poursuit cette Re par une réfutation fort sensé système de Stahl ($ 122); cependant je ne vois pas qu'on jamais accusé de matérialisme le professeur d'Édimbourg

Notre auteur ($ 125 et suiv.) attribue le sommeil et lave non aux différences alternatives de quantité du fluide ner mais à la nalure même du cerveau qui est capable d’acqu dans des temps déterminés plus ou moins de mobilité (MI très:bien reconnu ($ 129 et suiv.) que la circulation est nécessh pour l’excitement du cerveau (2); il indique les faits lespll

(4) « Suivant Vopinion la plus généralement reçue ($ 125), le cerveau.estu organe sécrétoire, destiné à la sécrétion d’un fluide nécessaire aux fonction système nerveux; ct l’on croit que c'est parce que ce fluide est alternati épuisé et réparé, qu'il pros ait les états alternatifs du sommeil et de la veille. M cette supposition présente beaucoup de difficultés : {0 il est probable quelle nerveux existait dans l'embryon, avant que l’action du cœur, ou toute autre tion sécrétoire, püt avoir lieu ; 20 dans les animaux qui éprouvent une mort pass gère pendant l'hiver, tels que les chauves-souris, la puissance vitale des solides rétablit avant que le sang reprenne sa fluidité, lorsqu'ils sont de nouveaur à la vie par la chaleur; 8° Ie fluide nerveux subsiste dans les nerfs et fibres musculaires longtemps après qu'ils sontséparés du cerveau, et souvent lorsqu'on les a coupés en plusieurs petites parties ; 4° le cerveau est vérital un organe sécrétoire ; mais le fluide qui s’en sépare peut être destiné àum objet ; et, d’après les connaissances que nous avons de cet objet, le fluide pro le remplir ne peut l’être pour produire le sentiment el le mouvement; 50

pas d'apparence qu'il se fasse, dans aucune partie du système nerveux, une} sion du fluide qui s’y sépare de manière qu'il s’accumule accidentellement ;etn ne prouve évidemment que cette accumulation ait réellement lieu; 69 Les mènes du sommeil et de la veille ne s’accordent pas avec une pareille supposi car le sommeil a souvent lieu lorsqu'il doit y avoir une grande quantité dec de séparé, et la veille est souvent prolongée lorsqu'il est épuisé beaucoüp an de sa mesure ordinaire ; 7° ces deux états sont produits par plusieurs cau l’ou ne peut guère supposer agir sur la sécrétion. » +

(2) La mauière dont Cullen ($ 1174 et suiv. des Éléments de méde ll exp la syncope, montre quelle idée il se faisait de la corrélation des actions duc du cerveau. Un passage de cette véritable dissertation mérite d’être cité: « minant attentivement la plupart des phénomènes que présente la syncope, peut douter que la cause prochaine de cette affection ne consiste dans une fil considérable, ou dans une cessation totale de l’action du cœur ; mais iles ficile d'expliquer de quelle manière les différentes causes éloignées engend cause prochaine. Les causes éloignées de la syncope peuvent, en premié”li

PHŸSIOLOGIE. : 4107

Hportants qui se rapportent à la marche du sang dans les deux dnlres de vaisseaux ; it cherche à prouver ($ 159) que les artères “int en elles-mêmes une contractilité musculaire qui vient en aide “it cœur ; puis il admet aussi une dilatation dérivée de lélaslicité par impulsion du sang ; deux propriétés concordantes admises aujourd’hui. |

À propos de la digestion ($ 207 et suiv.), Cullen cherche à déérminer la nature de la matière commune qui sert surtout d’aliment, soit dans les végétaux, soit dans les animaux. — La hatière commune végétale, constituée surtout par la matière sacdarine, est sujette à la fermentation acide; l'animale, à la fer- “entation putride ou ammoniacale. Cette division, comme on le Nüit, n’est pas trés-éloignée de celle des modernes. -— Gullen n’a “icune idée exacte des digestions artificielles par le suc gastrique bn dehors de l'estomac ; illes nie presque. Il penche (S 234-235) lidmettre que la digestion est une fermentation particulière ; — admet aussi la présence de l'air dans les fluides animaux (241). Quant à la composition du sang ($ 248 et suiv.), il n’en Mit pas plus que Gaubius : le sérum qui contient les sels ; Le cruor Oucrassamentum, qui à son tour renferme les globules rouges th fibrine (g/uien du sang). H ne veut pas se prononcer sur la Jorme microscopique des globules ($ 254), et prend probablement Jour des erreurs du microscope la variété de forme de ces globules chez les différents animaux.

Cullen ne pense pas que la chaleur animale dépende, soit du

“ul mélange des fluides, soit d'une sorte de putréfaction, soit du mouvement du sang qui produit un double frottement des holécules entre elles et sur les parois des vaisseaux ($ 262 et suiv.); surtout il repousse l'idée que la respiration puisse être la Source de la chaleur. On affirme, dit-il, que les animaux qui res-

japporter à deux chefs généraux. Le premier comprend les causes qui résident et Ngissent dans le cerveau ou dans des parties du corps éloignées du cœur, mais qui agissent sur cel organe par l'intervention du cerveau. Le second chef général des Causes éloignées de syncope comprend celles qui existent dans le cœur même ou dans des parties qui lui sont très-immédiatement unies, et qui de là agissent plus directement sur ce viscère lorsqu'elles produisent cette maladie. »

1108 GULLEN.

pirent sont les plus chauds; mais on ne saurait pas plus di qu'ils sont plus chauds parce qu'ils respirent, qu’on ne pou dire qu’ils respirent parce qu’ils sont plus chauds (S 268). bh} pothèse la plus vraisemblable, c’est que cette chaleur a. paraît dépendre du simple mouvement du sang ; encore lexpl cation n’est pas certaine ($ 266 et 262). :

Cullen croit ($ 275 et suiv.) que les divers fluides sécrétés déri\ vent du sang ; mais il ne sait pas bien ni sous quelles formesals y sont contenus, ni comment s'opère, soit la sécrétion, soit lab sorption ; il penche à croire que les fluides sécrétés ne sonbpis contenus sous leur forme dans le sang; qu’il y a un travail pat ticulier qui leur donne naissance. — Il dit que, sauf la sueu aucune sécrétion n’est augmentée par. l’action du cœur etes artères, mais qu’elles le sont par l’action des stimulants sus organes sécrétoires. Tous les tissus sont de nature celluleuse et “finalement fibreuse (il avait dit plus haut vasculaire, mais c’est secondairement), et les fibres sont dans la plupart desc des parties du système nerveux. C’est le gluten du sang fibrine) qui filtre du cerveau à travers les nerfs pour nourrir les parties ($ 285 et suiv.). Nous revenons, comme on voit, à Wars ion et à Glisson. 3

Voici maintenant une théorie mécanique de la nutrilih (& 294-295). Dans le commencement (c'est-à-dire probables ment, pendant la vie fœtale) le corps de l’animal se développe de la même manière que chez les végétaux; les choses changenim lorsque l'animal croît; alors l'accroissement paraît dépendre“de l'extension des artères qui se fait en longueur et en largeur par le sang qui y est poussé. Cette extension des artères, du moinsoi peut le supposer, agit sur chaque fibre du corps, et ces dernières, | en s'étendant, favorisent l'application et l’agglutination deà matière nutritive ; d’où l’accroissement de la fibre même, celti du tissu cellulaire, et peut-être la sécrélion des fluides. Versts dans le tissu cellulaire déjà formé, ces fluides produisent les de= grés de densité et de dureté qui se manifestent dans différentes parties du corps et qui varient suivant la disposition de ces fuites à prendre une forme concrète plus où moins ferme,

Les différentes parties du corps se développent par degrés, les unes plus tôt, les autres plus tard, en raison de la constitution des fibres primitives, des changements qui surviennent ensuite, et des conditions spéciales qui les exposent plus ou moins à limpétuosité du sang et les rendent propres à en recevoir une plus grande quantité. Les parties qui se développent ainsi les jremières, croissant particulièrement en raison de la densité de leurs parties solides, doivent résister de plus en plus à leur accroissement ultérieur ; la même résistance doit déterminer le sang à e porter avec plus de force et en plus grande quantité dans les parties dont l'accroissement est moins avancé. Tout l'organisme se développe de cette manière, et chaque partie des solides se met en équilibre, relativement à sa densité et à sa résistance, avec les autres parties, et avec les forces auxquelles chacune d’entre elles est assujettie.

De la théorie de l’accroissement découle l'explication de la mort naturelle ($ 300-301). Avec le temps, la résistance des arlères et des veines devient plus considérable, tandis que la force du cœur n’augrnente pas en proportion ; la diminution de la force du cœur et la compression à laquelle les plus petits vaisseaux sont constamment exposés par la distension des plus gros, par l'action des muscles et par d’autres causes, prouvent aussi que le nombre des petits vaisseaux, et par conséquent la capacité de tout le système, diminuent dans la même proportion. Le cœur peut bien encore suffire pendant quelque temps à la circulation du sang ; mais, tandis que les résistances augmentent sans cesse dans les vaisseaux, l’irritabilité des fibres motrices et l’énergie du cerveau s’affaiblissent ; nécessairement la puissance du cœur finit par devenir insuffisante pour la tâche qu’il doit remplir ; la circulation cesse, et la mort s'ensuit (1).

C'est là ce qu’on appelle la mort sénile, et pour laquelle les modernes n’ont pas (sauf les termes) une autre explication que celle de Cullen. Toutefois notre auteur, voulant ici faire jouer un rôle au système nerveux, ajoute que la mort doit provenir aussi particulièrement de l’affaiblissement et de l'extinction totale de

(4) Voy. plus haut Stahl, p. 1047.

l’excitement ou de la puissance vitale du système nervenx, el causes fort indépendantes de la circulation du sang, qui prennüi naissance dans le système nerveux même en conséquence dupi grès de la vie. Ceci paraît prouvé par laffaiblissement des sens de la mémoire, des fonctions intellectuelles et de l’irritabilité

d’une façon modeste, souvent dubilative ; il fait valoir les objet tions, et l’on reconnait bien vite qu’il marche dans un pays do les routes lui sont peu familières.

Cullen avait donné pendant quelques années des leçons it médecine clinique ; mais une partie seulement a été après mort livrée à l'impression, en 1797, sous le titre C/inical leche res delivered in the years 1765 and 4766. On ne saurait comp rer ce volume à nos Traités de clinique ; car on y trouve surtt des dissertations plus ou moins étendues, ou de simples remit ques sur diverses maladies et sur des questions de pathologies désordres du système nerveux ; tension et laxité, dérivation révulsion, sympathies, hypochondrie avec de très-nombretse subdivisions, douleurs de tête, accélération du pouls, paralysie rhumatisme aigu ou chronique, usage de l'électricité en méde cine surtout contre le rhumatisme, hystérie, trouble de la mens truation, scrofules, jaunisse, dysenterie, syphilis, fièvres in(ets mittentes. — Les observations sont malheureusement rares ; elles se rapportent surtout à hypochondrie, à la céphalalgie, à lhystérie et au rhumatisme, un des chapitres les plus intéressantsdts l'ouvrage. 4

Dans la Matière médicale, 1772, traduite en français par Bos quillon, 1789-1790, Cullen pose comme principes qu’il y pe cd ou point de médicaments qui agissent sur le Corps vivant la même manière que sur la matière inanimée ; que l’action. et les effets des substances que l’on applique sur le corps vivant, sont la plupart entièrement différents de ceux que produit]

même application sur le cadavre. De plus, pour juger un mode

CLINIQUE. —— MATIÈRE MÉDICALE, ana

Miction des médicaments, il faut connaître les circonstances parlivuhères qui peuvent rendre le corps humain capable de reœioir différents changements par le contact des autres corps qui lui sont appliqués; enfin il importe d'étudier la manière dont l’action générale des médicaments peut être modifiée par ls différents états où se trouve le corps. L'effet des médica- Wents est déterminée par la sensibilité et l’irritabilité nerveuse. Aprés un bref historique de la matière médicale, Cullen étudie Bccessivement les tempéraments, les forces vitales (sensibilité, iritabilité), les moyens chimiques et physiques de reconnaître ls vertus des médicaments, les aliments considérés surtout fume agents modificateurs de l’économie, et secondairement mme moyens thérapeutiques, enfin les médicaments proprement dits. Les médicaments sont divisés en astringents ; toniques ébamers (un des meilleurs chapitres du livre) ; émollients, corrois, stimulants, sédatifs el narcotiques, rafraichissants, antispasmodiques, délayants, atténuants, incrassants, adoucissants, antimicides, antialcalins, antiseptiques, sternutatoires, sialagogues, expectorants, émétiques, purgalifs, diurétiques, sudorifiques, emménagogues. On voit par cette énumération combien est Wicieuse une classification qui repose sur loutes sortes de considérations d'ordres très-différents, et non pas sur la connaissance de l'action essentielle des médicaments. Toutefois la Mahére médicale de Gullen, un des premiers traités en ce genre, est un des bons livres du xvin° siècle, et supérieur à ceux qui l'avaient précédée, si l’on en excepte l'Apparatus medicanmu dont Murray avait déjà commencé la publication au moment où écrivait Gullen. Eu égard aux observations pratiques il a été peut-être surpassé par le Cours élémentaire de matière médicale (1789), de Desbois de Rochefort.

Le bon sens dont Cullen fait preuve par la manière dont il présente ses hypothèses physiologiques, ou plutôt les hypothèses de son temps, et surtout celles de son pays (car la plupart de ces hypothèses, ne loubliez pas, dérivent de Wharton et de Glisson, avec mélange d’iatromécanisme et de stimulus ou irritabilité) brille en son vrai jour dans les Éléments de médecine pratique.

1112 = | GULLEN.

En son discours préliminaire il juge avec une grande indép dance les trois systèmes contemporains : celui de Stahl (1) repose uniquement sur une hypothèse et qui conduit au dogh de lautocratie de la nature, si fatal au médecin praticien. ul soutient à tort que c’est par suite de la croyance à ce dogme qu'on a rejeté les nouveaux médicaments ; non, c'est simples ment par haine des nouveautés, par servilisme pour les anciens, par paresse, par le plaisir qu’on éprouve à se laisser bercer sous le joug de l'autorité. Toutefois, à la défense de ce dogme, ‘il dit que ses partisans ont rendu service en étudiant scrupuleuses

ment la marche de la nature, et en décrivant les phénomènes des maladies.

mn

Cullen a tout naturellement beaucoup de complaisance pour le système de Hoffmann, qui, en opposition avec celui de Stahl,. conclut presque toujours à l'autobiologisme au Corps, si je puis me servir de cette expression ; sans compter qu’il met en avant, pour expliquer les maladies, le spasmus, l'atonia, et plutôt l'in- ; fluence de la qualité du mouvement des humeurs que la qualité des humeurs elles-mêmes pour la production des maladies car, suivant Cullen, les phénomènes de l'économie animale, tant dans l'état de santé que dans celui de maladie, ne peuvent sex. pliquer qu’en considérant l’état et les affections des puissances motrices qui communiquent le mouvement à toute la machine

Boerhaave passe pour Supérieur à Hoffmann par la vaste étendue de son plan et la liaison de toutes ses parties; cependant Cullen, tout en rendant Justice au vaste savoir du médecin de Leyde, n’est pas tout à fait de cet avis; il a raison (2). Enfin tous ces systèmes il trouve assez de défauts Pour vouloir en pros poser un nouveau (3). 6

Le premier changement, le plus important, que Cullen voudrait faire subir aux anciens Systèmes, c’est de concentrer (Gaubius en avait eu également l’idée) dans le so/idum vivum, c’est-à-dire dans le système nerveux et dans les dépendances qu'il y admet,

(4) Voy. plus haut, p. 95.

(2) Voy. plus haut, p. 1102.

(3) Cullen expose toujours et critique les opinions des autres médecins; ses des» riptions de maladies sont, du reste, excellentes,

lspropriétés tonico-vitales et motrices que Boerhaave reconnaît dans presque toutes les fibres, mais encore faiblement, car il éplutôt humoriste; à cet égard, Cussen préfère Gaubius à Boerhaave. Il ne trouve pasinattaquables non plus les opinions de

Boerhaave sur l’afcalinité et l'ascescence des fluides (1).

Cullen veut donc créer un système; et voici sa profession de 101, très-juste en principe, mais fort défectueuse dans l’application (Préface) : « Le seul ouvrage utile que l'on puisse faire sur A médecine serait peut-être, aux yeux de quelques-uns, de rassembler tous les faits relatifs à l’art, c'est-à-dire tout ce que l'expérience nous a appris sur le traitement des maladies. Je Sus de cet avis, mais je doute que l’on puisse convenablement exéculer ce plan sans tenter de former un corps de principes en tirant de justes conséquences des faits et en les généralisant convenablement. Au moins je suis persuadé que c’est le moyen non-seulement le plus certain, mais même le plus utile pour y mjarvenir. »

À ce propos, Cullen critique vivement l’ouvrage purement, bragmatique de Lieutaud (Précis de Médecine pratique, qu’il appelle un peu ironiquement, je crois, « le premier médecin d'une ïation éclairée et spirituelle » ; il le blâme de n'avoir rien rapproché de ce qui se ressemble, rien séparé de ce qui est divers, el d’avoir pris trop souvent des symptômes pour des maladies, méthode qu'il ne suit même pas dans le traitement, puisqu'il les traite comme maladies secondaires. — Quant à Cullen, il veut qu’on distingue toujours les genres, les espèces et les variétés.

En même temps qu’il rassemble les faits, Gullen recherche les causes prochaines des maladies et tâche de fonder sur ces causes une méthode curative certaine et mieux appropriée. Puis, comme tous les inventeurs de systèmes qui reposent sur des notions incomplètes d'anatomie ou de physiologie, il se flatte d’avoir évité les hypothèses et les spéculations uniquement fondées sur l'imagination. En établissant plusieurs principes de physio-

(4) Il ajoute, et je suis fort de son avis, qu'il n’y a presque pas de page dans les Aphorismes où l'on ne trouve quelque chose à désirer.

4114 CUELEN.

logie et de pathologie, il croit pouvoir dire avec confiaite n’a fait que généraliser les faits, pour tirer, avec beau Circonspection, des conclusions de ceux qui ont paru le prouvés. La thérapeutique est la conséquence de ces print et Cullen ajoute que l’on ne pourra renverser son systéme Montrant que les faits sur lesquels il s'appuie sont faux. L de Cullen abonde en faits vrais et en principes faux. ]

La médecine pralique consiste du reste à connaitre, di Suer, prévenir et guérir les maladies telles qu'elles se ma tent dans chaque individu ; c’est là aussi la base d’une no ou classification des maladies. Toutes les fois qu’on ne pe établir sa pratique sur Ja connaissance évidente des causes chaines, lesquelles apparaissent plulôt, elles-mêmes, com faits que comme les Conséquences du raisonnement, il faut tenir à l’expérience qui diffère de l’empirisme impuissant ef

gereux ; l’expérience est un système ; l'empirisme, c’est 16h lisme. -

Cullen à divisé les maladies en quatre classes, subdivisée ordres. Les {rois premières classes répondent aux actions 014 annales ei naturelles, comme si loutes ces actions nent Pas en jeu pour presque toutes les maladies. — La qualrièmi chirurgicale : c’est déjà un échec à son système, car bea ï de maladies réputées chirurgicales entreraient dans un classes.

1° CLASSE. Pyréxies ou maladies fébriles : fièvre, phlegt exanthèmes, hémorrhagies (1), flux, — 1, Comata (mai

(1) Cullen ($ 735 ot Suiv.) insiste sur la distinction des hémorrhagies en pass et en actives, en mettant de côté les traumatiques. Les hémorrhagies actives pour lui accompagnées d’un certain degré de pyrexie du sang dans les vaisseaux ouverts. Les secondes paraissent occasionnées par fluidité putride du Sang, par la faiblesse ou l'érosion des vaisseaux, plutôt qi l'accélération de la circutation du sang, dans ces mêmes vaisseaux. Ce n'est pas lement le mouvement du Sang, mais encore la force médicatrice de la nat cause les hémorrhagies active

résislance qui provoque la

;l6quel dépend de laccélér

S, pa suite de la congcstion, laquelle occasionne

nature, Stahl n’a pas parlé autrement. Voy. plus! p. 1052, — jos hémorrhagics intermittentes sont expliquées par Cullen à peu comme les mécaniciens exp iquent les fièvres intermittentes (S 647-648),

symptôme); adynamies (un état et non une maladie); les mes (conséquence et non principe) ; les vésanies ; mais elles Muvent dépendre de toutes les espèces de forces et ne sont que des conséquences. — 1n°, Marcores ou amaigrisselents (4), ce sont peut-être les cachexies (qu’on doit considérer si comme des conséquences) ; intumescences, impétigos. — ant à la quatrième (chirurgie), il déclare qu’elle n’est pas de Sin domaine.

Dés le début du livre nous voyons les preuves dun vice, aussi Mende la méthode que du système. Ainsi Cullen (chap. 1 du el”) pense que dans la fièvre (il parle surtout des interinitanLes) le frisson initial est toujours précédé de jaiblesse; or tnme le frisson à son tour précède la chaleur, et la chaleur la ur, il en conclut que la fièvre a pour cause prochaine une lesse, produite elle-même par des agents affaiblissants (causes

…\1}u Les causes d’amaigrissement peuvent, à ce que je crois, se rapporter à deux Gels principaux, c'est-à-dire à un défaut général de fluides dans les vaisseaux du

mment combinées ensemble ; mais il est convenable de les considérer d'abord Siparément. Une grande partie du corps étant composée de vaisseaux remplis de siluides, la masse totale doit dépendre beaucoup du volume de ces vaisseaux et de la quantité de fluides qu'ils contiennent. Il est en conséquence aisé de voir que le défaut de fluides dans ces vaisseaux doit, suivant son degré, produire une diminu- “ion.proportionnelle de la masse de tout le corps. Ceci paraîtra encore plus évident, si l’on considère que, dans le corps vivant et sain, les vaisseaux paraissent re extraordinairement distendus partout par la quantité de fluides qui y est confenue ; mais, comme ils sont en même temps élastiques, et qu'ils tendent constam- “nent à se contracter, ils doivent, lorsque la force qui les distend cesse d’agir, ou, pour me servir d’autres termes, lorsqu'il y a une diminution dans la quantité des fluides, se contracter en proportion et diminuer de volume. On peut en outre wbserver que, comme toutes les parties du système vasculaire communiquent entre elles, toute diminution de la quantité de fluides dans une partie quelconque doit (ininner en proportion le volume du système vasculaire et, par conséquent, celui “(ctout le corps » (S 1603-1604).

(2) Si le frisson est un effort de la nature, la naturees{ bien sotte ; car, au lieu de l battre la faiblesse, cause prochaine, par trois actes, elle ferait ab mieux ml fortifier tout de suite.

| (3) C'est la fausse théorie des mécaniciens. Voy. plus haut, Hoffmann, p. 941,

la nature produit par une cause quelconque (la faiblesse elle être celte cause?) qui irrite le cœur et les artères, irritat qui persiste jusqu’à la détente (4). Mais le spasme n’est-ilMp quelque chose de tonique (2)? Comment alors expliquer la fiè éphémère, ou d’autres fiévres inflammatoires ou la fièvre, e drée dans les phlegmasies? La fièvre intermittente est unes riété de la fièvre, mais l’idée plus générale de fièvre y esta tenue, et cela échappe aux explications de Cullen. 1

« En résumé, dit Cullen ($ 100-101), notre doctrine. fièvres se réduit évidemment aux principes suivants : Lescat éloignées sont certaines puissances sédatives appliquées au ième nerveux, qui, diminuant l'énergie du cerveau, produise en conséquence, la faiblesse dans toutes les fonctions et pa lièrement dans l’action des petits vaisseaux de la surface. Cep dant, telle est en même temps la nature de l'économie anim que cette faiblesse devient un stimulant indirect pour le système sanguin; ce stimulant, à l’aide de l’accés de froid et du Spas qui l'accompagne, augmente l'action du cœur et des gros artères, et subsiste ainsi jusqu’à ce qu’il ait pu rétablir l'éner du cerveau, communiquer cette énergie aux pelils vaissé: ranimer leur action, ct surtout détruire, par ce moyen,

(1) Cullen, tout en affirmant que la fièvre vient de la faiblesse et parsul Spasme, ne sait pas très-bien d'où vient le spasme lui-même : « L'idée q peut se former de la fièvre ($ 41) est qu’elle consiste dans un spasme de L’ext des petits vaisseaux, produit par une cause quelconque, qui irrite le cœur artères, et que cette irritation continue jusqu'à ce que le spasme soit dimitul détruit. T1 y a beaucoup de symptômes qui viennent à l'appui de cetté opin l'on ne peut guère douter qu'il existe un spasme qui irrite le cœur, etdoi ; conséquent, être considéré comme constituant la partie principale de là cause pro chaine de la fièvre. Néanmoins il restera toujours unc question à résoudre, quelle est la cause de ce spasme ? Est-il directement produit par les cause gnées de la fièvre, ou n'est-il qu'une partie de l’action de la nature qui d’opérer la guérison? » — I] ajoute plusieurs raisons en faveur de la dernièreop $ 42 et suiv., et il renvoie à Gaubius, $ 750. Il lui paraît probable (quoic soit difficile à expliquer) que, durant tout le cours de la fièvre, l’atonie subsist les petits vaisseaux, et que le spasme ne peut diminuer que quand le tone de ces vaisseaux se rétablissent,

(2) Broussais croit avoir fait un grand pas en attribuant la faiblesse non alt

mais à l'irritation intérieure ; ce qui explique le frisson et la débilité apparente,

Wisme. Ce dernier étant dissipé , la sueur et tous les autres nes De Te du relâchement des conduits excréteurs manifestent. »

Aux $243 et suivants, Cullen applique à l’inflammation l’ explilion qu’il a donnée de la fièvre : « L'inflammation est due à l’actilération du sang dans les vaisseaux de la partie affectée, sans qu’il soit nécessaire pour cela que l'action du cœur soit également

ne vraisemblable qu'un spasme a également lieu da dre

Eu et qui sont purement locales (1).»

«Là puissance de l'observation et du bon sens a conduit Cullen, fésqu'à son insu, à ne plus confondre, au point de vue théra-

jéutique, toutes les fièvres, comme il l'avait fait à propos des duses prochaines pour répondre aux besoins de son systéme.

s le traitement des fièvres continues il pose d'abord en Wincipe qu'il ne faut pas attendre la guérison des efforts de la lure qui sont souvent mal dirigés et que nous connaissons

jeu (2). Il ne veut pas qu’on fasse, avec Stahl, de la patholoqia Digrorum.

…(1}"t Pour diminuer la congestion, la force médicatrice de la nature augmente encore davantage l'action de ces vaisseaux, et elle produit cet effet en excitant, de “née que dans les autres maladies fébriles, une contraction spasmodique dans Eusextrémités. » ($ 244,) C’est également l'opinion de Hoffmann. (Voy. plus haut DO et suiv.).

M2) On convient (8 125-126) que, dans tonte fièvre dont le couts est complet,

“ya un effort de la nature qui tend à opérer la guérison; d’après cette idée on pourrait croire que la cure devrait en être abandonnée à la nature, ou plutôt que Nébut de la médecine devrait être uniquement d'entretenir et de régler ses efforts, Mébque nous devrions former nos indications en conséquence. Néanmoins : je ne puis “ilopiev ce plan, parce que les opérations de la nature sont très-précaires, et que “OUS.ne les connaissons pas assez parfaitement pour être en état de les diriger con- Yeablement, Il me semble que la confiance que l’on a eue dans les effortsde la nature “iréquemment donné lieu à une pratique paresseuse ct sans action, et il y a licu

4118 CÜLLEN.

On peut bien ajouter que la fièvre intermittente est la P la plus évidente de la nullité où de Ja perversité des efforts nature; de leur nullité, car la sueur a beau venir, la fièvr persiste pas moins; de leur perversité, car dans les fièvres ph cieuses ces efforts conduisent à la mort. ‘0

Culien n’a pas manqué, en effet, de diriger contre les intermittents ou rémittentes où même adynamiques con: le remède «le plus célébre et peut-être le plus efficace de toi remêdes toniques » ($ 214 et 231 suiv.), l'écorce du Pérd reconnait que le quinquina peut se donner sans danger quelque période que ce soit des fiévres intermittentes, mai marque trop de crainte d'une diathèse inflammatoire qui doi nerait le système, et des congestions considérables ou fixes les viscêres de l'abdomen (1). Le temps propre pour prese quinquina dans les fièvres intermittentes est celui de l'int

sion; on doit en conséquence s’en abstenir pendant le temps paroxysmes. Dans les rémiltentes, quoiqu'il ne survien d'apyrexie complète, on peut donner le quinquina pendant temps des rémissions, ou même lorsque les ‘rémissions con peu de durée, si, d’après la connaissance qué l’on a de la du mal (épidémique ou non), on n’a pas lieu d’attendre dési des intermissions ou des rémissions considérables, et #il beaucoup à craindre des redoublements réitérés. Dans le cas vraies fièvres intermittentes, où l’on met en usage une qua convenable de quinquina, il faut le donner le plus près po du temps de l'accès, autant que la disposition de l’estomaen malade le permet. — C'est la règle contraire qu’on suit aujour — En général, dans tous les cas de fiévres intermitten il ne suffit pas d'arrêter une fois, par l’usage du quinqui retour du -paroxysme; il faut communément s'attendre äw

de croire que l’art peut souvent négliger de faire attention aux efforts de la nat — Îlme parait plus convenable de former les indications curatives dans prévenir la tendance à la mort, ct de diriger en même temps les moyens propl à remplir ces indications en faisant une attention suffisante à la cause pro des fièvres, » à :

(4) Peut-être, il faut bien le dire, ces craintes doivent encore dimin Lemploi rationnel du sulfale de quinine,

léchute, et continuer, pour la prévenir, usage de ce remède Melon réitérera à des intervalles convenables.

MLes indications consistent, dans les fièvres continues : 4° À odérer la violence de la réaction (mais dans les fièvres contimües il y a peu de réaction dans le sens où l'entend Cullen) ; 2 à isiper les causes ou prévenir les effets de la faiblesse. C’est le @ntraire que voulait Broussais, tout en partant d’un même pincipe, à savoir que tout vient d’atonie et de tonicité : seule Ment Broussais ne reconnaissait presque jamais Patonie ! La troine indication est tout imaginaire, puisqu'elle consiste à arer ou à corriger la disposition des liquides à là putréfaction | Dniout cas, la deuxième indication devait être la premiére , Jusque tout dans la fièvre vient de faiblesse (1). Broussais était plis logique.

West le régime et le traitement antiphlogistique auxquels on Müresse pour éviter une réaction trop forte et venant surtout Mirritation du cœur et des artères. Mais alors comment condlier ce traitement et ce régime, quelque discret et méthodique Qu'en soit l'emploi, avec l'accroissement de tonicité que réclaierait la faiblesse ?

Hi faut tout de suite remarquer ce que vaut un bon praticien otre un mauvais théoricien, c’est que la plupart des préceptes ilérapeutiques que donne Cullen sont bons, pourvu qu’on les ledes explications théoriques qui dans son livre en font le soun; de telle sorte qu’on dirait qu'il a d'abord pratiqué très-heuleusement, et qu'il à ensuite raisonné tout de travers: car son

(4) « On peut remplir la première indication (S 127-199), c’est-à-dire modérer violence de la réaction, en employant : 40 tous les moyens capables de diminuer Pactiou du cœur et des artères; 2° ceux qui dissipent le spasme des petits vaisfaux, que nous supposons être la cause principale de la réaction violente. On

Peutdiminuer l’action du cœur et des artères : 40 en évitant ou modérant les causes d'irvitation qui agissent presque constamment sur le corps, à un d DEn usant de certaines puissances sédatives ; 3° en d

dusystème artériel, Les causes d’irritat

egré quelconque ; iminuant la tension et le ton ion qui agissent presque constamment sont MitSimpressions faites sur nos sens, l'exercice du corps et de l'esprit et les

aliments donbnous usons. L'art d'éviter, autant qu’il est possible,

ces causes d’irritation, ou llemodérer leur activité, constitue ce qu’on appelle proprement le régime antiphlogistique, que l'on doit employer dans presque toutes les fièvres continues, »,

raisonnement, s’il eût précédé sa pratique, l’eût certainen induit à mal. Et puis, voyez ce qu’il y a d’étrange et d’inco quent dans ce système. Toute fièvre a pour cause procha directe, efficiente : quoi? la faiblesse; mais qu'il s'agisse dé traiter, qu'est devenue la faiblesse? Elle a disparu. ".

«La plupart des puissances sédatives qui produisent la faible cessent d’agir immédiatement après leur première applicati en conséquence, les moyens de les détruire ne sont pas l'ol de l'indication présente ; il n’y a qu’une de ces puissances on puisse supposer que l’action continue, c’est la contagion: faut-il donc faire? Saigner dans les fièvres ordinaires, cam sont inflammatoires; ne pas saigner dans les épidémiques, elles sont ordinairement adynamiques! »

Restons, Messieurs, sur cette dernière proposition qui e suprême condamnalion des théories & priori et l'éternel élog Ja pratique.

Parlons maintenant du rival de Cullen, de Brown (7364 1736-1788), qui nous réserve d’autres surprises : mais, $il passe Cullen par l'esprit de système, il ne l’égale peut-être-pa par la bonne foi. Brown et Cullen sont bien plus loin deu par les idées que par le temps; il semble que ce soient des. ciens, et cependant il doit se trouver, en Écosse, quelques vi lards qui ont pu voir Cullen ou Brown.

C’est la gale qui soudain illumine Van Helmont et lui ouvre portes du sanctuaire de la chimiatrie (4) ; c’est la goutte qui {0 à coup révèle à Brown les secrets du stimulisme (2). La go vient de lasthénie, donc presque toutes les autres maladies do vent avoir la même cause (sur 100 malades, il y a 97 asthéni ques; les opportunités ou prédispositions étant dans la mèn proportion, $ 493), et doivent être traitées par les stimulants

(4) Voy. plus haut, p. 469 et suiv.

(2) Voy. la Préface de ses Éléments de médecine.

(3) Voici le dénombrement des maladies asthéniques : la maigreur, l'anxié l'insomnie, la démence asthénique, l’éruption psorique, la scarlatine asthé le diabète léger, le rachitis, les hémorrhées, telles que la ménorrhée, l’épistaxis hémorrhoïdes; en outre trois maladies contraires, en apparence, aux précédentes

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