PROPAGATION DE SON SYSTÈME
je ne saurais mieux finir, Messieurs, cette histoire des sysllmes médicaux qu'en vous citant une page où M. Littré cherde à en montrer l'utilité par le mouvement d'esprit qu'ils provoquent.
« C’est une lutte perpétuelle de systèmes contre systèmes qui Véntre-détruisent, ce sont des terres incessamment remuées qui {mbent de toutes parts. Quelques personnes ont pris cause dans tes inconstances et ces contradictions pour repousser Îles avanges des systèmes et se prononcer conire leurs irruptions. Gependant les doctrines générales sont choses bonnes et utiles; on Sen convainera surtout et l’on en sentira la nécessité lorsqu'on “élléchira qu'en médecine deux études ont toujours marché de font, la science et la pratique, le vrai et l’utile. Elle est double, enelfet, et Celse ne la comprenait pas tout entière lorsqu'il disait : Aimenta sanis corporibus agricultura, sic sanitatem aegris Medicina promitit. C'est un art dans ses applications Journalières, c’est une science dans son ensemble. Reconnaître une Dieumonie à ses signes, la traiter par les remèdes qu’a consacrés Dexpérience, c’est là l'affaire du praticien. C’est là aussi ce dont Sinquiétent avant tout les gens du monde qui reprochent amélement à la médecine ses variables théories. Mais par delà ce térle de la pratique est une autre sphère d’idées,unautre ordre Qe travaux et de recherches, partie scientifique à laquelle apparliennent les doctrines et les systèmes. Là on est à la quête de Putile ; ici à la quête du vrai; là, on ne cherche que ce qui peut érvir ; ici, on accueille tout ce qui accroit la somme des con- Haissances. Et qu’on ne dédaigne pas la science pour le positif de la pratique; car celle-ci s’éclaire sans cesse des lumières de télle-là ; et le plus souvent, ici comme ailleurs, l'utile découle du Vrai. Ce n’est donc pas sans fruit qu'on étudie ces efforts renais- Sants de la médecine pour se constituer et se créer des lois, ce West pas non plus sans intérêt qu’on voit naître ces dominations de systèmes, s’écrouler ces empires scientifiques devant les ir- Puptions de doctrines où nouvelles ou régénérées, et naître d'intervalle en intervalle ces puissants esprits, législateurs temporaires à qui finit toujours par échapper la science mobile et progressive.
Ah BROWN ET BROUSSAIS.
» Aussi toutes les fois qu'on à voulu systématiser la pathologi a-t-on commencé par réformer les doctrines physiologique effet, on ne peut lier les différents faits pathologiques prendre là son point de départ. Brown a aussi commen faire sa physiologie, où nous verrons découler toutes ses nions sur la génération des maladies et leur thérapeutique (Article sur Cullen, dans Journal hebdomadaire de médecine 1830, t. VI, p. 321 et suiv.)
par quels côtés Brown et Broussais se rapprochent ou s’éloiset l'un de lautre. Au fond les deux systèmes ont quelquesam Jogies par la théorie abstraite de la stimulation ; mais pres tout diffère dans le point de départ, dans les détails et surtout dans les applications thérapeutiques. Broussais a pris soin,du reste, dans son Examen des doctrines médicales (3° édit. t p. 345 et suiv.) de marquer longuement les dissemblances, td montrer même comment quelques-unes de ses idées confia plutôt à celles de Rasori, en ce qu’il admet comme ce médetits non-seulement des stimulants, mais aussi des contre-stimula dont l’action est évidente et qui est la contre-partie de celle stimulants, quoiqu’elle contribue, elle aussi, à entretenir law ou à rétablir la santé. Selon Broussais, les stimulants externe c’est-à-dire tous les corps pondérables ou impondérables, sontles principaux stimulants, attendu que les stimulants internes (Pexer=. cice même des fonctions, l'influence nerveuse, les passions, lac» tion musculaire) ne sont que la conséquence des stimulants externes, dont la privation fait immédiatement cesser la vie. 4
Cela n’est pas vrai absolument : en effet, quoique l’organisme. ait en soi des propriétés immanentes, elles ont besoin des milieux et d’une mise en activité pour se manifester, on ne sawaitlés contester ; cependant il n’est pas douteux que ces propriétés innées, que ces réceplacles naturels internes de stimulation, sont, en principe, supérieurs, comme l'avait dit Brown, aux slim mulants externes qu’on peut comparer à Ja clef de montre qui
remonte le mécanisme. Mais Broussais, pas plus que Brown, n'avaient pris, comme fondement de leur doctrine physiologique