DU VITALISME EN GÉNÉRAL. ° M7A
lemps en effet que les médecins la prissent à leur tour; mais de aurait acquis et conservé plus d'autorité si biologisme n’était pas devenu à peu près synonyme de matérialisme (1). H nya as plus de raison, ni de possibilité d'expliquer la vie par l'âme, que l'intellect et la responsabilité morale par la matière. Pour telle dernière question, le médecin doit toujours se souvenir juil y à une âme; pour toutes les autres, il faut qu’il cherche la brmule de la vie là où cette vie est présente sous toutes ses brmes, où elle se révèle par toutes ses manifestations ; c’est-4- “ire dans la matière organisée, sans plus se préoccuper des brefs Jonlificaux ou des thèses de saint Thomas, que de la métaphyque d’Aristote ou des dialogues de Platon. Aujourd’hui la phy-
Sologie, heureusement émancipée, ne peut plus F'écarter que librement, ou, si l’on aime mieux, par un vice de la méthode, des voies scientifiques ; mais aucune autorité, d’où qu’elle vienne Mi quelque grave qu’elle soit, n’est capable dé la faire dévier. «Ce sentiment de la matière organisée, des lois qui la régissent, le leur autonomie, malgré l'union qui les rassemble en partie “vec les lois physiques et chimiques, ce sentiment, dis-je, était si onveau, même après les recherches de Haller (recherches posilives s’il en fut, mais faites à un moment où les esprits étaient plus attentifs aux idées qu'aux faits), qu'il n’a pris pied dans la Sience que tont récemment. Barthez n’en avait pas la moindre idée. En effet, ce n’est pas directement et par nécessité que ce hysiologiste à imaginé le principe vital, mais dans la conviction qu'il s'était formée a priori que la vie ne peut pas s'expliquer ins l'intermédiaire d’une force distincte isolée ou d’un être “peu près indépendant, ayant domination sur tout le corps, bavec cette conviction non moins arrêtée que cet agent, créé "de toute pièce, ne pouvait être ni les arçhées de Van Helmont, iléme de Stahl. Donc le Principe vital est une simple création “ontingente qui repose. à la fois sur une croyante métaphysique sur l'ignorance des propriétés vitales. Le principe vital est
(1) Ainsi que l’a très-judicieusement remarqué M. le professeur Gayarret, l’exis- Mence du cerveau et son avait sont une condition de l'émission, de la manifes - “ation de la pensée; mais il ne s'ensuit pas que ce soit /a condition ou la cause wffisante. Voy. Préface aux Phénomènes Physiques de la vie.
inutile pour les animaux supérieurs où le système nerveux règlé tout par ses propriétés primordiales, et impossible che animaux inférieurs, à cause de leur divisibilité, sans que la Yié s’éteigne. D'ailleurs, il est au moins aussi difficile d'expliquer une force générale qui mettra d’accordtoutes les forces particu» lières, que de supposer la coordination spontanée des diverses forces pour constituer la vie (1). 1 4 Dans mes Leçons je me suis étendu avec quelque complain sance sur la biographie de Barthez (1734-1806) ; ici je me co ; tenterai de renvoyer à l'ouvrage de Lordat qui a pour titre : Ex. position de la doctrine de Barthez et mémoires sur la vie de ce médecin, 1818. C’est un modèle du genre, un des meilleurs écrits de Lordat, un Jivre si excellent, composé avec tant de conscience et appuyé sur des informations si exactes, que malgré le désir, non dissimulé, de sauver sur presque tous les points las réputation de son maître et ami, l’auteur, entraîné par l'amour, du vrai, ne peut dissimuler entièrement ni les insupportall défauts de caraclère, ni la vanité puérile (2), ni l’égoismel Barthez, ni sa jalousie pour toute personne qui s'élève à côtédn lui, ni les tracasseries qu’il suscite à tout propos, ni ses intrigl percées à jour, car il <e prêtait avidement à toutes les faveurs qü la fortune pouvait lui offrir, ni son « plan d’égoïsme » nises plais | teries mordantes (3), son mépris pour la «multitude » : nises enr
(1) Barthez (voy. Lordat, Doctrine médicale de Barthes, p.146) ment contre Bordeu, suivant qui les mouvements et les autres actes de la puis vitale ne sont jamais Spontanés, mais sont toujours provoqués par unerritalion Barthez lui-même ne tombe-t-i] pas dans une faute analogue lorsqu'il soutient qu - les actes des propriétés vitales sont sous la direction nécessaire du prin ci poil
tout en admettant qu'il y à des actes non soumis à la sensibilité ? ,
(2) Dans une lettre (29 décembre 1777) que M. Guardia a publiée pour pi mière fois (voy. Gazette médicale de Paris, 3
5 mars 1866, n° 9), Barthezses à la Société royale de médecine qu'on ne lui ait pas donné son vrai titres: diplôme d'associé. Il ne s
appelle pas M. Ze vice-chancelier, mais bien Jeu celier, ou, à la rigueur, M. de chancelier-adjoint avec survivance !
(3) « M. de Lamure, lui rapportait croit pas à 1
{ s'élevait fo
quelqu'un, dit assez ouvertement a médecine. — Parbleu ! répondit Barthez
; il à fort raison fi de la sieune. » (Lordat, p. 1