PINEL
bilité, si l’on ne trouble point la marche de la nature. Une observation attentive les fait envisager comme des changements pas- Sagers dans les fonctions de la vie, et manifestés par des signes extérieurs avec une constante uniformité pour les traits principaux, et des variétésinnombrables pour les traits accessoires. Plus loin, il ajoute que la maladie ne doit pas être considérée comme ün tableau sans cesse mobile, comme un assemblage incohérent d'affections renaissantes qu’il faut toujours combattre par des remèdes, mais qu’elle forme un tout indivisible, un ensemble régulier de symptômes caractéristiques et une succession de périodes avec une fendance de la nature le plus souvent favorable : quelquefois funeste. Aussi dans l'exercice de la médecine on peut à peine trouver une maladie qu’un homme judicieux ne puisse déterminer et dont la description ne soit consignée dans quelque ouvrage ! Je vous le demande, Messieurs, qui oserait aujourd’hui “igner de telles propositions et de si absolues? Pinel lui-même West pas très-assuré de l'unité et de l'indivisibilité des maladies, ür l'impression qu’il éprouve en entrant dans une salle d’hôpital, vest « une image de confusion et de désordre » (1) sans parler “le la fluctuation d’opinion, de l'incertitude, de l'embarras extrême qu’il ressentit lorsqu'il fut appelé à exercer la médecine dans les hospices (d’abord à Bicêtre et, plus tard, à la Salpélrière) (2). Cependant c'est en 1798 qu'il affirmait la sûreté et la Rcilité du diagnostic « pour un homme judicieux », et déjà il ait passé plusieurs années dans l'étude et dans la pratique de à médecine.
Quoi qu’il en soit, la noSographie repose particulièrement sur ls manifestations extérieures des maladies et non sur l'anatomie jathologique, ce qui est déjà un trés-grand vice de construction ; ie plus, Pinel soumet les maladies aux mêmes Opérations que les
däturalistes font subir aux plantes et aux animaux; il forme des ädres inflexibles pour les classes, les ordres, les genres, les Spèces, en procédant par abstractions successives. Puis, méconlaissant des analogies manifestes ou des dissemblances non noins
(1) Médecine clinique (1802). Des fièvres ; Considérat. préliminaires, (2) lbid, Introduction,
évidentes, il forme des groupes artificiels (1), en s’en rappors tant aux apparences et non aux réalités. Ainsi, pour n’eneite qu’un exemple, il brise le faisceau si naturel des fièvres unten mittentes dans le désir qu'il a de rapprocher la fièvre tierce des fièvres gastriques, la fièvre quotidienne ou quarte desiié . vres muqueuses continues ou rémittentes, les fièvres inte mittentes pernicieuses des fièvres ataxiques continues La thérapeutique y perd beaucoup, et la pathologie n’y gag rien‘ Les six ordres de fièvres, fondés sur des affections du sys" tème circulatoire, sur ’irritation de l'estomac ou du duodénum, ou de l'intestin, ou sur l’atonie de ce conduit (atonie qui enva V'irritabilité des muscles), sur les désordres du système nervel causés par une lésion profonde de l'irritabilité et de la se sibilité, enfin sur des circonstances particulières de mortalité, ti contagion et d’une affection simultanée des glandes, ces ordre dis-je, sont tout à fait factices ; on en peut juger par ce sim énoncé. Je pourrais multiplier les exemples pour prouver less ces de la méthode, mais ce que j’en ai dit suffit pour montrer que c’est bien, quoi qu'en dise Pinel, cun jeu de l'imagination ). 4 ” Les applications qu’il a faites de sa méthode dans la Clinique, ne font guère que confirmer ce jugement. Quelle différence eni l'École de la Charité, inaugurée par Corvisart, et l'École del Salpétrière dirigée par Pinel! Dans l'École de Pinel, les autopsie ; n'ont presque aucune valeur (3), le diagnostic ne repose $ aucun moyen physique, la thérapeutique est à peu près insignis fiante. On ferait un praticien avec les ouvrages de Sydenhan avec ceux de Stoll, ou même de Baglivi, jamais avec les écrits dl
Pinel (4).
trides-adynamiques. ; (2) Quoi qu'en ait dit Pinel (8 97 de la Nosographie) la désignation dessfièn ntermittentes par leur type n’a pas été proscrite, et il est probable qu'ellesse longtemps encore acceptée. 2400 , (3) Dans la seconde section, sous le titre Nécrologie, on trouve de belles plu sur les autopsies faites en présence de plus de cinquante élèves; mais ces phras S n’instruisent pas quand il n’y a rien au bout. 4 (4) M. Dubois (d'Amiens), secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine (VO on Discours, aussi ingénieux que littéraire, Sur le degré de certitude envmède