‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 248 sur 260 · BELL. — POTT · texte numérisé non relu

BELL. — POTT

et les plus classiques. Pott est un des chirurgiens qui rappellent le mieux J. L. Petit par l'originalité de ses travaux; il a eu sur lui l’avantage d'être attaché à un des grands hôpitaux de Londres, celui de Saint-Barthélemy.

Les Œuvres de Pottse composent de monographies sur les plaies de tête, la fistule lacrymale, les hernies, l’hydrocèle, les fistules à l’anus, les fractures et luxations, la cataracte, les polypes du nez, la mortification des orteils, l'amputation , enfin la carie des os de la colonne vertébrale, appelée vulgairement #al de Pott (1), et que l’auteur à désignée par un symplôme qui n’est pas constant : a paralysie des extrémités inféreures. Chaque monographie est suivie d’un nombre quelquefois considérable de très-bonnes observations.

Polt fait reposer la chirurgie sur les connaissances exactes en anatomie et en physiologie. Ce sont là les deux sciences qui donnent au chirurgien l'exactitude du diagnostic, la sûreté de la main, et qui manifestent l'efficacité de son intervention. Il ne suffit pas seulement de guérir, mais de guérir promptement, proprement et sans faire trop souffrir (2). Pott se montre très-partisan des réformes opérées de son temps, spécialement de l'amputation à lambeaux; il loue la chirurgie d’être moins barbare et plus conservatrice ; il réprouve les terribles machines de réduction, et défend de fouëller les cavités pour ÿ chercher les corps étrangers. Le mémoire Sur les plaies de tête renferme des remarques précieuses touchant la commotion, les conire-coups et là compression. Le retentissement que produisent les blessures des parties molles ou dures du crâne sur les organes contenus dans cette cavité ne s'expliquent plus par la continuité des fibres du péricrâne avec la dure-mère, mais par les anastomoses des vaisseaux. Pott recommande, et non sans de bonnes raisons, de saigner après les coups rèçus à la tête, lors même qu'ils ne semblent devoir entrainer à leur suite aucun accident. La première indication du trépan est fournie par les signes de com-

(1) Cest ce chirurgien qui l’a, sinon indiquée le premier (voy. plus haut, p. 998),

du moins le mieux décrite au xvirt siècle, et qui a accompagné celte description d'observations anatomo-pathologiques.

(2) Préface au mémoire Sur la fistule lacrymule.

pression et par les fractures; cette opération n’est pas réclamée pour les plaies externes, quand le péricrâne reste fermement attaché aux os.

Le grand principe sur lequel repose la pratique de Pott, c’est qu'il ne faut pas donner de règles trop générales, mais celles-là seulement qui embrassent très-exactement les faits recueillis avec une critique sévère; il dit cela particulièrement pour les plaies de tête et pour celles de ces plaies qui n’intéressent que les téguments. L'expérience lui a appris, par exemple, qu’on ne doit pas se hâter de reséquer les lambeaux de chair, car on parvient ordinairement à les réunir par cicatrisation, lors même que les ravages paraissent considérables. S'il se forme des clapiers, on al ressource des contre-ouvertures. Il tient pour plus fâcheuses les blessures par instruments piquants que les déchirures ou les larges sections.

Pott a établi des différences essentielles entre les fistules lacrymales suivant le degré d’obstruction du canal, l’altération de à membrane qui recouvre le sac, celle du sac lui-même, de los, enfin suivant l’état général du malade. Il pense que souventon peut, au moyen de certaines précautions hygiéniques, éviter l’opération; d'autres fois la simple ‘ouverture du sac suffit; mais on est, en quelques circonstances, obligé de désobstruer le canal et de le dilater avec des éponges préparées. Évitant les escharotiques, il ne permet la répression des chairs fongueuses qu'avec le nitrate d’argent; enfin, lorsque le canal est com plétement fermé, il autorise la création d’un canal artificiel, en perçant l'os wnguis avec le trocart courbe, opération qui est encore pratiquée aujourd’hui et à laquelle M. Laugier a tenté dé substituer l’ouverture du sinus maxillaire.

J'ai entendu M. le professeur Broca s'élever avec vivacité con" tre la pratique de Pott dans les fractures, surtout dans les fractu res de cuisse ; il pense que mettre le membre dans la flexion où la demi-flexion, et qu'employer peu de force pour la réduction, sont les deux causes les plus ordinaires du raccourcissement du mem bre; il vante, au contraire, les chirurgiens américains (1) qui nous

(1) Au delà de l’Atlantique les clients ont la triste habitude d'exiger une indem=

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