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KrueGer, 1840 (2), admet cinq périodes: 1° Depuis les temps les plus reculés jusqu'à Hippocrate.— 2° D'Hippocrate à Galien,
(4) Raige-Delorme, Dictionnaire de médecine, 2° éd., 1839, article MÉDeciNr.
(2) Krueger, Synchronistische Tabellen zur Geschichte der Medicin. Berlin, 4846, in-4. — Voy. aussi l'excellent Tableau chronologique de la médecine, par Lutgert. Leyde, 1852, grand in-folio,
— 3° De Galien à Paracelse. — W° De Paracelse à Harvey. — 9 Depuis Harvey jusqu'à nos jours.
Isensge, 1840 (1), a divisé l’histoire ancienne et du moyen âge. en: Période ancienne. — Époque grecque. — M oyen âge.— Époque romaine. — Époques arabico-scolastique et jermanoréformatrice.
Isensee suit Hegel sans le comprendre toujours suffisamment ; il a, entre autres, le tort de prendre comme point de départ de ses grandes divisions la trinité classique, mais banale : antiquité, = moyen dje et dge moderne. Ces trois périodes, mal définies d’ailleurs, ne concordent pas rigoureusement avec les changements radicaux opérés dans la science. De plus, je ne me lasse pas de le répéter, l'introduction de la médecine scientifique à Rome n'a pas plus d'importance dans l’antiquité que n’en aurait aujourd'hui Pintroduction de la médecine française ou anglaise, soit en Algérie, soit dans quelque État d'Amérique.
Quitzmann (p.110 suiv.) juge très-durement ouvrage d’Isensee; plusieurs des reproches qu'il lui adresse sont fondés, mais je ne puis souscrire à celui, qu’il lui fait d’avoir comparé Paracelse à Harvey. « 77 faut, dit-il (p.116), être entièrement dépourvu de tout esprit philosophique et critique pour oser mettre en parallle Paracelse, le réformateur par excellence, et Harvey, l'auteur d'une découverte secondaire, bien qu'importante. » Quoi! une découverte qui change la face de la science, une découverte qui contient en germe tous les progrès futurs de la médecine, en un mot, la vérité, la réalité ne serait pas mille fois plus importante que des idées à priori, qui n’ont eu d’écho que dans quelques cerveaux prédisposés aux aberrations! Paracelse a le mérite, je le reconnais volontiers, d’avoir osé regarder en face la médecine ancienne, mais son regard n’était pas de ceux qui fécondent. Supposez Paracelse sans Harvey, que fût devenue l médecine? Elle eût certainement réirogradé de plusieurs siècles ; mais admettez Harvey sans Paracelse, et dites si la science
(1) Isensce, Geschichte der Medizin und ihrer Huelfswissenschaften, Berlin, 1840, in-8, 4 vol.
eût été arrêtée dans son essor. Que le reproche adressé à Isensee retombe done de tout son poids sur son savant mais trop partial critique!
L’erreur des Allemands est de considérer leur compatriote Paracelse comme marquant la limite entre la médecine ancienne et la médecine nouvelle. Paracelse et Van Helmont donneni le premier assaut à la médecine grecque; à ce titre, leur nom peut servir de démarcation pour des subdivisions dans la grande période qui sépare Galien de Harvey. La chimiatrie a eu le double tort d’apparaître trop tôt el avec une allure trop mystique. Ge système n'avait presque aucun soutien véritable ni en physiologie ni en chimie, et le bien éloigné qui a pu en résulter, il Va produit sans conscience ; la vraie chimiatrie ne put réparaitre que bien longtemps après Parecelse, sous la forme moderne de chimie pathologique et de chimie physiologique; encore celle nouvelle chimiatrie, qui repose sur des connaissances réelles en chimie et en physiologie, n'oserait point se présenter comme un système qui peut rendre compte de tous les faits ; bien que quelques auteurs, particulièrement en Allemagne, n’aient pas craint de revenir, par une route détournée, aux rêveries paracelsiques; mais cela est un retour en arrière. C’est un sujet fort intéressant d’études que de suivre dans leur développement respectif et de comparer ensemble les systèmes médicaux qui dérivent de Paracelse ou de Van Helmont et ceux qui doivent leur origine à Ja découverte de la circulation.
Dans sa brillante Anfroduction aux OEuvres d'Ambr. Paré (Paris, 1840), M. MALGAIGNE à dessiné à grands traits les diverses périodes de l’histoire de la médecine. Subordonnant presque tout à la prédominance plus ou moins absolue du principe d'autorité, il trouve l’occasion de créer, pour l'histoire de l’Église et pour l’histoire de la médecine, un système qui ne sera, sans doute, accepté que sous bénéfice d'inventaire par les gens du métier; il montre en même temps une préférence marquéé pour la Réforme comme un premier pas, quoique d’abord timide, vers le rationalisme ; mais ce n’est pas là de l’histoire
de la médecine.
Van 5er Hoëven, 1842 (1), a donné une classification très-läche et à peine formulée:
Médecine ancienne. — Médecine hippocratique. — Galien et médecine post-galénique. — Du 1x° siècle à la prise de Constanfinople. — Médecine des Arabes et des arabistes. — Renaissance tlréforme de la médecine. — Pour la suite de l’histoire, les périodes ne sont même plus indiquées.
Son livre n’est cependant pas sans utilité; il a surtoutle grand mérite d’avoir été écrit pour inspirer aux élèves le goût de l’hisloire, et pour leur fournir les premières notions de celte branche de la littérature médicale.
Ihnscuez, 1843 (2), adopte lés divisions généralement suivies en Allemagne: sa prémiére période s’éténd depuis les origines jusqu'à Galien ; la seconde, de Gälien à Paracelse; la troisième, de Paracelse au temps présent. L'auteur a consacré une partie assez considérable du volume à l'Ecole médicale de Vienne et à l'état de la médecine du temps présent. Je ne puis, malheureusement, que ratifier ie jugement défavorable que M. Haeser à porté sur le livre. L'auteur ne montre qu’une médiocre aplitude décrire l’histoire, pas plus la moderne que l’ancienne, pas plus dans sa seconde que dans sa première édition.
Marre, 1844 (3), partage la médecine en trois époques: W6decine primitive jusqu'à Hippocrate; — Médecine ancienne, d'Hippocrate inclus. à Galilée; — De Galilée aux temps modernes. C’est une division fondée, comme pour les Allemands, sur une idée étroite de nationalité et de clocher; encore Paracelse at-il mieux que Galilée pour une division de Phistoire de là médecine. Le premier volume ne contient guère que des ta-
(1) Van der Hoeven, De historia medicinae libér singularis Lugd. Batav., 1842, in-8. :
(2) Hirschel, Compendiun der Geschichte der Medisin. Dresde, 1843, in-8; 2° édit., Vienne, 1862.
(3) Manfre, Sioria della medicina.… considerala sotto il riquardo delle epoche, déituoghi et delle sue parti e specialmente per cio che risquarda gli Italiani. ParteT, vol 1 (seul paru). Napoli, 1844, in-8.
bleaux chronologiques; l’histoire proprement dile s'arrête la médecine romaine. Ouvrage de peu de valeur.
Les périodes chezHaëser, 1845 (L), sont à peu prèsles mêmes que celles de Hecker et établies d’après les mêmes principes. Le savant professeur admet quatre périodes: Depuis les origines jus qu'à la constitution scientifique de la médecine chez les Grecs pan les Asclépiades (prêtres et médecins). — Les prêtres ne sont poub rien dans cette constitution. — Depuis les Asclépiades jusquà Galien (période beaucoup trop vaste et où la science a subi trop dé modifications importantes pour qu'il n’y ait pas lieu à d’autres divisions). — La troisième période s'étend depuis Galien juss qu'aux premiers essais de réforme, vers l'an 1500 (période qui me paraît encore trop vague). — Enfin, la quatrième période sis termine avec le temps présent.
Hecker avait pris Paracelse, c’est-à-dire le chimisme, comme le pivot autour duquel tourne la réforme médicale ; pour” M. Haeser, c’est Vésale ; mais l’anatomisme a exercé, du Moins" dans le principe, une influence peut-être encore moins direclé que la chimiatrie sur la marche de la médecine, car la chimia® trie est une sorte de physiologie, et la physiologie, même la plus grossière, a toujours eu une action plus considérable que l’anas tomie, bien que les progrès de l'anatomie devancent parfois et. préparent ceux de la physiologie. La médecine ancienne et li médecine moderne procèdent toutes deux de la physiologie, db toutes deux, dans leur développement, se sentent de cette pres mière origine, — Les divisions secondaires sont nombreuses; en général régulières, elles éclairent la route et facilitent les rechers ches. Le Manuel de Haeser, peu connu en France, jouit en Ale magne, en Hollande et en Italie d’une juste réputation.
M. Renouanr», 1846 (2), a fait quelques efforts sérieux pour arriver à une détermination philosophique des périodes de Fhiss toire de la médecine, mais je n’oserais pas affirmer que ces
(4) Haeser, Lehrbuch der Geschichte der Medicin. Yena, 1845, in-8 ; 2° éd., 1803
(2) Renouard, Histoire de la médecine depuis son origine jusqu'au x1x° siècle Paris, 1846, 2 vol. in-8. |
efforts aient été couronnés de succès. Les dénominations ne sont pas toujours justes ; les limites sont peu exactes ; enfin la connaissance des faits et des idées qui doivent servir à caractériser une période est trop souvent incomplète :
AGE DE FONDATION, divisé en quatre périodes : Primitive ou d'inséinct, finissant à la ruine de Troie. — Sacrée ou mystique, finissant à la dispersion de la société pythagoricienne. — Philosophique, finissant à la fondation de la bibliothèque d’Alexandrie. — Anatomique, finissant à la mort de Galien.
ÂGE DE TRANSITION, divisé en Période grecque, finissant à l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie; — et Période arabique, finissant à la Renaissance.
AGE DE RÉNOVATION : Période érudite, xv° et xvr° siècles. — Réformation, xvu° et xvin siècles.
L'âge de fondation est beaucoup trop prolongé; il devrait Sarrêter à Hippocrate, qui fonde véritablement la science; elle se développe ensuite théoriquement et pratiquement dans toutes les branches, jusqu’à Galien, qui la constitue définitivement.
J'admets volontiers une période primitive ou d’instinct, mais seulement par induction, puisque je ne puis rien savoir de cette période; elle commence on ne sait quand, et déjà dans Homère il y a plus qu’une médecine d’instinct. — A proprement parler, là période sacrée n'existe pas, puisqu’avant comme après la dispersion de la société pythagoricienne, on retrouve les traces non douteuses d’une médecine scientifique. — Je ne reconnais pas davantage les caractères d’une période philosophique : quand fleurissent les écoles anté-socratiques, la médecine reste entre les mains des médecins, et n’a de rapports avec les écoles que par les doctrines physiologiques; puis c’est précisément l'école hippocratique qui cherche à rendre la médecine encore plus indépendante de cette philosophie.
Dire que la quatrième période est anatomique, c’est ne représenter qu'un côté des choses, c’est ne voir la médecine que par une de ses faces; la physiologie fait des progrès autant que l'anatomie; la thérapeutique s'enrichit notablement; la chirurgie reçoit de rapides accroissements, et les sectes dissidentes prennent naissance, Toute cette période est traitée avec une
inextricable. confusion. M. Renouard, mû ordinairement pars prédilection pour les vucs abstraites, procède ici par une sont de dissection qui démembre les unités les plus tranchées, qui morcelle les plus grandes renommées ; cette manière de faire se. retrouve encore dans l’exposition de l'histoire moderne ; je n@ sache pas qu'aucun historien l'ait proposée avant M. Renouard Du reste, M. Renouard ne donne pas les raisons de ses dénos minations. Cette période, dit-il, sera appelée de telle façon, em voilà tout. 14 L'expression dge de transition me paraît mal s'appliquer
à l’espace de temps compris entre Galien et l'an GA0: il n'y a là aucun des caractères d'une transition. Pendant ce laps des temps, la science reste sans se dégrader sensiblement, telle à peu près que Galien l'avait faite; elle se conserve ou s’entrem tient activement entre les mains de quelques auteurs originaux et des encyclopédistes. C’est même, comparée à celles qui vont suivre, une des époques fécondes de la littérature médicales la première période n'est d’ailleurs ni plus ni moins grecqué que celles qui l'ont précédée. Quant aux Arabes, ils jouent un rôle de conservation pure et de transmission. Si l’on veut absos lument trouver dans notre histoire une époque de transition, il faut la chercher entre l'apparition des premiers réformateurs. et le développement des systèmes purement modernes. à M. Renouard ne tient aucun compte de la culture médicale, en Occident, dans les premiers temps du moyen âge; du resle, comme on le voit, il établit les périodes d’après des événements étrangers à la médecine. Remarquons aussi que le xv° siècles n'est pas plus exclusivement érudit que le x1v°, seulement V'érus.
dition change d'objet.
La classification que M. SaucerorTe (1846) a proposée dans” un travail estimable (1) est trop compliquée et trop longue pour) que nous la rapportions intégralement. Îl nous suffira de dire que, frappé d’un certain parallélisme entre le développement.
= (1) Saucerotte, Revue médicale, janvier 1846, article reproduit dans un volumen intitulé : L'histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine. Paris 1863, in-18, p. 263 et suiv. :
de la philosophie et celui de la médecine, l’auteur a essayé de
subordonner les époques de la seconde aux phases par lesquelles
a passé la première. Ce procédé a quelque chose d'ingénieux,
mais 1l ne faut pas le pousser trop loin, ni dépasser un pur syn-
chronisme. On peut, toutes les fois que l’occasion s’en présente
naturellement, établir ces sortes de rapprochements et faire res-
sortir les influences réciproques, mais on doit se garder de les re-
produire en toutes circonstances, et surtout de s’en servir comme
base d’une division en périodes; car en agissant de cette façon,
c'est-à-dire en commettant la faute de chercher ses points
d'appui dans une science étrangère à la médecine, on sacrifie
nécessairement, ou la philosophie à la médecine, ou la méde-
cine à la philosophie; ce dernier cas est parfois celui de: M Saucerotte ; il ne me serait pas difficile d'en donner des exemples. J'ajoute que plusieurs époques ont été imaginées ou défigurées pour obéir aux nécessités du principe posé.
Le premier volume de l’histoire de Morwitz, 1848 (1), contient l'histoire de la médecine divisée en cinq périodes : Des origines à Hippocrate ; — D'Hippocrate inclusivement à Galien ; — De Galien à Paracelse (c’est toujours le centre pour les Allemands); — De Paracelse à Harvey ; — De Harvey aux temps modernes. — Assez bon résumé de seconde main. — Le deuxième volume contient une bibliographie systématique et chronologique de la médecine fort utile.
Pucarnorrr, 1850 (2), qui dit très-bien de l’histoire : « Storia «impone la expositione rappresentativa dei fatti e del movimento «delle idee in mezzo ad essi », n’a pas cependant des divisions qui répondent très-exactement à ce programme; elles sont un peu vagues ou confuses et mal caractérisées ; Les voici : Médecine orientale; — Médecine grecque (Homère, Hippocrate et ses successeurs) ; — Médecine alexandrine ; — Médecine romaine ; — Moyen dge (saints Pères, — École philosophique d'Alexandrie ;
G)=Morwitz; Geschichte der Medizin (faisant partie de l'Encyclopédie des sciences médicales de Moser). Leipzig, 1848-1849, 2 vol. (2) Puccinotti, Storia della medisina. Tivorno, 1850 et années suiv., 4 vol. in-8,
6h INTRODUCTION.
— Byzantins ; — Salernitains ; — Médecine scolastique (arabe latine) ; — x et x1v° siècles, et ainsi par siècle jusqu’à la fin — Toutefois on doit reconnaître que, malgré un point de vüen trop exclusivement religieux, l’auteur a fait plus que tout autres historien moderne des efforts louables et soutenus pour sortir des la routine. La médecine italienne au moyen âge et à la Renaiss sance a été, pour notre savant et vénérable confrère, l’objet des recherches particulières ; les documents inédits ou peu connus publiés comme pièces justificatives ont une trés-grande impors tance.
Auger, 1853 (1), qui a prétendu donner en un volume uné sorte d'Encyclopédie médicale, n’a pas manqué de faire en rats courci l’histoire de la médecine, y compris, bien entendu, celle des principaux systèmes qui ont dominé dans la suite des temps l’auteur ne s’est pas mis en grands frais pour l’établissement des! périodes; il en a trois : Origines, où il ne voit que ténèbres; ee Fondation (Hippocrate — jusqu’à l'École de Montpellier!) ; = Luite et perfectionnement, c’est-à-dire depuis Montpellier jusqu'à nos jours. De telles divisions échappent à la critique.
Wuonperuicn, 4859 (2), qui se montre meilleur écrivain qu’his torien bien informé, divise l’histoire en six sections : Médecine grecque ; — Médecine romaine; — Médecine du moyen âge — Médecine au temps de la réforme; — au xvi siècle ; — a XVI; — à la fin du xvm° et au x1x°. — L'exposition générale est suivie de quelques appendices littéraires, biographiques ou scientifiques ; c’est la partie la plus importante de ce livre mé diocre, car elle contient des analyses, des textes et des rensel gnements. |
Î n’y a rien de plus arbitraire et de plus confus que les divi= sions admises par MEryow, 1861 (3) : Médecine primitive, —
(1) Auber, Traité de la science médicale. Paris, 1853, in-8. (2) Wunderlich, Geschichte der Medicin. Stuttgart, 1859, in-8. (3) Meryon, the History of Medicine, vol. I (seul paru). Londres, 18614,
grecque, — romaine, arabe. — Médecine occidentale du vir siéle au xx°. — Anatomie et jurisprudence au x\Y siècle, magie, puissance des saints. — Paracelse et Ambroise Paré ; influence de Ramus ! médecine et chirurgie en Angleterre au xWK siècle. — Ouvrage très-superficiel, où l’on trouve seulement quelques menus renseignements sur la médecine en Angleterre.
Wise, 1867 (1), qui a voulu suivre, à ce qu’il prétend, l’ordre chronologique et la succession des systèmes, partage l’histoire de la médecine en cinq périodes : la période orientale, ou platôt la période indienne (2), ou encore celle de la première branche des Aryas ; — la seconde comprend le développement de la méde- Cine entre les mains des Aryas occidentaux (Grecs et Romains); — la période de transition ou médecine arabe (3); — la période restaurative ou de compilation (copying), c’est-à-dire le moyen âge occidental; — enfin période philusophique, du xv° au xvr siècle. — Divisions en partie arbitraires, qui ne représentent pas exactement ni l’ensemble ni la marche de la science, et auxquelles s'appliquent la plupart des remarques que j'ai déjà faites antérieurement.
Les ouvrages de MM. Brogcxx (Gand, 1837), Cincnirra (Valence, 1841), Moreson (Madrid, 1842), ne Renzr (2° édition, Naples, 1849), étant des histoires spéciales de la médecine en Belgique, en Espagne et en Italie, ne peuvent pas m'occuper ici. M. Chinchilla a mis en tête de ses Anales historicos un précis de l'histoire générale, qu'il divise ainsi : Depuis les temps antéhistoriques jusqu'à Hippocrate. — ® D’Hippocrate à Galien. — 3° Arabes. — N° Restauration des sciences. — 5° Depuis ceite époque jusqu’à nos jours.
On voit que M. Chinchilla n’est pas sorti des voies baitues.
(1) Wise, Review of the History of Medicine. London, 1867, t. I (seul paru). (2) D'après l’état actuel de nos renseignements historiques, la médecine scientifique indienne est beaucoup trop récente pour constituer une période primitive ; c'est dans le Rig-Véda qu’il faut chercher cet état primitif, qui n’est rien moins que scientifique : j'ai essayé de le montrer dans la seconde leçon. (3) A elle seule la médecine arabe ne peut pas constituer une période. DAREMBERG. 5
Il ressort de cet exposé que l'histoire de la médecine a sui les mêmes errements que l’histoire politique : à la fin du xvu siècle et au commencement du xvin', sous la plume des Le Clerc, des Schulze, l’histoire de la médecine est étroite, mais naïve et sincère; elle tient plus compte encore des noms que des faits : c'est l’histoire de la royauté et de la noblesse médicales, . plus tard, à la fin du xvrn siècle, elle se laisse envahir par les
préjugés les plus mesquins des excyclopédistes (Sprengel); le dés dain pour les siècles obscurs du monachisme la dispense aussi de tout travail sérieux d’érudition sur ces siècles. Hecker a été à peu près le seul représentant, encore bien imparfait, de l'école histos rique moderne. (est cette école qui, surtout en France, comptant pour quelque chose les gens du tiers, a proclamé Putilité de l'examen de éous les textes et cherché les formules exactes et complètes du développement de la civilisation ou des progrès deu l'esprit humain. Mais ce côté vraiment pragmatique et philo sophique a été bientôtnégligé en ce qui concerne la médecine : en France, on ne trouverait pas un médecin qui ait eu la pensée de traiter notre histoire, même en se tenant fort éloigné de tels modèles, à la façon des Guizot ou des Thierry ! En Allemagne, le mysticisme, sous prétexte de philosophie transcendante, obscureit les faits et ne laisse point de place aux idées. Du reste, la base fon: damentale manque : on écrit l’histoire de seconde main; on ne remonte pas aux sources, excepté pour quelques sujeis très: limités, et, particulièrement en Allemagne, pour l'étude des épis démies ou des endémies (Haeser, Hirsch).
Essayons de mieux faire, Messieurs. Ce seul effort me vaudra
peut-être votre indulgence.
Soumamn: Origines de la médecine scientifique; il faut les chercher, non chez les peuples orientaux, mais en Grèce et dans Homère. — De la médecine primitive chez les Indous d’après le Rig-Véda; elle n’a contribué en rien au développement de la médecine grecque. — Quelle a été l'influence des temples, des écoles de philosophie et des gymnases sur les progrès de la médecine? — Fâcheuse action de la philosophie sur la physiologie. — Actions réciproques de la physiologie, de l’anatomie et de la pathologie. — Tradition médicale suivie entre Homère et Hippocrate à travers les débris de la littérature classique.
Messieurs,
Durant l'année scolaire qui vient de s’écouler (1864-1865), j'ai eu l'honneur de faire devant vous quarante-huit leçons, et j'ai conduit l'histoire de la médecine depuis ses origines jusqu’au var siècle après Jésus-Christ, c’est-à-dire jusqu’à l’époque où la médecine ancienne, définitivement constituée par Galien et perfectionnée en quelques points par ses successeurs immédiats, vient de passer aux mains de peuples nouveaux qui conservent soigneusement un héritage dont l’origine remonte pour nous jusqu'à Homère. Beaucoup de broussailles ont poussé sur ce éhamp jadis si fertile ; quelques portions même ont été aliénées, mais on reconnaît toujours la forte empreinte du génie grec ; au milieu des plus grands bouleversements dont l’histoire ait conservé le souvenir, c’est-à-dire durant le v°, le vr’et le vn° siècles, la vieille médecine grecque reparaît vivante encore dans les traductions et les amplifications latines.
Après avoir parcouru une aussi longue carrière, où tant de noms, tant de faits, tant de doctrines, se sont présentés successi- Yement à notre examen et à nos méditations, il est bon de revemir sur le sommet où nous nous sommes arrêtés, pour de là contempler la route que nous avons parcourue et en marquer hrièvement les diverses étapes.