‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 250 sur 260 · ACADÉMIE DE CHIRURGIE · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DE CHIRURGIE

l'intestin on de la peau, comme on le faisait encore de son temps, Si Pott ne surpasse pas, du moins en beaucoup de points il égale nos plus grands chirurgiens français du xvim° siécle.

« Tout est bien qui finit bien », dit un proverbe fort applicable à l’histoire de la chirurgie française. En effet, ce sont les déplorables querelles entre les chirurgiens barbiers et les perruquiers, entre les uns et les autres et les chirurgiens de Saint-Côme, entre tous, enfin, contre les médecins, querelles qui aboutirent finalement, par suite de la fusion des barbiers-chirurgiens et des membres de la Confrérie de Saint-Côme, à la création de l'Académie de chirurgie. « Ce fut, dit M. Malgaigne (1), ce fut avec ces tristes éléments qu’un homme de cœur et de génie songea à assurer du même coup la dignité de l’art et l'avenir de la science, sans s'inquiéter de personne, luttant à la fois contre la rigueur avilissante des séatuts, contre la jalousie de ses confrères, contre la résistance de ses élèves. — Dés 17i4, J. L. Petit avait été . nommé prévôt de la communauté de Saint-Côme. »

Je ne raconterai pas en détail l’histoire de la fondation de l’Académie de chirurgie; cette histoire a été esquissée (2), de manière à satisfaire les plus impatients, par M. Dubois, d'Amiens, secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine. Pour l'écrire d’une façon plus complète, il faut mettre en ordre et extraire tous les papiers que l’Académie de médecine a reçus de l’'Académie de chirurgie, papiers que j'ai trouvés enfouis dans les oreniers (3), dont personne ne s'était jamais inquiété, et qui, je l'espère, serviront bientôt à un travail définitif de la part du bibliothécaire adjoint, M. le docteur Lempereur. Ici je me contenterai de citer quelques dates et de rapporter les titres des principaux membres de cette savante compagnie.

Le 12 décembre 1731 (4), lettre de Maurepas à Mareschal,

(4) Lettres sur l'histoire de la chirurgie, p. 92.

(2) Voy. Introduction aux Éoges lus dans les séances de PAcadémie royale de chirurgie, de 1750 à 1792, par A. Louis. Paris, 4859,

(3) Voy. plus haut, note 4 de la page 11.

(4) Le 8 août 1793 la convention nationale supprimait l’Académie de chirurgie avec « toutes les autres académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la

premier chirurgien du roi, approuvant le projet d’une Société académique composée de soixante-dix membres, dont dix libres, tous choisis parmi les maîtres chirurgiens jurés ; — première séance, 18 décembre 1731. Lecture du règlement et formation du bureau : Mareschal, premier chirurgien du roi, président; J. L. Petit, directeur; Morand, secrétaire; Maleval, vice-secrétaire ; le Dran, secrétaire pour la correspondance ; Garengeot, secrétaire pour les extraits; Bourgeois, trésorier. La Société se réunissait les mardis de chaque semaine de trois à cinq heures, dans la grande salle Saint-Côme. Tous les chirurgiens-jurés de Paris étaient associés.

La paix fut bientôt troublée, d’abord par les membres de la compagnie de Saint-Côme qui, mécontents de n’être qu'associés, intriguërent de façon qu'on établit un certain nombre de places muables ou temporaires. La Peyronie, qui avait succédé à Mareschal, prit lui-même cetle fatale décision qu’il devait si bien répas rer plus lard par ses largesses. On fut, au bout de quelque temps, obligé de revenir à l’ancienne organisation. — Avec la Peyronie apparaît un homme qui devait être à la fois l'âme et l’une des gloires de l’Académie, et par suite de toute la chirurgie française: Louis, d'abord aide de Morand, qui avait succédé à J. L. Petit, puis définitivement secrétaire perpétuel. 1

Avant de parler des chefs de cette noble et puissante compas gnie, je dirai quelques mots de ses membres les plus distingués ou les plus en renom, laissant dans l'ombre les personnages dé troisième ordre. Gà et là, et pour ne pas trop rompre l’ordre chronologique, je citerai quelques chirurgiens français contemporains, mais non associés de l’Académie.

R. J. Croissant de Garengeot (1658-1759), homme de plus de savoir-faire que de savoir, a été plutôt, par sa jactance, à mauvaise foi, une honte qu'une gloire pour la chirurgie fran* çaise; il a audacieusement pillé une grande partie de ce qu'il rapporte d’important en ses Opérations de chirurgie. Dansla premiére édition (1720) il cite quelques chirurgiens de Paris

nation ! » Seulement, il faut remarquer que c'était la Peyronie et non la nation qui avait doté l’Académie de chirurgie.

lettré, 1743. Son élève Faudach, chirurgien de Na

Page 1