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INFLUENCE DE LA PHYSIOLOGIE PRIMITIVE

Le liquide du péricarde, destiné à éteindre le feu du cœur, Je feu inné contenu dans le ventricule gauche, est sécrété par le cœur lui-même, qui /appe en partie la boisson lorsqu'elle arrive au poumon par la trachée (1). Ge passage de la boisson, qui se fait peu à peu, pourquoi l’auteur y croit-il? En vertu d’une expérience qui, du reste, «ne réussit pas entre les mains du premier venu ! » Vous ne le croiriez jamais si le texte n’était pas formel, explicite. Mais pourquoi a-t-il fait cette expérience? Ce n’est pas pour chercher simplement ce qui peut être, c’est pour appuyer une opinion préconçue ! Or cette idée précongue qui vicie même la méthode expérimentale, c’est que dans l’ensemble de la physiologie du traité Du cœur, l’eau devait nécessairement passer par le poumon, qui est naturellement froid.

Voici cette physiologie : Pair et Peau, substances crues, ne sont pas un aliment pour l’homme, mais un remède qui atténue l'excès de chaleur du cœur et du poumon. L'eau lubrifie la trachée ; une partie revient avec Pair durant l'inspiration, Pautre va au cœur, et de là dans le péricarde : quant à l'air, il s'échappe une fois qu'il a rafraîchi, et ainsi toujours. Dans cette pressante nécessité d’éteindre l'incendie du cœur, il n’y avait, en effet, rien de mieux à faire que de verser de Peau (2).

C’est là une physiologie sur laquelle l'anatomie n’a eu aucune bonne influence; voici maintenant une physiologie qui a créé joute une anatomie. Elle se trouve dans un livre (Des lieux de l'homme) qui a, du reste, comme le traité Du cœur, toutes les allures enidiennes. L'auteur établit d’abord que le corps est un cercle où il n’y a, par conséquent, ni commencement ni fin, de façon que les maladies prennent origine dans tout le corps. el

d'un artiste habile. Ayant reconnu que ce viscère serait de structure solide. et qu'il était tout entier attractif, il lui adjoignit des soufflets (oretl/ettes), comme le font les fondeurs aux fourneaux, de sorte que, par cette entremise, le cœur se procure la respiration. »

(1) La croyance au passage d’une partie de la boisson par la trachée est défendue {Affections internes) et attaquée (IV® livre, des Maladies) dans des ouvrages qui font partie de la Collection bippocratique.

(2) On voit que cette idée d’une combustion dans le cœur est bien loin de la combustion de Lavoisier dans le poumon, Dans les deux théories, l'air joue justement un rôle contraire.

que chacune d’elles retentit sur toute l’économie. Il part de là pour émettre cette proposition qu’il faut connaître la structure de l'homme pour diagnostiquer les maladies. Or ces maladies - consistent particuliérement en des fluxions qui, descendant de la tête, se portent tantôt ici, tantôt là. Pour se rendre compte de ces transports, on a imaginé une distribution de plusieurs paires de vaisseaux (4) qui, partant de la tête, se rendent aux diverses parties de la face, particulièrement aux organes des sens; au cou, aux épaules, le long des vertèbres jusqu'aux reins, et aux hanches; on ne sait trop d’où vient la veine cave, qui a cependant des relations avec certaines veines de la tête, et qui fournit des rameaux aux membres. Tout le système vasculaire ne fait qu’un seul réseau, et les veines s’écoulent l’une dans l’autre.

À quelques siècles de distance, Galien, pour mettre d'accord la structure embarrassante du cœur et le passage des esprits dans les artères, ne trouve rien de mieux que de percer la cloison qui sépare les deux ventricules! Son autorité était telle qu'il a fallu toute celle de Vésale pour détruire cette monstrueuse erreur.

Quand l’auteur des Épidémies rapporte des observations de fièvre rémittente, ou qu’il les résume dans un tableau symptomatologique, sans y mêler d’hypothèses physiologiques, nous reconnaissons chacun des traits de la maladie et nous admirons la sûreté et la profondeur du coup d’œil d'Hippocrate; puis, lorsqu’au contraire nous étudions les ouvrages où domine la théorie des fluxions, nous entrevoyons bien, en plus d’un passage, qu'il s’agit encore de cette même fièvre, mais elle est pour ainsi dire disloquée, et l’on n’en rencontre guère que les membres épars au milieu de toutes les explications à l’aide desquelles on cherche à se rendre compte des divers symptômes; l’unité morbide a disparu pour faire place à des étais pathologiques qu'il faut péni-

(1) I est dit que les vaisseaux des tempes battent; mais ces vaisseaux ne sont. pas reconnus pour des artères ; ils ne sont distingués des veines ni par leurs noms, ni par la description ; le battement est expliqué nor

à nature du contenant et du contenu, mais par le choc de deux courants sanguins qui vont à l'encontre l’un de l’autre dans ce lieu spécial. —— Voyez cependant, entre autres passages, sur la distinction anatomique des artères et des veines, Épid., 1, 1, 1.

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