‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 37 sur 260 · ESS · texte numérisé non relu

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puisque vingt-trois siècles ont accumulé les faits, multiplié les doctrines et étendu dans tous les sens le domaine où doivent s'exercer l'observation et le raisonnement. Que de choses à apprendre, mais aussi que de choses à oublier, et quel rare discernement réclame un tel partage! Cependant on trouve encore trop long le temps exigé pour ces études, et trop de médecins, aussitôt qu’ils tiennent entre leurs mains le diplôme tant souhaité, oubliant l'aphorisme d'Hippocrate, laissent de côté les livres, recherchent la clientèle, moins pour y trouver un accroissement d'instruction solide et profitable, moins pour entretenir la culture de l'esprit, que pour effacer leurs confrères et accroître leur propre fortune. Il faut, je le sais, que le médecin vive du malade, mais je sais aussi qu’il faut que le malade ne meure pas du médecin et n’ait pas à courir la chance de sa maladie et celle “fn moins redoutable de l'impéritie, de linexpérience ou de Ja D aer de son médecin.

“l'occasion est prompte à s'échapper. Saisir le moment op-

A a, foflun est un précepte sur lequel Hippocrate revient sans cesse,

ET 4) » 2 . r .lant l'ont frappé les terribles conséquences des heures perdues

et É

et l'impérieuse urgence du moment qui s'enfuit (4). Il n’est que trop facile de comprendre l'importance de ce précepte, pour peu qu’on réfléchisse à tous les désastres qu’entrainent la négligence du malade ou celle du médecin.

(1) Littré, t. IV, p. 442. Voyez aussi sur les opportunités en médecine, opportunités dont les unes sont pressantes et dont les autres consistent à choisir dans le temps le moment convenable, Muladies, X, 5. — Voici une raison théorique de l'urgence qu'il y à à saisir Voccasion, et par conséquent de faire de fréquentes visites: « Ce qui est dans les humeurs est instable et se change aisément par la nature et le hasard. Les choses non aperçues prennent les devants et causent la mort faute des soins nécessaires. Il est difficile de triompher de ce qui vient à la fois, plus facile de dominer ce qui se succède. » — (Bienséance, 13. Voy. aussi 2, où il est dit que le médecin doit être bien disposé pour saisir l’opportunité.) — On attachait une telle importance à ne pas manquer l’occasion qu’un médecin hippocratique (Préceptes, 4) va jusqu’à recommander à ses confrères de négliger le soin de ses honoraires, plutôt que de s’exposer à la moindre perte de temps en discutant avec le malade. « La médecine est un art où la mesure est difficile à saisir (voy. Aph., I, 1); celui qui le sait a un point fixe, il comprend en même temps les réalités et les nonréalités dont la connaissance constitue la mesure en médecine. » (Lieux dans l’homme, 44.)

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