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CHIRURGIE

graves si elles sont petites et longitudinales que grandes et transversales.

MM. Malgaione et Pétrequin, deux juges dont on ne saurait récuser la compétence, déclarent que les Fractures et les Luxations, traités qu’on peut regarder comme étant la suite l’un de l'autre, sont les deux plus beaux livres et les plus achevés qui soient jamais sortis de la main d’un médecin (1). Malgaigne ajoute que ces traités contiennent des faits ou des préceptes qui avaient passé inaperçus ou qu’on avait oubliés, et qui doivent désormais prendre place dans les traités de chirurgie. Ajoutons, Messieurs, pour être justes, que, si l’on a découvert tant et de si bonnes choses dans ces deux ouvrages, c’est à M. Litiré qu’on le doit, car il les a fait revivre en reconstiluant et en interprétant un texte qui, avant lui, était dans le plus pitoyable état. -

Les préceptes suivants, relatifs aux fractures, ont surtout frappé Malgaigne en raison de leur justesse: mettre les membres dans leur position naturelle pour la coaptation et la déligation des fractures (2) ; dans une fracture compliquée de plaie, s'occuper plus de la fracture que de la plaie; réduire Ja fracture le plus tôt possible après l'accident; se tenirsurtout en garde contre l'inflammation ; visiter souvent le cal et renouveler l'appareil de trois en trois jours; comprimer plus fortement sur le siége de la fracture, doucement et uniformément pour tout le reste du membre ;

(4) On lit dans le traité Des fractures (S 31) une proposition assez étrange : « Généralement les premiers jours engendrent dans les plaies les conditions qui les empirent, inflammation, état sordide, mouvements fébriles. Auquel, parmi les points les plus importants de la médecine, ne se rattache pas cette considération ? Ce n'est pas seulement pour les plaies, mais encore pour beaucoup d’autres maladies, si méme, on ne peut avancer que toutes les maladies sont des plaies ! » Je ne sache pas qu'une telle opinion se retrouve dans aucun autre traité; elle isole, sous ce rapport au moins, les Fractures ct les Luxations du reste de la Collection, si elle ne prévaut pas absolument, pour la question d'authenticité, contre les témoignages de Ctésias et de Dioclès de Caryste.

(2) Voyez aussi Pétrequin: Vues nouvelles sur la chirurgie d'Hippocrate (Anvers, 4864); savant mémoire où je crois cependant reconnaître que l'auteur n’a pas assez rendu justice à M. Littré, pour la défermination des poses académiques d’après Hippocrate.

ne pas ménager le nombre des attelles, mais ne pas les allonger inutilement. — Hippocraie recommande encore de ne jamais perdre de vue ni la gravité des luxations du coude, ni la facilité des récidives de la luxation scapulo-humérale. — On lui doit aussi une étude des plus savantes sur l'anatomie pathologique (au moins d’après les signes extérieurs) des luxations non réduites, et particulièrement de la luxation de la cuisse ; une connaissance fort avancée des effets produits sur les membres par les gibbosités, et sur la vessie par la compression de la moelle (1); une description à peu près complète des abcès par congestion. Il soutient que les luxations des vertèbres sont plus rares que les fractures; mais il croit, contrairement à l'opinion des modernes, et en particulier de M. Richet, que les vertébres se luxent plus souvent en avant qu’en arrière. Il n’y a, si je ne me trompe, qu’une allusion éloignée à une amputation, ou plutôt à une désarticulation, à la suite d’une gangrène effroyable causée par une trop forte compression (Aréicul., 69).

La discussion soulevée depuis longues années sur les principes d’Hippocrate relatifs à la trépanation qu’il pratiquait très-libéralement, n’est pas encore close, quoique la majorité des chirurgiens soit aujourd’hui beaucoup plus réservée, trop réservée peut-être. Nous avons mis sous vos yeux toutes les pièces du procès, et, pour décider, nous attendons une enquête qui s'appuie sur une révision critique et historique de ces pièces (2).

Nous n’avons pas oublié non plas de vous faire pénétrer dans l'arsenal chirurgical des Hippocratistes, dans cetie boutique qu’ils regardent comme la première source de l'instruction médicale, et nous avons énuméré et décrit les machines de réduction, les appareils de fractures, les trépans, les cautères, les crochets pour l'extraction des fœtus, les sondes pour les irajets

(4) Il a signalé aussi ce fait, qui dénote une observation attentive, que de grands désordres du côté des vertèbres, s'il n’y a pas compression de la mocile, n’entrainent presque aucun accident.

(2) Voy. Pétrequin, Des effeis croisés dans les lésions traumatiques du cräne, d'après Hippocrate et les médecins de l'antiquité (Gazette médicale de Paris, 1868, n°5 26, 29, 36 et 38).

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