‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 77 sur 260 · SUR LA PÉRIODE CONSERVATRIGE · texte numérisé non relu

SUR LA PÉRIODE CONSERVATRIGE

de l’école d'Alexandrie; les écrits des Grecs sont lus, traduits, commentés par les. Syriens ou les Juifs, et arrivent, sous cette nouvelle forme, entre les mains des Arabes, qui devaient plus tard, aidés par les Juifs, ramener le gros de la médecine grecque en Occident.

C’est une loi invariable-de l’histoire, qu’il n’y a jamais, sur tous les points à la fois, d'interruption dans la marche de l’esprit humain, quelque cachés, obscurs et lents qu’en soient les mouvements ; rien n’est plus contraire à la vérité et à la logique que de supposer, comme le font la plupart des historiens, qu'entre la disparition apparente de la médecine grecque et la rénovation partielle des sciences par l'invasion pacifique des Arabes, il y a un immense désert à traverser, où l’on ne rencontre pour toute oasis que superstition et ignorance. Si les Grecs renaissaient hier à la civilisation, c’est qu’ils en avaient conservé quelques germes; et si vers le xi° siècle la médecine arabe n’eût pas trouvé le terrain préparé par la médecine néo-latine, elle n’eût pas jeté des racines plus profondes en Occident que le grain de sénevé de l'Évangile qui tombe sur le roc. Une fleur suppose une tige, une racine suppose un germe ; aussi, quand même aucun monument médical ne subsisterait entre le vir° et le xmr° siècle, nous aurions le droit, même le devoir de supposer une tradition quelconque. Ainsi le veut la critique historique.

Tel est, Messieurs, le résumé de nos précédents entretiens ; voici maintenant en très-peu de mots le programme de ceux que je me propose d’avoir avec vous cette année.

Nous avons suivi les migrations de la médecine grecque à Alexandrie et à Rome; nous l'avons vue passer ensuite à peu près en même temps en Occident, dans les mains des Barbares, en Orient, dans celle des Syriens, des Juifs, et, plus tardivement, des Perses; chemin faisant, nous avons constaté que ces divers déplacements géographiques n'avaient en rien altéré son caractère primitif. Maintenant nous allons la voir se répandre, en conservant sa même physionomie, chez les peuples nouveaux qui couvrent l'Italie, la Gaule, l'Espagne, l'Angleterre, ou qui sont restés de l’autre côté du Rhin ; nous la retrouvons jusque

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