‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 78 sur 260 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

sur le sol de l'Afrique où elle est arrivée à la fois par Alexandrie et par Rome, :

Dés lors l’enseignement et même la pratique de la médecine se trouvent partagés, mais inégalement, entre les clercs et les laïques ; nous devons écouter avec la même attention les voix qui partent des cloîtres ou des cathédrales, et la parole qui retentit dans les chaires où naguère professaient les maîtres les plus habiles des écoles romaines. C’est encore à cette époque que commencent à se fonder des institutions publiques qui prendront plus tard le nom d’universités. Nous avons, pour cette obscure période de l’histoire, puisé nos renseignements dans les chroniques, dans les vies-de saints, dans les recueils de miracles, dans les docteurs de l'Église, dans les glossateurs même, avec autant de soin et avec non moins de profit que dans les vieux manuscrits de médecine.

Cependant un nom domine durant plusieurs siècles : c’est celui de Salerne; nous pourrons constater que les origines de cette école fameuse se perdent dans les ombres de la première période du moyen âge, et qu’elles ne datent pas seulement de la fin du x° ou du commencement du xr° siècle; nous reformerons presque toute l’histoire de cette école, en étudiant ensemble de nombreux monuments ou négligés jusqu'ici ou tout à fait inconnus, et publiés en grande partie par MM. Henschel, de Renzi et par moi dans la Collectio salernitana (1852-1859).

Les premières traductions latines des auteurs médicaux arabes paraissent avoir été faites par Constantin l’Africain, ou, dumoins, sous sa direction, et c’est de Salerne qu’il semble qu’elles ont commencé, mais sans bruit, à se répandre dans le reste de l'Occident; l’avalanche est d’un siécle plus tard. Après vous avoir fait connaître les principaux auteurs arabes, et constaté ce qu’ils apportent de nouveau pour la constitution de la science, nous aurons surtout à rechercher si leur domination a été aussi générale et aussi exclusive que le prétendent les historiens. Alors nous rencontrerons les universités, et, au milieu des combats acharnés qu'on s’y livre, nous pourrons reconnaître les Symplômes d’une véritable renaissance qui profite surtout à l'anatomie et, par conséquent, à la chirurgie, tandis que, jus-

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